mardi 21 mars 2006

Insolite: Colonne, Peste, Marie et tutti quanti

Alors là, je vais faire très court, d'ailleurs il n'y a pas grand-chose à dire, parce qu'en fait tout avait commencé avec une balade ordinaire au dessus du château de Prague par un bel après-midi ensoleillé d'un samedi habituel, tandis que je m'interrogeais sur le devenir de notre "Schwarzenberský palác" (Palais Schwarzenberg), depuis qu'il est en restauration du dedans et qu'on ne sait pas ce qu'ils y font puisque c'est interdit d'accès? Donc chuis allé voir, curieux que chuis, et une fois que j'y fus, que j'ai vu (et j'ai qu'un cul :-) je me suis dis que j'allais mettre un oeil sur la splendide colonne mariale en l'honneur de la peste de 1713-1714, la dernière par ailleurs comme quoi, la colonne a dû servir à quelque chose. Alors précisons déjà que marial, c'est en rapport avec la Vierge Marie, et que des vraies colonnes pestilentielles... Parenthèse: c'est véridique, j'ai trouvé la "colonne pestilentielle" sur le site de tourisme de la ville d'Olomouc, et même mieux, ils y parlent de "la colonne de la peste mariale". Décidemment on n'insistera jamais suffisamment sur l'importance de la place des noms et des adjectifs dans la structure de phrase en langue Française, parce que personnellement je vois une différence énorme entre "une colonne mariale de la peste" et "une colonne de la peste mariale". Encore que, la Vierge Marie et la peste, en ce qui me concerne, c'est boudin blanc et noir boudin, sinon qu'il n'y a pas de vaccin contre la Vierge Marie, donc c'est vachement plus dangereux que la peste, qui elle au moins a disparu. Bon allez, fin de parenthèse. Donc des vraies colonnes pestilentielles, vous en trouverez dans toute l'Europe, beaucoup en Allemagne, et en Tchéquie tout particulièrement. Sans dire de couillonnerie, chaque ville de plus de 2000 habitants possède sa colonne anti-peste, et comme dit, ça a vraiment l'air de marcher parce que depuis, il n'y en a plus de la peste (à quand les colonnes anti-con-munistes).

Celle dont je vous parle ("Mariánský morový sloup"), en plein milieu du "Hradčanské náměstí" est de "Ferdinand Maxmilián Brokoff" (1688 - 1731). C'est d'ailleurs sa dernière oeuvre parce que le pauvre bougre décèdera avant l'inauguration du monument (en présence de la peste et de la Vierge Marie :-) en 1736. Ferdinand Max travaillera principalement sur les statues entre 1724 et 1728, ensuite il partira pour Vienne et pour la Silésie d’où il reviendra gravement malade. Il décédera peu de temps après et sera enterré avec son père ("Jan", autre génie) et son frère ("Michal Jan", moindre génie) dans le cimetière (n'existe plus aujourd'hui) à côté de l'église "sv. Martina ve zdi" (St Martin dans le mur, de par sa proximité avec l'enceinte de la ville). Allez-y, il y a une plaque commémorative sur l'église, et c'est juste entre les 2 chats ("U Dvou koček") et les oursons ("U Medvídků") pour aller rincer quelques mousses. Puis une fois décédé, ben c'est son disciple ("František Ignác Weiss") qui terminera l'oeuvre en y ajoutant une gouttière en zinc à joints creux et des volets à battants anti-gel. Mais là vous ne pouvez pas vous en rendre compte, parce que la colonne que vous voyez est une copie, l'originale (avec gouttière et volets) se trouve au lapidarium.

Passons aux oiseaux qui s'y trouvent. Donc autour du socle se trouvent "sv. Vít" (St Guy), "sv. Václav" (St Venceslas) et "sv. Vojtěch" (St Adalbert), exactement le même tiercé que dans la cathédrale "sv. Víta, Václava a Vojtěcha" au château. Puis "sv. Karel Boromejský" (St Charles Borromée), patron des pestiférés, Archevêque de Milan lors de la grande peste de 1576, il porta secours et assistance aux contaminés en distribuant des tic-tac contre la mauvaise haleine, "sv. Jan Nepomucký" (St Jean Népomucène), torturé à mort puis jeté dans la "Vltava" sur ordre du roi "Václav IV" (dit l'ivrogne) pour avoir refusé de lui (au roi) dévoiler le secret de la confession de la reine (du roi) dont il (St Jean) était le con fait soeur alors que celui-ci (le roi) suspectait sa morue (la reine) de lui être infidèle d'avec un bellâtre de la télévision présentant la météo au journal de 20h les dimanche soir avant le début du grand film pour toute la famille, "sv. Alžběta Durynská" (Ste Élisabeth de Hongrie), dite thuringeoise ("durynská" en Tchèque) car elle épousa le margrave Louis II de Thuringe ("Thüringen" en Allemand) et qu'elle distribuait du pain aux pauvres du land qu'elle planquait sous son manteau (le pain, pas les pauvres) mais contre la volonté de son mari (Louis) qui lui avait interdit de nourrir ses miséreux (c'était mauvais pour leur régime élémentaire, et ça leur gâtait le poil).

Pis une nuit, Louis la surprit. En furie il lui dit: "Qu'est-ce que tu fous ici?"
Elle: "mais chéri..."
Lui: "y a pas d'chéri qui tienne, hyène, ouvre ton manteau, illico!"
Elle: "j'peux pas, j'ai pas de culotte, c'que je suis sotte."
Lui: "on s'en fout, chuis ton mari! Qu'est ce que tu planques sous ton habit?"
Elle: "mais chéri voyons, que d'exaspération..."
Lui: "di diou d'nom di diou, c'est qui le margrave ici? Ouvre ton manteau que j'te dis, sinon c'est dérouillée et torgnoles des 2 mains, et tu rentres à Budapest par l'avion du matin."
Alors la pauvre Elisabeth s'exécuta, et au lieu de pain, Louis découvrit un splendide blaireau brun au poil soyeux. Ce fut le miracle de Ste Elisabeth, représentée sur la colonne faisant l'aumône à un nécessiteux. Bon, et vous y verrez encore "sv. Petr" (St Pierre), "sv. Florián" (St Florian), le patron des pompier (ponoeil) et "Pavel" (St Paul). Maintenant qu'est ce que tous ces Saints foutent là, sur une colonne contre la peste alors qu'ils n'ont pas forcement de rapport avec, à moins qu'ils ne l'aient contractée, la peste? Mystère, mais je suis preneur de toute info.

Et pour terminer, mais pourquoi que je vous raconte tout ça me demanderez-vous? Ben parce que j'ai fait des clichés cocasses de la colonne et je souhaitais les partager avec vous. La première photo, j'ai failli ne pas la faire parce qu'au début je n'avais pas aperçu cette andouille de pigeon qui se planquait là, immobile et avec les mêmes couleurs que la pierre. Quant à la seconde, ce n'est qu'après quelques minutes d'observation et une intense réflexion que je me suis dit, "mais qu'est ce que ce fichtre de St Charles Borromée fout avec une pagaie dans la main?" Sans doute l'oeuvre d'un joyeux farceur, parce que je peux vous assurer que sur l'originale, au Lapidarium, la pagaie n'y est pas. Alors voilà, si vous passez par "Hradčanského náměstí", allez-y voir si elle s'y trouve toujours la pagaie, le pigeon, je ne pense pas.

2 Comments:

Anonymous Viviane said...

Dobry den les mecs
je reviens d'un voyage chez ces chers tchèques, c'est beau, on mange merveilleusement, et j'ai un pote là-bas : coucou Pavel, Pavel Smid, qui fait la revue "coeur de l'Europe" à Pardubice
Ton blog est très bien, slunce v'dusi et bisous
Viviane

28 avril, 2008 11:21  
Blogger Strogoff said...

Ah ben du coup, chais même pas si c'est pour moi les compliments? Bon, ben on va dire que oui. Ah ben merci Viviane, chuis content que mon blog te plaise. Ben la prochaine fois que tu fais un saut par ici, fais-moi savoir et on ira s'en jeter une deux, des roteuses locales du coin.

01 mai, 2008 10:03  

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