vendredi 25 mars 2005

Visiter: Kozel, circulez y a rien à voir

Alors l'autre week-end, on s'en revenait de "Plzeň" après une nouvelle pochardise mémorable entre potes à "Gambrinus",
et au moment où on se disait, flûte, quand même, faudrait bien qu'on fasse un peu quelque chose de plus fécond que de pictancher comme des cuitards invertébrés, on passe devant un panneau d'autoroute indiquant "Státní zámek Kozel" (Château d'état "Kozel").
Fiat luxe et Ferrari! Ben la voilà l'idée bonarde qui va nous faire sentir plus cultureux, plus érudits de la caboche, on va aller se visiter un beau château. Surtout qu'il se présentait bougrement bien sur la pancarte, genre en 3D fils de fer blancs sur fond bordeaux clair tirant légèrement sur le marron chaud avec une touche de magenta de quinacridone véritable... Bref, vous savez à quoi ça ressemble une pub de patrimoine culturel sur l'autoroute?
A la sortie qui va bien, on nous indique le château à quelques 13 km, puis tout en roulant, le coup classique habituel, plus d'indication aucune, nulle part, queud nada, genre comme c'est toujours. Je me dis, bon, s'il eut fallu tourner ils nous l'auraient sans doute indiqué, ces bougres d'ânes bâtés.
Alors on roule tout droit, toujours tout droit, plus de 13 km... Bref, après s'être dûment perdu plusieurs fois comme en chaque occasion qu'on va quelque part qu'on sait pas où, on arrive enfin aux abords du château. Parking, payant, forcément, puis marche, 1 km, puis montée, fastidieuse, et enfin, le palais.
Alors je vous le dis tout de suite, sans détour, je fus tout simplement dépité. Dépité parce qu'il était fermé du dedans, l'andouille, alors il n'y avait que l'extérieur à reluquer. Dépité parce que ça ressemblait plus à une "maison Félix" de mauvais goût pour orgueilleux pauvre riche désireux de contenter sa suffisante bourgeoise blonde décolorée kiki-chouchou dans les bras, qu'à un palais historique surabondant de fantômes célèbres ayant gouverné notre monde depuis sa genèse.
Dépité enfin, parce que je n'ai point trouvé la buvette, et quand bien même l'eusse ai-je trouvée, il eût été fort à parier qu'elle fût fermée.
Par contre les aisances étaient ouvertes, elles, ben ça, forcement, elles étaient payantes. Ben vouis, la dame pipi-caca-lave-toi-les-mains complémente sa retraite de pauvre p'tite vieille toute l'année, malgré que le domaine de monseigneur est clôt en temps d'hiver, vide comme un tronc d'église.

D'un point de vue historique, c'est remarquablement insignifiant. Construite en toute fin du XVIII ème siècle à l'initiative du comte "Jan Vojtěch Černín z Chudenic", lèche-cul notoire de l'empereur "Joseph II", l'hostellerie de Monsieur se trouve du côté de "Šťáhlavy", terminaison orbiculaire postérieure du comté de "Plzeň".
Appelée "Waldschloss" ou "Jagdschloss bei Stiahlav" par la bourgeoisie d'alors (principalement autrichienne), la gentilhommière champêtre bâtie par "Václav Haberditz", était utilisée pour la chasse (par chasse entendez "assidûment culbuter à valseuses rabattues la frivole courtisane").
Eh, dis donc, comme quoi j'en étais vraiment pas loin avec ma description de la "maison Félix plein les prunelles". Et pis c'est tout, rien d'autre, voilà, j'vous ai tout dit. Il ne s'est jamais rien passé dans ce château, pas de défenestration (c'est tout au rez-de-chaussée), pas d'incendie tourinfernalesque, pas d'assassina d'éminent quidam,
pas de naissance de petit Jésus, même pas la visite du pape, rien, c'est d'une accablante pauvreté.

Bon, allez, je vais tout de même vous donner quelques éléments positifs. D'abord le parc, il est grand, énorme, immense et très bien entretenu.
Ah ça, pas besoin d'épiloguer, l'herbe est bien tondue. A proximité se trouve un mini golf, une aire de jeux pour se casser une jambe ou un bras, une mare aux canards pour leur jeter des cailloux dessus, enfin tout ce qu'il faut
pour que les gnafrons se défoulent pleinement et pioncent ferme durant le chemin du retour. Pis y a aussi les tartisses de Madame la conservatrice des faïences à colombins, qui sont ouvertes toute l'année alors que le lupanar du comte hiberne. Pis encore vous avez les environs, avec d'autres châteaux en plus ou moins mauvaise ruine. Donc ben voilà, personnellement je n'ai pas été emballé, mais que ça ne vous empêche pas d'aller y jeter un oeil par vous-même, histoire de vous forger votre propre opinion. Mais seulement si vous n'avez rien d'autre au programme, genre à court d'idées.

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