mercredi 9 mars 2005

Insolite: Si vous le savez, dites le moi

Alors ne me demandez pas qu’est ce que c’est, parce que j’en sais fichtre rien, d’ailleurs toute la population se demande bien qu’est ce que c’est que ce foutu truc, et surtout qu’est ce que ça fait là, bougre de bois?! Si vous voulez aller le voir, ça se trouve devant le «Rudolfinum», l’une des salles de concert les plus célèbres de Prague, en plein sur le parvis, en haut des escaliers (faites gaffe à ne pas marcher dessus quand même). Ce que l’on sait, c’est que c’était d’abord dans le bureau du Président de la République, au Château, qui s’est empressé de s’en débarrasser parce que sa secrétaire se prenait systématiquement les pieds dedans en lui apportant son café - journal du matin.
Ensuite c’était dans la cour du Château devant l’église St Guy, avant que le Commandant de la garde présidentielle ne le fasse dégager, ses briscards se croûtant systématiquement par dessus à chaque relève (de la garde) pour le plus grand plaisir des touristes hilares. Puis c’est resté un jour dans le placard du fond de la mère-boniche avant qu’elle ne se le prenne sur la tête en ouvrant la porte (du placard), et qu’elle s’en sorte allégrement avec trois semaines d’arrêt (de travail) pendant lesquelles, Madame la Présidente repassait les frusques de Monsieur (le Président). Puis un beau matin, aux aurores et à l’insu de tous, ça a été subrepticement remisé à l’entrée du «Rudolfinum» par décision présidentielle avant même que le conservateur (du «Rudolfinum») n’ait eu le temps de se rebiffer (l’effronté). Même les protestations écrites et légitimes de «Zdeněk Mácal», Chef d’Orchestre du Philharmonique Tchèque, motivées par le retard systématique à ses représentations des auditeurs pantois de stupéfaction devant l’entrée, n’y ont rien changé. Ben voilà, et depuis c’est là. Bêtement.
Les conjectures les plus folles quant à son origine circulent en abondance dans toute la République. Entre les tavernes à soiffards impénitent, les universités cosmopolites, les cafés à la mode pour pseudo-intellectuels branchés, jusqu’aux bancs de l’Assemblée Nationale, tout le monde se demande «mais nom di diou de nom di diou, d’où c’est qu’il peut bien provenir ce diable de bougre là?». D’aucuns prétendent qu’il s’agit des restes d’une arme militaire secrète soviétique oubliée lors de la retraite hâtive des troupes russes hors du pays. D’autres soupçonnent des puissances extraterrestres de venir délibérément polluer notre séduisante planète de leurs excréments métalliques. Ma voisine, elle, prétend que c’est une nouvelle fourberie conçue par notre fielleux gouvernement afin d’augmenter sournoisement les impôts, et en particulier la taxe sur le ramassage des ordures ménagères, hypothèse qui jusqu’à présent, me semble la plus plausible je dois dire. Quoi qu’il en soit, aujourd’hui personne ne sait vraiment rien, mais tout le monde est prêt à tout dire.
Cette histoire va encore se terminer en peau de boudin, comme la dernière fois où, à la vue du fourbi rond sévèrement planté dans la fenêtre d’un immeuble cossu faisant le coin de deux rues fréquentées de Prague («Vodičkova» et «Václavské náměstí»), la rumeur populaire avait enflée, enflée... à n’en plus finir. Ah ben on y avait droit aux opinions farfelues, aux prises de positions péremptoires.
Tout ce que Prague compte comme branquignols excentriques esquintés de l’encéphale se donnaient hebdomadairement rendez-vous au café «Slavia» (Samedi matin, entre 10 et 11 heures) pour déblatérer sur le sujet. Entre le retour à Prague de l’oeil de Moscou, Godzilla le lézard radioactif venu pondre ses oeufs, les «Raëliens» affirmant que c’était la preuve irréfutable de la présence «Elohim» sur Terre. Bref des monceaux effarants d’imbécillités sans fondement, pour qu’in fine, l’on apprenne quelques semaines plus tard par la presse, qu’il s’agissait d’une réclame pour des bretelles antiallergiques en «méthacrylate butyrique» destinées à maintenir en place les slips kangourou des handicapés manchots atteints d’hypertrophie testiculaire unilatérale aiguë (pour les profanes: monstrueux grossissement pathologique des deux roubignolles en même temps). Dis donc, maintenant que j’y pense, je me demande si l’encombrant bazar garé devant notre «Rudolfinum» ne serait par une nouvelle campagne publicitaire de la même société à l’égard des mêmes handicapés manchots (atteints d’hypertrophie testiculaire unilatérale aiguë) afin de promouvoir une nouvelle chafouinerie pour se les (roupettes) gratter joyeusement…

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