dimanche 27 février 2005

Ville: Mais où qu’il débouche ce trou là?

Chais pas si vous êtes déjà venus à Prague, ou si vous y habitez, ou chais pas quoi, mais pour ceux qui ont déjà vu, z’avez du vous rendre compte qu’il y a un truc frappant (parmi d’autres, bien sur). Ce truc notablement frappant c’est la quantité rarissime de trous, galeries, passages, et autres coursives qui peuvent parfois déboucher sur des trucs totalement ahurissants, genre terrasse magnifique à l’ombre et bonne bière fraîche dans l’verre, ou jardin caché en plein centre ville, enfin des couloirs au bout desquels l’esprit le plus fécond et créatif serait en peine à envisager que ça puisse s’y trouver (au bout du tunnel). J’ai trouvé ça aussi à Bruxelles, par hasard, en venant de l’îlot sacré et en allant sur la bourse, rue du marché aux Herbes (Grasmarkt). Pénétrant dans un couloir sombre, lugubre, j’ai croisé Quasimodo qui sortait les poubelles, puis au bout, j’ai trouvé l’entrée principale et unique d’une bonne vieille taverne bien Belge («Au bon vieux temps», impasse St Nicolas), tenue par deux dames respectables, d’âge en rapport (avec la respectabilité), et dont le verbe amical a immédiatement mis à l’aise l’émerveillé surpris que j’étais.
Entre les larges vitraux colorés, l’âtre imposant, les fauteuils en vieux cuir rouge patiné, et cette sensation de bien être, de sérénité, l’on a l’impression que le temps s’est arrêté au seuil de ce corridor peu engageant. En fait il y en a 2 des corridors (peu engageants) et des estaminets, à 20m l’un de l’autre. Le second c’est «A l’Imaige Nostre-Dame» (si si, ça s’écrit comme ça) impasse des cadeaux, pareil, faut aller dedans pour le croire (mais je préfère le premier, d’estaminet, parce qu’il y a Le Bossu qui me fait pouffer). Mais bon, c’est Bruxelles. Revenons à Prague…
J’en connais quelques uns (de passages), mais évidemment, ceux qui débouchent sur des brasseries j’vais pas vous les divulguer (ben non). Il y en a un joli de passage, sympa, qui va de «Malostranské námestí» (tout en haut de la place, à gauche de l’église «St Nicolas - Svatého Mikuláše») vers la rue «Tržiště» puis, si vous montez cette rue, toujours en restant sur la droite, non seulement vous allez arriver sur une superbe petite brasserie «Baráčnická Rychta» (à flûte, zut, caca boudin, je l’ai dit…) mais en continuant (toujours en haut) vous allez tomber dans la rue «Nerudova» en passant par un superbe petit passage insoupçonné.

Puis si vous continuez toujours tout droit le long de «Nerudova», vers le haut (ben oui, je sais, ça fait que de grimper, mais pour les faignants du genou, z’avez qu’à lire ce blog de bas en haut et vous aurez le tracé en descente, à l’envers), donc vers le haut disais-je, sans monter au Château mais tout droit par la rue «Úvoz», alors vous arrivez sur la rue/place «Pohořelec».
Collez sur votre gauche, encore un peu, montez, et là stop, bâbord toute moussaillons, dans le petite passage, empruntez les escaliers et vous arrivez sur «Strahovský klášter». Outre les divers édifices religieux et culturels dignes d’intérêt et de moult photos, outre les magnifiques parcs et jardins sources d’oxygénation bénéfique pour rejetons citadins, vous serez également à proximité d’une brasserie abbatiale, et croyez-moi, à Prague et même en République Tchèque il s’agit d’un article rare.
Enfin rare, d’un autre côté j’vais pas vous la raconter non plus, c’est pas la Belgique. La brasserie était certes mentionnée dés le 13ème siecle, mais elle a été supprimée au début du 20ème pour être reconstruite en tout début de ce millénaire. Aussi amateurs d’authentique bière abbatiale, explorateurs de trésors enfuis, et chercheurs de Saint Graal, passez votre chemin, le breuvage servi à cette adresse est plus proche du brassage incertain d’une micro-brasserie exploitant la récente vague d’engouement pour les bière «artisanales», que de la noble fermentation haute brassées par les Pères Cisterciens de la Stricte Observance en robe de bure et à l’accent belge rigolo. Enfin soyons intègre tout de même, sans être remarquable, cette bière est bonne (à mon goût).
De surcroît elle est différente et singulière par rapport aux typiques Pils tchèques, le cadre extérieur est magnifique en été (les salles intérieures également), donc je vous conseille de vous y arrêter dans le cadre d’une promenade dominicale, champêtre et familiale. Un bémol toutefois, nos moines brasseurs apocryphes ne se mouchent pas du coude, car au prix où ils marchandent leur roteuse (49 CzK pour 40cl), l’honnête consommateur eut pu espérer qu’icelle ait été pour le moins bénie à défaut de pasteurisée. Bénie? Nenni! Bref, «Klášterní pivovar Strahov» mérite sans conteste une visite, assurément pas une messe.

2 Comments:

Anonymous Thierry said...

Depuis que je prépare mon séjour à Prague, je suis littéralement fasciné par ces petits passages improbables qui peuvent faire découvrir au promeneur curieux des lieux encore plus improbables. Et tous m'interpellent (va savoir pourquoi !!) que ce soit le passage moyenâgeux autour de la Place de la Vieille Ville ou ceux plus récents autour de la Place Venceslas. Si, dans ta musette, tu en as quelques-uns que seul le pragois averti peut connaître, je te serai éternellement reconnaissant (bon... au moins pendant une bonne semaine) de les partager.
Amitiés marseillaises,

29 mars, 2013 23:29  
Blogger Strogoff said...

Alors j'en mets 2, mais pas plus. Attends, si les touristes commencent à utiliser les passages réservés aux locaux, ils pourraient aussi venir boire dans nos tavernes et bouffer dans nos gargotes :-)
50.0849239N, 14.4165544E entre Liliova et Husova
50.0854094N, 14.4147456E entre Karlova et Anenske namesti

03 avril, 2013 06:27  

Enregistrer un commentaire

Links to this post:

Créer un lien

<< Retour à la page principale