lundi 24 juillet 2006

Visiter: Le joli château de Rožmberk

Alors en République Tchèque il n'y a pas que Prague, et c'est aussi pour cette raison que mon fils et moi-même nous nous sommes offerts quelques jours dans la splendide région de "Šumava" (prononcez C H O U M A V A) dont chou m'a va vous parler maintenant.
Alors la "Šumava" que les Germanophones appellent "Böhmerwald", en gros et pour situer, se trouve au sud-ouest de la République, aux frontières de la Barbarie (Allemagne et Autriche :-))) C'est une région magnifique (et croyez-moi que pour que je vous dise ça, moi, faut vraiment que ça en vaille la peine) d'altitude moyenne (entre 600m et 1360m) qui se caractérise par un climat rude (température annuelle moyenne entre 3°C et 6°C, pouvant descendre en dessous de -30°C parfois) et des pluies abondantes. Cet admirable parc naturel est renommé pour ses forêts, sa flore, sa faune, ses rivières, ses lacs glacières, ses sources d'eau (potable), ses descentes de rivières en canots et kayaks, ses tours-bières, ses monuments, ses musées, ses camping-baignade, ses touristes (surtout allemands et hollandais), ses routes étroites et sinueuses déglinguées par le gel hivernal, sa médiocre bière "Eggenberg" (encore que la 12°, ça passe, mais évitez la 10° à tout prix), son "Český Krumlov",
ses 3 pistes de ski d'une longueur totale de 2534m et de dénivelé moyen de 156m, et... et renommé aussi pour ses splendides châteaux. Et justement, comme l'on passait dans le coin pas loin avec ma progéniture adorée, sur la route D163 qui nous éloignait de "Vyšší Brod", nous fîmes un petit détour (obligé) vers la route D160 menant au splendide petit village de "Rožmberk nad Vltavou" fort de 350 âmes vivant au pied du fameux château "Rožmberk", sujet de ma publie de maintenant.

Le nom de "Rožmberk" vient de la tchèquisétisation du mot allemand "Rosenberg" (colline, mont rose). Première mention de l'édifice fut faite mi XIII ème siècle sous le règne de "Václav I". Mais du château originel, il ne reste plus que la tour "Jakobínka" après l'incendie de 1522 parce que le châtelain cassa sa pipe. Elle (la tour) est la propriété de la poste tchèque mais son état honteusement pitoyable n'en permet malheureusement pas la visite.
Ce que vous pouvez par contre visiter, c'est le château "inférieur" (par rapport à l'originel "supérieur") construit à partir XIV ème siècle par Henri III de Rosenberg ("Jindřich III. z Rožmberka") sur l'importante voie commerciale du pied de porc sur choucroute qui partait du Sud de la Bohême vers le nord danubien et plus particulièrement vers Linz ("Oberösterreich", Haute-Autriche). Le château fut accommodé à la sauce renaissance milieu du XVI ème siècle et apparaîtra alors la célèbre alcôve à musiciens qui tient plus du gnouf à pendard que de la scène musicale. La modification d'envergure suivante aura lieu mi XIX ème siècle sous l'impulsion des Buquoy. "Quoi? Des Buquoy? Ben et les Rosenberg alors?" me demanderez-vous? Ben les Rosenberg y avait plus, disparus. Y avait plus parce que la lignée (ainsi que le nom) avaient disparu au début du XVII ème siècle, tout simplement (avec le dernier "Petr Vok z Rožmberka", † 6. 11. 1611). Mais ce n'est pas ainsi qu'ils ont perdu leur château, par extinction.
En fait, bien qu'il fut souvent hypothéqué par ces Rosenberg afin qu'ils puissent payer leurs dettes (casinos, P.M.U., guerres, mercenaires, poils et gros nichons...), ils finissaient toujours par le récupérer. Pis un jour (de 1612) c'est la famille cousine, les "Švamberk", qui hérita du château, mais c'était toujours dans le giron familial (cousin) bien que le nom soit différent. Malheureusement la lignée eut la mauvaise chance d'être du bon côté (tchèque) lors de la révolte des Etats (1618 - 1620, défenestration de Prague, guerre de trente ans...) et lorsque cette gouape de Ferdinand II (Habsbourg) en terminera une fois pour toute avec la Bohême hérétique en gagnant la bataille de la montagne blanche, il confisquera la totalité des biens švamberkois (et autres) au profit de son troupeau bâté de lèche-culs bondieusards. Ainsi le château de "Rožmberk" reviendra au plus fanatiquement émérite d'entres-eux, Charles Bonaventure de Longueval, comte de Buquoy et il restera buquoyen jusqu'en 1945, lorsqu'ironie de l'histoire, il sera à nouveau confisqué (et tatisé) au dernier des Buquoy de Bohême,
"Karel Jiří" (Charles-Georges, 1885 - 1952) pour sa collaboration (vraisemblable mais non avérée) avec l'occupant (ce qui est sûr, c'est qu'il était membre du SdP, Sudeten deutsche Partei, fumiers). Le château abrite aujourd'hui une vaste collection d'objets divers liés à la dynastie des Buquoy.
Ca c'est pour l'histoire, alors passons à mon histoire, celle de la visite. Ben oui, le château se visite, d'ailleurs pour une somme négligeable (80 CzK ≈ 2,8 €) mais uniquement avec guide et sans photographiage (scélérats). Lorsque nous arrivâmes je pris les billets:
Moi: "Bonjour, un adulte et un pas."
Elle: "130 couronnes!"
Moi: "Et peut-on photographier à l'intérieur?"
Elle: "C'est strictement défendu!"
Moi: "Et peut-on..."
Elle: "C'est strictement défendu!"
Moi: "Oui, j'entends bien, mais parfois..."
Elle: "C'est strictement défendu de photographier! Suivant..."
Moi, prenant les billets dans une main et celle de mon fils dans l'autre: "Viens mon bout, les ragnagnas douloureux de Madame viennent de lui déclencher une crise hémorroïdale aigue, alors filons avant que son collier d'émeraudes n'éclate sous la pression de son humeur acariâtre."

Au bout de 5 minutes une délicieusement charmante jeune guide (mais tristement plate des pare-chocs) vint nous chercher aux bas des escaliers menant à la salle des croisés. Je ne vais pas vous relater tous ses propos car vous perdriez tout intérêt d'une propre visite, mais je vais tout de même vous livrer quelques passages anecdotiques qui ont leur importance, vous verrez un jour. Nous arrivâmes ainsi dans une salle, sympa, à droite le... à gauche la... et au milieu un miroir. Et la petite de commenter: "miroir vénitien de la fin du... qui paraîtrait-il aurait un pouvoir magique. Mais il ne s'appliquerait qu'aux dames et encore en de spécifiques circonstances. Quelle que dame qui se regarderait dedans ce miroir magique subirait un rajeunissement significatif et accéderait à une beauté renversante mais à la stricte condition de ne plus jamais se regarder dans un miroir." Ouah l'autre, c'est trop fort, dingue dis-donc, ça aurait pu être du Guitry...
Alors bien sûr, quelques personnes pouffèrent, et l'on passa dans une autre salle, sympa aussi. A droite la... à gauche le... et au milieu un autre miroir. Et la petite de commenter: "miroir vénitien du début du... qui paraîtrait-il aurait un pouvoir magique. Mais il ne s'appliquerait qu'aux hommes et encore en une spécifique circonstance. Quel qu'homme qui se regarderait dedans ce miroir magique, debout sous le lustre qui est là, verrait immédiatement la vérité." Le lustre était en fait décoré de bois de cerf, et lorsqu'on se regardait dans le miroir sous le lustre, l'on avait l'impression de porter des cornes. Ouah l'autre, c'est trop fort, dingue dis-donc, ça aurait pu être du Garcimore... Alors bien sûr, quelques personnes pouffèrent, et l'on passa dans une autre salle... Tout en marchant, je me demandais s'il n'y avait pas dans ce château un miroir vénitien pour grossir les mamelles inconditionnellement car la petite, bien que délicieusement charmante, était monotonement lisse pour son âge. Et tandis que je rigolais intérieurement, je me remémorai une vieille blague que je partageai aussitôt avec mon pirate de gnafron chéri.
C'est un type, nu devant la glace de sa salle de bain, et qui articule "miroir, miroir, oh mon beau miroir, dis-moi qui a le plus gros noeud dans ce royaume?" Et de la cuisine d'entendre la voix de sa femme "moi! Et il est dans la salle de bain!". Et c'est pliés de rire que nous entrâmes dans la nouvelle sale, sympa. A droite les... au milieu l'... et à gauche un secrétaire. Et la plate petite de commenter: "secrétaire en bois du milieu du... avec incrustations de plaques en marbre bicolore. Certains verraient dans ces plaques les silhouettes des ruines de châteaux tchèques célèbres. Mais chacun peut y voir ce qu'il veut. Nous avons même eu un visiteur qui y aurait vu la centrale nucléaire de Temelin." Ouah l'autre, c'est trop fort, dingue dis-donc, ça aurait pu être du n'importe quoi... Alors bien sûr, quelques personnes pouffèrent, et l'on passa dans une autre salle...
Bon je ne vais pas vous faire tout le château comme ça, rassurez-vous, mais comme dit, ces anecdotes là ont réellement leur importance, vous verrez dans une de mes prochaines publies.

Ah si, encore un truc, il faut que je vous raconte la légende de la Dame Blanche, parce que racontée par la charmante guide platenibardesque c'est pas vraiment ça, genre vous ne sentirez pas tout le croustillant de l'histoire sous la dent, et en plus elle ne raconte pas tout. De plus, selon les châteaux où qu'elle sévit la drôlesse (la Dame Blanche, pas la petite), vous n'aurez pas la même version des faits, alors hop, je vous la raconte l'anecdote en version allégée mais complète. Donc comme tout château (ou toute pâtisserie) qui se respecte, "Rožmberk" possède sa Dame Blanche.
Vous pourrez d'ailleurs même en voir un portrait peint, dans la salle à portraits (peints), derrière les toilettes, dans le couloir à gauche. Il était une fois, au XV ème siècle, une Dame (blanche) qui se prénommait "Perchta" (de Rosenberg), et qui vivait peinarde jusqu'à l'âge de 20 ans. A partir de ce moment, sa vie (alors peinarde) devint un enfer noir terrible de par le mariage d'avec "Jan z Lichtenštejna" (Jean de Liechtenstein, parfois écrit Lichtenstein même en Français). D'abord parce qu'elle ne l'avait pas choisi son Jean, car il s'agissait d'un mariage intéressé (pécules et domaines) magouillé par le bon papa de la Dame (blanche), ensuite parce que le Jean ne lui portait pas beaucoup d'attention non plus, vu qu'à force de vivre au château, elle était devenue toute blafarde, diaphane et hâve (d’où son nom, la Dame Blanche pour ne pas la câbler d'avantage). Mais ce n'est pas sa faute non plus s'ils ne partaient pas bronzer à la mer en été, hein, non plus? Bref la pauvre chérie vivait toute seule au domaine de son mari, et les gens (belle-famille comme domestiques) étaient vilains tous laids avec elle.
Ils se moquaient de sa couleur (blanche), et toute sa vie fut donc un enfer noir terrible. Puis un jour, le Jean, plus vieux que "Perchta", fit venir cette dernière alors qu'il se trouvait sur son lit de mort à La Gonie (en Liechtenstein du Sud). Il fit amende honorable, pleura à chaudes larmes de gros codile, demanda pardon (et par vaux) et promit qu'il ne le ferait jamais plus, tout en crachant par terre la main droite levée, la gauche tenant son pyjama. Mais c'était trop tard. Trop tard parce qu'il avait transformé toute la vie entière de la Dame Blanche en enfer noir terrible et qu'elle ne le lui pardonna point, même après qu'il (Jean) lui ait donné (entre autre héritage) les clés de sa Maserati GranSport Spyder, 8 cylindres en V, bloc moteur et culasses en alliage d'aluminium et silicium bonifié, vilebrequin en acier enrichi, équilibré singulièrement en appui sur cinq supports de banc développant une puissance maximum de 295 kW (400 ch) à 7000 tr/mn. Sans dec chuis scié, vraiment difficile la donzelle gâtée pourrie! "Bon, ben puisque c'est comme ça, je te maudis puis c'est tout. Na!" aurait prononcé Jean,
révolté par tant d'insolente ingratitude. Et depuis, ben la Dame Blanche vient régulièrement traîner ses vieilles frusques dans les divers châteaux qui ont un tableau d'elle accroché au mur, à savoir "Rožmberk" mais également "Český Krumlov", "Třeboň", "Jindříchův Hradec" et "Telč". Toujours selon la légende, elle attend que quelqu'un la délivre du terrible maudissage, mais comme elle semble plutôt de mauvaise composition et que surtout personne ne sait comment marche le démaudissage, ben ça se trouve, elle restera chiante et maudite encore une bonne paire de semaines. Tiens, comme dirait mon bout de fiston, "z'avez essayé de mettre la photo de la Dame à la cave?" Enfin chais pas, mais ça ne coûte rien d'essayer.

Puis l'on voulait encore se faire le musée de la torture, dans les bas-fonds du dedans de l'intérieur des caves du château mais il y avait une queue terrible, et l'on commençait à avoir faim. Aussi nous laissâmes tomber le musée et retournions prestement à la voiture afin de poursuivre notre périple dans la "Šumava", mais aussi avant toute chose, trouver une guinguette accueillante pour se restaurer. En conclusion, le château de "Rožmberk" c'est sympa, pas de quoi venir exprès de Prague rien que pour, quand même pas, mais si jamais vous passez dans le coin (de la "Šumava"), alors allez-y. Le petit village est splendidement superbe,

et si jamais vous adorez les descentes de rivières peinardes, mais alors vraiment peinardes les descentes, alors vous pourrez même y louer un canoë sur la "Vltava" et ramer peinard (généralement d'à partir de "Vyšší Brod"), traverser "Rožmberk nad Vltavou" et continuer sur "Český Krumlov", "České Budějovice", "Hluboká nad Vltavou"... pratiquement jusqu'à Prague. En été c'est extramerveilleux quand il fait beau, les gosses adorent et c'est sans danger (malgré ce qu'en disent les belles-mères) donc idée de vacances, hop, merci Strogoff.

4 Comments:

Blogger Rémi said...

C'est vrai que la Eggenberg c'est franchement pas bon. Ca doit être pour ça qu'on ne la trouve qu'à Cesky Krumlov.

24 juillet, 2006 21:58  
Blogger Strogoff said...

Ceci dit Rémi, et malgré qu'elle ne soit pas terrible la Eggenberg, je défends bec et ongle les petites brasseries locales, même lorsqu'elles brassent de la "peut mieux faire". Parce qu'une fois fermés, les petits, il ne restera plus que du grand, de l'industriel dégueu, comme en France (Alsace). Or Eggenberg, même pas terrible, bien glacée, c'est toujours mieux que de la Kroneken ou de la Heinenbourg.

25 juillet, 2006 06:59  
Blogger Rémi said...

Oulala, ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dit ! La Eggenberg c'est pas terrible, mais c'est toujours mieux que les cochonneries industrielles qu'on trouve en France. Je dois dire qu'à mon retour à Paris j'ai été consterné en voyant le rayon bière de mon Monoprix de quartier.

25 juillet, 2006 08:15  
Blogger Strogoff said...

:-) Ah pour sûr, Monoprix c'est pas ce qu'il y a de mieux pour la roteuse. Essaye Auchan, ils ont de la Pilsner Urquell en canette métal à des prix abordables.

29 juillet, 2006 16:25  

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