lundi 9 mai 2005

Ville: L'architecture et le mélange des styles

Ben vouis, j'étais en vacances, alors forcement, ben j'ai pas mis mon blog à jour, ben vouis, ben désole, mais voilà, j'y remédie de suite. Alors aujourd'hui je vais vous parler de Prague (ben tiens, flûte alors, ça change). En fait, j'ai de nouveau trouvé de belles photos (que c'est moi qui les ai faites encore aussi) mais qui n'ont pas le moindre rapport avec un sujet que je pourrais vous développer, sinon Prague, globalement, en général, genre des infos que ça peut servir aussi, on sait jamais, des fois.
Et puis, hein, si je vous parle de la plus belle ville du monde... ben vouis du monde, y en a des qui prétendent... ou alors d'Europe? bon OK, donc si je vous parle de la cité aux cent clochers et aux mille tours au moins vous ne serez pas surpris quand vous viendrez la visiter, vous saurez des trucs pour épater le conjoint (qui lui ne saura pas, j'ai failli le mettre en deux mots, le conjoint :-)

Et pourquoi Prague est une ville splendide me demanderez-vous? Ah vouis, alors attention, je vous parle de Prague centre, nouvelle et vieille ville, pas de la périphérie car là il n'y a rien à voir, c'est une horreur Thérèse, les con-munistes ont dû palier au manque considérable de logement en édifiant au plus vite des citées-cellules rectangulaires tout en hauteur pour entasser la population grandissante, c'est une sordide abomination, mais nécessité (et marxisme) faisait loi en cette époque. Bref, parenthèse fermante, et retour au sujet.
Alors pourquoi Prague est une ville splendide me demandiez-vous? Ah ben parce que pour plusieurs raisons. La première c'est que les bâtiments ont échappé je ne sais comment aux destructions des nombreuses guerres (et plus particulièrement aux bombardements de la dernière), aux incendies gigantesques (voir Londres), aux constructions modernes d'immeubles verre-boîte (voir outre-Atlantique), et plus globalement à l'influence néfaste de certains architectes nuisibles qui considéraient le béton armé comme l'aboutissement absolu de l'édification (voir certaines stations de ski dans nos Alpes). Ensuite il y a le style, l'architecture, un mélange sublime et unique en Europe d'élégance architectonique s'étirant sur plusieurs siècles. Et enfin l'urbanisation, l'art d'organiser, de structurer une ville (voir "le culte de l'axe" du baron Georges Eugène Haussman qui aurait, selon les estimations, modifié Paris à 60%).
Un millénaire complet d'urbanisation "anarchique" au gré des besoins, des changements, a produit une ville patchworkée, hétéroclite dans laquelle chaque siècle, chaque style, chaque souverain, roi, empereur, a laissé son estampille. Les bâtisseurs assemblèrent habillement les édifices en fonction du relief par endroit accidenté (voir la rue "Nerudova") et développèrent ainsi des quartiers colorés, contrastés, typiques à la géographie de Prague, édifiée telle Rome, sur 7 collines.
Ainsi dans Prague, cette sublime merveille, vous trouverez tous les styles d'architecture (enfin pratiquement tous), certains uniques au monde (genre maisons cubistes), et généralement tous empreints d'une marque, d'un signe distinctif, d'un fumet unique prago-slave (voir les édifices art nouveau). Bon, je sais, j'aurai pu vous mettre les photos qui vont bien des bâtisses dont je vais vous parler, certes, ben vouis mais chuis pas un professionnel des photos, en plus j'aurais dû pèleriner abondamment dans tout Prague, pis si vous farfouinnez bien sur le net, vous devriez en trouver sans problème des photos de quoi que c'est que vous cherchez.

Bien, allez, parlons des divers styles architecturaux qui ont marqué l'Europe en général et Prague en particulier.
Ah oui, et encore avant de commencer, le disclaimer (avant-propos, avertissement?!) qui va bien: "les commentaires qui suivent expriment diverses opinions personnelles qui n'engagent que moi personnellement, c'est-à-dire qui sont personnellement propres à ma personne personnelle toute seule et que j'exprime personnellement dans le cadre stricte des principes fondamentaux de la liberté d'expression garantis par la Constitution Française et la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme. Aussi je ne serais aucunement être tenu pour responsable si malencontreusement ces appréciations heurtaient la sensibilité culturelle, ethnique, politique, religieuse, dogmatique, morale, sexuelle, pédagogique, déontologique, philosophique, idéologique... de quelque personne que ce soit. Attention: ces mêmes opinions ne doivent pas être mises dans un four à micro-ondes ni être conduites en état d'ivresse. Leur composition répond exactement aux règles alimentaires internationales en vigueur et ne contiennent pas d'OGM, ni d'extrait de cacahouètes, ni d'amiante, ni de poudre de plomb. Elles ne mettent en aucune manière en danger la vie d'espèces animales ou végétales protégées. Elle sont librement accessibles à tout public sans limite d'âge, ne présentent aucune contre-indication ni effet d'accoutumance, elles peuvent être consommées sans modération par les cardiaques, les diabétiques et les femmes enceintes. Vérifiez systématiquement le voltage avant de les brancher dans une prise électrique. Lavez à la main avec un éponge humide et de l'eau clair à 30° maximum, n'utilisez pas de détergents ni de substances abrasives, et repassez à l'envers. Mes opinions personnelles ne doivent être utilisées que dans le cadre de ce pour quoi elles ont été conçues (?!). Pour les lecteurs d'Amérique du nord et du Sud, ces opinions personnelles ont été testées pour être en conformité avec la réglementation FCC concernant leur utilisation à la maison ou au bureau. Elles ne sont pas nucléairement radioactives et n'émettent aucune onde radioélectrique susceptible de perturber les communications. La lecture intensive en continue de mes opinions personnelles peut, chez certaines personnes et dans des cas exceptionnellement rarissimes, provoquer des troubles visuels, voire déclencher une crise d'épilepsie. Si vous présentez un des symptômes suivants: vertige, trouble de la vision, contraction des yeux ou des muscles, perte de conscience, trouble de l'orientation, mouvements involontaires, convulsions, bouche seiche, langue pâteuse et haleine fétide, dilatation de l'anus, flatuosité inhabituellement nauséabonde, perte des cheveux et de la mémoire, démangeaisons sur le scrotum, épanchement vaginal, veuillez immédiatement cesser de lire mes opinions personnelles et consultez un médecin dés que possible. Les résidents de pays soumis à l'embargo intellectuel sont immédiatement invités à cliquer sur le bouton X en haut à droite de leur navigateur".

Bon, ouf, chuis couvert. Aujourd'hui on ne sait jamais de nos jours, avec l'augmentation croissante des procès en tout genre, vaut mieux se couvrir. Bon, allez, les styles:

Roman (du X ème au milieu du XIII ème siècle): à Prague l'art roman est un mélange hétérogène de nombreuses influences européennes, principalement concentré (le mélange d'art roman) autour de la "place de la Vieille-Ville".
Enfin je vous dis ça, mais inutile de chercher, vous ne trouverez rien de visible car tout est sous terre. Ben vouis, les rez-de-chaussée ont été remblayés au XIII ème siècle pour rehausser la Vieille Ville devant les crues déjà dévastatrices de la "Vltava" (descendez dans les caves des bars, restos et cafés, ce sont aujourd'hui les plain-pied d'alors).
Quelques exemples (visibles ceux-là ):
  • La basilique Saint-Georges ("Kostel Svatého Jiří"), datant d'avant 920 et commencée sous "Vratislav I", au Château de Prague.

  • La rotonde de Saint-Martin ("Rotunda Svatého Martina"), au château de "Vyšehrad", dernier tiers du XI ème siècle, de l'époque de "Vratislav II".

  • La rotonde Saint-Longin ("Rotunda Svatého Longina"), datant du premier tiers du XII ème siècle, dans l'église du même nom, rue "Na Rybníčku".


  • Gothique (du XIII ème au XVI ème siècle): dans les édifices imposants, genre monastère, église, palais, le gothique se caractérise par des hautes voûtes à nervures en réseau ou en étoile.
    A Prague ce style fut particulièrement développé par l'architecte "Benedikt Ried" au château de Prague (voir la salle "Vladislas" et l'escalier des Cavaliers du vieux palais royal).
    Quelques exemples:
  • Le monastère Sainte-Agnès-de-Bohême ("Anežský klášter", rue "Anežská"), construit entre 1233 et 1234 sous l'égide de "Václav Ier" pour sa frangine Agnès.

  • La synagogue Vieille-Neuve ("Staronová synagoga", rue "Červená"), fin du XIII ème siècle, quartier juif de "Josefov".

  • Le fameux pont Charles ("Karlův most").

  • La cathédrale Saint-Guy (et aussi Venceslas-et-Adalbert, "Chrám Svatého Víta, Václava a Vojtěcha"), au château de Prague.

  • L'église notre Dame du Tyn ("Chrám Matky boží před Týnem"), en plein sur la place de la Vieille Ville.


  • Renaissance (XVI ème siècle): comme pour le style roman, Prague possède un style renaissance particulier à elle toute seule.
    Il mélange étrangement la sophistication italienne néo-antique (des architectes "Giulio Romano" et "Andrea Palladio" par exemple) avec les frontons travaillés, galbés, typiques des maisons paysannes slaves (allez voir en campagne, ce qu'on appelle le "selský baroko" ou le baroque ruralo-champêtre :-), frontons que l'on retrouve également dans certains pays nordiques. Autre élément typique et remarquable de la renaissance praguoise, les façades peintes en trompe-l'oeil géométrique (appelé pointe de diamant) comme le palais Schwarzenberg ("Schwarzenberský palác", en face de la grille d'entrée du château de Prague, musée militaire actuellement) ou encore le mur du "Tyršův dům" (appelé "Michnův palác"?!) dans la rue "Všehrdova".
    Quelques exemples:
  • Le belvédère de la Reine Anne ("Královský letohrádek královny Anny"), construit sous l'égide de Ferdinand Ier et considéré comme le plus pur style renaissance transalpin.

  • Le palais du Jeu de Paume dans le jardin royal ("Míčovna, královská zahrada").


  • Baroque (du XVII ème au XIX ème siècle): ah ben oui, 30 ans de guerre ça aide pas. Les suédois en particulier avaient gaillardement foutu un bordel monstre non seulement dans Prague,
    mais dans toute l'Europe, pillant, brûlant et détruisant tout sur leur passage afin de "marquer le coup" comme ils disaient ("Eh, hein, on n'est pas là tous les jours, alors bon, zut enfin quoi!" disait en suédois Gustave II Adolphe). Après un tel foin (de 30 ans, 1618-1648) il a bien fallut reconstruire, pis tant qu'on y était, ben pourquoi pas en style baroque. La reconstruction allait même tellement bon train, que dès le XVIII ème siècle, Prague était une des plus éblouissantes capitales du baroque en Europe grâce aux architectes de génie qui y oeuvrèrent (notamment "Christoph" et "Kilian Ignaz Dientzenhofer", père et fils).
    L'explication par l'exemple:
  • La somptueuse église Saint-Nicolas, place de "Mala-Strana" ("kostel Svatého Mikuláše, Malostranské náměstí") à laquelle ont également contribué des génies tchèques, "Jan Hennevogel", "Jan Lukáš Kraker", "Ignác Platzer", et "Karel Škréta".
    Pour la petite histoire, les orgues qui s'y trouvent, dans l'église, datant du milieu du XVIII ème (les orgues), ben "Wolfgang Amadeus Mozart" y pianotait dessus quand il avait le temps (parfois).

  • Le palais Valdstejn ("Valdštejnský palác", rue "Valdštejnská", ben tiens, où ailleurs?!).

  • Le château de Troja (suivez le lien pour tout savoir).

  • Notre-Dame de Lorette ("Loreta", place "Loretánské nám."), édifice auquel la famille "Dientzenhofer" a également contribué.


  • Rococo (style baroque de la fin du XVIII ème siècle): le style rococo est amplement influencé par l’art "classique" français.
    Et comme à Prague où allemand et autrichien sont omniprésents, francais ça fait bien, original, exotique, dans le vent, nombre de bourgeois se feront alors construire des palais "à la francaise".
    Quelques exemples:
  • Le palais Sylva-Taroucca ("Sylva-Tarouccovský palác", rue "Na příkopě"), juste en dessous de la place Venceslas, à droite en descendant, pouvez pas le louper, il y a un casino à fric, le musée du con-munisme et un Mac Donald dedans (sans dec, j'le crois pas, à quoi on le paye le ministre de la conservation et de la protection du patrimoine historique et culturel?). Et qui c'est qui l'a construit celui-là? "Kilian Ignaz Dientzenhofer", eh oui, une de ses dernières oeuvres.

  • Le palais Kinsky ("Palác Goltz-Kinských")
    , en plein sur la place de la Vieille Ville, à gauche de l'église Tyn quand on la regarde en face droit dans les yeux, construit par qui, hum... ben non, pas par "Kilian Ignaz Dientzenhofer", il était déjà mort en 1755 le pauvre bougre, mais la bicoque est bâtie selon ses plans (eh oui, quand même).

  • "Kaunický palác", rue "Mostecká", que l'on doit à l'architecte "Antonín Schmidt".


  • Classicisme et néo-classicisme (du XVIII ème au XIX ème siècle): dans le style classicisme,
    y en pas velu sous le coude à Prague. Je vous ai tout de même dégoté quelques bicoques dans les environs:
  • "Stavovské divadlo", rue "Železná", derriere la place de la Vieille ville. Edifice de type néo-classique que l'on doit à l'architecte "Antonín Haffenecker". A signaler que dans ce théâtre, Wolfgang (le vrai, le seul et l'unique) dirigeât en octobre 1787 la première de "Don Giovanni".

  • L'église Sainte-Croix ("kostel Svatého Kříže"), rue "Na příkopě", pur style classicisme.

  • Le palais "U Hybernu", place de la République ("nám. Republiky").
    Il est dans un état lamentable aujourd'hui, inutilisé car insalubre et dévasté à l'intérieur. Sa façade imposante sert souvent de support aux publicités géantes, une honte abominable quand on se représente la taille de l'édifice, l'espace intérieur, le lieu stratégique, et la valeur architecturo-historique. C'est dément! (A quoi on le paye le ministre de la conservation et de la protection du patrimoine historique et culturel?)


  • Empire (XIX ème siècle): quant au style empire, c'est encore pire (d'où son nom, abréviation de ENcore PIRE), je n'ai qu'un seul édifice à vous proposer, et encore assez bâtard, mais bien évidemment si vous m'en trouvez d'autres, écrivez-moi, chuis preneur.

    Le seul exemple:
  • Le palais Liechtenstein ("Lichtenštejnský palác", rue "U Sovových mlýnů", à "Kampa"). Au départ il s'agit d'un "palazzetto" de style baroque, puis modifié en style empire et augmenté d'un étage (pour la bonne). Son portail baroque a toutefois été conservé.


  • Néo-Renaissance (XIX ème siècle): ben là, je peux vous en présenter quelques uns des édifices néo-renaissance. Ce style a été principalement utilisé à Prague sur des édifices civils d'importance (genre théâtre, édifices publics, banques, musées...) fusionnant éléments historiques et identité nationale en pleine effervescence à partir du milieu de ce XIX ème siècle.
    Quelques exemples:
  • Le théâtre national ("Národní divadlo", rue "Národní"), archétype du style néo-renaissance tchèque.

  • Le musée mational ("Národní muzeum", tout en haut de la place Venceslas "Václavské nám."), derrière le cul du canasson de "Václav IV", point de rencontre individuelle (galant, amis) mais également haut lieu de rendez-vous de masse (défilés, révolutions) pour les Tchèques.
    "Sous le cheval" ("Pod koněm") comme on dit ici, parce que même la plus triple buse analphabète, sourde, aveugle et muette en fauteuil roulant débarquée de Mars est capable de trouver ce point de RDV.

  • Le Rudolfinum ("Rudolfinum", alors pour une fois que ça s'écrit pareil, je vous le signale quand même, place "Jana Palacha"), appelé ainsi en hommage au prince héritier de l'empire d'Autriche-Hongrie, l'archiduc "Rudolf", unique fils de "François-Joseph 1er" (empereur d'Autriche) et "d'Elisabeth" (si si, l'impératrice "Sissi"), décédé ("Rudolf") un soir de 30 Janvier 1889 en compagnie de sa maîtresse et baronne "Marie Vetsera" (17 ans) dans son (à "Rudolf") palais de chasse de "Mayerling" ("Wienerwald" en basse Autriche) d'un double suicide dans la tête, version officielle à laquelle l'impératrice (d'Autriche) "Zita" (de "Bourbon-Parma"), reine de Hongrie (aussi), ne croira jamais et prétendra jusqu'à sa mort (à elle, en 1989) que "Rudolf" (archiduc d'Autriche) et "Marie" (baronne) auraient été assassinés par des agents secrets franco-autrichiens.
    Eh, sérieux, ça sert vraiment à rien d'acheter Gala, ouvrez un bouquin d'histoire.

  • Bon, et dans le litigieux registre du "chais pas trop quoi n'en penser" il me reste deux édifices controversés. Selon certains, ils seraient de type néo-renaissance, selon des moins certains, ils seraient d'un autre style architectural. Ben vouais mais moi, l'architectonique c'est pas ma chope de bière (tasse de thé) alors je vous laisse vous faire votre propre opinion si jamais vous allez les voir (puis dites-moi après quand même que je sache si jamais vous trouvez de quel style que c'est). Il s'agit de l'église Sainte-Ludmila ("Kostel svaté Ludmily", place de la paix, "nám. Míru") qui serait de style néo-gothique, et de l'église Saint-Pierre-et-Paul ("Kostel svatého Petra a Pavla", rue "K rotundě"), qui bien qu'originaire du XI ème siècle (sous "Vratislav II"), fut reconstruite en 1369, puis en 1575 dans un style pure renaissance, et in fine en 1887 en style pseudo-gothique. Enfin comme par hasard, ce sont encore des religieuseries qui sont à l'origine des polémiques, ça s'invente pas!

    Art nouveau et Sécession (fin XIX ème et début du XX ème siècle): alors tout d'abord, rappelons que ces termes désignent exactement la même chose, à savoir un mouvement artistique qui s'est développé dans toute l'Europe et les Etats-Unis en réaction à l'académisme et à l'historicisme de la fin du XIXe siècle.
    En France on évoquait le "style Guimard", en Allemagne le "Jugendstil" (de la revue "Jugend" qui n'en parlait), en Italie le "Stile Liberty", "Modernism" en Espagne, "Nieuwe Kunst" aux Pays Bas, "Sezessionstil" en Autriche et donc "Secese" (prononcer C Ê T S Ê C Ê) en République Tchèque. Je ne peux pas vous parler en détail de ce style monumentalement somptueux, qui pour moi est un summum (comme la bière) capable de me tirer les larmes des yeux, car il faudrait une encyclopédie entière, des années d'écriture et des milliards de photos (d'autant plus que Prague regorge au kilomètre de magnifiques édifices art nouveau, c'est énorme, c'est immense, c'est fabuleux). Alors permettez-moi de vous orienter simplement sur un site prodigieusement complet, en anglais et en français, qui vous présentera l'art nouveau dans le monde et plus particulièrement à Prague sous toutes ses coutures.
    Mr Frank Derville (Webmaster) chapeau bas et admiration! Quelques précisions toutefois. L'hôtel Central n'est plus en ruine mais entièrement restauré dans le style (art nouveau) et en fonction depuis quelques 6 mois (heureusement qu'on le paye le ministre de la conservation et de la protection du patrimoine historique et culturel). Concernant le "Kaiser Franz Joseph Erste Hauptbahnhof" (aujourd'hui le "Wilsonovo - hlavní nádraží" ou gare central de Wilson?!), la situation est nettement moins optimiste. En effet nos ineptes imbéciles (politiques incompétents, affairistes corrompus, intermédiaires imposés, financiers véreux, entremetteurs occultes...) ont décidé de confier le projet "Gare Centrale" à une firme italienne qui compte en faire une "gare du futur" pour 2008. Le projet n'est pas totalement bouclé (ni présenté, ni quoi que ce soit), mais si l'on en juge par l'article (en anglais) suivant, c'en est fini de la gare telle qu'on la connaît.
    Certes l'édifice est dans un état déplorable, certes les insignifiantes rénovations et les multiples (et plus que regrettables) modernisations con-munistes n'ont rien arrangé à l'affaire, certes la gare est aujourd'hui le lieux privilégié des clopinards abandonnés, des shootoxicomanes contagieux, des pédophilomosexuels délétères, bref la cour du roi Pétaud à Prague, mais crotte quoi (tu vois maman, parfois il faut vraiment mettre les mots qui vont bien, ça sonne pas du tout comme ça, mais alors vraiment pas...) MAIS MERDE QUOI, c'est un somptueux bâtiment, qui avec un peu de plâtre, de clous, et de peinture, pourrait ressembler à quelque chose. Regardez voir la maison Municipale ("Obecní dům, nám. Republiky"), sous la dictature des con-llectivistes, les chiens même ne levaient pas la patte sur les murs du taudis, alors qu'aujourd'hui, après rénovation (1996-1997), les touristes subjugués du monde entier s'arthrosent l'articulation de l'index sur leurs clic-clac. Alors quoi? Est-ce qu'on est vraiment obligé de totalement bousiller cette gare? Affaire à suivre...

    Cubisme (début du XX ème siècle): alors qu'à Paris les oeuvres cubistes prenaient naissance dans les ateliers d'artistes tels que Picasso, Braque et s'adressaient à une élite de connaisseurs, à Prague ce style a été développé dans les écoles, par l'intermédiaire d'expositions, et s'infiltrait dans toutes les catégories de la population, toutes les sphères, toutes les productions artistiques, érigeant les artistes tchèques en réels précurseurs d'un art spécifique au point qu'aujourd'hui,
    Prague est la seule ville où l'on peut contempler des oeuvres architecturales cubistes. Je ne peux pas dire que j'aime pas, non, enfin c'est curieux, inhabituel pour le profane béotien que je suis. Quoi qu'il en soit, ça mérite vraiment le coup d'oeil.
    Quelques exemples:
  • La maison à la vierge noire ("Dům U černé Matky Boží", rue "Celetná", juste en dessous de la tour poudrière), que l'on doit à l'un des architectes cubistes des plus connus "Josef Gočár" (vous trouverez dans la ville de "Hradec Králové" tout un quartier construit par cet architecte sur le principe cubiste). L'édifice (de la vierge) abrite aujourd'hui un musée (d'art cubiste) et le café (cubiste) originel du premier étage devrait ouvrir sous peu.

  • La maison de l'architecte "Josef Chochol" ("dům v Neklanově ulici", rue "Neklanova" à l'angle de "Přemyslova").

  • La colonne-lampe place Jungmann ("Jungmannovo nám.") que l'on doit à "Emil Králíček".

  • Et plein d'autres encore, le palais Adria (rue "Jungmannova"), la maison double (rue "Tychonova"), un immeuble complet (au 10/14 rue "Elišky Krásnohorské"), la villa "Kovarovic" (rue "Libušina")... Bref, écrivez-moi si vous n'en voulez n'encore.

    Constructivisme et fonctionnalisme (début du XX ème siècle et au-delà): bon, désolé, mais de nouveau le foin nébuleux s'installe parce que la barrière bien nette entre les deux styles n'est pas vraiment bien nette en ce qui me concerne.
    Le constructivisme c'est assez limpide, d'abord ça vient de chez les ruskofs, de vers environ début de la première guerre mondiale à peu près, et prône l'art pur dépourvu de fonction sociale ainsi que l'usage prédominant de matériaux industriels (dis donc, vous ne sentez pas derrière tout ça comme une odeur fétide de révolution bolchevique?). Le fonctionnalisme, est apparu globalement à la même époque mais plus tard (?!), et prône la dictature de l'agencement intérieur sans souci de l'esthétique extérieure classique telle que la symétrie des axes, le respect des proportions... Bon comprendra qui veut où est la réelle différence et surtout quel édifice appartient à quel style. Ce qui est clair, c'est que tous les deux exhalent des pieds une pestilence industrialo-prolétaire et qu'ils étaient particulièrement bien adaptés à la période insipide où l'originalité, la créativité, et l'intelligence individuelle étaient l'ennemie du peuple.
    Ca explique sans doute qu'il y ait toute une armada d'édifices constructivismo-fonctionnalistes dans Prague.
    Quelques exemples:
  • Le musée national technique ("Národní technické muzeum", rue "Kostelní"). Pure style monumentalement constructiviste qui mérite une visite non pour le bâtiment en lui-même mais pour son contenu (technique, superbement génial).

  • L'église "Nejsvětější srdce Páně" (ne me demandez pas la traduction exacte, place "Jiřího z Poděbrad"), c'est pitoyable de mocheté.

  • L'église St Venceslas ("Kostel svatého Václava", place "Svatopluka Čecha", Prague 10, vous plantez pas, il y en a plusieurs des églises St Venceslas dans Prague), faut le voir pour le croire, indescriptible. Quand on pense que c'est le même architecte ("Josef Gočár") qui a créé certains des plus beaux monuments cubistes au monde (enfin à Prague, parce qu'il n'y en a pas ailleurs), on se demande bien ce que sa femme lui donnait à manger pour en arriver là.

  • Le centre commercial du Signe Blanc ("Obchodní dům Bílá Labuť", rue "Na poříčí"), aujourd'hui le plus ringard des magasins post con-munistes non reformés, à moitié vide aux étages.

  • Le palais des Foires ("Veletržní palác", rue "Dukelských hrdinů", style fonctionnaliste), a brûlé en 1974, reconstruit pendant longtemps (ben vouais, la dictature prolétaire n'avait pas de flouze), puis ré-ouvert en 1995. Il abrite aujourd'hui la Galerie Nationale.

  • Bon, pis comme le cubisme, y en a encore tout plein, genre les palais "Alfa", "Blaník", des maisons individuelles, mais bon, hein, ça va le faire comme ça parce que c'est pas ce qu'il y a de plus beau, genre, comme genre. Et si jamais il se trouve parmi vous des furieux de ce style, à nouveau écrivez-moi, et je vous donnerai des détails.

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