mardi 4 avril 2006

Comme ça, sans plus: Information & inondations

Ben voilà, ils ne s'étaient pas trompés sur un point, les inondations ont bien eu lieu, mais pas partout. Et même qu'elles se poursuivent, mais pas partout non plus. Alors fort heureusement, à Prague tout va bien, mais ça on s'en fout parce que le plus important c'est MOI.
Et MOI je vais bien, et chuis vachement content que j'aille bien et que mon chez MOI aussi aille bien, parce que je ne vous cache pas que ça m'aurait pour le moins contrarié s'il en fut autrement. Vous vous imaginez, de la flotte boueuse et nauséabonde dans mon salon, sur mes tapis d'orient, mes meubles chinois, et mes tentures en soie? Et je ne vous parle même pas de mon ordinateur non encore étanche. Bon, malheureusement pour eux, il y en a des qui ne sont pas aussi satisfaits, parce que pour eux (y en a des), c'est la cata. Inondés qu'ils sont, et même bien inondés les pauvres bougres.
Pis pour la troisième fois en 2 ans y en a des, qui vraiment n'ont pas de bol du tout. Moi j'aurais déjà déménagé, personnellement. "Ouais, mais où veux-tu qu'on aille, puis surtout tu nous la rachètes, toi, notre maison en terrain inondable et maintes fois inondée?" Euh... oui... vu comme ça, c'est sûr que... Mais quand même, ne me dites pas que sous les con-munistes, il n'y avait pas d'inondations? "Non seulement il n'y avait pas d'inondation sous les con-munistes parce que c'était interdit, mais en plus sous les con-munistes on ne choisissait pas son logement."
Hum... oui, pour le logement c'est vrai, maintenant pour les inondations... Enfin le fait est tel, qu'on en entendait beaucoup moins parler des déluges. Remarque, de tout on en entendait moins parler, en général, sauf du con-munisme et des plans quinquennaux, ça, ça prenait toute la place de l'information. Bref...

Jeudi matin on nous annonçait une possible aggravation de la situation dans la journée, flûte alors. Puis rien. Ah bon? Ben non. Ensuite on nous a annoncé une culmination vendredi en journée, voire en soirée, et du coup j'avais annulé mon week-end chez des potes dans la ville de "Třebíč". Puis rien. Ah bon? Ben non. J'étais fichtrement contrarié parce que j'avais prévu plein de visites de trucs hyper-top-moumoune pour vous en parler dans mes prochaines publies. Et vendredi matin ça ne s'arrangeait pas, on nous prévoyait que ça serait terrible vendredi soir,
pis samedi en journée ce qui me confortait dans ma décision d'être resté, pour avoir l'esprit tranquille en cas d'évacuation forcée. Puis rien. Ah bon? Ben non. Enfin si, d'un coup vendredi avant midi, après le conseil de la cellule anti-inondation, on nous communiqua que tout était en ordre, qu'il n'y aurait rien de grave durant le week-end, que tous les pronostics (horoscope y compris) étaient au vert, et que l'on pouvait être serein.
Ben tiens. Super, du coup j'ai rappelé mes potes à "Třebíč", qu'ils mettent les bières au frigo et les filles à la douche, que j'arrivais. Mais je ne vous cache pas que j'étais quand même un peu angoissé, genre pas totalement détendu. C'est dingue quand même des infos aussi contradictoires en si peu de temps. Et surtout on ne sait plus à quoi se fier, crue, décrue, baisse, hausse, plus, moins? Ou pareil peut-être?

Pendant tout le vendredi après-midi je suivais avec angoisse l'évolution des mesures de la "Vltava" heure par heure, me disant que si ça devait changer, je pouvais encore et toujours annuler mon week-end. Mais ça ne changeait pas, ou alors en mieux, donc j'étais parti pour partir, jusqu'à 15h, où ce bourricot de Tom (d'avec Nina, de "Karlovy Vary") me téléphonent pour me demander ce que je fais ce soir (vendredi soir), qu'ils étaient à Prague et qu'on pourrait s'en jeter quelques unes dans un bouge de derrière les fagots.
Ah ben tiens, ça sent l'anticipation à plein nez cette histoire là dis-donc. Remarquez qu'après réflexion, je me suis dit que ce serait mieux ainsi, parce que si je partais je ne serais pas serein, et là, ça serait mieux. Du coup j'ai rappelé mes potes à "Třebíč", qu'ils sortent les bières du frigo et les filles de la douche, que je n'arrivais plus. Mais que c'était seulement partie remise, donc qu'ils n'aillent pas remiser tout ça trop loin et que ça allait méchamment servir dans 2 semaines quand je vais y aller pour de bon.

Sinon je vous ai raconté une grosse couillonnerie dans ma publie précédente concernant les m³ par seconde d'écoulement du fleuve "Vltava", mea culpa. En période normale il fait bien du 150 m³/s, ça c'est vrai, mais en période de crue, il monte à 1500 m³/s (comme en ce moment, soit 10 fois plus), et même lors des inondations du millénaire en août 2002 il aurait culminé à 5500 m³/s. C'est 36 fois plus que la normale, soit un augmentation du débit de +3566%. Décidemment, Prague est bien la capitale de tous les excès. Et j'en étais bien loin avec mon estimation des malheureux 180 m³/s en période de crue, je me demande bien où j'ai pu lire une couillonnerie pareille?
Les mesures sont prises à "Chuchle" (à côté de "Barandov"), juste en aval du pont de l'intelligence parce qu'à quelques 3km en amont, la rivière "Berounka" se jette dans le fleuve "Vltava", et en période de crues elle peut sacrement gonfler ce dernier juste avant Prague. Hein... le pont de l'intelligence? Ah bon, vous ne savez pas pourquoi le pont de l'intelligence s'appelle le pont de l'intelligence ("most inteligence")? Hop, alors parenthèse.

Lorsque les con-munistes prirent le pouvoir en Tchécoslovaquie, 1948, ils commencèrent par mettre à la porte de leur profession toute personne qui ne partageait pas unanimement l'inepte conception de la dictature prolétarienne. Et la place encore chaude était meublée par un bougre d'abruti fanatiquement bolchevik, souvent au dépens des compétences requises par la fonction. Ainsi le pont de l'intelligence a été construit par les prisonniers politiques, magistrats, professeurs, philosophes, écrivains et autres intellectuels (d’où son nom) subversifs, tandis que la supervision des travaux incombait aux nouveaux imbéciles qui avaient autant d'affinité avec leur métier qu'un imam salafiste avec la presse danoise.
Résultat: d'une largeur de 14m prévue pour supporter 2 lignes de chemin de fer, le pont ne passa pas les tests de résistance en 1955 et fut exclusivement utilisé par les piétons et les cyclistes pendant les 10 années suivantes. Par la suite une seule et unique voie de rail fut construite et aujourd'hui encore peu de gens n'osent s'aventurer dessus lorsqu'un train (uniquement de marchandises) l'emprunte en même temps. Cette pitoyable construction révélatrice du talent, de la maîtrise et de la compétence des ingénieurs con-munistes n'a d'ailleurs jamais pris de nom officiel. Appelé "Branický most" sur les cartes, le pont est connu des praguois comme "most inteligence". Fin de parenthèse.

Alors les photos des inondations, elles datent (pour les en bleu) de jeudi 30 avril, vers 19h. Je me suis dit qu'il fallait bien que je sorte pour vous photographier tout ça, et donc je suis sorti pour vous photographier tout ça. Vous pouvez admirer le fameux dispositif anti-inondation en pleine action d'attente, ainsi que le subtil bricolage qui permet de colmater les trous dans les murs qui, contrairement à ce que l'on pourrait penser, font partie du dispositif anti-inondation et on été érigés (les murs, mais les trous aussi) en 2004 (pour ceux qui s'imagineraient qu'il s'agit du système de défense anti-invasion de Vikings du VIII ème siècle).
Le niveau de l'eau est pratiquement au maximum de ce qu'il a été pendant ces quelques jours, ce qui permet de se rendre compte qu'il nous restait à Kampa encore de la marge de plusieurs mètres (enfin pas trop non plus, 4m maxi) avant que la "Vltava" ne déborde.

Ah oui, et l'énorme racine d'arbre qui a été solidement amarrée à un tronc d'arbre n'est pas une merdasse apportée par les grandes eaux comme on pourrait le croire de prime abord. Non non non, il s'agit d'une oeuvre d'art faisant partie de la collection du musée "Sovovy mlýny", et il ne faudrait surtout pas que les grandes eaux emportent cette merd... oeuvre d'art au loin.
Du coup ben c'est solidement amarré afin que ça reste là où qu'ça doit rester. Pour une fois que les inondations auraient pu servir à quelque chose d'utile... :-)

les autres photos des inondations d'en journée ont été prises vendredi, vers 18h, mais ne les confondez pas avec les photos d'en journée aussi mais du week-end d'avant que je vous ai mises afin que vous voyiez la tête du ciel qu'il faisait, et qui explique aussi en partie les inondations de part les fortes averses qui se sont abattues sur le pays. Donc en récapitulant chronologiquement pour que je vous explique simplement, les photos avec le ciel tout noir, c'est le week-end des 25 et 26 mars.
Vous pouvez voir le niveau de l'eau sur différentes photos avant puis pendant les inondations qui n'ont pas eu lieu à Prague. Ensuite il a plu, il a fait chaud, et la neige a fondu, et sont arrivées les inondations (mais pas à Prague), ce sont les photos bleues et pas bleues mais avec du soleil.

Voilà, donc je rassure à nouveau les nombreuses personnes (parents, amis, visiteurs sous peu de la capitale) qui me posent souvent la question, il n'y a pas aujourd'hui dans la ville de Prague centre le moindre millimètre d'eau qui serait lié aux inondations. La totalité des transports fonctionnent normalement, et la municipalité n'entrevoie aucun changement à cette situation dans les prochains jours (sinon une nette amélioration du niveau du fleuve).

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