samedi 22 mars 2014

Ville: Fantova kavárna à la gare centrale

Alors que Prague soit un musée architectural à ciel ouvert, je vous l'avais déjà dit pas mal de fois me semble-t-il.
Et justement, dans ce cadre-là, et parce que l'on termine tout récemment la reconstruction d'un édifice exceptionnel de style Art nouveau de la gare centrale de Prague, je vais vous parler aujourd'hui du hall central plus connu sous le nom de "Café Fanta" (et ça n'a rien à voir avec Caca Cola).

Historique
Alors comme chacun sait, le rail est relativement récent, et donc la première gare à l'emplacement de l'actuelle fut construite à partir de 1869 par les architectes "Vojtěch Ignác Ullmann" (et non "Josef Ignác Ullmann" comme certaines sources mentionnent bêtement) et "Antonín Viktor Barvitius".
Eh oui mais attends, je me souviens que je vous en avais déjà parlé, de l'historique de la gare centrale, juste-là. Bon, ok, c'est pas récent comme publie, mais l'historique de la gare n'a pas changé depuis. Alors je vous laisse lire, et je passe à la suite.

Le café Fanta
Tout d'abord faut que je vous dise que la gare fut suggérée par l'architecte "Josef Fanta", qui était de surcroît charpentier (enfin concepteur de meuble), peintre, conservateur de monuments historiques (à ses heures perdues) et mécènes (lorsqu'il dépassait le plafond raisonnable d'imposition).
Elève de "Josef Zítek", et bon pote d'avec, ce qui lui fut fort utile par la suite, il est considéré comme l'un des plus grands architectes de l'art-nouveau, bien que ses détracteurs lui pourrissaient la vie au prétexte que ce style était largement dépassé. Et malgré que la gare-nouveau... la gare art-nouveau... donc... architecturée par "Josef Fanta"... le café quant à lui, fut simplement suggéré, esquissé mais parachevé dans une certaine mesure par le constructeur "Čeněk Vincenc Gregor". Dans quelle mesure "Čeněk" apporta son génie aux ébauches de "Josef", l'histoire ne l'a point retiendu. Les sgraffites, mascarons, bas-reliefs et statues sont les oeuvres des sculpteurs "Stanislav Sucharda", "Ladislav Šaloun" et "Čeněk Vosmík" que je ne vous présente plus, tellement ils sont connus tous plein de partout (en particulier dans mes publies). Les peintures (et les couleurs) sont de "Viktor Stretti" et de "Václav Jansa" (qui eut la fabuleuse idée de réaliser moult aquarelles de la ville de Prague avant son assainissement, aquarelles d'une valeur historique incommensurable maintenant que les édifices ne sont plus).
Malheureusement, pour les splendides vitraux, la boiserie, la ferronnerie, les annales sont muettes quant aux auteurs. Dommage, c'est énorme de splendeur et d'origine (en particulier les vitraux art-nouveau au-dessus de l'horloge).

Sinon avant d'être un café, le "Café Fanta" servait de hall d'accueil, genre c'est là que tu achetais tes billets. Mais c'est surtout là, que tu entrais en contact avec la gare pour la toute première fois. Et comme chacun sait, les premières secondes sont cruciales: Monsieur de Talleyrand disait "méfiez-vous de la première impression, c’est toujours la bonne" (et ma femme de ménage de rajouter "surtout lorsqu’elle est mauvaise"). Aussi le hall d'entrée se devait d'être splendide, majestueux, coupe-souflesque et bras-tombantant. Et il l'était, le hall, fabuleux. Il l'était jusqu'à ce que les con-munistes construisent l'immonde hall sous-terrain dans les années 70 et fassent passer la "magistrála" (l'infâme autoroute qui passe en plein centre-ville) devant la gare. Alors l'ancien hall devint café, et perdit de sa splendeur.
Vous pouvez admirer les photos sur mon ancienne publie, afin de vous rendre compte à quel point ce hall tombait en ruine que les pigeons y chiaient dedans il y a encore quelques années seulement (véridique). Mais depuis peu, (fin Janvier 2014), il vient d'être fini d'être restaurer, et sa splendeur brille à nouveau sur toute la gare. Pour l'anecdote, notez encore que le nouveau hall d'entrée (des années 70) se trouve dans Prague 1, tandis que la gare de "Josef Fanta" se trouve dans Prague 2, la "magistrála" séparant les 2 arrondissements.

Alors qu'y voyons-nous, dans ce hall de gare art-nouveau? Tout d'abord des blasons. Ils représentent certaines des villes qui étaient desservies depuis la gare praguoise. Les voyageux reconnaîtront de gauche à droite Prague, Florence, Rome, Paris, Budapest, Prague ("bis repetita placent"), Vienne, Moscou, Berlin, Hambourg... et les statues en dessous, symbolisent ces villes. Anecdote, le blason d'Hambourg date de l'Empire français, lorsque les Bouches-de-l'Elbe étaient département français, en 1811, et Hambourg commune d'Empire.
Les 3 abeilles napoléoniennes sur le chef-de-gueule étaient représentées sur les blasons de toutes les "bonnes villes" sous le premier Empire. Alors pourquoi "Josef Fanta" (ou son stucateur?) est allé utiliser en début de XXe siècle un blason du début du XIXe, pas la moindre idée. Par amour de la France?

Notez par contre que le couillon de service (dont je ne mentionnerai pas le nom afin de ne pas l'acculer au mur du ridicule) qui faisait la visite aux journaleux après la reconstruction, est allé leur vendre l'ineptie qu'il s'agirait des blasons des villes tchèques desservies par le rail ("vidíte znaky českých měst, kam se všude cestovalo, kudy vedla dráha z Prahy"). Mort de rire, le "neuer Kaiser-Franz-Joseph-Bahnhof" avait nettement plus d'ambition internationale que de desservir des villes tchèques. Couillon! Vous trouverez cependant cette information (villes tchèques) dans la grande majorité des articles du Net, alors qu'en dehors de Prague, pas un seul blason ne représente une ville tchèque (encore que peut-être le dernier, avec son St Venceslas, mais je ne l'ai pas identifié avec certitude). Bon, ce souci pourrait être anecdotique, s'il n'était pas révélateur d'un phénomène croissant: l'affirmation par les journaleux d'éléments non vérifiés.
Dommage pour la profession. Heureusement qu'il y a Strogoff ツ

La toute nouvelle restauration
A la chute du con-munisme, la gare centrale de Prague commença à se détériorer, d'abord un brin, puis grave, et en début de millénaire, il fallut penser à une nécessaire restauration. Et comme en République bananière notre, rien ne se passe sans dessous-de-table et bakchich, ce sont les Ritals de "Grandi Stazioni" qui obtinrent le contrat. Mon blog étant principalement à but culturel et historique, je ne vais pas vous dévoiler les détails mafieux liés à la malversation, mais sachez que ce contrat pue la charogne, et que les fumiers putrides (côté tchèque) mêlés à cette prévarication ont (ou avaient encore récemment) leur (gros) cul sur un siège parmi les plus hautes sphères de la fonction publique. Bref, et en succinct, le contrat stipule "vous nous retapez la gare" (pour une valeur d'environ 35 millions d'Euro), et "on vous laisse la gérance du lieu pour 30 ans".
Aussi dans les années 2008-2009, ce sont les quais qui eurent droit au dépoussiérage (histoire de montrer un peu de bonne volonté côté rital), suivis du hall nord, où l'on construisit (et pour cause) des commerces (ben tiens), des fast-foods (ben tiens), des presses (ben tiens), des superettes (ben tiens), et l'on augmenta le tarif des chiottes à tel point, que les voyageurs préféraient se payer une consommation forcée afin d'obtenir le ticket-gogues compris dans le prix plutôt que de payer les gogues à part sans consommation. Le "Café Fanta" qui méritait sans doute le plus une réfection urgente fut mis en dernier sur la liste, parce qu'économiquement insignifiant. Ben tiens, on te file pour 30 ans la gérance d'un espace énorme où se concentrent des milliers de personnes chaque jour. Qu'en fais-tu? Un centre commercial, eh oui, comme si Prague n'en disposait déjà pas d'assez, de centres con-merciaux en plein centre-ville. Le "Café Fanta", c'est protection du patrimoine, et le voyageur en train ne va pas payer de son rein gauche pour avoir un café (comme à l'aéroport où le café coûte l'oeil droit). Aussi les Ritals maquillèrent le plus rapidement possible leur vieille pute afin de la fout' au turbin, tandis que le joli café, sans rendement immédiat, il pouvait encore attendre, presque 6 ans.

Et puisqu'on parle d'attendre... que va devenir le parc "Vrchlický" juste devant l'entrée de la gare? Aujourd'hui c'est vert, moyennement propre, mais surtout fréquenté par une conséquente faune interlope plus proche de la cour des miracles que du voyageur mondain, au point que l'endroit est populairement appelé "Sherwood", pour vous dire (Robin des bois était un con-muniste d'avant-garde.
C'est bien une idée bolchevique que de voler les riches pour distribuer aux pauvres non?). Depuis que la gare fut "légèrement" restaurée par "Grandi Stazioni", le coupe-gorge n'est plus infréquentable, cependant vous y rencontrerez toujours une singulière concentration de camés-shootés-zombis, d'ivrognards dégobilleux, de rivettes sodomites comme bougretantes, enfin une concentration de toute la sordide gangrène sociale empuantant le miasme de la misère profonde. Une horreur Thérèse.

Mais retour au "Café Fanta". Il est donc retapé (bien qu'il reste encore quelques mètres carrés en friche, dans l'attente qu'ils sèchent des dizaines d'années d'infiltration d'eau de pluie), et au printemps 2014, au plus tard en été, l'on devrait l'ouvrir en grande pompe, dès que l'on aura trouvé un gérant-exploitant. Du coup, vide, je me dis que j'allais aller y faire quelques photos, la peinture étant encore fraîche, et le quidam absent. Aussi je contactai l'attaché de presse des chemins de fer tchèques, lequel m'informa que le café était libre d'accès, et que l'on pouvait y photographier librement et sans problème. Cool, j'attendis donc un jour ensoleillé, et en fin d'aprèm, me rendis sur place. Ah oui, libre d'accès, et photographiage libre et sans problème!? L'imbécile avait oublié de me signaler qu'un grillage de 2,5 m de haut séparait le hall d'entrée du café, grillage vissé contre le mur et donc infranchissable et surveillé par un vigile, grillage en plein dans le champ de l'objectif dérangeant comme une grappe d'hémorroïdes au cul d'un conducteur de taxi.
Décidemment, l'empathie, le bon sens et la perspicacité ne sont pas des qualités spontanées chez un attaché de presse des chemins de fer tchèques (et je ne parle pas d'intelligence). Du coup, les photos sont au mieux de ce que je pus faire, compte tenu des conditions. J'ai quand même réussi un cliché pas trop mal de l'apothéose sculpturale, des 2 splendides créatures nichues semblant sortir d'un tableau d'Alfons Mucha et qui enjolivent de leur charme sensuel l'inscription "Praga mater urbium" (Prague, mère des villes) entourée de la date du 28 octobre 1918 (naissance de la Tchécoslovaquie). Bon, mais malgré tout, je compte bien y retourner et de faire tout plein de belles photos, une fois le grillage retiré.

Alors comme il n'y a rien d'autre d'intéressant à voir dans cette gare, sinon le "Café Fanta", je ne vais pas vous inviter à vous y ruer fissa fissa, mais si jamais vous passez à proximité, sachez qu'il existe, et qu'il mérite un jet d'oeil, juste là: 50.0831506N, 14.4353481E.

jeudi 27 février 2014

Ville: Le Bruncvík du pont Charles

Allez, je vous en fais une (publie) complète sur une statue bien particulière du pont Charles, parce qu'elle le mérite vraiment, z'allez-voir. Je ne vous rappelle pas les publies concernant le pont Charles, vous pouvez les googler sur la toile, et je ne vous rappelle pas non plus les publies où j'ai mentionné le "Bruncvík", y en a trop plein. Mais comme je n'ai jamais vraiment détaillé le quoi du comment de "Bruncvík", ben tiens, paf ça tombe bien en plein dans l'à propos.

Tout d'abord "Bruncvík" se prononce "Brountsvique" en Français, et provient fort probablement de l'Allemand, comme vous verrez dans la suite de mon exposé.
Ensuite la statue actuelle qui se trouve exactement là 50.0866300N, 14.4093542E, au pied du premier pilier du pont Charles sur l'île de "Kampa" date de 1886, et bien qu'originelle (de 1886) elle n'est que le remplacement de diverses autres statues qui se trouvaient exactement (ou presque) à cet emplacement au cours des siècles. Mais commençons par le début, par le "mais qui c'est-il donc que ce fameux "Bruncvík"?"

Il était une fois un certain prince mythique "Žibřid" ou "Štylfryd" selon les éditions, qui vivait en Bohême. Pis un jour, il décida de voir le monde. Les raisons de cette décision sont nombreuses (à nouveau selon les éditions de l'histoire), soit parce qu'il était voyageur dans l'âme, soit parce que l'aigle noir sur le blason du pays ne suffisait pas, et il voulait y mettre coûte que coûte un lion (pour damer le pion aux Luxembourgeois), ou encore, selon mes potes de bistrot, parce que sa femme était moche et qu'on n'avait pas encore inventé le divorce en ces temps-là. Peu importe, il partit donc avec sa clique de têtes brûlées dans le monde, et d'aventure en aventure, où il rencontra le roi Olibrius qui lui vendit une épée magique (cf. plus loin), où il rencontra l'oiseau monstrueux Noha qui fit chavirer son navire sur l'île infernale du Magnetistan, où il rencontra l'ogre mou Hollandius qui l'imposa à 75% sur les trésors qu'il allait potentiellement découvrir... et d'aventure en aventure donc, il finit par filer un coup de main à un vieux lion pelé qui s'en prenait une raclée par un griffon cracheur de feu et péteur de méthane. Une fois sauvé, le lion et "Bruncvík" devinrent potes à vie (mais sans s'homo-marier), et depuis, le lion est l'emblème de la Bohême, ainsi que de la République tchèque dont le blason se compose de 2 fois le lion bohémien, d'une fois l'aigle morave et d'une fois l'aigle silésien (j'te dis pas le ménage à Troyes). Notez que ce fameux lion de Bohême possède 2 queues, particularité spécifique du lion de Bohême dont les exemplaires vivants sont malheureusement éteints depuis plusieurs centaines d'années.

Alors pourquoi 2 queues me demanderez-vous? La raison est simple. Après avoir, comme d'habitude, prétendu que la queue du lion de Bohême était plus longue que la queue des lions des autres pays (ce qui était vrai par ailleurs), après que les autres rois ne faisaient rien d'autre que de dire que c'était pas vrai (alors que ça l'était), bref après tout ça et pour couper court à la polémique, le roi de Bohême d'à l'époque décida alors de la doubler (la queue du lion), selon la prosaïque formule "c'est peut-être pas la plus longue, mais mon lion en a deux". Ce à quoi les autres rois lui rétorquèrent que leurs lions en avaient 2 aussi (sauf en Turquie où elles finirent au beurre noir sur la poêle du grand vizir d'Istanbul), et l'affaire en resta là, sur ce malentendu. A part au Luxembourg où le roi s'empressa de copier le lion de Bohême afin de ne pas être en reste (tout ce que je fais, mon âne, mon âne, tout ce que je fais, mon âne le refait). La Bohême menaça alors qu'elle allait s'en aller lui foutre un poing sur la gueule et un pied au cul s'il s'évertuait à continuer à ne rien faire d'autre qu'à faire chier son monde. Mais en 1310, Jean de Luxembourg épousa Zézette de Bohême, et les pays harmonisèrent les queues des lions à la même longueur, supérieure cependant (et de loin) aux queues des lions (et des rois) des autres royaumes (les boules -une paire- pour eux moi j'dis).

Alors pour ceux qui auraient senti dans l'histoire de "Bruncvík" et du lion comme une odeur de Sinbad le marin, de l'Odyssée d'Ulysse d'Homère (d'alors), d'Yvain de la Table ronde d'Arthur, de Tintin et Milou ou encore de nombreuses autres légendes aussi vieilles qu'anciennes, pas étonnant, car toutes remontent loin loin dans la mémoire des hommes de toutes races et de toutes religions.
Le déroulement des faits comme les traits des personnages furent plus ou moins adaptés pour les besoins spécifiques du moment et du lieu, mais le noyau dur du combat entre le faible et le puissant, secouru (le faible) inopinément par un héros devenu ainsi son inséparable copine, donc ce noyau dur remonte à la nuit des temps. La nôtre d'histoire tchèque, celle de "Bruncvík", aurait été inspirée par Henri le lion, résidant en la ville de "Braunschweig" (comme par hasard) en Basse-Saxe, qui, lors de son pèlerinage en Terre-Sainte, vit un lion se faire mettre grave par un dragon cracheur de feu... Bon, et vous connaissez la suite... Sachez encore qu'en souvenir (du lion), Henri fit mouler un bronze vers 1166, bronze toujours vivant et d'un poids de presqu'une tonne, et qui aurait été en son temps le premier moulage d'envergure (1,78 x 2,79 m) depuis l'antiquité, et serait encore aujourd'hui l'un des plus anciens moulages conservés au nord des Alpes depuis le moyen-âge. Les Allemands en font tout un foin d'ébahissement enflammé, alors qu'en y regardant de plus près, leur lion n'a qu'une seule queue, et courte de surcroît. Bon, mais revenons à nôtre chevalier.

Maintenant ce que vous ignorez sans doute encore, c'est que l'épée de notre "Bruncvík" tchèque (vendue selon une des multiples légendes par le roi Olibrius) est prodigieusement magique. Il suffit de lui donner un ordre (genre "coupe lui la tête", ou "va faire la vaisselle"), et l'épée magique s'exécute d'elle-même, sans même nécessité de la tiendre en main. Et elle est indestructible. Selon la légende, avant de rendre l'âme, le chevalier "Bruncvík" aurait planqué quelque part son épée, afin qu'elle puisse servir pour de quand que ça ira vraiment mal (cf. plus loin). Une option serait, qu'elle fut emmurée dans le pont Charles, l'autre option serait, qu'elle fut jetée dans le fleuve "Vltava". Peu importe, une chose est sûre selon la légende, c'est que lorsque la Bohême sera dans le caca, mais vraiment grave le caca, bien foncé, rien de ce que l'on aurait déjà connu, guerre, invasion, con-munisme, peste et cholera, tout ceci c'est du pipi de chat. Non, le vrai caca noir... et c'est pas raciste, c'est la couleur du caca de quand on y sera dedans, j'y peux rien s'il n'est pas blanc... donc le vrai caca noir, ça sera par exemple l'entrée dans l'Euro-zone, ou Hollande comme président de la Tchéquie, genre un truc vraiment grave grave, donc lorsque la Bohême sera dans le vrai caca (noir), les chevaliers du mont "Blaník" sortiront de leur crotte... grotte, et au moment où ils galoperont vers le château de Prague par-dessus le pont Charles, l'épée magique de "Bruncvík" réapparaîtra miraculeusement afin que St Venceslas puisse s'en servir contre la menace d'enfer. Du reste, et sur la base de cette légende, est né un proverbe bien tchèque plein d'optimisme positif: "rien jusqu'à présent n'est jamais allé aussi mal que ça ne pourrait être encore pire".

Bon, mais attends, toute légende est basée sur une part de vérité. Et c'est là que vous allez être sciés. Lors des inondations de 1890, 2 piliers du pont Charles furent emportés par les eaux, et lors de la reconstruction, l'on trouva réellement une épée emmurée dans les fondations. Non? Ben si! Sauf qu'après analyse, il fut découvert que l'épée rouillée appartenait à un aut' boug' que "Bruncvík".
C'était l'épée de l'idole Péroun, dont la statue se dressait sur l'île de "Kampa", à proximité de l'actuel "Bruncvík". Lorsque le catholicisme rongea la Bohême, l'idole fut détruite, et plus tard son épée emmurée dans les fondations du pont. Bon, ok, c'est tiré par les cheveux, car le catholicisme apparu en Bohême au IXe siècle, il fut largement propagé jusqu'au XIIe siècle, et à partir du XIIIe, l'on peut affirmer que le paganisme disparut du pays, dans les villes assurément. Or la construction du pont Charles remontant à 1357, je doute que l'on aurait conservé l'épée d'une idole païenne jusque-là, juste pour la fiche dans les fondations d'un pont dont on ignorait alors qu'il serait seulement construit un jour. Bref, notez maintenant que même notre "Bruncvík" doit être d'une certaine manière remis en cause.

Ben oui, la statue actuelle date de 1886, et est l'oeuvre de "Ludvík Šimek" auquel l'on doit encore (à Prague) "Josef Jungmann" sur la place homonyme, plus de nombreuses broutilles dispersées en notre capitale. Alors y avait quoi là avant 1886 me demanderez-vous? Ben rien. Mais avant rien, y avait Roland. Nan? Ben si! Exactement au même endroit, sur ce piédestal en dessous du pont Charles, il y aurait eu depuis la construction du pont (1357) une statue de Roland. D'aucuns avancent même que cette statue aurait été là d'avant le pont Charles, et quelle daterait même du pont Judith. Maintenant attention, ce sont des suppositions. La seule certitude, c'est que la statue de Roland fut présente début du XVIe siècle.

Bon, mais pourquoi Roland? D'abord parce que ce Franc, potentiellement neveu de Charlemagne, est archi connu en Germanie, peut-être même plus qu'en France, et compte tenu des relations hyper-étroites qu'entretenait la Bohême avec ses voisins germains, il aurait été surprenant que les héros des uns ne déteignent pas sur les légendes des autres (cf. St Jean Népomucène par exemple, et dans l'autre sens). Ensuite parce que Roland représente le droit des villes en Germanie. Tout découle du droit saxon ("Sächsische Weichbildrecht" en Allemand ou "Jus municipale saxonicum" en Latin) qui découle lui-même du droit de Magdebourg originellement attribué par l'archevêque Wichmann fin du XIIe siècle, et qui eut une empreinte géographique comme commerciale faramineuse sur les pays de l'Est (de Magdebourg) jusqu'en Ukraine. Je vous passe les détails juridiques, mais ce qui est important ici, c'est que les villes où ces droits/lois étaient appliqués se désignaient alors par "Rugeland" en dialecte local ("Gerichtsstätte" en bon germain), et par déformation linguistique "Roland" devint le symbole du droit des cités et de l'application des lois (cf. "Dietlinde Munzel-Everling, Taunusstein: Kaiserrecht und Rolandfiguren - ein weiterer Beitrag zur Rolandforschung"). Alors Roland (dont la statue devait sans doute ressembler à ça) se trouvait sur le pont Charles jusqu'en 1648, lorsqu'elle fut bousillée par les Suédois (fumiers) lorsqu'ils essayèrent d'envahir la vieille ville de Prague.
Elle fut par la suite démontée, et remplacée en 1886 par notre "Bruncvík" actuel.

Signalons encore qu'il existe une copie de Roland en albâtre au musée de la ville de Prague, copie qui proviendrait des collections de Rudolf II. Elle serait la réplique exacte de la statue d'avant "Bruncvík" (c'est à dire Roland), daterait du tout début du XVIe siècle, et serait attribuée à l'archi-fameux "Matěj Rejsek". Ben oui, mais alors dans ce cas, ce ne serait pas la statue d'origine du Roland, qu'au-dessus je disais qu'elle pouvait même dater du pont Judith, peut-être? Ben non, selon certaines hypothèses... Attends, commençons par autre chose pour reviendre à ça plus tard.

Si vous regardez sur la corniche basse que fait le socle de la statue avec le pilier du pont, alors vous remarquerez une série de 11 signes gravés en relief sur des blasons. On ignore de quelle époque datent ces insignes, mais clairement d'avant la pose du "Bruncvík" de 1886, puisqu'on les retrouve sur les copies du Lapidarium comme du musée de la ville. Selon certaines hypothèses, ces blasons dateraient d'avant la mort de Charles IV, soit 1378. D'autres hypothèses parlent des armoiries de ceux, qui auraient payé la construction de la statue de "Matěj Rejsek". Ce sont des hypothèses sans garantie. Bon, mais pour peu que vous soyez familier avec les vieilles pierres, l'idée des marques de tâcherons vous vient immédiatement en tête, de suite. Oui, sauf 2. Celle du milieu, et celle de tout-à-droite. Icelles marques semblent nettement moins "marques de tâcherons" mais signes "cabalistiques". Maintenant si l'on considère que la majorité de ces marques seraient des marques de tâcherons, alors l'idée qu'elles représenteraient les tailleurs de pierre du pont Charles vient immédiatement en tête, de suite. Ces marques représenteraient les tâcherons méritants ayant travaillé sur le pont, genre l'employé du mois de chez Mc Do. De tels arrangements ont déjà été trouvés en certaines cathédrales selon mes sources (mais pas une seule référence n'est citée). Ben y a qu'à rechercher sur les pierres du pont, me direz-vous pour vérifier? Ben oui mais non. D'abord parce que nombreuses pierres ne sont plus de 1357 (cf. la catastrophique récente reconstruction: utilisation de nouvelles pierres inappropriées, coulage de béton à la tonne, destruction des pierres d'origine, aucune supervision archéologique... un vrai travail de sale un-con-pétant), ensuite les marques peuvent ne pas être visibles. Mais passons. Maintenant si l'on considère la marque du milieu, celle qui ressemble à un insigne franc-maçon, alors se trouvent 5 marques de part et d'autre d'icelle marque centrale. Or le chiffre 5 (encore que les francs-maçons parlent souvent du "nombre" 5) est d'une importance toute particulière en franc-maçonnerie (comme le chiffre 3, 7, etc...). D'abord il est le chiffre central (entre 0 et 9), il symbolise la conscience incarnée (les 4 matières et l'esprit, la Terre, l’Eau, l’Air, le Feu et l’Ether), c'est l’Etoile flamboyante à 5 branches, etc etc... Mais c'est aussi l'esprit démoniaque, le symbole du diable pour les catholiques, Baphomet pour les Templiers. Pis surtout, dans mon recueil "concentré d'intelligence pour les couillons comme moi", il est spécifié que le nombre 5 n'est pas traditionnellement remarquable pour les francs-maçons, en tout cas pas avant le milieu du XVIIIe siècle. Alors?

Alors je vous donne encore quelques éléments de réflexion:
- Les Templiers arrivèrent en Bohême dans les années 30 du XIIIe siècle. Ils découvrirent nombreux trésors en Terre-sainte, la Sainte Lance de St Longin, l'Arche d'Alliance, les secrets de construction des pyramides d'Egypte et du temple de Salomon, sans oublier les lunettes de soleil du docteur Schweitzer.
- En 1314, le dernier maître de l'ordre du Temple, Jacques de Molay, fut brûlé sur l'Isle de la Citée (à Paris).
- Jusqu'à leur disparition, les chevaliers disposaient en Bohême de 4 commanderies principales ("Uhřiněves", "Jamolice", "Templštejn", "Čejkovice") et du complexe (église, commanderie et habitations) St Laurent à Prague (aujourd'hui les restes sont l'église désacralisée St Anne et l'ancien couvent des dominicaines, rue "Liliová").
- En 1323, le bon roi Charles IV arrive en France (où il restera 7 ans) pour recevoir une éducation appropriée et apprendre à jouer de l'accordéon.
- Son parrain (et mentor) était Charles IV de France, 3e fils de Philippe le Bel lequel fit assassiner les Templiers et dissoudre l'ordre.
- La légende raconte que notre Charles IV (de Luxembourg-Bohême) aurait été initié aux rites de l'ordre du Temple et devint maître (en la matière).
- Les nombreuses coïncidences ésotériques qui entourent la construction de la nouvelle ville comme l'érection des nouveaux édifices (églises, pont Charles, Karlstein...cf. mes multiples publies) confortent dans l'idée que Charles IV (ou son maître d'oeuvre) maîtrisait l'occulte et le mystérieux (franc-maçonnerie, templièrerie?).
- Après leur dissolution, les biens des Templiers furent (par ordre papal/royal) distribués aux hospitaliers de St Jean de Jérusalem (chevaliers de Malte) qui ont encore aujourd'hui pignon sur rue à Prague (à 50m de l'ambassade de France).

Bon, et alors, ne voyez-vous rien venir? Ne sentez-vous pas comme une odeur de boudin noir aux pommes? Attends, marques de tâcherons, signes cabalistiques, pont Charles, Charles IV, Templiers, trésor... toujours rien? Mais c'est évident non? Au tout début, lorsque le pont Charles fut construit en 1357, la toute première statue qui se trouvait déjà sans doute sur le pont Judith, cette toute première statue représentait... ben Roland. Alors pourquoi autant de suspense me direz-vous, pour une conclusion si simple? Ben tout d'abord c'est pas une conclusion définitive, mais une forte présomption. La vraie raison de tout ce suspense, c'est que de par les signes cabalistiques et les marques de tâcherons, certains désespérés sont allés récemment penser que la statue aurait représenté Jacques de Molay, le dernier maître des Templiers. Ouah la bonne blague, attends... tu rigoles ou quoi? Un bon archi-catholique comme le bon roi Charles IV aurait mis sur son pont à lui un hérétique répudié par l'église pour adoration du malin et pratiques sodomites? Non, tout ce foin c'est juste pour faire du bruit, pour attirer l'attention parce que depuis que le gros mou Flanby fait la une de la presse mondiale, personne ne s'intéresse plus à Prague. Aussi il fallait bien inventer un scoop afin d'attirer le touriste après les jeux olympiques.

Ceci-dit et blague à part, s'il est parmi vous des érudits en franc-maçonnerie, des, qui savent lire les 2 signes curieux parmi les 11, des, qui voudraient bien partager leur savoir d'avec moi, ben j'invite iceux (les des qui...) à me contacter. Je leur offre une bonne bouffe et bière à volonté en mienne compagnie. Ça motive du tonnerre di diou moi j'dis, non?

Alors récapitulons. Avant le pont Judith et Charles, il y avait sur l'île de "Kampa" une statue du dieu païen Péroun. L'idole était représentée exactement comme le Roland, reposant ses 2 mains et s'appuyant sur une épée, au centre, la pointe plantée au sol (cette affirmation est basée sur mes sources d'experts, et non pas sur une photo d'époque). Cette statue fut détruite à l'arrivée de la chrétienté. Ensuite fut construit le pont Judith, entre 1158 et 1172, lequel fut emporté par le fleuve en 1342. En 1357 l'on construisit alors le pont Charles, mais y avait-il une statue sur le fameux emplacement? Aurait-ce été celle de Roland, Jacques de Molay, ou n'importe qui d'autre? Aucune source ne mentionne quoi que ce soit d'affirmatif, mais d'aucuns présupposent qu'on y mit un chevalier Roland, lequel se trouvait peut-être déjà sur le pont Judith (mais sans certitude). En 1459, le roi "Jiří z Poděbrad" octroya le droit à la ville de prélever la taxe sur le pont Charles, et ce droit fut symbolisé début du XVIe siècle par le Roland de "Matěj Rejsek". Puis en 1886, l'on remplaça ce dernier par notre "Bruncvík" actuel de "Ludvík Šimek". Du reste on ne sait toujours rien sur ces 11 signes gravés en relief en dessous de la statue, ni de quand ils datent, ni de quoi qu'ils représentent.

Inutile de vous préciser que les exorcistes, les ensorceleurs, les nécromanciens, les radiesthésistes et autres diseurs d'horoscope prétendent que cet emplacement serait fichtrement énergétique de radiations métapsychiques et de fluides parapsychologiques, que c'en serait du délire total tellement l'énergie ésotérique émanerait de là. Bon, difficile à confirmer en ce qui me concerne, alors allez-y vous faire votre propre opinion. Et si vous sentez quelque chose en termes d'occulte et de mystérieux, partagez votre expérience avec moi s'il vous plait. Ah oui, et pour info, sur le socle, entre le "Bruncvík" et les marques de tâcherons, les bonhommes avec leurs parchemins représentent l'Est, l'Ouest, le Minuit (le Nord) et le Midi (le Sud).

Alors après avoir lu cette publie, vous ne regarderez plus jamais le "Bruncvík" de la même façon. En fait, chaque statue du pont Charles possède ses propres légendes, et je pourrais vous faire des centaines de publies rien que sur ça (vous vous souvenez de la légende du Turc de la statue des trinitaires, oeuvre de "Ferdinand Maxmilián Brokoff"?). Mais je ne veux pas vous empoisonner la vie non plus, donc on verra, si mes lecteurs manifestent un engouement démesuré pour. Bon, et donc pour rappel, la statue se trouve exactement là: 50.0866300N, 14.4093542E.

dimanche 26 janvier 2014

Visiter: Le fabuleux Lapidarium

Retour à Prague, et laissage de côté des églises et autres politiqueries, pour se consacrer à l'art. Aujourd'hui, je vais vous parler d'un musée fabuleux, que peu, beaucoup trop peu de gens visitent, et pas seulement indigènes, mais exogènes encore moins, parce que malheureusement, la plupart du temps ils en ignorent l'existence.
Et souvent ils n'en trouvent même pas la direction (les andouilles seulement, parce que les touristes lettrés savent lire une carte). Mon sujet d'aujourd'hui est donc le lapidarium (du Latin "lapis", "pierre" suivi du suffixe "arium" utilisé pour désigner la contenance de, comme dans "crétinarium" qui désigne le parlement de notre République) de Prague qui se traduit en Français par musée lapidaire, voire glyptothèque (du Grec "gluptós", machin gravé suivi de "thếkê", coffre, qui comme en latin, désigne la contenance de, comme dans "crétinothèque" qui désigne également le parlement de notre République) pour les grécophones philhellènes.

Pour ceux qui ne lisent que les premières lignes de mes publies puis abandonnent au meilleur moment, donc ceux-là je les informe que ce musée est splendide, fascinant, et que pour s'y rendre, il suffit de prendre un tram (numéro 12, 17 ou 24) jusqu'à la station "Výstaviště", puis marcher quelques 150 m en direction du palais des expositions. Le musée lapidaire se trouve alors sur la droite, exactement là: 50.1053719N, 14.4311225E.

Alors pourquoi splendide et fascinant me demanderont ceux, qui lisent un peu plus que les premiers lignes de mes publies? Ben tiens pourquoi? Permettez-moi de vous répondre par une question. Ne vous êtes-vous jamais interrogés de l'authenticité des statues du pont Charles?
Du devenir des objets abîmés par le temps? Des fontaines et abreuvoirs retirés du monde moderne? Des sculptures écartées de la place publique pour raison politique? La plupart de ces "gluptós" terminent dans notre lapidarium, et c'est là, et seulement là, que vous pouvez admirer les sculptures authentiques et originelles sur lesquelles des "Braun", des "Brokoff", des "Bendl", ou des "Platzer" ont sué leur génie artistique. Tiens, savez-vous par exemple que sur le pont Charles, seuls 1/3 des statues sont des originaux baroques, que les 2/3 sont des copies (de la fin XIXe, début XXe siècle)? Et heureusement, compte tenu du nombre d'imbéciles nuisibles qui dégradent pour le plaisir ces splendeurs centenaires.
Voici la liste des originaux:
- St Antoine de Padoue
- Stes Barbe, Marguerite et Lizabeth
- Le Calvaire, Crucifix, ou Golgotha (selon la dénomination, mais c'est la même statue)
- St Côme et St Damien avec St Christ (tout récemment restaurés, sinon remplacés par une copie?)
- St Gaétan
- St Guy
- St Jean de Matha, St Félix de Valois et St Ivan
- St Jean Népomucène
- St Jude Thaddée
- St Philippe Benizi

Mais le premier crétin que je chope à saloper les statues, je le jette du pont dans le fleuve.

Historique
La conservation des vieilles pierres est une activité relativement récente. Auparavant, la pierre retirée était réutilisée comme matériau dans d'autres constructions, quant aux oeuvres d'art, elles finissaient au mieux n'importe où, pourvu qu'elles n'encombrent pas, au pire comme remblai dans les trous de la ville. Ce n'est qu'à partir du XIXe siècle, et dans le cadre des restaurations d'églises, cathédrales, palais, et autres monuments monumentaux, que l'on se dit que les pierres taillées abîmées et remplacées pourraient être conservées pour leur valeur esthétique, historique et comme témoins d'une fabuleuse tradition artisanale aujourd'hui disparue.
La plupart du temps, ces originaux finissaient à l'intérieur des monuments mêmes (cf. par exemple ma dernière publie) afin d'être protégés des intempéries comme des imbéciles (en nombre croissant).

L'un des initiateurs de notre lapidarium fut le comte, général, chevalier, ministre (et papa?)... "František Antonín hrabě Kolovrat-Libštejnský", l'un des multiples fondateurs du Musée National auquel il légua sa collection minéralogique. Encore que fondateur, c'est ce qu'affirme la famille sur son site woueb, afin de justifier leur présence dans l'histoire. Mais dans mes sources, le François-Antoine n'est pas plus cité que les rillettes de porc dans le Coran (d'air).
Bref, ce n'est qu'en 1842 (parfois 1841), et sur l'initiative du père de la nation "František Palacký", que l'on commença à collectionner les originaux, mais également les moulages en plâtre des objets du patrimoine (par exemples les moulages des cloches avec leurs bas-reliefs, cloches dont bon nombre disparut lors des 2 boucheries mondiales). Bon, mais fallait bien les remiser par-devers soi quelques part ces colletions, aussi l'architecte "Antonín Wiehl" construisit un pavillon provisoire néo-renaissance pour l'Exposition Générale du Jubilé en 1891.
"Antonín Wiehl" n'est pas des plus connus. Parmi les oeuvres remarquables, signalons la fameuse maison de Wiehl, au coin de la place Venceslas (numéro 34) et de la rue "Vodičkova". Signalons encore le fameux "Slavín" du cimetière homonyme de "Vyšehrad". Mais reprenons le fil de mon histoire.

En 1898, il y eut une autre exposition sur le thème de l'architecture et de l'ingénierie, et le pavillon, alors provisoire, fut permanentisé, re-stylisé Art-Nouveau, et parachevé-fini par l'architecte "Antonín Hrubý" (architecte spécialisé dans les théâtres, "divadlo na Vinohradech", "divadlo Josefa Kajetána Tyla", "Slovensko narodno gledališče Opera in balet, Ljubljana"...).
Au début, y avait pas velu à voir, mais au fur et à mesure, les artefacts s'accumulèrent. Une grande partie du trésor provient par exemple des divers chamboulements qui eurent lieu lors du grand assainissement de la ville d'au début du XXe siècle. L'ouverture au public eut lieu en 1905, avec une toute première exposition permanente d'objets divers et variés. Signalons par exemple la fameuse maquette de Prague de "Antonín Langweil", qui fut par la suite offerte à la ville, et qui se trouve encore aujourd'hui dans son musée (de la ville). En 1908, il y eut quelques remaniements: néo-baroquisation des toits et murage de certaines fenêtres.
En l'entre-deux-guerres, la cour intérieure fut toitisée augmentant ainsi la surface du musée. Après la seconde guerre de partout dans le monde, il fallut retaper l'édifice, et ce n'est qu'en 1954 que le musée reprit du service. Ensuite il y eut des fuites d'eau en 1967, puis une reconstruction-restauration entre 1987 et 1993, et depuis, l'édifice se compose dorénavant de 8 salles d'exposition, de bureaux pour le personnel, 2 réserves et un atelier de sculpture (et des toilettes bien sûr).

Qu'est-ce que c'est qu'il y a dedans?
Eh oui, question essentielle, kêskeucékiliadedan?
Ben dedans il y a des oeuvres du XI au XIXe siècle (XXe exceptionnellement), provenant de constructions diverses, sculptées-taillées finement comme grossièrement par des maîtres comme par des inconnus: des colonnes, des fenêtres, des portails, des voûtes, des clés de voûtes, des voussoirs, des claveaux, des pinacles, des corbeaux, des consoles, des dais, des gargouilles, des fontaines, des abreuvoirs, des pierres tombales, des plaques commémoratives, des reliefs, des vases de jardin, des statues, des monuments à la mémoire (d'éléphant) et des toiles d'araignées. La collection est constituée de quelques 2000 à 3000 pièces (personne ne sait vraiment), dont moins de 500 sont exposées (les meilleures pièces), le reste étant treposé par devers les réserves. Alors sans rentrer dans tous les détails, je vais quand même vous donner quelques conseils sur ce qu'il faut voir absolument sans faute.
Et même salle par salle, afin que vous n'alliez pas vous planter non plus.

Salle numéro 1, consacrée au roman et au bas-gothique.
- Les fragments du tympan de l'église St Jean-Baptiste du château de "Oldříš". Le château, considéré comme l'un des plus anciens en notre pays (sa construction remonte à 995) n'est plus, et ces fragments du tympan sont les plus anciens bas-reliefs découverts en Bohême. Ils représentent le Christ (sans tête), St Pierre (sans tête itou) et St Paul (sans corps).
- Un culot de voûte en portrait (supposé) de Ste Agnès de Bohême, provenant de l'église St François et St Sauveur du couvent Ste Agnès, et qui serait la plus ancienne représentation de la sainte. Notez que l'artiste (tchèque?) s'est inspiré du Sphinx de Gizeh pour la forme du nez.
- La pierre tombale en marbre de la princesse Judith II ("Guta"), fille de Judith I, morte quelques jours après sa mère. Cette splendide pièce de 1297 qui représente la princesse comme adulte alors qu'elle n'était que nourrisson, provient du couvent Ste Agnès. Judith I, épouse de Venceslas II, était en constante prégnance III. A l'âge de 26 ans, elle accoucha de son 10e enfant, mais depuis son 9e elle était souffrante et fatiguée (du col de l'utérus?). Rien n'y fit, son vigoureux mari la chevauchait perpétuellement et sans cesse malgré tout.
Lorsque le 2 juin 1297, Venceslas II se fit enfin couronner roi de Bohême (il régnait depuis 1283, sans parler de la période de régence de sa mère et de son amant "Záviš z Falkenštejna"), il insista sur la présence de son épouse souffreteuse à la cérémonie. La pauvrette venait d'accoucher prématurément de sa fille 11 jours auparavant, et avait clairement d'autres envies que d'assister au couronnement de son queutard de mari. Rien n'y fit, il fallut qu'elle assiste à la cérémonie. Deux semaines plus tard (le 18 juin 1297), Judith I rendit l'âme, suivie 6 semaines plus tard par son dernier enfant Judith II (cf. "Petri Zittaviensis, Cronica Aule Regie, Capitulum LXV, De morte domine Gute, inclite regine Bohemie, fundatricis Aule Regie").

Salle numéro 2, consacrée au haut-gothique et gothique tardif.
- Les statues originales de la tour du pont Charles côté Vieille Ville, à savoir Charles IV, Venceslas IV, St Guy, St Adalbert, St Sigismond, et quelques bricoles comme un lion, des armoiries... Ces artefacts sont l'oeuvre de la corporation de "Peter Parler".
- Toujours oeuvre de la corporation de "Peter Parler", des gargouilles originales en provenance de la cathédrale. Trouille-foutesque les bestiaux moi j'dis :-)
- Le buste de la statue de "Bruncvík" sur les berges de Kampa, sous le pont Charles, de vers 1500, bousillé (buste) en 1648 par les Suédois (fumiers).
A ce propos, je vous invite à inspecter non seulement notre torse, mais également les "signes" taillés sur le piédestal dudit "Bruncvík", parce que je vous prépare sur ces signes une complète publie (pour bientôt). Z'allez-voir, ça mérite le détour.
- Des bricoles (gargouilles, statues...) de l'église Ste Barbara de "Kutná Hora", oeuvres de la corporation de "Matěj Rejsek".
- Des culots (mais pas que) du balcon de l'horloge de la tour de la place de la Vieille Ville. Remarquez la splendide polychromie à même la pierre qui date de vers 1490.

Salle numéro 3, renaissance et maniérisme.
- La fontaine du bourgmestre "Krocín (starší z Drahobejle)", splendide fontaine de 1591-96 en marbre rouge de "Slivenec", se trouvant sur la place de la Vieille Ville, démontée en 1862 et remisée au musée lapidaire. L'auteur probable, un certain "Jindřich Beránek" (dit "Pražák") et talentueux maître tailleur de pierre au service du bon roi Rudolf II, aurait sculpté cette splendeur en échange d'une exemption d'impôt. La légende raconte que le prix de cette fontaine aurait été d'1 gros praguois moins cher que le pont Charles. Comme quoi la gabegie qui règne aujourd'hui à la mairie de Prague n'est que la suite d'une longue tradition.
- Un buste de ce gros sac ventru de "Ottavio Piccolomini", lèche-cul en début de carrière de l'aut' fout' de Albrecht von Wallenstein, mais qu'il finit par trahir au point qu'Albrecht en fut assassiné. Il est moult historiettes croustillantes sur ce bougre rital, comme l'affaire des canassons de la bataille de Lützen, où la postérité raconte qu'il aurait combattu si vaillamment que 3 canassons trépassèrent dans les échauffourées. La vérité serait plus prosaïque. Les 3 canassons seraient morts d'épuisement lorsque l'Ottavio du haut de ses 150 kg les fit galoper en large et en travers du champ de bataille afin de paraître au four comme au moulin, alors qu'en réalité il s'évertuait à fuir le coeur du combat sans en avoir l'air.
- Une plaque commémorative de "Václav Budovec z Budova" et de son née Pouze datée de 1604. La plaque en soi n'est pas si intéressante que la fin de vie de notre bougre. Après avoir étudié, puis passé plus de 12 ans en Allemagne, Angleterre, France et Pays-Bas, l'érudit devint percepteur auprès de l'ambassadeur d'Autriche à Istanbul où il se perfectionna en langues turque et arabe. A partir de 1584, il officia à la cour d'appel impériale, au conseil impérial de Rudolf comme de son frère Matthias, et devint même plus tard directeur territorial, sous-fifre impérial, et président de la cour d'appel. Fervent patriote, il eut cependant la mauvaise idée de s'embringuer dans la défenestration de 1618, et malgré que sa participation ne fut que passive (il était aux toilettes au moment des faits), Ferdinand II (empereur d'Autriche mais roi de Bohême déchu) lui fit payer avec intérêts son soutien à Friedrich le Palatin (alors roi de Bohême en place de Ferdinand).
Après la bataille de la Montagne Blanche, "Václav Budovec z Budova" fut condamné à mort avec les 27 seigneurs rebelles. La sentence originelle prévoyait son dépeçage en 4 parties égales, puis l'exposition des morceaux à la vue des badauds sur chaque route cardinale (nord, est, sud et ouest) menant de et vers Prague. Mais par grâce impériale, la sentence finale fut commuée en simple décollation. Le 21 juin 1621, il monta second parmi les 27 sur l'échafaud de la place de la Vieille Ville. Tout d'abord on lui trancha la main droite pour avoir trahi sa parole de fidélité envers l'empereur, puis on lui trancha la tête dans la foulée, histoire de ne pas laisser refroidir la sauce. En fin de journée, 12 têtes des 27 pauv' boug' furent mises dans un panier en fer, et exposées sur une pique de la tour du pont Charles jusqu'en novembre 1631, date de l'invasion des Passauvites (les habitants de Passau?).
Le panier de cranes fut alors remisé en l'église Notre-Dame devant le "Týn", en attendant que les choses se calment à Prague et que l'on décide du devenir de ces restes. Mais après le départ des Passauvites en mai 1632, le panier de cranes disparut, et encore aujourd'hui, les archéologues en herbe comme les professionnels s'efforcent d'en retrouver la trace.

Salle numéro 4, qui n'est pas une salle mais un couloir de jonction.
- Ici ne se trouve qu'un seul artefact, mais de choix: les restes de la fameuse colonne mariale de la place de la Vieille Ville, avec la tête de la vierge d'en haut de colonne, et avec les 4 archanges latéraux combattant le mal sur le socle de ladite colonne. Alors pourquoi fameuse?
Elle fut construite à partir de 1650 en remerciement à la vierge (qui n'a par ailleurs aucun mérite) d'avoir empêché les Suédois (fumiers) d'envahir la Vieille et la Nouvelle Ville en 1648 (le mérite de cette défense en revient à la population praguoise qui s'est battue bec et ongle contre les pilleurs). Bien que les archives n'aient pas retenu le nom de l'architecte, les statues sont l'oeuvre de "Jan Jiří Bendl", un génie du baroque. Haute de 14 mètres, son ombre indiquait précisément le méridien de Prague (à midi), et encore aujourd'hui vous pouvez voir la représentation du méridien comme du socle de la colonne sur le sol de la place de la Vieille Ville. Sur le socle, étaient donc représentés 4 archanges combattant le mal symbolisé par 4 démons: le démon en forme de lion (symbole de la guerre), le démon en forme de basilic (symbole de la peste), le démon en forme de dragon (symbole de la famine), et le démon en forme de serpent (symbole de l'hérésie).
Bon, mais ne vous emballez pas, parce que du point de vue de l'originalité c'est d'une banalité effroyable. Eh oui, vous trouverez exactement la même colonne ("Mariensäule") sur la "Marienplatz" de Munich, et concours de circonstances, elle fut construite pour la même raison, en 1638: en remerciement à la vierge (décidément) d'avoir empêché les Suédois (fumiers, toujours eux) de piller la ville. La colonne praguoise par contre n'est plus. Elle fut mise à terre le 3 novembre 1918 par la plèbe, déjà en ces temps manipulée par les bolcheviques et les socialistes, au prétexte que la colonne représentait la dictature habsbourgeoise.
Après ce saccage, la meute d'imbéciles s'en dirigea vers le pont Charles afin de jeter les statues dans le fleuve, mais heureusement, l'armée mit un terme au vandalisme et le stupide prolétariat s'en retourna chez lui regarder une télé-réalité afin de se cultiver avant la prochaine manifestation contre la pluie et le mauvais temps. Aujourd'hui, il existe une association qui s'efforce de ramener la colonne mariale en son emplacement originel. La copie de l'oeuvre est déjà terminée, prête à être érigée, mais le projet se heurte aux polémiques historico-politiques comme aux réticences de certains habitants. Personnellement je n'ai pas d'opinion. Je m'en fous un peu, car l'original n'étant plus, à quoi bon une copie?

Salle numéro 5, haut-baroque et pont Charles.
- Plusieurs originaux des statues du pont, principalement de "Matyáš Bernard Braun" et de "Ferdinand Maxmilián Brokoff". Splendide et unique.

Salle numéro 6, haut et bas-baroque.
- St Venceslas sur sa bourrique par "Jan Jiří Bendl", 1678-1680, à l'origine au milieu de la place du Marché aux Chevaux, aujourd'hui place Venceslas.
- Plusieurs statues de "Václav Matěj Jäckel" provenant du monastère des frères minimes ("Paulaner" en Allemand, en référence à l'inventeur: St François de Paule), monastère aujourd'hui disparu mais anciennement sur l'emplacement du numéro 7/930 de la place de la Vieille Ville.

Salle numéro 7, rococo et divers styles du XIXe siècle.
- La fontaine des amoureux de 1797-99 par "František Xaver Lederer" sur la place du Marché au Charbon, en face des 2 Chats où je ne manque jamais d'aller m'en jeter une sur le pouce ("Na stojáka Plzně loček, nejlepší je U Dvou koček") lorsque je passe à moins de 15 km à la ronde :-)
Un peu maudite la fontaine, car sujette au vandalisme. Déjà endommagée en 1974, elle dut être en partie remplacée par des copies. Le dernier vandale en date, plus imbécile malchanceux que vandale d'ailleurs, se souviendra toute sa vie de la fontaine de Wimmer (du nom de son commanditaire, "Jakub Wimmer"). Le fils de ce vilain foutre mafieux et ancien maire de Prague "Pavel Bém", eut la stupide idée de grimper dessus un soir de mars 2011. Le vase au-dessus de la colonne se rompit et les 200 kg de pierre s'abattirent sur la main droite du gosse, qui dû en être amputé à l'âge de 20 ans. Les boules moi j'dis, pour une soirée trop arrosée.

Salle numéro 8, monuments et modèles réduits.
- La statue en bronze du maréchal "Radetzky", sujet de la fameuse marche composée par Strauss père et connue de tout quidam qui aurait passé un nouvel an à Vienne. Du reste "Radetzky" est à l'origine d'une autre affaire de légende. Amoureux fou furieux de la "Scaloppina Alla Milanese", il s'en faisait cuire plusieurs fois par semaine par son tambouilleux alors qu'il résidait à Milan.
Mais une fois à Vienne, va-t'en me trouver du parmesan frais? Le graisseux laissa alors tomber le fromage, et inventa ainsi le "Wiener Schnitzel", aujourd'hui plat national autrichien. Notez cependant qu'il est des historiens suspicieux qui mettent en doute cette histoire véridique. Ceci-dit, il en est une autre d'histoire encore plus cocasse. A l'âge de 92 ans, "Radetzky" n'en conservait pas moins la verge verte et ne pouvait s'empêcher de fanfaronner comme un coq de bruyère devant le moindre tendron quand bien même eut-il été laid comme le cul d'un phacochère lépreux. A la St Sylvestre 1857-58, alors qu'il s'en courrait chercher une coupe de champagne pour une courge juvénile qu'il venait de faire danser sur sa marche à lui dédiée, il s'en croûta tout plat sur le parquet fraîchement ciré, et se brisa si bien le col du fémur qu'il en décéda des suites de ses lésions.
Il n'eut ainsi même pas l'heur d'assister à l'inauguration de son monument praguois en novembre 1858, sur la place de "Malá Strana". La statue en bronze de quelques 7 mètres et 10 tonnes fut créée par les frères Joseph Max (pour les faire-valoir) et Emanuel Max (pour le maréchal) à partir des canons confisqués en Sardaigne à l'armée d'Italie. Notez qu'Uderzo s'est inspiré de cette statue pour son "Abraracourcix sur bouclier". En 1919, et suite aux protestations de l'ambassade ritale située à seulement 200 m de là (rue "Nerudova 214/20"), le monument fut retiré et remisé en notre musée. Mais comme pour la précédente colonne mariale, il est des bougres monarchistes qui militent pour le retour du lourdaud à son emplacement d'origine. Personnellement je n'ai pas d'opinion. Je m'en fous un peu aussi. Y a juste que ça va faire hurler les Ritals, parce que leur ambassade n'a pas bougé depuis 1919.
- En parlant des frères Max... La fontaine de "Kranner", sur le quai "Smetana" ("Smetanově nábřeží"), l'énorme flèche néo-gothique de 29 m, avec en plein milieu François Ier (d'Autriche, pas de France) sur bourrique en plomb. Il s'agit d'une oeuvre de 1845-50 de Joseph Max, qui s'inscrit dans cette composition nettement plus complexe qu'est la fontaine et sur laquelle je vous ferai un jour une publie complète. A la naissance de la République tchécoslovaque en 1918, l'empereur habsbourgeois fut tout d'abord recouvert d'un voile (contrairement à la colonne mariale en pierre, parce que casser le plomb était nettement plus coton. C'est con un bolchevique, mais c'est aussi faignant), puis retiré au printemps 1919. Lorsqu'en 2003, la fontaine reçut une bonne couche de restauration, le maire d'alors (tiens, ça faisait longtemps que je ne vous l'avais pas faite, la bonne vanne du "maire d'alors", avril 2012 la dernière fois) se dit (alors) que tiens, ça faisait bien quelques semaines d'écoulées sous le pont Charles, depuis la chute de l'empire des Habsbourg, et qu'après tout, François Ier faisait partie intégrante de l'oeuvre originelle, et qu'on pourrait donc bien le remettre là où qu'il avait été prévu tout en laissant de côté les crispations idéologiques surannées.
Et ce fut fait, sans grand vacarme ni renfort de pub cependant, mais sans rencontrer d'hostilité ni de bienveillance non plus de la part des citadins je-m'en-foutistes. Et pour info, une copie de cette statue fut inaugurée en la ville thermale de "Františkovy Lázně" en 2002.
- En parlant de "Františkovy Lázně"... La salle numéro 8 du musée abrite également la statue en bronze du p'tit père "promenade" (François Joseph Ier, vous pouvez lire l'anecdote de la "promenade" ici) par "Josef Pekárek" datée de 1908 et originellement située dans le salon impérial du Kaiser-Franz-Joseph-Bahnhof (à Prague). En 2004, une copie de cette statue fut inaugurée en la ville thermale de "Františkovy Lázně" en la présence (parmi d'autres) de l'héritier du trône "Otto von Habsburg" et de notre altesse c'est né rissime, le prince "Karel Schwarzenberg" (qui, à l'instar de "Radetzky", conserve à 76 ans la verge verte).

Alors à nouveau, je ne vous ai parlé-là que des plus mieux qui sont à voir, mais il y en a bien plus, nettement bien plus, comme les carrelages d'origine d'entre le XII et XIVe siècle provenant de diverses églises du pays, les plafonds en bois peints (styles gothique, renaissance et baroque) provenant des maisons praguoises rasées lors du grand assainissement d'au début du XXe siècle, des tympans, des clefs de voûtes... C'est énorme, et il faut vraiment y aller, surtout lorsque vous connaissez les édifices/emplacements de provenance, et que vous essayez d'imaginer d'où précisément les "lapis" pourraient bien provenir. Dans la pub pour le musée, l'on raconte que notre lapidarium aurait été classé parmi les 10 plus beaux musées d'Europe dans le monde de notre galaxie dans l'univers, lors d'un concours. J'ai pas trouvé la moindre référence au concours afin de confirmer cette assertion, donc considérez-là avec le plus grand recul. Notez cependant qu'il existe des musées lapidaires dans toute l'Europe, Vienne, Regensburg, Avignon... mais celui de Prague est selon moi vraiment le plus mieux de tous. Alors comme déjà dit, oui, ce musée mérite assurément une visite si vous passez à Prague, et afin que vous n'alliez pas vous perdre, je rappelle qu'il se trouve là: 50.1053719N, 14.4311225E.

samedi 21 décembre 2013

Comme ça, sans plus: Drapeau et politique

J'ai pas pu résister de vous en parler. Depuis le mercredi 3 avril 2013, le drapeau de l'Union européenne flotte devant la porte de Matthias à l'entrée du Château de Prague.
Et donc le dimanche suivant, j'ai pas pu résister non plus, je suis allé faire quelques photos pour la postérité. Je rappelle, pour les, qui n'auraient pas suivi l'affaire, que la République tchèque (comme 9 autres pays) est entrée dans l'Union européenne le 1er mai 2004, mais que cette infatuée tête de lard de Tatav avait toujours refusé de faire flotter le drapeau de l'Union partout où qu'il pouvait mettre son veto, en particulier au Château de Prague, siège de la présidence du pays.

Alors je vous le dis de suite, on ne le voit pas bézef, et on ne le verra pas bézef souvent, parce qu'en dehors des jours de (très) grand vent, il est tombant tout mou comme une vielle biroute fripée. Ceci-dit, il n'est pas mieux loti que le drapeau tchèque, qui tombe tout mou pareil à côté. En fait, les 2 symboles sont perchés en bout de hampe dans la première cour du château, et sont de ce fait protégés du vent, qui, justement pour les drapeaux, serait le bienvenu. Ben oui mais non. Du coup il y est, le drapeau, mais clairement pas assez en valeur afin de boutonner le dargeot de ce couillon de Tatav (pauv' type) d'une urticaire ultra-irritante.

Alors z'avez la vidéo là (notez que le drapeau ne flotte pas sur le château, mais à l'entrée du), et le commentaire officiel de l'UE là.

Quelques jours auparavant, je m'étais demandé s'il ne serait pas souhaitable que je me rende personnellement, à l'inauguration de cet évènement, afin de prendre les photos qui vont bien. Finalement, j'y ai renoncé, et pour 2 raisons principales. La première, c'est que les imbéciles de l'administration allaient une fois de plus me refuser l'accréditation. La seconde, c'est que malgré que je sois fondamentalement pro-européen et que je souhaite sincèrement et au plus vite une Europe transnationale, avec un gouvernement unique et une politique unique (qu'elle soit économique, sociale ou militaire), l'Union européenne actuelle me déçoit de plus en plus, au point que j'en deviens bruxellophobe tellement les euro-imbéciles gouvernent à l'encontre de l'union (mais pour la désunion).

Parenthèse. J'avais déjà fait une demande d'accréditation photographique pour le serment présidentiel de "suce-goulot" au château, en début mars. Elle me fut refusée, au motif qu'il n'y avait plus de place, et que les journaux à grand tirage avaient priorité, mais qu'on m'enverrait les photos officielles prisent par le photographe attitré. Ok, je respecte la décision, et je remercie tout du moins pour la réponse même négative, car nombreux PR (Public Relation officer, manager, sidekick, dickhead...) ne se donnent même pas la peine de me répondre (ordures mal recyclées). Ben croyez-le ou non, 2 jours plus tard, je reçus effectivement les photos officielles prisent par le photographe attitré. Délire. Une fois de plus, je suis persuadé que c'est un pote à un pote qui reçu le poste. Un pedzouille de "Vysočina" (région de provenance de l'appellation contrôlée "Miloš Zeman") remplaça la fourche à fumier par un appareil photo, et fut promu "photographe attitré de la chancellerie du château de Prague". Ça ressemble de très près à l'interprète en langage des signes de Johannesburg lors de la cérémonie en hommage à Nelson Mandela.
Sans dec, et sans être un pro de la photo, le premier béotien constate: ISO poussé à l'extrême et totalement inadapté aux conditions lumineuses, composition catastrophique et sujet non cadré, flou de bougé inapproprié, cadrage et coupure des corps hors normes, profondeur de champ nulle... Si le type qui a pris ces photos a tenu dans ses mains un appareil, ne serait-ce que 5 min. avant de prendre ces clichés, alors je suis en mesure de conduire une messe en copte, assis cul-nu sur un cactus devant l'amicale salafiste de Peshawar, et ce jusqu'à l'apparition sur terre du prochain messie. Sans dec, me refuser l'accréditation pour en arriver à ça? Une fois de plus, les plus hautes instances politiques de la République tchèque seront la risée du monde pour peu que ces photos officielles franchissent le seuil de nos frontières. Fin de parenthèse.

Alors pour ceux qui lisent mes newsletters, c'est clairement pas une surprise, mais pour ceux qui ne les liraient pas (et ils ont bien tort), je souhaite les informer que je n'ai pas voté "suce-goulot" aux dernières présidentielles. J'étais cependant enclin à lui céder mon amour... ma sympathie pour peu qu'il fasse ses preuves en cette période probatoire (pour accéder à ma sympathie). Malheureusement, en dehors du drapeau de l'Union européenne au château, cet arrogant foutre alcoolique n'a pas fait grand-chose de positif pour la République, bien au contraire. Et parti comme c'est parti depuis 9 mois, il nous reste encore 4,25 ans à tenir, 4,25 ans pendant lesquels cet infatué imbécile va se palucher l'ego nettement plus furieusement que son infatué prédécesseur, plutôt que d'assurer au pays un gouvernement stable, compètent, et digne d'un pays européen civilisé. Ça fout les boules moi j'dis. Du coup mes réticences étaient fondées.

Et pour vous donner une idée de la température politique du pays, je vous mets encore quelques photos de l'artiste "David Černý", photos qui du reste se trouvent déjà sur Wikipédia: un majeur levé à la face du locataire du château de Prague, "suce-goulot".
L'oeuvre fut transbahutée là quelques jours avant les élections législatives, les 25 et 26 octobre 2013. Notez que l'ordure alcoolique avait sciemment décidé de ce week-end (et non pas avant ou après), puisque le lundi 28 est férié (naissance de la Tchécoslovaquie en 1918), que nombreux électeurs partent forcément en congés, et que l'abstentionnisme profite systématiquement aux partis de gauche du fait que leurs électeurs n'ont pas de pognon pour partir en week-end prolongé (c'est le cas tout particulièrement du parti con-muniste, soutenu à 85% par les retraités-fumiers, qui ne manquent jamais d'aller voter pour les bolcheviques). Résultat: moins de 60% de votants, victoire du parti socialiste, et le parti con-muniste est le 3e parti du pays. Les boules moi j'dis.

Juste pour info, je n'ai rien contre les retraités lorsqu'ils ne votent pas pour le parti con-muniste. Malheureusement 85% d'entres-eux pensent que sous les con-munistes, tout allait mieux. Pour eux sans doute, misérables égoïstes, mais pas pour les autres. Du coup j'ai arrêté de céder ma place assise aux vieux dans le tram, j'ai arrêté de laisser passer les vieux dans les files d'attente, j'ai arrêté de lire les étiquettes des produits en magasin lorsque les vieux ont oublié leurs lunettes à la maison, et j'ai arrêté de ramasser le fourbi que les vieux laissent tomber par terre à cause de monsieur Parkinson (à moins qu'il n'ait de la valeur, auquel cas je le ramasse et je pars en courant avec).

Et encore juste pour info, je n'ai pas une estime débordante pour "David Černý", l'affaire Entropa ayant montré son vrai visage de faux-jeton. Je trouve globalement ses oeuvres faciles, parfois stupides, et sans grande recherche artistique encore moins intellectuelle. Tout n'est pas à jeter, non pas, mais globalement, je trouve qu'il joue facile et sans grande créativité.

Et puisqu'on est dans le sujet, je me dois également de vous signaler l'affiche de Poutine au sommet de "Letná". Idem, elle fut transbahutée là quelques jours avant les élections législatives, afin de rappeler la statue de Staline qui se trouvait céans dans les années 50-60 (vous pouvez lire son histoire dans une précédente publie). L'initiative est à mettre au compte du collectif pour la dé-con-munistisation du pays. L'affaire devait mettre la population en garde contre les bolcheviques, contre la gauchisation du pays, et la trop grande sympathie de "suce-goulot" envers le grand frère soviétique. Au vu du résultat des élections, l'objectif ne fut clairement pas atteint.

Et encore, tiens, élections... "Andrej Babiš", retenez ce nom, vous en entendrez souvent parler dans les prochains temps. Je vous laisse lire sa bio extraite du Monde, et je vous la mets en appendice derrière ma publie (tout en bas), parce que le monde a la fâcheuse habitude d'ablater ses articles après une certaine période de temps, et paf, ils ne sont plus accessibles, ce qui est dommage. Donc l'André, milliardaire, dorénavant acteur politique incontournable, et selon les rumeurs, ancien collaborateur actif d'avec la StB sous les con-munistes... Alors quand je dis des rumeurs, c'est, selon les Slovaques (Institut slovaque de la mémoire nationale), un fait avéré. Des documents le prouvent. Ben oui, mais l'André fufute leur a mis un procès au cul, procès qui va prendre des années, et sans verdict, pas de conclusion. Et ça fait bien son affaire, parce que voilà, si aujourd'hui il veut occuper des fonctions d'Etat (ministre) en République tchèque, il doit se soumettre à la "loi de lustration", qui évite (un tant soit peu) aux anciens con-munistes (d'avant révolution, parce que les fumiers d'après révolution, malheureusement il y en a, de trop) de cancériser l'appareil d'Etat.
Mais s'il est sous-fifre (sous-ministre), la "loi de lustration" ne s'applique pas, et compte tenu de son pognon comme de son influence, il a tout le temps pour intriguer afin que cette loi soit supprimée (du reste les con-munistes comme les socialos sont déjà en discussion afin de supprimer cette loi. Coïncidence?). Bref ministre ou pas ministre, il a suffisamment de pouvoir (propriétaire de media, nombreuses connexions...) comme de pognon (il pèse 1,5 milliards d'Euro en fortune personnelle selon Forbes, rien que ça), pour faire ce qu'il veut dans ce gouvernement de peigne-culs. Comme pour "Miloš Zeman", j'aurais tendance à lui octroyer d'entrée ma sympathie comme ma confiance en sa bonne foi (qu'il défend à corps et à cri), mais compte tenu des expériences précédentes d'avec des ordures dont je ne vous rappelle pas les noms à nouveau, un minimum de retenue, d'appréhension et incrédulité sceptique s'impose. A voir au fil du temps.

LE MONDE GEO ET POLITIQUE, 22.10.2013 à 16h05

Andrej Babis, le milliardaire slovaque qui séduit les Tchèques
"Nous ne sommes pas des politiciens. Nous trimons." En s'affichant, en chemise blanche aux manches retroussées, sous ce slogan avec les têtes de liste de son parti aux élections législatives des 25 et 26 octobre, le milliardaire tchèque d'origine slovaque Andrej Babis a séduit nombre de ses concitoyens. Son Action des citoyens mécontents (ANO), fondée dix-huit mois plus tôt, pourrait devenir la deuxième force politique du pays. Elle est créditée, selon les sondages, d'environ 15 % des suffrages, derrière le Parti social-démocrate (CSSD, 29 %). Un tel résultat signifierait l'entrée d'une trentaine de députés d'ANO au Parlement (200 sièges), dont M. Babis, un comble pour celui qui ne voulait pas devenir "politicien".

Andrej Babis a constitué en vingt ans un empire industriel, Agrofert, comprenant quelque trois cents entreprises dans les filières de la chimie, de l'agroalimentaire et du bois et a tout récemment acquis un groupe de presse. Son anabase politique a débuté en 2011, sur un coup de tête. "En suivant à la télévision un entretien avec le président tchèque d'alors, Vaclav Klaus, s'autoglorifiant et niant les plaies qui démoralisent la société , je faisais des bonds dans mon fauteuil. Aussi je me suis dit que je ne pouvais plus rester les bras croisés", se souvient M. Babis. "Je veux que mes enfants et moi-même puissions vivre dans un pays correctement géré", explique-t-il, lui qui, à 59 ans et fortune faite, "aurait pu penser à profiter de la vie". Le jour même, il rédige une lettre ouverte autour de laquelle des personnalités du monde des affaires et des intellectuels, mais aussi des citoyens ordinaires vont se retrouver.

DE L'INITIATIVE CIVIQUE AU PARTI POLITIQUE

Il crée alors ANO, une initiative civique qui a pour objectif de dénoncer la corruption omniprésente mais aussi d'imaginer des solutions pour sortir le pays du marasme et de la "sinistrose". Très vite, les nouveaux amis de M. Babis estiment qu'ANO doit devenir un parti politique. M. Babis, qui pensait rester au second plan, est, faute d'autre leader charismatique, propulsé à la tête de cette nouvelle formation.

Avant même que des élections législatives anticipées ne soient convoquées après l'autodissolution de la Chambre des députés en août, le milliardaire n'osait imaginer être candidat, élu député et encore moins devenir ministre. Sous la pression de ses partenaires et de ses conseillers, ainsi que du soutien croissant de ses concitoyens – ses meetings ont connu les plus fortes participations de la campagne –, non seulement il compte siéger au Parlement mais aussi s'imaginerait-il bien ministre des finances. M. Babis assume aujourd'hui son "pedigree", qu'il pensait être un obstacle insurmontable à tout engagement politique.

Slovaque d'origine, né à Bratislava en 1954 – il en a gardé l'accent et des expressions lorsqu'il s'exprime en tchèque –, il est issu, sinon de la nomenklatura communiste, de l'aristocratie rouge que constituaient les cadres travaillant dans les entreprises de commerce extérieur – PZO –, seuls autorisés à voyager et à vivre à l'étranger.

C'est ainsi que le jeune Andrej passa une partie de son enfance à Paris, où son père avait été envoyé à la représentation commerciale tchécoslovaque, puis à Genève. M. Babis marchera dans les pas de son père : il étudiera le commerce extérieur à Prague et entrera au Parti communiste, condition sine qua non pour travailler dans une PZO.

"Je n'ai jamais été un communiste convaincu, mais dans ma famille ce n'était pas un problème, c'était un moyen pour réaliser nos désirs professionnels et de vie, explique-t-il. Je n'en suis pas fier mais nous étions 1,7 million de membres du PC (sur 15 millions d'habitants), bien peu avaient la force et le courage d'être dissidents."

LOIN DE LA RÉVOLUTION DE VELOURS

Travailleur et efficace, il est envoyé en 1985 au Maroc pour représenter quinze PZO sectorielles tchécoslovaques. Il y restera jusqu'en 1991, suivant de loin la "révolution de velours" qui lui permet de jeter aux orties sa carte rouge dès décembre 1989.

Rentré au pays au moment où Tchèques et Slovaques se déchirent, M. Babis s'installe à Prague et prend la direction de la filiale tchèque de la PZO Petrimex, encore entreprise d'Etat, pour laquelle il travaille depuis 1980.

En 1993, après la partition de la Tchécoslovaquie, il crée avec quelques partenaires Agrofert, d'abord comme une filiale de la PZO. En 1995, M. Babis est débarqué de Petrimex par la direction slovaque proche du leader populiste Vladimir Meciar : il part avec Agrofert qui commence à acheter des sociétés de chimie pour l'agriculture. D'achats en réorganisation, concentration et acquisitions, Andrej Babis est devenu le premier employeur privé du pays (80 000 salariés) et le premier contributeur fiscal individuel car il est l'unique actionnaire de sa holding non cotée en Bourse.

PATRON DE PRESSE

Tout semble donc lui réussir et il dispose de moyens financiers importants pour mener à bien encore quelques achats pour venir couronner son empire agroalimentaire. On lui prête l'intention d'acquérir l'un des grands distributeurs étrangers afin de croiser le fer avec les mastodontes britanniques, hollandais ou allemands qui inondent le marché de produits alimentaires étrangers concurrents des siens, mais aussi et surtout de s'offrir une chaîne de télévision.

Après avoir lancé un hebdomadaire régional et acheté le groupe de presse Mafra (deux quotidiens, un groupe multimédia et des radios), M. Babis, dont le modèle est l'investisseur américain Warren Buffett, se voit accusé par les journalistes tchèques d'être "un Berlusconi tchèque". S'il s'en défend et si les personnalités des deux hommes sont opposées, ils partagent néanmoins un messianisme et une approche entrepreneuriale de la politique.

Dépourvu de l'exubérance du chef déchu de la droite italienne, M. Babis n'en est pas moins charismatique. Il a su s'entourer de la fine fleur des élites tchèques – des universitaires reconnus, de hauts fonctionnaires compétents, de brillants entrepreneurs, des journalistes respectés. Confiant dans leur succès, Martin Komarek, ancien rédacteur en chef du premier quotidien du pays, est convaincu qu'Andrej Babis "sera premier ministre", alors que d'autres le voient déjà succéder au Château de Prague au président Milos Zeman, élu en janvier.

Martin Plichta (Prague, correspondant), Journaliste au Monde.