dimanche 23 novembre 2014

Légende: L'affaire Drahomíra, et autres bricoles

Alors cette publie s'inscrit à la fois dans la série légende, ville, édifice, histoire, racontage, que c'en est tout mélangé en un seul texte. Mais z'allez-voir, c'est touffu d'info trop intéressantes. En fait, j'avais commencé par le début (c'est mieux), et en développant mon sujet, je me suis emballé grave dans toute cette saga fabuleuse qu'Homère (Simpson) en perdrait son lapin. Et donc avant de poursuivre (le Latin) plus loin, je vais tout d'abord vous parler de "Drahomířa", parce que c'est d'elle que tout découle par la suite.

”Drahomíra ze Stodor"
"Drahomířa" était d'origine polabe (en Tchèque, mais en de nombreuses autres langues slaves itou, "po" le long de, sur, et "Labe/Laba" l'Elbe), Slave de l'Elbe ou Slave occidentale. Les polabiens ont peuplé les régions situées entre le Nord-Est de la Lemagne (au-dessus de Berlin, genre, le Mecklembourg occidental, Brandebourg, Saxe-Anhalt, Pomme-et-radis, Holstein... pour ceux qui connaissent) et le Nord-Ouest de la PLogne actuelles (Lemagne et PLogne) depuis le VIIe siècle (Hambourg par exemple était alors "civitas Sclavorum"). Et cette origine expliquerait qu'elle fut païenne jusqu'au bout des ongles, encore que cette théorie (du paganisme polabe) est aujourd'hui remise en cause par les experts. Bon, mais à l'époque de quand que mon histoire se passe, on disait que les Polabes étaient païens.

Et "Drahomířa" (païenne) épousa en 906 (après Jean-Claude) "Vratislav I", duc de Bohême et fils de Ste Ludmila. De ce mariage naquirent 7 gniards (en moyenne, parfois moins, parfois plus, ça dépend des sources historiques), dont 2 (et seulement 2 cette fois c'est sûr) accédèrent à la postérité: Saint Venceslas le saint patron de la Bohême, et son successeur au trône, son fratricide frangin "Boleslav I" dit "le cruel". L'histoire des 2 boug', vous la trouverez précisément narrée là, par mes soins. Je passe donc à la suite.

Sainte Ludmila
Ste Ludmila était donc la belle-mère de "Drahomířa", et contrairement à sa bru païenne, elle, elle n'était pas hyène mais catholique, et qu'à tôt lique jusqu'au bout des ongles, puisque fort probablement baptisée des mains de Méthode en même temps que son mari "Bořivoj I".

Le torchon brûle
Évidemment, entre la belle-mère douairière et la bru consort (de temps en temps), l'amour ne put naître. Bien au contraire, naquit une haine farouche entre les deux femmes, une haine dont le pauv' St Venceslas était (en partie) la cause. Cette haine avait de nombreuses origines:
- politiques (après le prince, qui des 2 femmes était la plus importante, la mère ou l'épouse),
- religieuses (catholique versus païenne),
- sentimentales (cf. les hormones maternelles versus les hormones conjugales),
- egocentriques (vous connaissez un peu les femmes non?), etc... etc...
Et donc un jour, "Drahomířa" en eut vraiment ras-le-bol, et fit tout simplement assassiner sa belle-mère.

L'histoire archi-détaillée de l'assassinat, vous pouvez la lire dans des centaines d'ouvrages:
- la légende de Christian (cf. "Incipit vita et passio sancti Wenceslai et sancte Ludmile ave eius", chapitre IV),
- la chronique de Dalimil (chapitre XXVI),
- "Přibík Pulkava z Radenína" ("Chronicon Bohemiae", chapitre XVI),
- Jean de Marignol ("Chronica Bohemorum", lib.II, par.XVII),
- Cosmas,
- "Palacký",
- "Gumpold" ("Mantuani episcopi"),
- "Gelasius Dobner"...
Jusqu'à Rika Zaraï qui en fit une chanson dans les années 60 du XIe siècle. Alors je ne vous la raconte pas, l'histoire archi-détaillée de l'assassinat, mais juste pour faire simple pour ceux qui ne la connaitraient pas encore, sachez que la bru fit étrangler sa belle-mère avec son châle par 2 tueurs à gage (d'origine russe, c'est vachement important à préciser dans le contexte politique d'aujourd'hui), et le châle est ainsi deviendu le symbole du martyr de Ste Ludmila (bonne catholique), et le symbole du crime affreux ourdi par "Drahomířa" (méchante païenne).

Mais vous l'aurez compris, qu'au-delà de l'aspect simpliste purement religieux que la propagande catholique s'efforce d'imposer, le diffèrent entre les 2 femmes était nettement plus politique. Tout d'abord St Venceslas, et malgré l'affection que je lui porte en tant que patron de la Bohême, était un mou sans tripe. Nombreux écrits vous le confirmeront (cf. "Druhá staroslověnská legenda o svatém Václavu: Co učiníme v té věci, jelikož ten, který má být knížetem, je zkažen od kněží a od mé tchyně a je jako mnich?"). Et ensuite, ses aberrantes décisions mettaient gravement en danger le pays et sa population (toute ressemblance avec un certain président français actuel mou, hormis de sa biroute, ne serait que pure coïncidence). Aussi "Drahomířa" n'avait que 2 choix, soit supprimer directement le prince, mais c'était la viande de sa viande, soit se débarrasser du tireur de ficelles, en l'occurrence la belle-mère. Et tout naturellement, elle choisit la seconde solution. Ben tiens!

La légende
Une fois le poteau rose découvert, ce fut le baroufle au château chez les Přemyslides. St Venceslas répudia sa mère, laquelle prit le chemin de sa patrie, quelque part au Nord de Berlin. Chemin faisant... enfin chemin, disons 100 m après le dernier seuil du château, genre le fils venait tout juste de claquer la porte à la face de sa mère, au niveau de l'actuelle place de la Lorette, mais au niveau de l'église St Matthieu auparavant, donc chemin faisant, le convoi fit soudainement halte. "Ben alors?" s'enquit "Drahomířa". "C'est quoi qui se passe? On vient tout juste de se mettre en branle. Alors pourquoi fait-on halte?" "C'est le cocher ma brave dame, il est catholique et comme les cloches de St Matthieu s'en vinrent à sonner l'office, il est descendu du char pour se mettre à genoux et prier." "Drahomířa" passa par toutes les couleurs avant de prendre une teinte rouge-vif et fulminer vapeur par les oreilles comme une cocotte-minute oubliée sur le feu. La légende affirme que la princesse consort beugla alors d'un langage si vulgaire, si obscène et si blasphémateur qu'un coprolalique endurci s'en serait senti incommodé. C'est alors que la terre s'ouvrit sous ses pieds, et avala "Drahomířa" toute crue, d'un coup. Selon d'autres légendes, le diable en personne se serait mis à danser avec elle (Méphistophélès est un excellent danseur de Samba) avant de disparaitre dans la crevasse terrestre de laquelle s'échappaient feux, flammes, toxiques fumées et senteurs de soufre. Et tous les malheureux qui eurent assisté à la scène, tous, sans exception, furent frappés de malheur. La légende ne dit pas desquels malheurs qu'ils furent frappés, parce qu'ils étaient trop nombreux, les malheureux, mais afin d'éviter la propagation de la contagion, et une fois la crevasse refermée, l'on construisit sur l'emplacement une colonne en souvenir de l'évènement. Durant les siècles suivants, les Praguois prenaient bien garde d'éviter l'endroit afin de ne pas choper la poisse collante dont on ne se débarrasse pas. Mais selon des témoins dignes de confiance, lorsque l'orage gronde au-dessus de la ville, "Drahomířa" assise en cocher sur son chariot de feu remonte des profondeurs de la terre, et hurle à qui veut l'entendre que le malheur, le grand, le vrai grand malheur du monde est proche. Est-elle en contact avec Poutine, Hollande ou Abu Bakr al-Baghdadi? Qui sait! Mais ce n'est qu'une fois sa tournée de "Hradčany" (quartier du château) terminée qu'elle disparait dans les zabysses de la terre.

La colonne disparut en 1788, mais encore aujourd'hui, la maison en face (au numéro 108/2) s'appelle d'à la colonne de "Drahomířa" ("Dům U Drahomířina sloupu"). Sa construction renaissance (de la maison) remonte à 1573-1579 et est à mettre au compte de "Michal Khek z Švarcpachu" ("Schwarzbach" en Germain), important gratte-papier à l'office des constructions du château de Prague ("Michaelis Keck a Schvarcpach, aedificiorum in aula Caesarea Pragae praefecti") mais historiquement insignifiant. L'édifice eut ensuite appartenu à la famille "Černínové" (cf. l'immense palais à proximité), puis à "František Josef Šlik" (prolixe fournisseur de travaux à Jean-Baptiste Mathey), et fut finalement habité jusqu'à sa mort en 1974 à l'âge de 89 ans par la veuve du président "Beneš", Anna. Aujourd'hui, et aux dernières nouvelles, le milliardaire "Zdeněk Bakala" tente de transformer l'édifice en bibliothèque de "Václav Havel". Projet stupide s'il en est, compte de tenu de l'inadaptation de l'édifice historique aux exigences modernes du mégalomane.

L'église St Matthieu
Alors la seule chose qu'il n'en reste de l'église, c'est la représentation de sa surface au sol par les petits pavés sombres (cf. mes photos). Mais cette église était l'une des plus anciennes de la capitale. La dépouille mortelle de Ste Ludmila y fut dedans déposée pour une nuit (et pour refroidir), lorsqu'icelle fut rapatriée en 925 du lieu du meurtre ("Tetín") jusqu'en l'église St Georges d'au château où elle repose encore aujourd'hui. Au XVe siècle, l'édifice fut entièrement ruiné par les hussites et sur son emplacement se trouvaient jusqu'en 1726 des cahuttes de pauv' loqueteux qui faisaient tellement honte au monde, qu'on finit par les fout' à terre (sans les pauv' toutefois). Sur cet emplacement, le fabuleux "František Maxmilian Kaňka" construisit une p'tite chaplette baroque St Matthieu en 1732. L'intérieur fut splendidement décoré d'un calvaire à double bougres par "Matyáš Bernard Braun", fabuleux lui aussi. Et toute cette splendeur fut elle-même détruite moins de 60 ans plus tard, lors des réformes religieuses de Zeppy second (Joseph II), lorsqu'en 1791 l'édifice fut vendu comme source de matériel de construction. Rien ne fut plus reconstruit, et seule la surface du dernier édifice est matérialisée au sol donc aujourd'hui (cf. mes photos).

Pour l'anecdote, dans les années 70 se trouvait en la maison dite "à la large cour" ("U Širokého dvora, Loretánské náměstí 110/4"), à quelques 20 m de l'ancienne église, une restauration sur le pouce et une cordonnerie (sur le pouce aussi) nommée "au cordonnier Matthieu" ("U ševce Matouše"). Les locaux, mais les quidams itou, retiraient leurs chaussures, s'installaient à table pour se restaurer (ou seulement se désaltérer), et avant même d'en avoir fini avec les verres, couteaux et fourchettes, leurs talons, semelles, coutures étaient refaits à neuf. Aujourd'hui un restaurant homonyme ("au cordonnier Matthieu") se trouve toujours au même emplacement, cependant son orientation "pour touristes" (Pilsner Urquell 40 cl à 69 couronnes, soit 140% plus cher que dans mon troquet d'amour d'à moi) m'en a toujours détourné. Du coup, je ne puis vous en dire du mal.

Edvard Beneš
Alors puisqu'on est dans le coin, je ne peux pas vous faire l'impasse sur diverses bricoles qui se trouvent dans les alentours, et sur lesquelles vous n'allez pas manquer de me poser des questions. Tout d'abord, j'en entends des, qui vont me demander de qui c'est que c'est que le boug' en bronze derrière l'église St Matthieu? Il s'agit de "Edvard Beneš", second président de la République tchécoslovaque, aujourd'hui controversé car apparemment aussi sot en politique que ce pauv' St Venceslas. Outre ses aveuglements aux conséquences désastreuses pour notre pays comme pour le monde, il est en plus le signataire des fameux décrets. Et si l'on rajoute que cette statue naine est plutôt triste, sinon moche, on est alors en droit de se demander mais pourquoi que c'est donc qu'on est allé te nous la fout' là, le 16 mai 2005, alors qu'elle ne manquait à personne jusqu'à présent? Remontez vos questions à la "Société Edvard Beneš" qui est à l'origine de cette malheureuse initiative.

Il s'agit d'une oeuvre de 1947-1948 du sculpteur "Karel Dvořák" (auteur des Cyril et Méthode sur le pont Charles, 1929-1935), oeuvre qui décorait (avec moult autres) le panthéon du Musée National (toujours fermé pour cause de restauration) jusqu'en 1951, lorsque la chienlit con-muniste estima qu'Edouard n'était pas suffisamment rouge-camarade pour être exposé-là, malgré qu'il offrit sur une assiette d'argent le pays aux bolcheviques par bêtise et naïveté en 1948. Notez que la statue repose sur un pied d'Estelle en acier, car les finances n'y suffisaient plus pour payer un socle en marbre comme prévu à l'origine. Ah oui, et toujours pour info, le sculpteur "Karel Dvořák" est également l'auteur du mémorial aux Légions Tchécoslovaques (1934) du Père-Lachaise (photo ici, dernière page).

”U Černého vola"
Alors, vu qu'on est dans le coin, je ne puis vous passer sous silence l'affaire d'un de mes troquets préférés que je ne fréquente plus, justement pour cause de cette affaire. Le "Boeuf Noir" ("Černý Vůl") reste une taverne splendide, avec une ambiance superbe et une bière de qualité. Malheureusement, il officie en ce lieu un con d'envergure supra galactique, un con dont le seul souvenir éveille en moi des pulsions criminelles que jamais je n'aurais cru possibles. Ce pauv' foutre est l'incarnation du fruste primitif, affamé dans le trou d'une caverne et martyrisé au bâton pointu afin d'en élever un Godzilla asocial. "Putain fait chier la vie" est sa devise, 24 h sur 24, 7 jours sur 7. Mais pends-toi dans la rivière pauv' type! Jette-toi sous le train, bouffe des clous ou des champignons vénéneux, va serrez la main des porteurs d'Ebola. Mais débarrasse au plus vite la planète de ta misérable carcasse de sempiternel teigneux acariâtre. Même le cancer généralisé ne te regrettera pas.

C'est bien simple, j'ai cessé de fréquenter l'établissement à cause de ce con (et c'est bien dommage). Maintenant si vous souhaitez découvrir cet exemple unique sur terre, cette cervelle néandertalienne dans un corps de Cro-Magnon qui résiste aux lois darwiniennes (cette race devrait être éteinte depuis des lustres car chaque individu normalement constitué ne peut s'empêcher de lui planter une fourchette dans l'oeil), alors rendez-vous au Boeuf Noir, vous aurez de fortes chances de le rencontrer. Et ne vous inquiétez pas, vous ne pourrez pas le manquer, il est discernable parmi le reste du personnel comme un dromadaire sous une burqa.

Bon, mais je vais quand même vous dire un mot sur l'édifice dans lequel se trouve ce superbe troquet. Mentionné pour la première fois en 1574, il (l'édifice, pas encore troquet) aurait été construit en style renaissance dans les années 1560. Une première reconstruction eut lieu en 1629, laquelle lui donna l'apparence qu'il présente aujourd'hui. En 1726 lui fut procurée la façade actuelle de style baroque tardif, et en cette même année fut pour la première fois mentionnée une taverne céans. Le spectateur averti apercevra 4 fenêtres murées en trompe l'oeil. Le spectateur moins averti apercevra au moins l'enseigne de la maison, un bas-relief polychromé représentant St Luc peignant la vierge (sous la douche). Quant au spectateur aveugle, il n'apercevra rien du tout, mais pourra toujours aller boire quelques bières en compensation. Alors compte tenu de ce bas-relief, la maison s'appelait auparavant "Chez St Luc". Puis elle aurait pris le nom de "A l'Aigle Noir" ("U černého orla"), pour enfin devenir "Au Boeuf Noir" ("U černého vola") par coquille (manuscrite ou typographique) fort probablement. La taverne actuelle aurait été ouverte en 1965 (excellente année s'il en est), et n'aurait pratiquement pas changé d'aspect depuis.

Fin
Et je vais en rester là pour aujourd'hui, parce que sinon cette publie ne sera jamais terminée. Il est encore tout plein de maisons historiques, d'anecdotes, de légendes qui se rapportent à la place de la lorette comme à la place "Pohořelec" adjacente, et je ne mentionne même pas le monastère des prémontrés de "Strahov", parce que sinon sans dec... Vous pouvez lire à propos de la bibliothèque là, à propos de la galerie là, et j'en reste là vraiment pour aujourd'hui. Bonne nuit. Ah oui, en gros c'est en ce coin-là que se passe ma publie: 50.0881939°N, 14.3912894°E.

dimanche 28 septembre 2014

Légende: La paire de queues du lion de Bohême

Vous souvenez-vous que dans ma publie sur "Bruncvík", je vous avais parlé du fameux lion de Bohême à 2 queues? Quoi non? Vous ne vous en souvenez plus? Bon, alors pour ceux qui auraient oublié, je vous rappelle que dans ma publie sur "Bruncvík", je vous avais parlé du fameux lion de Bohême à 2 queues (maintenant c'est clair pour tout le monde).
Eh ben il est tout plein de lecteurs qui, les jours suivants, m'ont écrit pour me demander quelle est l'origine vraie de vraie du lion à 2 queues, et pourquoi qu'il est semblab' à celui du Luxembourg? Ci-joint donc une rapide bafouille afin de lever le voile du doute, parce qu'apparemment mon histoire dedans ma publie sur "Bruncvík" n'était pas convaincante.

Alors avant le lion, le premier vrai symbole de la Bohême c'était l'aigle noir des "Přemyslides", et plus particulièrement l'aigle flamboyante de St Venceslas: "(blason) d’argent à l’aigle de sable, membrée, becquée, languée (et couillue?) et flamboyante de gueules, couronnée d’or, qui est de Bohême". Vous aurez noté, outre que vous ne comprenez rien à la description détaillée et sur laquelle je reviendrai plus loin dans ma publie, que l'aigle en héraldique est féminine? C'est à cause des Romains (comme dirait Obélix). L'aigle se dit "aquila" en Latin, et elle est du genre féminin. Depuis, c'est restée (é euh) en héraldique. Bon, mais le lion?

Le premier lion, mais c'est pas le bon, remonte à 1158 selon la Chronique de Dalimil, lorsque le prince "Vladislav II" est couronné prince de Bohême par l'empereur Frédéric Barberousse (cf. la Chronique de Dalimil, "Nad to ciesař knězi ščít změni, a také jemu úřad v dvořě proměni. Tehdy za orla černého, da jemu o jednom ocasě lva bielého. [...] Ciesař Vratislava prvým králem korunova, a králem českým a polským sám jeho provola.").
Alors c'est pas le bon, d'abord parce qu'il s'agit d'un lion à une seule queue, et ensuite c'est pas vraiment officiel, parce qu'on retrouve encore fin XIIe siècle des pièces frappées de l'aigle comme du lion mais sans réelle symbolique héraldique étatique véridique.

Le second lion remonte à 1213, lorsqu'il se retrouve sur le sceau du margrave de Moravie "Vladislav Jindřich". Cette fois il est vraiment question d'un lion à queue double (fourchée selon les propres termes héraldiques), mais comme il s'agit de la Moravie et non de la Bohême, il n'est pas exclu qu'on se parle d'un autre lion utilisé dans un autre contexte, voire dans un autre espace-temps selon Fox Mulder.

Le troisième lion remonte vers le début du XIIIe siècle. "Otton IV" aurait refourgué une queue de lion de plus au roi "Otakar Ier" pour son soutien contre le concurrent au poste d'empereur "Philippe de Souabe" (cf. la Chronique de Dalimil, "Na biřmování knězi ciesař rúchu vzváza, a Ottakar, točíš Ottě míl, jemu řiekati káza. Druhým ocasem obdaři lva bielého, Budyšínem a Zhořělcem rozšíři zemi jeho."). A nouveau, les experts sont perplexes, et doutent des écrits de Dalimil du fait qu'Otakar n'eut jamais utilisé le lion comme emblème (mais la mangouste de Cuba... en négligé de soie... c'est la ouate).

Et enfin le quatrième lion, et cette fois c'est le bon, attesté par les experts, avec la double queue, la couleur qui va bien, les majorettes et le feu d'artifice, donc ce lion-là date de 1247. Il date de l'époque où "Otakar II" petit était margrave de Moravie, et il l'aurait emmené avec son ours en plüsch sur le trône de Bohême, une fois devenu grand. Alors j'entends déjà les qui suivent, me faire effrontément remarquer que c'est tout pareil comme d'avec "Vladislav Jindřich", alors pourquoi cette fois-ci oui, alors qu'avant nan? Ben parce que c'est comme ça. La vraie raison, c'est que "Vladislav Jindřich" était duc de Bohême élu, tandis que "Přemysl Otakar II" était roi (et non duc) héréditaire (et non élu). Eh oui, entre temps, la bulle d'or de Cécile était entrée en application. Alors j'entends toujours les effrontés qui suivent, me faire remarquer que c'est pas vraiment convaincant, comme explication. Ah ouais?

Bon, une autre explication, plus sérieuse selon les experts, c'est que la queue fourchue du lion serait le symbole de la double régence d'avec son papa "Václav I", puisque jusqu'à sa mort (du papa) en 1253, Otakar et Venceslas ("Václav") régnaient ensemb' afin d'éviter à l'un de faire des conneries sans l'autre.
C'est mieux? "Vladislav Jindřich" ne régnait pas avec son papa, donc c'est forcément "Přemysl Otakar II" qui aurait imposé le super lion (à 2 queues) comme armoirie du pays. Et cette fois va falloir que ça le fasse, parce que je n'ai rien d'autre comme explication. Puis comme c'est la version officielle, hein, on ne va pas la remettre en question non plus.

Mais attends, qu'ils me diront les qui suivent mon histoire. Si l'ex-lion de Moravie est devenu le blason de la Bohême, c'est quoi qui est devenu le blason de la Moravie alors? Z'allez rire, mais c'est l'ex-aigle de Bohême. Bon, en moins bien, parce que les Moraves sont allés lui coller un pyjama à damier rouge et blanc que même les Kligons de Kronos se fendent encore la gueule depuis 23 millions d'années, mais sinon véridique, les Moraves ont récupéré l'aigle lorsque "Otakar II" leur a chouravé le lion. Si vous insistez abondamment, après cette publie, je vous en ferai une aut' bien complète sur l'aigle de Moravie. Oh oui! Mais retour au lion.

Donc depuis 1247, le blason de gueules au lion d'argent à la queue fourchée et passée en sautoir, couronné, armé et lampassé d'or représente la Bohême, et par extension d'avec la Moravie et la Silésie, il représente le blason de la République tchèque d'aujourd'hui. Eh oui!

Et pour ceux qui ne parle pas l'héraldique couramment, un petit lexique:
- Le gueules est un émail héraldique de couleur rouge, considéré comme un singulier malgré le "s", au même titre que le sable (singulier mais noir, cf. l'aigle flamboyante de sable), l'azur (bleu, et singulier) ou le sinople (vert et singulier aussi encore).
- La queue passée en sautoir, signifie en forme de croix de St-André, la queue, croisée bizarre comme une envie de pisser, genre.
- Le lion couronné (court au nez aussi), bon j'explique pas. On devrait rajouter couronné d'or, vu que la couronne est d'un émail différent.
- Le lion armée, la couleur des griffes est différente de la couleur du corps. Sinon on dit "morné" (mort-né?) pour un lion sans griffes, ni langue, ni dents (ni queue?).
- Pour un piaf (comme l'aigle flamboyante), on dit membré lorsque les pattes sont d'un autre émail que le corps.
- Pareillement, on dit becqué lorsque le bec est d'un autre émail (mais pour les piafs seulement, hein).
- Le lion lampassé, qualifie la langue des animaux, lorsqu’elle sort de leur gueule et que l’émail en est différent de celui du corps. Les néophytes disent langué, mais lampassé, c'est 'achement mieux pour en mettre plein la vue aux béotiens ignares.
- L'on devrait rajouter que le lion est rampant (sur les 2 pattes arrières), car il pourrait être passant (sur les 4 pattes), issant (et non pissant, issant = moitié de corps)...
- Et l'on devrait encore rajouter que le lion n'est pas éviré (sans biroute apparente, c'est hyper honteux comme emblème), mais comme il n'est pas vilené non plus (la biroute est de couleur différente de celle du corps), alors on ne dit rien.

Alors l'histoire du lion de Limbourg, vous pouvez la lire sur Wikipédia, donc je ne vous en parle pas. Il est cependant important de noter, de un, que le lion du Luxembourg est une évolution du lion du Limbourg, et de deux, que les 2 lions, celui de Bohême et celui du Limbourg/Luxembourg, se sont développés de façon totalement autonome, sans que l'un n'influence l'aut'. Et j'en veux pour preuve les armoiries de Jean l'aveugle, premier roi de Bohême de la lignée des "Luxembourg", dont le blason comporte les 2 précédents: "écartelé en 1 et 4 de gueules, au lion d'argent..." pour la Bohême, et "en 2 et 3 burelé d'argent et d'azur de dix pièces, au lion de gueules..." pour le Luxembourg.

Bon, et maintenant que vous savez tout, répondez aux questions suivantes, de façon organisée et synthétique (5 points):
- décrivez les armoiries du lion qui est de Bohême, avec toutes ses caractéristiques et
- spécifiez les différences d'avec le lion du Limbourg.
Vous appuierez votre développement sur les textes étudiés pendant l’année sur le blog d'à Strogoff, ainsi que sur vos lectures personnelles (15 points). Hop, j'attends...

dimanche 24 août 2014

Ville: L'église St Henri et Ste Cunégonde

Savez-vous seulement quand, la dernière fois, vous ai-je parlé d'une église à Prague? Eh oui, en août de l'année dernière. Pour vous dire comme ça remonte.
Bon, et icelle d'aujourd'hui, bien qu'elle ne figure pas parmi les plus connues ni les plus visitées (l'y en a même des, qui en ignorent l'existence), se range parmi les plus significatives de la capitale nôtre.

Les zorigines
Lorsque le 3 avril 1347, le bon roi Charles IV alors assis sur son trône (entendez "aisances") du castel de "Křivoklát" signa le décret d'édification de la Ville-Nouvelle, il se dit comme ça que bon, que si déjà la ville (nouvelle) allait s'articuler autour des 3 places principales qui serviraient de marché, respectivement la place des Bourrins ("Koňský trh", aujourd'hui place Venceslas), la place du Bétail ("Dobytčí trh", aujourd'hui place Charles), et la place du Foin ("Senný trh", aujourd'hui "Senovážné náměstí"), que si déjà elles étaient reliées par les principales artères que sont aujourd'hui la place Venceslas, la rue Henri ("Jindřišská") et la rue "Vodičkova", que donc si déjà tout ça, ben qu'il serait cool que la Ville-Nouvelle ait également ses églises paroissiales (c'est dingue les idées et les analogies qui vous traversent la tête lorsque vous êtes assis sur les gogues). Et c'est ainsi que pour la place du Foin, il fut décidé de construire l'église St Henri et Ste Cunégonde ("kostel svatého Jindřicha a svaté Kunhuty").

St Henry et Ste Cunégonde
Bon, le fait d'inventer une église lorsqu'on est roi de Bohême et du St Empire romain gerbatique alors qu'on est à la selle sur les refoulantes, ça n'a rien d'exceptionnel. Mais aller lui coller le nom de Henri et Cunégonde, faut vraiment avoir le péristaltisme avarié par l'apopathodiaphulatophobie. Parce que sinon, sans dec, je ne vois pas comment c'est possib' qu'on invente des gens pareils. J'vous explique. Les boug' dont on se cause datent de la fin du premier et du début du second millénaire, entre fin 900 et début 1000 quelque chose. Henri II le boiteux, je vous en avais déjà parlé , mais pas trop parce qu'il n'eut pas une grande portée directe sur notre pays (nettement plus sur la PLogne). Il est principalement connu pour son soutien au clergé séculier contre le régulier, pour son insistance sur le célibat sacerdotal, et pour son refus d'honorer sa femme qui refusait par ailleurs de s'offrir à lui (ça tombait bien). Cunégonde idem, carrément pas importante pour la Bohême, et pour ainsi dire insignifiante au vu de l'histoire (d'autant plus qu'elle était Luxembourgeoise). Ce dont on se souvient (outre sa chasteté pathologique), c'est qu'elle franchit avec succès son ordalie par le feu, ce qui fit rire toutes les cours d'Europe au prétexte "qu'elle marche pieds nus sur les braises, mais refuse de faire le sexe parce que ça fait mal".
Ouah ha ha, mortes de rire qu'elles étaient les cours d'Europe en cette époque.

Bon, et comment des pitres pareils de Germanie eurent-ils pu donner leur nom à l'église d'au marché du Foin à Prague? Ben parce que le bon roi Charles IV, qui était foncièrement bon, n'en était pas moins foncièrement croyant (jusqu'à la bêtise), et qu'il voyait en ce couple abstinent un exemple que lui ne put suivre ayant à charge d'octroyer succession à la Bohême. Grand amateur et chercheur invétéré de reliques (cf. mes nombreuses publies, ou encore "Vojtěch Birnbaum: Karel IV. jako sběratel a Praha"), Charles IV collectionnait les bouts de saints comme mon fumier de voisin les coups-de-pied au cul. Il vouait ainsi une admiration démesurée (et malsaine) aux deux imbéciles... époux Henri et Cunégonde, canonisés pour leur imbécilité... virginité perpétuelle, et ne put s'empêcher donc de leur consacrer une église à Prague, après avoir longuement réfléchi à son acte, assis cul nu sur son trône, un soir de son règne d'au XIVe siècle. Dingue non?

L'histoire
Avant que la nouvelle ville de Prague n'existe (donc avant 1348), entre "Na Poříčí" et "Rybníček", se trouvait le hameau de "Chudobice", sur les terres des croisés (chevaliers?) à l'étoile rouge. Je rappelle que l'Ordo militaris Crucigerorum cum rubea stella est un ordre religieux typiquement tchèque fondé par Ste Agnès de Bohême en 1233 et qui possède aujourd'hui un patrimoine foncier comme financier indécent. Et paf, eh ben c'est justement là, sur les terres des croisés à l'étoile rouge, que le bon roi Charles IV décida de construire son église. Au début, les boug' faisaient la gueule et l'obstruction, que c'était sur leur terrain, et qu'un jour, qu'il aurait de la valeur après la chute du con-munisme. Mais le bon roi (qui n'était pas un âne), envoya négocier son archimitré "Arnošt z Pardubic", et celui-ci conclut l'affaire en deux coups de cuillère à pot. Le deal sonnait ainsi: vous construisez l'église sur votre terrain avec votre pognon, et je vous refile en échange quelques bleds pour traire l'impôt et la taxe. Et c'est ainsi qu'en 1348, sous le maître croisé Ulrich, commença l'édification de l'église St Henri et Ste Cunégonde.

L'entreprise ne prit que 3 ans, et dès février 1351, l'archipointu Ernest vint jouer céans du goupillon à trois temps en ré mineur.
Bon, alors pour faire complet, je dois encore vous dire que dans le deal, il n'y avait pas que l'église nôtre, mais encore l'église St Tes Tiennes qui devait apporter la parole sainte aux paroisses nord de la Ville-Nouvelle. Et donc en échange, et en date du 16 mars 1351, l'archipointu pondit un décret spécifiant les privilèges accordés aux croisés (j'ai pas réussi à trouver une copie du document). Notez aussi que tout autour de l'église, naquit encore même avant l'édifice, un cimetière pour pestiférés mis en service dès 1347 (je reviendrai dessus plus loin).

Ah oui, et l'église était dès ses origines pourvue d'un clocher de 46m. Mais comme les croisés à l'étoile rouge n'étaient pas des génies civils, ils construisirent des murs tellement faibles que le pauv' clocher ne put jamais supporter le poids de ses cloches. L'on construisit alors dans les années 70 du XVe siècle un clocher à 50 m de là, la fameuse tour Henri ("Jindřišská věž"). Mais je ne vous en parlerai pas aujourd'hui, parce que je compte lui consacrer une publie entière, un jour (plus tard).

Lors des guerres hussites, l'église passa sous le giron des utraquistes, et en dehors d'informations des plus banales, rien de vraiment intéressant à signaler. Tiens, par exemple les annales mentionnent qu'au XVIe siècle, un prêtre officiant en l'église prit épouse, raison pour laquelle il aurait dut être emprisonné. Autre exemple: sous les utraquistes se trouvait au côté de l'église une école qui comptait une cinquantaine d'élèves en 1585. Lorsqu'en 1562, Maximilien II vint se faire couronner à Prague, il fut accueilli par un poème récité par un des bambins de l'école. Ça vous donne une idée du niveau de l'information (comme quoi les tabloïds britanniques n'ont rien inventé). Signalons encore qu'en l'école près de St Henri (et Ste Cunégonde) étudia puis enseigna "Pavel Kristián z Koldína", célèbre juriste mais dont le nom ne vous dira rien si vous n'êtes pas du métier. Le dernier prêtre utraquistes fut "Vít Fagellus" (en 1621), et après la bataille de la Montagne Blanche, l'église fut restituée aux croisés à l'étoile rouge. Le catholicisme reprit alors son rythme de croisière encore de plus belle.

Pour l'anecdote, lors de l'invasion saxonne en 1631, le prêtre "Pavel Kruppius" tenta de réinstaurer la communion sous les 2 espèces en notre église, mais l'affaire fut de très courte durée, et reste aussi anecdotique que les virées nocturnes en scooter d'un certain Flanby. Les croisés perdirent par contre jouissance de l'église en 1647 lors de l'affaire des barnabites (de ch'val). En 1646, les croisés à l'étoile rouge ouïrent dire que Léopold-Guillaume de Habsbourg, évêque de Strasbourg, de Passau, de Brême, d'Halberstadt, de Magdebourg et surtout frère de l'empereur Ferdinand III, aurait comme l'intention de planter des barnabites viennois près de l'église St Michel à Vienne en terre bohémienne. Lèche-cul comme ils étaient, les croisés plièrent bagages et offrirent St Henri avec insistance, pronosti' qu'en échange, l'empereur se montrerait fort bon, et leur offrirait quelque chose de nettement plus avantageux. Walou, macache, et peau d'zob. Non seulement la bouture ne prit point, mais en récompense de la grande bonté des croisés, Ferdinand III offrit jouissance de l'église à la communauté catholique de la Ville-Nouvelle (et paf, dans la gueule des lèche-culs).

Et maintenant, pour égayer mon histoire, une bonne petite légende de derrière les fagots.
En 1648, alors que les Suédois (fumiers!) encerclaient la ville, la tour Henri (dont je ne vous parlerai pas ici) près de l'église servait d'observatoire, puisque relativement proche des fortifications (en ce coin, elles passaient globalement par où passe aujourd'hui l'autoroute, juste devant la gare centrale). Et bien entendu, l'ennemi canonnait tout ce qu'il pouvait afin d'abattre la tour. Un jour, le curé "Šimon Tichý" (en poste à St Henri -et Cunégonde- de 1647 à 1654) vit passer un boulet, et dans l'affolement ne trouva rien de mieux que de le baptiser Ste Barbara (Ste Barbara, pour un boulet, mieux y a pas). Icelui chut dans le cimetière, sans endommager ni l'église, ni la tour. Aussi en remerciement, Simon le curé s'engagea à construire, exactement en cet endroit, une chapelle consacrée à la sainte. Mais par la promesse, point tu n'offenses. Une fois le calme revenu, le bougre fut muté en province. Il revint cependant en 1662, mais mourut avant d'avoir pu mettre son voeu à exécution.

Ce n'est que le 6 août 1672, que le curé "Vojtech Makarius" se mit en l'idée de répondre à la promesse de son prédécesseur Simon, et fit construire la chapelle Ste Barbara. Une copie en bois du fameux boulet fut pendue en la chapelle, mais je ne me souviens plus si elle s'y trouvait toujours lors de ma visite. Et comme une chapelle n'y suffisait pas, l'on construisit encore 2 autres chapelles latérales au sud et au nord de l'édifice, respectivement en 1688 et 1696.
Mais elles n'eurent pas autant de succès que Ste Barbara. Oyez plutôt. En 1690, le curé "Ondřej Vojtěch Košina" fonda la confrérie Ste Barbara dont on sait que les membres singulièrement accoutrés se réunissaient souvent dans la crypte afin d'y organiser piétés (c'est suspect). Ils publièrent même quelques écrits qui eurent cependant peu de succès. Le curé suivant, "Josef Benedikt Schönpflug z Gamsenberka", obtint carrément de Rome l'expédition par DHL de quelques reliques véritables de la sainte (Barbara, pour ceux qui ne suivent plus), ce qui octroya à la confrérie une autorité impressionnante.

Et pour laisser un peu reposer Ste Barbara, quelques anecdotes historiques. En 1740, le curé "Jan Šuknecht" publia quelques blablablas au sujet de St Jean Népomucène. Lorsque les Prussiens (fumiers!) envahirent Prague, ils réclamèrent une rançon de 10.000 pièces d'or sous peine de brûler l'église St Henri, au prétexte que la publication fallacieuse n'est que mensonge et propagande catho-hérétique.

Le 5 juillet 1745 éclata un orage du tonnerre di diou qui fichu le feu à la charpente. Icelle s'effondra tuant un soldat et blessant 4 autres personnes qui sortaient hâtivement de l'église les objets précieux.
Lorsque le bulbe de la petite tour centrale tomba au sol, il se brisa, et de son intérieur roula un cylindre de papiers enroulés. Il s'agissait d'une chanson écrite en l'honneur des hussites, et de 2 autres documents "non-catholiques" datés de 1426. Mes sources ne mentionnent pas ce qu'il advint de ces documents, mais il est fort à parier qu'ils finirent au feu.

Tiens encore une anecdote, en 1785, la confrérie Ste Barbare fut dissoute. On ne sait ni pourquoi (Joseph II?), ni pourquoi pas, mais elle ne fut jamais recomposée.

Quelques dates maintenant. Le plus ancien registre des baptêmes date de 1584. Celui des mariages 1592. Et le plus ancien registre des décès date de 1607. Notez qu'en 2014, l'on ne recense encore aucun mariage gay. Iceux, comme la pédophilie sur les petits enfants, bien que répandus, ne sont cependant pas légalement tolérés.

En 1879, l'église comme la tour homonyme furent regothisés par le champion "Joseph Mocker" (il existe moult polémiques d'experts sur les regothisations de Joseph, comme quoi, il aurait mieux fait de laisser comme c'était, même si c'était baroque pas beau), et le cimetière attenant fut transformé en parc à clodos, fonction qu'il occupe encore aujourd'hui.

Sinon le mobilier est baroque, et malheureusement rien du mobilier gothique d'origine ne subsiste. Vous trouverez en l'intérieur quelques tableaux inestimables de maîtres comme "Václav Vavřinec Reiner", "Karel Škréta", "Jan Jiří Heinsch" ou "Siard Nosecký", peintre méconnu dont je vous avais parlé avec amour . Vous trouverez aussi en l'intérieur, quelques sculptures inestimables de maîtres comme "Richard Jiří Prachner" ou "Jan Jiří Bendl".
Et vous trouverez toujours en l'intérieur, des vitraux proposés par "František Sequens", dernier peintre tchèque nazaréen et professeur de "František Kupka" à l'académie des BoZarts de Prague.

La rchitecture
Notre édifice, relativement spacieux (pour l'époque), se compose de 3 vaisseaux de hauteur égale, soutenus de l'extérieur par 2 piliers. Pourvu originellement de 17 fenêtres gothiques, il en perdit 4 lors des adjonctions diverses de chapelles baroques, dont une (des fenêtres gothiques) derrière l'autel principal fut murée puisqu'inexploitée. Sur la façade nord et sous la fenêtre se trouve un mini portail gothique inutilisé. Le vrai portail, celui à l'ouest, s'ouvre sur un vestibule (hall d'entrée) à voûtes en croisée d'olives... d'ogives, vestibule à partir duquel l'on accède à la tribune d'orgue. D'extérieur, et posée dessus ce vestibule, le visiteur averti pourra apercevoir une petite construction percée d'une petite fenêtre: dedans, les lettrés rangeaient leurs ouvrages. Ce même visiteur averti, s'il regarde sur le pilier extérieur, apercevra une plaque métallique frappée de l'an 1529.
Elle indique la date de construction de la petite construction comme des escaliers menant à la tribune (d'orgue).

A l'intérieur, les voûtes (en croisée d'ogives itou) sont soutenues par 6 colonnes gothiques qui, en 1738, prirent l'apparence baroque par la forme (de circulaire, elles devinrent carrées) et par l'adjonction de chapiteaux corinthiens le tout en marbre artificiel.

L'adécoration
Une dizaine d'autels décore le dedans. L'autel principal, au centre, se compose d'une table en marbre sur laquelle repose un tabernacle (et une nappe), et d'une large structure en bois pourvue d'un tableau central. Sur les côtés, l'on trouve les blanches statues de St Venceslas et de St Adalbert. Le tableau central est l'oeuvre de "Jan Jiří Heinsch", et représente de façon quelque peu confuse 2 scènes disparates. Dans la première, le visiteur averti peut apercevoir St Henri comme le protecteur de la ville contre les Suédois (fumiers!). Icelui, légèrement agenouillé, lève ses yeux supplicateurs au ciel, montrant la ville en feu de sa main droite (et gauche aussi un peu).
Sur sa droite, légèrement en dessous de son mari, Ste Cunégonde les yeux au ciel pareillement levés, se prépare à marcher pieds nus sur 12 socs de charrue chauffés à blanc tout rouge. Derrière la pauvresse, quelques personnages regardent la scène les yeux hagards. Comme souvent dans ces tableaux symboliques, les personnages portent les visages de contemporains renommés et suffisamment nantis afin de financer la croûte. L'histoire n'en aura pourtant pas retenu leurs noms.

Parmi les autres autels, mentionnons:
- L'autel de l'ange gardien,
- L'autel de la Ste trinité entouré des statues de St Laurent et Ste Apolline,
- L'autel de St Luc entouré de 6 tableaux représentant la sainte famille, St Joseph, St Aloïs, vierge Marie et p'tit Jésus, la descente de croix et le couronnement de la vierge,
- L'autel de Ste Barbara dans la chaplette homonyme, entouré des statues de St Sébastien et St Roch qui sont à la peste ce que l'Imodium est à la Turista,
- L'autel de l'annonciation sur lequel se trouve un précieux tableau de "Francesco Trevisani" représentant la Ste Famille et dont une esquisse se trouve dans la "Gemäldegalerie Alte Meister" de Dresde.

Notez tout particulièrement l'autel des 14 saints auxiliaires: le tableau de la vierge Marie entourée des 14 saints comme Cendrillon entourée des 7 nains est l'oeuvre de "Siard Nosecký", mon chouchou.

D'autres tableaux dans l'église représentent des évènements significatifs de la vie de St Henri: il et elle agenouillés font voeu de chasteté éternelle (les ânes), St Henri prie au-dessus de la dépouille de St Wolfgang, le couronnement de St Henri roi, le couronnement de St Henri empereur (le pape lui offre l'orbe impérial), St Henri se meurt et Ste Cunégonde pleure... Sur la corniche en hauteur se trouvent des angelots et les bustes de St Joseph, St Cosme, St Adalbert, St Jean Népomucène, St Jean-Baptiste, St Damien, St Procope, et St Ivan.

Remarquez le font baptismal en étain, daté de 1487 et portant mention en tchèque qu'il fut fondu en la période du prêtre "Tobiáš z Králové Hradce" par le saintier "Janotka". Parenthèse. Ici j'ai un gros doute sur le nom du métier. Le saintier coule les cloches, et compte tenu de la forme et de la taille du font, j'imagine qu'il eut été coulé et non martelé-écroui par un potier d'étain ou un dinandier?
Enfin s'il est quelqu'un du métier parmi vous, chers lecteurs, faites-moi savoir de qu'est-ce qu'il en ressort de, parce que ça m'intéresse franchement.

Dans l'église, sous le plancher, se trouvent 9 "caves" servant de frigo à macchab. Elles furent creusées tout au long du XVIIe siècle, et contiennent les os de notables comme les "Groneberger z Gronebergu", "Miller z Mildenberka", "Morák z Marenfelsu" et d'autres dont je ne vais pas vous encombrer la mémoire avec non plus. De même, certaines pierres tombales furent emménagées dans l'église pour décorer, mais les os ne sont plus avec. Pareil, je ne vais pas vous encombrer la mémoire avec les noms non plus, mais notez cependant devant la chapelle St Luc, la plaque en laiton de "Nikodém Kostelníček" (décédé en 1583). Il s'agit d'une oeuvre de 1584 du fameux saintier "Brikcí z Cimperka" dont je vous avais déjà parlé dans une très ancienne publie.

Ensuite du dehors, pareil, certaines pierres tombales furent emménagées contre les murs de l'église pour décorer, mais les os ne sont plus avec non plus.
Et comme auparavant, je ne vais pas vous encombrer la mémoire avec les noms, sinon vous informer que just'à côté du portail nord, sur la droite, se trouve une croix, vestige de la tombe du peintre "Felix Anton Scheffler", élève des frères Asam, et peintre (entr'autre) de la fabuleuse "abbaye de Broumov".

Le cimetière
Et donc avant, le parc autour de l'église était un cimetière dédié principalement à la peste. Entre 1347 et 1361, les annales mentionnent qu'un grand nombre de macchabs étaient inhumés là, sans en préciser le nombre. En 1420, l'on ne mentionne que les prières en l'église, prières nombreuses contre la peste. En 1507, l'on enterrait de 17 à 20 personnes par jour, en 1520 de 20 à 30 et en 1582 jusqu'à 40 personnes à la douzaine.

Lors de l'invasion suédoise de 1648, les brasseurs de la ville inhumaient ici leurs compagnons décédés sur les murs de défense. Les anales ne précisent cependant pas où l'on enterrait les autres corporations. Pis l'on cessa d'enterrer ici en 1787, suite aux décrets de Joseph II concernant l'inhumation intra-muros dans les villes, comme quoi c'était source de maladies et de puanteur, et qu'il valait mieux enterrer à la campagne, parce que les paysans, ça les dérangeait moins, la puanteur, entre les cochons, les lisiers, etc... C'était en son temps un des plus grands cimetières de la ville, et en son extrémité sud-est, se trouvait un ossuaire avec une petite chapelle funéraire communément appelée "chaplette de Jérusalem". En souvenir, la rue porte aujourd'hui ce nom: "Jeruzalémská". Quant au mur qui délimitait le cimetière, il fut démoli en 1827 et les statues de St Jean Népomucène et de St Jude Thaddée qui en ornaient l'entrée (du cimetière) furent déplacées devant l'entrée de l'église, où elles se trouvent encore aujourd'hui. Bien que les 2 soient datées de 1709, St Jean Népomucène est crédité à "Michal Jan Brokoff" (frère de l'archiconnu "Ferdinand Max Brokoff", et auteur de nombreuses statues encore visibles en moult quartiers de la ville et sur le pont Charles), tandis que St Jude n'est crédité à personne.

Epile Ogue
Comme la plupart des églises de la République, elle n'est pas souvent ouverte faut dire. De fait, c'est pas simple d'y aller pour visiter. Vous pouvez cependant vous y introduire lors des messes qui ont lieu plusieurs fois par semaine, en Tchèque comme en Slovaque. Y a juste qu'il faut alors se taper les débilités proférées par le curé, et pour avoir assisté par la force des choses à quelques minutes de sermon dans diverses paroisses cet été, je peux vous assurer que l'ampleur du délire dépasse l'entendement de la commune mesure. Attends, ma grand-mère était con-muniste, mon père alcoolique, et moi-même ai servi la patrie pendant un an dans un bataillon de hussards en Lorraine; pour vous dire que j'en ai entendu des conneries dans ma vie. Mais là, ce qu'un curé catholique (et même un cardinal, au mois de mai) est capable de débagouler lors d'une messe, c'est bien au-dessus de l'au-delà de ce que le bon sens d'un esprit sain est en mesure d'accepter. Mais l'édifice mérite assurément une visite. Saint t'en ris et sainte qu'une est gonde se trouvent là: 50.0848583N, 14.4304972E

dimanche 27 juillet 2014

Visiter: Le musée anthropologique du Dr Tourterelle

Alors c'est tout petit, 128 m² seulement, aussi ne vous attendez pas à 5h de visite. Mais si vous vous faites accompagner, commenter et expliquer par un des chercheurs officiant sur place, alors cette visite sera un ravissement absolu.
En fait, le "Hrdličkovo muzeum člověka" comme il s'appelle officiellement, fait partie de ces petits musées anonymes, presque vieillots, qu'on dirait poussiéreux, voire archaïque, alors qu'il n'en est rien du tout, loin de là. Il sent bon l'encaustique à bois, et ses collections, certes anciennes, respirent le parfum de l'aventure d'antan, de l'exploration du monde d'avant l'électronique de Fesse-Bouc, genre Tintin et Milou, Spirou et Fantasio, Black et Mortimer...
Personnellement j'ai adoré, et je vous le conseille assurément sans la moindre réserve.

Le Dr Tourterelle
Bon, j'ai traduit pour rigoler, parce qu'on ne traduit pas les noms propres, c'est couillon. Attends, t'imagines, le gars qui cherche sur la sonnette Dr Tourterelle?
Il a beau être devant l'appart du toubib, va savoir où qu'il faut sonner?! C'est aussi couillon que si l'on appelait Regensburg Ratisbonne en Français, ou Aachen Aix-La-Chapelle? Le pauv' gars qui chercherait sa route dans le pays d'origine n'aurait aucune chance d'arriver à bon port. En fait, le Dr Tourterelle s'appelle "Aleš Hrdlička", et même si vous ne connaissez pas son nom, vous connaissez sa théorie qui prétend que le continent américain aurait été peuplé bien avant petit Jésus par des ethnies d'origine mongole ayant traversé en patins à glace le détroit de Béring entre la Sibérie et la Laska alors qu'icelui (des trois) était gelé en plein hiver.
Je vous laisse lire la bio du toubib sur Wikipédia, où, pour une fois, le rédacteur s'est fendu de plusieurs lignes.

Plusieurs lignes certes, mais il a cependant oublié de préciser qu'entre les années 1896-1898, notre boug' étudia aux côtés du Dr Léonce Manouvrier à l'Ecole d'Anthropologie de Paris, lequel Léonce eut apparemment une influence non négligeable sur le développement de sa carrière.

Et il a encore oublié de préciser que le Dr Tourterelle fut décoré en 1927 de la médaille de Huxley, plus haute distinction du "Royal Anthropological Institute of Great Britain and Ireland", pour sa théorie de l'origine commune des races humaines
(hormis les Anglais, qui, comme chacun sait, sont d'origine inexpliquée, malgré que la communauté scientifique penche pour une abiogenèse spontanée de phospholipides lorsque, vers 43 avant Jean-Claude, du pipi de chat [ammoniac - NH3] serait fortuitement entré en contact avec un pet de truie sauvage [méthane - CH4] générant un résidu glycérol-phosphate estérifié par une molécule polaire d'andouille primitive à l'origine de la vie "humaine" sur Albion. Mais attention, ce n'est qu'une hypothèse).

L'histoire du musée
Alors le Dr Tourterelle fut non seulement à l'origine du musée d'un point de vue initiatique, mais également d'un point de vue financier.
Bien que l'idée trottait en la tête du toubib depuis moult années, ce n'est qu'en 1922 qu'elle fut mise à jour dans une taverne, et ce par la proclamation laconique aujourd'hui gravée sur les murs de la taverne: "je veux fonder un musée anthropologique à Prague". Malheureusement, arriva la crise économique, et le projet fut repoussé "sine die".
Les précieuses collections amassées pendant des dizaines d'années furent d'abord remisées au "Klementinum", ensuite elles déménagèrent en la faculté de Sciences Naturelles à "Albertov" (quartier au Sud de Prague sous la colline de "Vyšehrad" au Nord). Et ce n'est que le 22 octobre 1937 que le musée à part entière fut fondé, et cette même année, il prit officiellement le nom de
"Musée de l'Homme du docteur Tourterelle" ("Hrdličkovo muzeum člověka").

Pendant la seconde boucherie mondiale, le fond financier du docteur Tourterelle fondit comme neige au soleil (contrairement au fond du docteur Dynamite... Nobel), et ses collections comme l'institut d'anthropologie déménagèrent ensemble dans l'édifice de la faculté de Sciences Naturelles de l'université Charles, au numéro 7 de la rue "Viničná", où elles se trouvent encore aujourd'hui.

Les thèmes
Au départ, l'idée du musée s'étalait sur plus de 1000 m², mais par manque de pognon, c'est à peine un peu plus du dixième qui est exposé aujourd'hui, soit quelques 4000 pièces seulement. De nombreux autres morceaux sont cependant remisés aux archives, donc si un jour un généreux mécène...

Quatre thèmes sont donc présentés au public, avec comme point commun l'Homme, et plus particulièrement son corps:
1 - La phylogénèse où l'histoire évolutive de notre espèce depuis l'australopithèque jusqu'à l'hétéro-sapiens.
2 - La variabilité et l'évolution, où les différences au sein de notre espèce (humaine).
3 - L'ontogenèse où les transformations structurelles du cycle de la vie.
4 - La (paléo) pathologie où les écarts d'au standard, collection d'os déformés par les maladies d'entre le XVI et le XVIIIe siècle.

Dans le cadre de cette collection, vous verrez en particulier des crânes trépanés, vestiges préhistoriques de la science politique actuelle qui consistaient à convaincre l'entêté en lui perforant l'os de la tête à l'aide d'un objet contondant et en lui enfonçant à coup de masse la bonne idée dans son cerveau d'andouille obtuse.

Vous y verrez encore quelques bouts d'os, de cheveux, des photos et des moulages en plâtre de scarifications tribales et taillages de dents de Pygmées centrafricains réalisés (les moulages, pas le taillage des dents) par le "père des Pygmées", le professeur autrichien d'origine tchèque "Pavel Šebesta".

Vous y verrez aussi des moulages post-mortem de personnalités archi-connues: "Purkyně", "Masaryk", "Beethoven", "Dvořák", Line Renaud... (ah bon, elle remue encore?)

Vous y verrez encore 3 momies momifiées naturellement (comme le jambon de Bayonne) et artificiellement (comme le tout en Khamon des Gyptes. Attends, j'allais pas vous refaire la vanne de Line Renaud, maintenant que je sais qu'elle fait du fitness à ski dans une piscine olympique en moins de 3 minutes).
Elles proviennent du village de "Deir el-Médineh", et furent importées en République tchèque par l'égyptologue "Jaroslav Černý" alors qu'icelui faisait l'épigraphiste pour Bernard Bruyère dans les années 1925-1930.

Vous comprendrez la différence entre un Pygmée hydrocéphale atteint de migraine idiopathique et un nain achondroplasique tombé de vélo au tour de France à l'âge de 3 ans.

Vous y découvrirez la théorie phrénologique, où comment le délit de sale gueule se confirme par les bosses du crâne.
N'oublions pas la collection de "František Vladimír Foit", peintre, sculpteur, ethnographe et voyageur fasciné par les mutilations ornementales des tribus africaines (cf. les Labrets) comme par les déformations crâniennes volontaires des indiens sud-américains (de Bolivie).

Et mentionnons encore la collection du docteur "Jiří Malý", moulages de visages d'indiens d'Amériques (du Nord comme du Sud) réalisés entre 1929 et 1930 sous la conduite du Dr Tourterelle alors qu'icelui officiait comme conservateur du Musée National à Washington DC.
Ah oui... Notez que le Dr Tourterelle développa cette méthode de moulage des visages en fin du XIXe siècle, méthode permettant au sujet de garder les yeux ouverts afin d'entendre les recommandations lors du processus de plâtrage. Remarquez par exemple les chefs indiens Nuage Debout, Ours Grognon, Huître Lymphatique... comme ils ont les yeux grands tout verts.

Epilogue
Permettez-moi d'insister à nouveau sur l'absolue nécessité de visiter ce splendide musée. Et même plusieurs fois, parce qu'à chaque visite, vous découvrirez quelque chose que vous aviez loupé précédemment.
En date d'en ce moment (vérifiez toutefois sur leur site internet pour en avoir le coeurnet), les horaires d'ouverture sont du mercredi au vendredi de 10 à 18h. Mais je vous conseille tout particulièrement les visites nocturnes chaque premier mercredi de chaque mois, de 21 à 23h entre mai et septembre, à partir de 20h autrement.
Vous serez équipés d'une torche, et c'est toute lumière éteinte que vous découvrirez ces trésors blafardement illuminés par la lueur de votre lampe: poilhérissage sur les bras garanti. Le musée anthropologique du Dr Tourterelle se trouve ici: 50.0722094 14.4243808.