mercredi 22 juin 2005

Ville: Les transports en commun de Prague

Cette publie a été mise à jour en date du 12 juillet 2011
Cette publie a été mise à jour en date du 14 juin 2008

Ben ouais, si déjà je vous parle de Prague, alors autant le faire à donf, et aborder tous les trucs, même les plus banals comme les transports en commun (TEC). Encore que, "banal", c'est même pas vraiment vrai, parce que c'est quand même bougrement important de savoir comment se déplacer dans une ville, histoire de changer de guinguette de temps en temps, d'en découvrir des nouvelles, pis avoir une vie sociale avec des qui n'habitent pas là où moi j'habite, pis pour aller au cinoche, dans les centres commerciaux, bref ça me semble plutôt important aujourd'hui de vous parler des transports en commun de Prague (TECdP) qu'on appelle ici par l'abréviation de MHD pour "městská hromadní doprava" (transports collectifs urbains).
Ici à Prague, ils sont assurés par la DPP, "Dopravní Podnik hlavního města Prahy" (entreprise de transport de la capitale Prague), et pour faire simple, succin et concis en quelques mots, eh bien malgré leur aspect vétuste, et hormis le confort, ils (les TECdP) sont nettement mieux que ce que j'ai pu apprécier à l'ouest (excepté à Londres, mais ils sont hors de prix) en terme de fréquence, de coût et de fiabilité, eh ouais.
Mise à jour du 14 juin 2008
Alors depuis que je vous ai écrit cette publie, j'ai eu l'occasion de me rendre dans plusieurs pays de l'ex-Ouest comme de l'ex-Est, et je vous confirme à nouveau que les TEC praguois, mieux y a pas! Tiens, à Sarajevo il n'y a même pas de TEC entre l'aéroport et la ville, taxi obligatoire (bon marché, ok, mais quand même, ça fout les boules moi j'dis).

Alors commençons par le plus simple, à savoir pourquoi les utiliser? Ben vouis, tiens, c'est une bonne question après tout, Prague est une petite ville et l'on peut tout faire à pieds (enfin presque) alors pourquoi prendre les TEC? S'il ne devait y avoir qu'une seule raison, et bien ce serait celle-ci: utiliser sa voiture à Prague, relève de la gageure voire de l'inconscience (ou de la méconnaissance, mais ce ne sera plus votre cas après avoir découvert et lu cette publication, heureux veinards). En effet, sans parler des risques de vol du véhicule (assez élevés par rapport au reste de l'Europe), sans parler des risques de vols à l'intérieur du véhicule (même des broutilles comme des chewing-gum), sans parler des risques de vol de parties du véhicule (essuie-glaces ou enjoliveurs), sans parler des risques de dégradation gratuite (rayures de clés sur la portière), donc sans parler de tous ces désagréments qui sont nombreux ici, et qui vous pourrissent inévitablement le séjour, il en est d'autres (des désagréments) plus insidieux ceux-là et pourtant bien réels. Sans rentrer dans les détails, circuler dans Prague est une expérience unique mais absolument pas indispensable, en particulier pour les jeunes conducteurs.
A titre d'exemple et sommairement donc, signalons les sens uniques nombreux et interminables vous autorisant à bifurquer après la frontière d'avec l'Autriche, priorités loufoques et changeantes selon l'affichage ou l'occultation d'un panneau du reste soigneusement camouflé, signalisations permanentes au sol invisibles car effacées par des signalisations temporaires mais qu'il faut respecter quand même (lesquelles?), voies parfois réservées aux TEC puis parfois plus réservées aux TEC (les jours impairs travaillés entre 19:00 et 4:00 des mois pairs se terminant par "BRE", comme les huîtres, mais écrit en Tchèque sur le panneau de signalisation), carrefours infranchissables car bouchés par des "plus malins que vous" qui s'y engouffrent sottement et bouchent le passage lorsque c'est à vous de vous engager, et pour combler le tout, policiers locaux omniprésents et généralement monolingues (Tchèque) particulièrement zélés (jusqu'à l'idiotie débilitante) avec les immatriculations étrangères (donc vous!). Et n'allez pas croire qu'une fois garés vous serez sortis d'affaire, d'abord parce qu'il est aussi laborieux de trouver une place libre au centre ville que de rencontrer un pingouin pédophile dans un sex-shop au Vatican, et quand bien même libre (la place), elle sera dans 95% des cas réservée aux forces de l'ordre, aux ambulances, aux pompiers, aux handicapés, aux livraisons, aux fonctionnaires de l'administration d'en-face, aux fonctionnaires de l'administration du bout de la rue, aux fonctionnaires de l'administration des rues avoisinantes, aux fonctionnaires de toute la ville, aux martiens s'ils débarquent (eh, qui sait?) ou à défaut, tout simplement, aux riverains munis de la vignette qui va bien mais que vous, vous n'avez pas.
Certes vous pourriez naïvement penser qu'en cas d'amende... bof, hein, hop, après tout, nous les Latins... ben oui mais non, parce qu'ici les amendes s'accompagnent systématiquement du sabot, et l'on en revient au point précédent, policiers locaux monolingues (Tchèque), zélés, et tout le bataclan qui va immanquablement et pour le moins vous agacer pour le reste du séjour...
Mise à jour du 14 juin 2008
Concernant le stationnement à Prague, je vous renvoie à une de mes publies. A l'heure où j'écris cette mise à jour, le problème du stationnement pour les non-résidents (et donc potentiellement vous, chers touristes) est devenu encore plus douloureux qu'à l'heure où j'écrivis cette publie.

Vous trouverez à Prague du tram, du métro et du bus. Les bus sont plutôt réservés aux transports de banlieue, ou là, où le tram ne peut aller (trop raide, trop tournant, trop bête...). Les métros sont à utiliser pour des distances plus longues (vraie perte de temps pour descendre dedans, attendre et remonter). Et les trams sont à privilégier pour de courtes distances (maximum 7 stations, au delà prenez le métro). En hiver, le métro est mal chauffé (voire pas du tout), plein de courants d'air, alors vous aurez toutes les chances de tomber sur des clochards/SDF dans les trams qui eux sont chauffés. C'est pas qu'ils soient méchants, non, mais ils puent redoutablement la guibole gangrenées et le futal pisso-merdeux. J'vous assure que c'est violemment brutal le matin après les arômes du p'tit-déj. Pis outre les mendigots puent-misère-et-maladie visibles (et flairables) à plusieurs mètres, vous pourrez savourer en été des spécimens (hommes et femmes) d'apparence normale, bien habillés, porte-document à la main, propres de loin, mais qui, en fin de semaine et par 30 degrés, portent la même chemise qu'en début (de semaine). Ceux-là sont nettement plus pernicieux car leurs miasmes sont inattendus et soudains (à l'occasion d'un courant d'air) mais pareillement foudroyants. C'est là que l'on se rend compte que, malgré les efforts nombreux et louables des publicités vantant la longévité des "protections" au delà de 24h, l'hygiène corporelle n'est pas forcément un critère évident de sociabilité élémentaire pour certains individus.
En dehors de ça, les TECdP du DPP sont globalement propres, mais bien entendu, certaines règles fondamentales de précaution sont à observer comme dans tout TEC. Premièrement éviter de s'asseoir, d'abord pour ne pas avoir à se lever pour céder sa place au p'tit vieux clopinant qui va inévitablement monter à la station suivante, ensuite afin de ne pas imprégner ses vêtements des infections du clopinard pestilentiel précédent. Si malgré tout vous n'avez pas le choix, vérifiez systématiquement et consciencieusement l'éventuel support de votre séant notamment lorsqu'icelui est en tissus (le support, pas votre séant, forcément). Ah oui, je ne vous avais pas encore dit, les DPP ont eu l'idée prodigieusement géniale d'installer des sièges en tissus de type velours dans certains TEC (trams principalement). Je pense qu'il est inutile de vous préciser que c'est d'une performance inégalée pour la transmission des parasites corporels.
Mise à jour du 12 juillet 2011
Depuis, la compagnie des transports praguois a dû lire ma publie, parce que les tout nouveaux trams tout pourris... enfin pas beaux et pas praguois pour un rond, ben ils sont équipés de sièges en bois laqué comme un canard pékinois. Comme quoi, Strogoff raison il avoit.

Deuxièmement, avant de vous installer à votre place "définitive", qu'elle soit assise ou deboute, jetez un rapide coup d'oeil aux environs sur un angle de 360 degrés et un rayon de 3 mètres afin de repérer les contrariétés potentielles puis éloignez-vous en proportionnellement au risque qu'elles représentent (saleté, odeur, postillons, morve nasale, éclaboussures de dégueulis, transmission de vermine cutanée, contagions pathologiques graves...).
Troisièmement et compte tenu du fait que l'intérieur d'un TEC est perpétuellement mouvant, vérifiez périodiquement (à chaque arrêt au minimum) et conformément aux distances précédemment indiquées que d'éventuelles contrariétés ne seraient pas apparues (ou en passe d'apparaître), auquel cas n'hésitez pas de nouveau à prendre vos distances (c'est fortement conseillé). Quatrièmement, tenez-vous fermement à une barre ou à une main courante, quel que soit le type de transport. Au delà des parcours sinueux (en particulier pour les trams), les conducteurs (masculins) ont souvent tendance à considérer le confort des passagers comme accessoire et leur façon de conduire les TEC est similaire à celle de leurs propres véhicules. En quelques mots: domination, virilité, complexe, phallus, compensation, frustration, onanisme, pouvoir... A la décharge des conducteurs, signalons que l'environnement (l'état des routes, les autres véhicules, les piétons...) n'est pas toujours des plus favorables. Cinquièmement, en aucun cas ne mettez vos mains en contact avec une autre partie de votre corps préalablement à leur désinfection méticuleuse au savon antibactérien à microbilles surpuissantes, et ce, le plus rapidement possible après votre arrivée sous peine d'augmenter grandement le risque d'infection dermatologique de type furonculose psoriasistico-lèproïdique (type d'herpès labio-génito-anal de dégénérescence cellulaire hyper accélérée, faites gaffe, c'est contagieux et très très très chiant).

Le prix est minime par rapport à l'ouest, et les tickets sont valables dans n'importe quel TEC (ne sont pas spécifiques au type de véhicule, comme à Londres).
Tiens, d'ailleurs je vous donne les tarifs d'à partir du 1er Juillet 2005 car nous allons subir une augmentation drastique du prix du transport, mais malgré cela, z'allez voir ça reste plus que correct. Ainsi le ticket autorisant 20 minutes de transport en surface sans transfert, ou 5 stations de métro, passe de 8 à 14 CzK (+75%, 0.47€ [Mise à jour du 14 juin 2008: 18 CzK ou 0,72 €]), et le ticket classique d'une validité de 75 minutes en semaine et 90 minutes en week-end et jours fériés passe de 12 à 20 CzK (+67%, 0.67€ [Mise à jour du 14 juin 2008: 26 CzK ou 1,04 €]).
Mise à jour du 12 juillet 2011
C'est tout changé depuis. En plus simple, mais en plus cher aussi, depuis le 1er Juillet 2011. Je vous explique. Le ticket de base, c'est maintenant 32 CzK ou 1,23 € pour une validité de 90 minutes, en tram, métro et bus, tout mélangé. Mais si vous voyagez moins longtemps, seulement 30 minutes (mais pas 31 min), c'est seulement 24 CzK soit 0,99 € pareil pour tram, métro, bus, et même funiculaire tout mélangé. Et pour toute la journée (24h), c'est 110 CzK ou 4,55 €, mais ce ticket n'est rentable que si vous voyagez plus de 3 voyages de plus 90 minutes, ou plus de 4 voyages de moins de 30 minutes dans la même journée. Ah oui et aussi, pour 3 jours (72h) c'est 310 CzK ou 12,82 €, à partir de 10 longs voyages ou 13 courts, ou un mélange des 2. Alors changements importants, ces tickets sont pour adultes et juniors (de 15 à 65 ans), moitié prix pour enfants (6 - 15 ans) et seniors (65 - 70 ans), et surtout, ces 4 types de tickets à 32, 24, 110 et 310 CzK s'appliquent sur tout, c'est à dire, tram, métro, bus, funiculaire, transbordeur et bus de nuit. Eh oui, comme dit, dans Prague, c'est 24h sur 24h que les transports fonctionnent, et donc votre ticket est valable même la nuit, à 4h du matin, selon l'heure à laquelle vous l'avez validé.

Bon, alors ce qui suit est un peu changé aussi, mais comme vous n'êtes pas vraiment concernés, touristes, je ne le mets pas à jour. En cas de besoin, sonnez à ma porte.
Sinon pour les économies conséquentes, alors il y a l'abonnement trimestriel (majoration seulement de 10% à partir de Juillet), mais c'est pour les résidents, c'est sûr, mais c'est tellement plus pratique car même si vous ne l'utilisez pas à 100% (la marche à pieds c'est sain), vous n'avez pas à vous soucier d'acheter les tickets, de les oblitérer... Ainsi pour 1260 CzK (42€ [Mise à jour du 14 juin 2008: 1480 CzK ou 59,20 €]), vous vous transportez pendant 3 mois dans tout Prague, avec n'importe quel moyen de transport, alors hein, sérieusement, à ce prix faut en profiter... Pour comparaison, à Paris le ticket "t" c'est 1,07€ (si acheté par 10, sinon 1.40€ à l'unité [Mise à jour du 14 juin 2008: 1,11 € si acheté par 10, sinon 1.50 € à l'unité, ça fout les boules non?]), et l'abonnement zones 1 et 2 (grand centre) c'est 51.50€ par mois (Mise à jour du 14 juin 2008: 53,50 €), soit 154.50€ par trimestre (Mise à jour du 14 juin 2008: 160,50 €). A Londres 1.70£ (2.55€) en métro (si acheté par 10, sinon 2£ ou 3€ à l'unité, le délire), 1.20£ (1.80€) en bus, pis pour les abonnements c'est hyper compliqué (comme tout d'ailleurs à Londres, forcément) alors je ne vous donne pas le détail mais vous pouvez aisément imaginer. Mise à jour du 14 juin 2008: Ben justement, pour Londres je ne vous en mets pas de la mise à jour parce que j'ai la flemme de chercher, et puis ça change tellement souvent avec ces conservateurs de Brits, que... bon, bref...


Mise à jour du 12 juillet 2011
A partir de là, c'est de nouveau valable.
Sinon pour vous, visiteur de passage, en fonction de votre besoin en déplacement vous pourrez sélectionner un billet illimité à la journée ou pour 3 jours (et même plus...). Attention, il existe des conditions et des tarifs spécifiques aux transports de landaus et de poussettes, d'objets encombrants (piano à queue, belle-mère...), de produits dangereux (ceinture de dynamite, rockets de type Kassem...), d'animaux de compagnie (le kiki à sa mémère et le minou à son pépère), d'animaux de non compagnie que l'on classe en 2 catégories, les volumineux (l'éléphant d'Afrique, le rhino-féroce...) et les dangereux (le singe nymphomane bonobo, l'ours sodomite de Californie...). Enfin bref, lisez la notice d'utilisation afin que vous ne vous trouviez pas fort dépourvus quand le contrôleur sera viendu. Ah vouis, aussi, les tickets sont en vente à l'extérieur des TEC, jamais dedans. Pour le métro, c'est peinard béat parce qu'il y a des automates dans les stations, mais vous pouvez également les utiliser pour acheter des tickets pour les trams/bus vu qu'il n'y a pas de différence. Pensez toutefois à vous munir de pièces en ferraille, parce que la machine n'accepte pas les billets (mais elle rend la monnaie, parfois). Pour l'utilisation des automates, suivez le guide. Sinon vous pouvez aussi acheter les tickets auprès des buralistes, des tabatiers, des marchands de cigarettes, ou des débitants de tabac, mais aussi dans les kiosques à journaux, les presses, et chez les marchands de périodiques.
L'achat en gros est inutile, le prix sera le même que vous achetiez un seul ticket ou une batterie complète, d'ailleurs il n'y a pas de carnet. N'oubliez pas de composter votre ticket à l'entrée du métro, généralement devant les escaliers roulants, ou dans le bus (respectivement dans le tram) dés votre entrée, en le glissant dans l'orifice prévu à cet effet sur le devant des petites machines jaunes que vous ne pouvez pas manquer.
Mise à jour du 14 juin 2008
Un nouveau truc énorme et extrêmement pratique vient de voir le jour il y a quelques mois: le ticket par SMS (quand je vous dis que la République Tchèque est à la pointe de la modernité). Tiens, vous arrivez à l'arrêt de tram, et paf, pas de ticket, pas de pognon, pas moyen de quoi que ce soit, et pourtant vous devez impérativement prendre le tram parce que chais pas quoi que d'ailleurs on s'en fout. Et ben vous sortez votre téléphone mobile, vous composez un SMS dans lequel vous écrivez juste "DPT", vous envoyez le tout au 902 06 26, et dans les secondes qui suivent (maximum 2 min) vous recevez en retour un SMS vous indiquant la date et l'heure de validité (90 min). Le prix est exactement le même que celui d'un ticket (26 CzK), et c'est même gratos si vous utilisez votre téléphone professionnel :-) Génial non? Le seul truc, c'est que ça ne marche qu'avec des SIM cartes (opérateurs) CZ, mais comme de toute façon je vous invite fortement à en acheter une (SIM carte) si vous venez à Prague compte tenu de leur prix insignifiant au regard des grands services (comme de l'économie) que cela peut vous rendre, ben vous ne serez pas pris au dépourvu. Ah oui, et si jamais vous souhaitez utiliser le ticket SMS, n'oubliez pas de faire débloquer les numéros "Premium" (qui commencent par 9) par votre opérateur tchèque. Parfois ils ne sont pas bloqués, mais parfois si, donc vérifiez tant que vous êtes dans le magasin, genre.
Mise à jour du 12 juillet 2011
Aujourd'hui, vous pouvez acheter par SMS les 4 types de tickets, en envoyant au numéro 902 06 (et non plus 902 06 26) respectivement le texte DPT32, DPT24, DPT110 ou DPT310 selon la durée de validité que vous souhaitez. Attention, ça ne fonctionne qu'avec des SIM cartes tchèques.

Mise à jour du 12 juillet 2011
Alors sur ce plan, j'ai l'impression que les choses s'améliorent, ceci-dit, restez vigilants tout de même.
Autre point extrêmement important dans tous les TEC du monde entier, et ici à Prague tout particulièrement: les pickpockets. Inutile de vous dire que là où il y a foule, et pas nécessairement de touristes, il y a des pickpockets. Ici à Prague, c'est malheureusement un fléau d'ampleur dantesque. Les nombreux touristes circulant en ville tout au long de l'année attirent les pickpockets du monde entier, et l'on retrouve cette regrettable chienlit partout et spécialement dans les TEC. Sans vouloir vous alarmer outre mesure, ni vous soumettre à une panique injustifiée, j'aimerais simplement vous informer que le pickpocket de Prague existe bel et bien, qu'il est plutôt en expansion, et qu'il est préférable de s'en prémunir auparavant que de s'en soigner consécutivement (généralement à grand frais, sans parler de la perte de temps liée à la déclaration auprès des autorités "in"compétentes).
Aussi je vous livre quelques règles de bon sens que personnellement j'applique et que vous retrouverez dans de nombreux guides. Règle numéro un, le pickpocket peut se présenter sous n'importe quelle forme, jeune, vieux, clair, basané, homme, femme, seul, en bande, et nouveauté récente, déguisé en touriste parmi la foule (appareil photo autour du cou s'intégrant aux groupes). Règle numéro deux, emportez le moins de choses possibles, et tout, absolument tout, doit être protégé, argent liquide, cartes de crédit, papiers d'identité, appareils photo, mobiles, cameras, clés (hôtel comme voiture), lunettes de soleil, mascara, rouges à lèvres, crottes de nez... Privilégiez les poches à fermeture (boutons, éclair...), visibles par vous-même (jamais dans la poche arrière du pantalon), les sacs difficiles d'accès (sacs à dos sur le ventre, jamais dans le dos dans un TEC). Règle numéro trois, toujours avoir la main dessus (ne posez jamais un sac à terre ou sur un siège). Règle numéro quatre, ne rien sortir dans un TEC (ni argent, ni mobile, car ils attirent l'attention du pickpocket et détournent la vôtre du reste de vos effets). Règle numéro cinq, rester en alerte, tout le temps, à cause de la règle numéro un. Que fait la police me demanderez-vous? Rien, la police ne fait strictement rien parce qu'il est impossible de faire quoi que ce soit. Trop long à vous expliquer, faudrait décrire les lois de la République Tchèque, les procédures de convocation au tribunal, les durés de jugement, les sentences, la situation des inculpés (et je ne peux rien dire là-dessus non plus sans faire du racisme primaire et de la xénophobie populiste)... bref il est impossible de faire quoi ce soit car totalement inutile dans l'état actuel des choses, et la police ainsi que ces nuisibles parasites le savent bien.
Mise à jour du 14 juin 2008
Bis repetita: faites gaffe. Mais à nouveau ne psychosez pas. Depuis plusieurs années que je vis à Prague, on ne m'a encore rien fauché dans les fouilles (dans la bagnole si, plusieurs fois, mais rien dans les fouilles) parce que je fais gaffe. Suivez les règles ci-dessus et vous ne courrez aucun risque.

Bon, mais sinon le truc génial quand même avec les TECdP, c'est qu'ils fonctionnent tout le temps. En semaine, les week-ends, les jours féries de fêtes, de 5:00 à 0:00 par intervalles de 5 à 15 minutes maximum puis par intervalles de 20 à 30 minutes de 0:00 à 5:00 (attention, ce sont des lignes de nuit, donc parfois l'itinéraire peut légèrement changer par rapport aux lignes de jour). Les jours non travaillés, ces intervalles sont légèrement plus espacés en journée. Contrairement à la France, les TECdP sont rarement défaillants.
Alors qu'en France les revendications salariales, les luttes syndicales, les choix gouvernementaux, l'insécurité, l'insulte d'un chauffeur de brouette, l'inquiétude quant à l'avenir, la solidarité entre syndiqués, les départs en vacances, le changement de direction, l'augmentation du temps de travail, la diminution du temps de travail, l'ouverture de la pêche, les phases de la lune et les marées de la Seine sont prétextes à la grève, au débrayage, au mieux à la perturbation, ici, la DPP est extraordinairement fiable. Les seules vraies raisons (contrairement à la France) pour lesquelles j'ai vu de mes propres yeux les TECdP paralysés étaient de surcroît des événements indépendants au DPP: inondations du millénaire (en 2002), effondrement d'une rue (avec affaissement de terrain) suite à l'explosion d'une canalisation d'eau (il y a 8 mois), chute de caténaire suite à orage de grêle de la taille d'oeufs de poules (il y a 1 mois), suicide sur une ligne de métro (il y a 2 mois, et hier encore, ça devient in), et accrochage du tram avec un autre véhicule (régulier, ça arrive fréquemment mais ne perturbe le trafic guère plus de 20 minutes). Mais sinon rien, les trams, bus et métros tchèques sont réglés comme des horloges suisses, propre nickel. Et lorsque l'arrêt d'une ligne est estimé pour une durée conséquente (plus de 24h) alors des moyens de substitution sont immédiatement mis en place (lignes détournées, bus de remplacement, réquisition de bateaux mouches, d'hélicoptères de l'armée, dromadaires du Zoo de Prague...).
Mise à jour du 12 juillet 2011
Comme chaque année en période estivale, la mairie de la ville de Prague défonce les rues du centre ville, au prétexte de les réparer, voire entretenir. Evidemment, faudrait être le dernier des imbéciles pour croire ça, puisque ces défonçages et entretiens interviennent sur les mêmes axes que l'année précédente, sur des axes qui, de fait et généralement ne sont pas dans un état critique par rapport à d'autres, et défonçages et entretiens qui sont effectués toujours par les mêmes entreprises de travaux publics (sans appel d'offre). Il s'agit donc bien évidemment de corruption, où l'un donne du boulot à rien fout' à l'autre moyennant rétribution. Et le DPP n'est pas en reste en cette période dans le bordel et le changement constant. Aussi je vous invite à consulter les pages "changements" avant de voyager.

Ah, et encore un truc hyper top génial des nouvelles technologies de communication en pointe du progrès mondial de l'informatique portable du futur de demain sans fil, c'est que vous pouvez à partir de votre téléphone mobile, par SMS, WAP, ou Internet directement, rechercher des trajets de TEC (mais aussi avions, trains, même à l'international...), avec les horaires, les prix, et à un coût dérisoire, de l'ordre de 0.10€ pour l'info. En France, pour savoir s'il y a seulement un transport entre Paris et Lyon, il faut soit appeler pendant 20 minutes un numéro inaccessible mais payant pour finalement ne pas obtenir la bonne information, soit utiliser le WAP qui n'a pas de point d'accès d'à partir d'où qu'on se trouve (ni de portail compatible et encore moins d'annuaire de recherche) mais qui est néanmoins joyeusement facturé chaque mois au prix du kilo d'or. Bref ici, à Prague, sans parler de l'évidence Internet/WIFI, avec le plus simple des appareils mobiles en bois et à vapeur, légué avant la première guerre mondiale par votre grand-père sur son lit de mort, vous arriverez à obtenir pour quasi-rien une information utile (idem avec votre compte en banque, votre messagerie électronique, vos courses sur Internet par téléphone mobile... mais ça fera l'objet d'une rubrique spécifique).

Ben voilà, vous savez tout sur les TECdP, voilà, donc. S'il vous manquait quelque information, vous la trouverez certainement sur le site Internet du DPP (particulièrement bien fait et complet, je trouve) et donc ben vous voilà prêt pour vous lancer à l'assaut de la ville en TEC. Ah oui, ci-joint encore les plans des TECdP si jamais vous souhaitez jeter un oeil dessus, histoire de voir à quoi ça ressemble avant de viendre. Sinon les photos, je sais, elles ne sont pas exceptionnelles contrairement à d'autres d'avant, mais honnêtement, en photographiant des trams et des métros on peut difficilement faire des miracles. J'ai fait de mon mieux, j'vous assure, pis j'essayerai de me rattraper la semaine prochaine, avec des photos plus jolies... enfin j'espère parce qu'aujourd'hui je ne sais pas encore de quoi je vais vous parler la semaine prochaine, mais ça sera plus joli, promis, si je n'aborde pas le sujet des toilettes publiques.

Mise à jour du 14 juin 2008

Depuis quelques mois, vous voyez aussi dans Prague de nouveaux trams de type 14T, design-és par Porsche. J'aime pas. Ok, ils sont moins bruyants, ils permettent un accès plus aisé aux vieux, aux éclopés et aux landaus, ils sont plus confortables (encore que), ok, mais ils sont moches. Sans dec, je trouve personnellement qu'ils sont hyper moches, y bien qu'à Lyon où qu'on trouve des trams encore plus moches (mais alors vraiment) que les nouveaux trams de Prague. Pourquoi z'ont pas fait des beaux comme à Strasbourg ou à Bordeaux? Pis l'espace dedans, alors chais pas qui c'est qui est allé m'architecturer l'intérieur, mais sans dec... une fois que la plèbe est assise face à face, plus moyen de passer au milieu, une vraie chienlit. Et je ne parle pas des sièges en tissus sur lesquelles se collent les chouwing-gommes des p'tits-cons, la gerbe des Brits, les miasmes des clodos et les maladies trop picales des étrangers du Sud. Malheureusement, nos bons vieux T3 sont amenés à disparaître, mais je vais les regretter moi. Snif!


Mise à jour du 12 juillet 2011
Après le 14T, le 15T, en service depuis cette année. Un vrai cauchemar ces trams pourris et moches de "Škoda". Non seulement ils coûtent une fortune, non seulement ils bouffent les rails 2 fois plus vite que les vieux "Tatra" parce que moins flexibles dans les virages, mais en plus, ils sont nettement plus sensibles au froid et à la neige. On va se marrer l'hiver prochain si la neige tombe comme cette année pendant 4 mois.

mercredi 15 juin 2005

Festival: Mezi Ploty, c'est pour toute la famille

Et hop, devant le succès croissant de mon blog à travers le monde entier (oui oui, le monde entier), j'ai décidé d'ouvrir une toute nouvelle rubrique consacrée aux fesses t'y vaut (festivaux = pluriel de festival). Alors je ne vais évidemment pas vous parler de tous les festivals de tout Prague parce que d'abord c'est impossible, puis y a pas toujours des jolies photos (enfin parfois même pas de photos du tout, pas le droit, interdit), et puis j'y vais pas à tous non plus, pis enfin voilà, donc peut-être que celui dont je vais vous en parler maintenant sera le seul de la rubrique, qui sait (j'espère pas)?

Donc "Mezi Ploty", littéralement "entre les clôtures" (vous verrez après pourquoi) est un festival non estival mais printanier qui a lieu chaque année dans différentes villes de la République Tchèque. Mais celui de Prague est le plus connu, le plus fameux, et il dure deux jours contrairement à ceux des autres villes qui ne durent qu'une seule journée. Qu'est ce qu'on y trouve? Ben de tout, mais alors vraiment de tout, le souk de Marrakech, z'allez voir, j'vous explique.

D'abord l'entrée, en gros 250 CzK. Je dis en gros parce que c'est un peu moins si vous prenez le billet à l'avance, un peu plus si vous le prenez sur place, mais bon, hein, pour quelques couronnes, hein, non plus, donc en gros 250 CzK (en Euros? 8 EUR à la louche). Pis avec ça, vous pouvez y rester la journée entière, et comme chez Mickey, tout est compris (sauf le boire et le manger). Pis vous pouvez aussi ressortir, car on vous donnera un joli bracelet fluorescent à porter au poignet grâce auquel vous pourrez entrer et sortir durant toute la journée (très utile, pareil, vous verrez après pourquoi).

Qu'est-ce qu'on y voit? Ben surtout on y entend, parce qu'au départ c'était un festival de musique, mais maintenant c'est devenu une grande foire culturelle. Attention, quand je dis foire, c'est pas dans le sens négatif du terme, non non, foire dans le sens attraction, fête, festival, kermesse... Et donc on y entend principalement de la musique, des groupes connus et moins connus, principalement tchèques, mais également étrangers. Attention, U2, Rolling Stones et autres Michael Jackson n'y seront pas, c'est pas du tout l'esprit de ce festival. C'est plutôt musique pop, ethnique, un peu jazz, beaucoup blues, rock...

Qu'est ce qu'on y fait? Et au delà de la musique (j'adore cette expression "au delà de la", on pourrait dire "en plus", "en sus", "de surcroît", "outre"... mais non, "au delà de la" c'est mieux)... donc au delà de la musique, il y a du théâtre, de l'expression lyrique, des lectures, des pantomimes, des jeux pour jeunes, adultes et vieux... C'est justement le truc génial, que même si vous y venez en famille, vous trouverez de quoi occuper tous les membres. Il y a de la poterie à faire soi-même, avec une vraie roue de potier, un tablier de potier, et le gentil monsieur Potier qui t'explique et te montre comment faire une joli tasse à café pour papa, bien ronde, bien réussie, pas comme celle que tu fais avec la mère Lefèbvre en travaux pratiques pour la fête des pères, qui est toute tordue pas ronde et que la anse casse au moment ou papa porte la tasse de café bouillant à sa bouche tout en lisant le journal en habits de travail le matin avant d'aller au bureau. Pis l'y a l'atelier de bougies, pareil, et tu peux donc faire une jolie bougie énorme, pour maman, avec des couleurs bariolées et des formes poilantes, que quand elle est allumée la bougie, la cire coule sur le tapis persan en soie. Pis y a aussi... alors là c'est impressionnant...
la construction de cahutes de l'âge de la crotte de biques. Sauf qu'à la place de la crotte de biques, tu feras avec de la terre glaise, bon, faut s'adapter, progrès social et évolution que ça s'appelle... N'empêche que la technique reste pareille. Tu creuses un trou dans la terre de 3 mètres sur 2, profond de quelques 50 à 80 cm, tu construis par-dessus le trou une structure en bois genre tente canadienne (différente de tante brésilienne), sur la structure t'y mets des branchages et des feuilles, pis t'as plus qu'à colmater tout ça avec de la cro... de la terre glaise. Tu apprendras même à faire des meubles en rondins de bois, tables, chaises, pour y mettre dedans la cahute. Et après, Geronimo! tu peux carrément jouer dedans le reste de l'après-midi. Le seul truc, c'est que ça, ben tu peux pas l'emmener avec toi à la maison. Pis signalons encore l'atelier peinture (normal et sur son visage à soi, masques de chats...), sculpture sur bois (plutôt pour les plus grands)...

Où c'est? Alors là, oui, bien sûr, vous allez de suite comprendre pourquoi ça s'appelle comme ça, c'est à dire en français "entre les clôtures". Ben le festival se trouve en plein dans l'enceinte de l'hôpital psychiatrique du quartier de "Bohnice" (Prague 8). Et oui, en plein milieu des branques, des loufoques et des timbrés.
C'est un espace absolument énorme, plein de verdure, d'arbres, d'herbe touffue avec des bancs, des petites places, des jardins... enfin si vous faites abstraction de la fonction première du domaine (réserve naturelle pour louftingues), vous ne pouvez qu'apprécier le choix de l'emplacement. Le truc un peu... comment dire... enfin pas vraiment bizarre, disons... chais pas quel mot employer, déconcertétrange, voilà, j'ai trouvé, donc le truc un peu déconcertétrange, c'est qu'au milieu des participants se trouvent également les patients. Y en a des que z'êtes sûr, z'en sont de l'aliéné de la tirelire, par exemple la p'tite vieille se frayant un chemin dans la foule à grand renfort de gros mots bien vulgaires, vêtue d'un pardessus anti-pluie et tenant à pleine main son pébroque ouvert sous un soleil tapant à plus de 30 degrés. Pis y en a d'autres, des patients, que z'êtes pas vraiment sûr s'ils sont de la congrégation, genre les trois p'tits vieux en marcels-caleçons assis autour d'une table de jardin en plastique blanc et débattant avec les faiseurs de queue à la buvette du "traité établissant une Constitution pour l’Europe" (véridique). Mais jusque là ça va, c'est des trucs qu'on rencontre même des fois dans la rue, j'veux dire c'est pas choquant, bon, pas habituel de tous les jours, mais dans le métro, ici à Prague, on en voit des beaucoup pires. Et donc le plus déconcertétrange quand même, c'est qu'on se promène librement dans tout le domaine, et qu'à force de déambulation à la recherche de la saucisse grillée qui va bien, ben l'on tombe sur la réserve des vrais louftingues, qui eux ne peuvent pas se mélanger aux participants, les "à enfermer et garder bien dedans" et les "qui mordent faites gaffes aux mômes". Ceux-là, ils sont soit dans les jardins derrière des clôtures (nous y voilà, le nom du festival, le pourquoi) à hauteur d'homme, soit carrément dans les pavillons derrière des barreaux bien épais. Les "derrière les clôtures", bougent parfois désarticulément et vous adressent même la parole, genre "t'as pas une clope?", "et pour ma copine aussi?" (c'est curieux comme symptôme, si l'on enfermait pour ça, mendier des clopes, la moitié de Prague serait derrière les clôtures...
C'est là que j'me dis que j'ai bien fait d'arrêter de fumer, moi, chuis plus emmerdé maintenant), mais généralement restent sur leurs chaises légumineusement sans parler. Quant aux "derrière les barreaux", eux, ils ne parlent plus du tout, ils regardent n'importe où comme des illuminés (l'effet des tranquillisants?), parfois ils bavent comme les clébards d'IPP (Ivan Petrovich Pavlov) au bruit de la clochette, et émettent constamment des sons inintelligibles d'amplitudes diverses passant du gémissement étouffé au beuglement assourdissant. Et donc le déconcertétrange c'est qu'on a réellement la désagréable impression d'être au zoo du cirque, genre visite de la ménagerie, "ne jeter rien aux animaux", "ne mettez pas vos doigts au travers de la clôture", "tenez fermement vos enfants par la main", "attention, animal dangereux". Bref c'est vraiment pas coutumier comme exposition, et dans un cadre dirais-je "respect de la dignité humaine", chuis pas persuadé que ce soit le meilleur exemple pour les enfants. Dans un autre cadre, dirais-je "après tout c'est la réalisé et il y a bien pire à la télé", alors après tout, hein, somme toute, hop, on s'en fout des fous, devraient même être contents qu'ils aient de la visite une fois par an pour leur filer des clopes derrières la clôture, sans dec, pis on surveille déjà nos gosses pour qu'ils leur jettent pas des pierres alors faut pas déconner non plus, enfin quoi?

Qu'est ce qu'on y mange et qu'est ce qu'on y boit? Alors là pareil, comme avec les louftingues, c'est un mélange d'impressions positives et négatives, un méli-mélo de oui, de non, enfin c'est mitigé comme appréciation. Pour tout vous dire, concernant les boissons, il n'y a pas d'alcool à cause des jobards qui n'y ont pas droit (comme Obelix, ils sont tombés dedans quand ils étaient petits). Ca signifie que même en cherchant bien, partout dans tout le domaine, vous ne trouverez pas une seule bonne petite bière bien fraîche. Maintenant pour les intoxiqués du houblon dont je suis, il y a d'autres possibilités, malheureusement toutes avec des inconvénients. Premièrement, c'est de vous la ramener vous-même votre rôteuse, mais avec 30 degrés prévoyez une thermos, et même avec, chuis pas persuadé qu'elle restera fraîche bien longtemps (pis une thermos c'est petit pour toute une journée). Deuxièmement, ils ont quand même de la bière sans alcool, et en pression. Jamais vu ça auparavant, de la sans alcool pression, mais là si. Cependant malgré que ce soit la meilleure de toutes les sans alcools du marché ("Radegast", vraiment top moumoune lorsque vous conduisez et que vous avez une subite envie de "Knedlo-Zelo-Vepro" sur la route), la première ça va, curieusement bien, la deuxième moins, arrière-goût bizarre, et la troisième du tout (ça va plus du tout), franchement répugnante.
La troisième solution consiste à vous éclipser quelques minutes pour sortir de l'enceinte de l'établissement, et vous en jeter une vraie, une fraîche, une bien alcooloublonnée aux nombreux stands habilement disposés devant l'entrée de la louftinguerie pour les bièroxicomanes comme moi. Prévoir tout de même entre 15 et 60 minutes d'absence (selon où vous vous trouvez) incluant le déplacement, l'attente, la consommation et l'élimination. Concernant la bâfrée, c'est beaucoup mieux. Vous trouverez des saucisses grillées, des rouges et des blanches, des brochettes, des cuisses de poulets fumées et grillées, des côtes de porcs aux herbes, du jambon à l'os grillé, des poulets entiers grillés, des olives fraîches comme sur les marchés en Provence, des "döner kebab" (ou "kebap"? équivalent des "pita giros" en Grèce), des "bramboraky" (équivalent des "grumbeerekiechle" en Alsace, ou des "rosty" en Suisse), des "langoše" hongrois (équivalent des queues de castor "beaver tails" pannées au Canada)... Bref vous ne risquez pas de mourir de faim, de soif oui, mais de faim non. Par contre faut chercher, parce que tout n'est pas à la même place, et l'y en a des (stands) qui sont carrément à l'autre bout du domaine que si vous collez constamment à la sortie pour motif bibine z'avez aucune chance de tomber dessus (les stands), et ça serait dommage.

Les échoppes... eh oui, qui dit festival dit foule, et qui dit foule, ben dit vente de babioles et couillonneries de toutes sortes. Alors à titre d'exemple, vous pourrez acheter plein de trucmuches du meilleur au pire. Le pire étant par exemple ces binocles de soleil à 100 balles avec verres en plastique pourri déformé, qui non seulement ne filtrent aucun UV, mais abîment la vue plus vite que 10 litres d'absinthe méthanolée (devraient être interdites par la loi ces escroqueries pernicieusement nocives). Le meilleur étant, aussi par exemple, les confections en cuir véritable, genre bourses de tailles diverses pour monnaie sonante et très bûchante, sandales hippy imitation Jésus de Nazareth véritable, sacs à main pour maman, portefeuilles pour papa et autres ranges lunettes pour pépé-mémé. Pis aussi des objets en argent (le métal), genre bagues pour doigts de mains et de pieds, boucles d'oreilles pour oreilles, piercings pour n'importe où. Sans oublier les fourbis divers de l'enseigne "Sanu Babu", mélange de rastahippyethnossoixanthuitard totalement indéfinissable. Tiens, genre pour vous donner une idée, vous imaginez des caravanes de marchands... pas des modernes à double roues tirées par des Mercedes, des d'avant, à pieds, avec des chameaux, des dromadaires, des chevaux, des ânes, des mules, et des lamas (et des chiens qui aboient pour la faire passer), genre depuis la création du monde et du troc, jusqu'à l'invention de l'économie de marché et de la bourse mondiale en dollars...
donc vous imaginez ces caravanes en provenance de partout, d'Inde, de Chine, d'Indochine, du Népal, d'Afrique toute entière, pis un peu d'Amérique Latine, pis un peu de Golf Arabique, pis un peu de partout en Asie, pis un peu de n'importe où ailleurs, donc tout ça, vous le mettez dans une grande marmite, les bêtes, les gens, les produits, les épices, les encens, les tissus, les bijoux, les bois, tout tout tout, vous délayez à peine avec quelques lunettes rondes à John, quelques dread locks à Bob, du cigare cubain à Fidel, du pavé de Boulmiche, pis vous mélangez pendant plusieurs semaines avec une grande cuillère en bois, et le jus que vous allez en sortir, ce mélange indéfinissable de couleurs, d'odeurs, de cultures et d'histoire qui éveille les 5 sens à la fois et pète à la tête comme une bouffée de chichon trop concentrée, ben c'est ce que vous trouverez dans les magasins "Sanu Babu".

Puis l'y a des trucs divers qui méritent la visite. D'abord les filles superbes, Tchèques, en tenues légères, quand il fait beau et chaud, à ne manquer sous aucun prétexte. Prévoir les lunettes de soleil et les gouttes parce que ça pique les yeux ce genre de panorama. Pis l'y a les "Hare Krishna", ces bourricots d'ânes bâtés coiffés à la mode "peau d'mon cul" comme "Kwai Chang Caine" dans "Kung-Fu" (vous savez, le petit scarabée qui apprenait le "qu'à rater" de son maître Shaolin aveugle). Alors ceux-là, ils ne doivent pas manquer à la fête, forcément, ils sont comme à la maison dans l'asile, je me demande d'ailleurs comment ils font pour sortir après... Ils sont assis en groupe de 5 – 6 sur un tapis en poils de chousingha (petite antilope tétracère vivant en Inde et proche parent du nilgaut) tissés par les femmes de la communauté, à chanter toute la journée le fameux "Hare Krishna, Hare Krishna, Krishna Krishna, Hare Hare, Hare Rama, Hare Rama, Rama Rama, Hare Hare" avec un piano à soufflet, quelques tambourins, et beaucoup de zing zing pouet pouet tralala...
Et le pire, c'est qu'il y a des gens qui s'arrêtent pour les écouter, dingue! Bon la musique je ne dis pas, parce que je dois dire qu'ils font un effort quand même dans la mélodie, ils changent toutes les 3 heures, cependant 2 minutes suffisent, pas plus. Mais alors les paroles, alors là mon pauvre monsieur, ma pauvre dame, si vous saviez... c'est accablant d'ennui... et en plus c'est faux! Totalement incorrect, parce que la vraie version, l'unique, celle que l'on doit au roi "Prakshita" dans les "Shri Bhagavatam" aux éditions "Shukadeva", ben c'est "Hare Rama Hare Rama, Rama Rama, Hare Hare, Hare Krishna, Hare Krishna, Krishna Krishna, Hare Hare". Eh ouais, parce qu'avant "Krishna", dans la logique historique, il y avait "Rama", et ouais, "Rama", septième des dix avatars dans l'incarnation de "Vishnu", et "Krishna" huitième avatar, certes le plus important, mais huitième quand même, alors, hein, paf et toc. Eh, ils auraient lu le "Mahabharata" ces andouilles, ils le sauraient, alors que là, ils se ridiculisent devant tout le monde et les fous en particulier, les andouilles, z'avaient qu'à chanter "Trabadja la moukère..." au moins ils risquaient pas d'inverser avec les petits pois et les fayots. Andouilles!

Ah vouis, et surtout, vous y verrez dans l'enceinte un édifice remarquable de style "art nouveau" et peu évoqué, car rarement accessible surtout à l'intérieur, l'église "Svatého Václava" (St Venceslas). Elle fut construite entre 1911 et 1914 selon certaines sources, 1916 et 1920 selon d'autres, sous la direction du célèbre architecte "Václav Roštlapil" (contribution dans la "Maison Municipale", reconstruction du "Rudolfinum", du "Théâtre National de Brno"...). Richement décorée de fresques, statues et tableaux de maîtres de l'époque ("Kloučka", "Hergesel", "Hlavín", "Obrovského", "Úprka"...), il n'en reste malheureusement plus guère aujourd'hui. En effet entre 1951 et 1956 l'église fut intégrée (ainsi que d'autres édifices) dans le système de défense nationale anti-aérien, et passa sous contrôle du ministère de la défense. L'armée s'empressât de déporter les oeuvres qui s'y trouvaient dans des lieux aujourd'hui inconnus (les archives sont introuvables) et dévastât joyeusement l'intérieur du bâtiment si bien qu'il ne servit plus que d'entrepôt de tout, de rien, et de n'importe quoi jusqu'en 1990, date à laquelle commença enfin et à la demande de la direction de l'établissement psychiatrique, une rénovation complète de l'église qui fut réouverte en février 1993.

Sinon pour les mauvais côtés, signalons les files, partout, même pour la bière sans alcool (j'aurais jamais cru), pour la croûte (toute, même la pas bonne), pour les activités éducatives, pour les chiottes (ça c'est dingue, z'allez voir après pourquoi), partout partout, allant de quelques minutes à carrément une demi-heure et plus (la rançon du succès). Pis tiens, encore dans les aspects négatifs, les chiottes. Alors là, je ne vous dis même pas, c'est les armoires de campagne transportables en plastique, celles que l'on met à la disposition du public lors des grandes manifestations en plein air et qui après la troisième utilisation, c'est à dire 10 minutes après leur mise en service (tôt le matin), propres à l'origine, se retrouvent dans un tel état que même les "calliphora erythrocephala" (plus connues sous la dénomination populaire de "grosses mouches à merde dégueulasses") vont se restaurer ailleurs tellement elles ont peur de ne pas pouvoir finir (la rançon du succès). Bref je ne saurais que trop vous conseiller une abstinence certainement douloureuse mais opportune, ou vraiment en cas d'urgence absolue, les buissons. Vouis, encore les poubelles qui débordent, dommage pour un endroit aussi sympa, vert, végétal, naturel... Ils (organisateurs et/ou municipalité) auraient pu prévoir des ramassages réguliers (la rançon du succès, encore). Enfin eh, hein, pas grave, parce que bon, malgré les petits aspects pas terribles (les points à améliorer, on dit en management :-) ce festival est drôlement chouette (quand il fait beau parce que je n'imagine pas en cas de pluie) et c'est pour toute la famille, alors youpi hourra, dansons la carioca...

vendredi 10 juin 2005

Visiter: Konopiště, vous pouvez l'éviter, vraiment!

C'est marrant quand même, il y a des trucs fades sans intérêt aucun que des gens se pâment devant, s'enthousiasment à l'excès devant ces trucs fades sans intérêt aucun, alors que somme toute, sans même y regarder de plus près, sans y réfléchir particulièrement, ben l'on se rend compte immédiatement qu'il n'y a vraiment pas de quoi en faire un plat de nouilles aux oeufs frais. Et justement parmi ces trucs fades sans intérêt aucun se trouve le château de "Konopiště". Alors oui, forcement, pourquoi vous en parle-je allez-vous me dire si ce château est un truc fade sans intérêt aucun? Et bien justement, pour que vous le sachiez et n'y alliez pas malencontreusement en excursion alors qu'il y a tant de trucs passionnants d'intérêt certain.

Qu'est ce que c'est que ce château? Au départ, un château fort construit entre la fin du XIII ème et le début du XIV ème siècle, passé entre les mains des "Šternberk", du bon roi "Jiří", rafraîchi en style renaissance, fourgué aux "Valdštejn", envahi et maltraité par les suédois (comme d'habitude), replâtré en style baroque (la barraque), échu aux "Lobkovic" et finalement refourgué à l'archiduc François-Ferdinand d'Este (d'Autriche-d'Este), fils de l'archiduc Charles-Louis de Habsbourg et de Marie Annonciade Princesse des 2 siciles, neveu de François-Joseph Ier, héritier potentiel du trône impérial à la mort de son cousin germain Rodolphe d'Autriche, mort de façon mystérieuse à Mayerling, le 30 janvier 1889, en compagnie de sa maîtresse Marie Vetsera, puis héritier (François-Ferdinand) en première ligne à la mort de son père en 1896, assassiné (François-Ferdinand) à Sarajevo le 28 juin 1914 avec son épouse la comtesse Sophie Chotek par le nationaliste serbe Gabriel Princip entraînant l'Autriche-Hongrie à attaquer la Serbie, évènement déclencheur de la première guerre mondiale. Pis une fois que je vous ai dit ça, sur le château de "Konopiště", ben je vous ai tout dit. C'est tout, il n'y a rien à rajouter sur ce château, c'est parfaitement navrant.

Tiens, et pour que vous n'alliez pas penser ce que vous alliez penser tout en lisant ce que j'écris, ben je vous le prouve que c'est parfaitement désolant. D'abord vous arrivez sur un grand parking prévu pour concentrer le touriste sur le plus petit espace possible, parking à tarif unique de 50 CzK (pour comparaison, 1h au centre de Prague, mais vraiment plein centre, genre les roues sur les pantoufles du pont Charles, ben c'est 30 CzK), joliment agrémenté (le parking) de toutes sortes de pancartes publicitaires (par contre il n'y en pas une qui vous indique par où aller au château, ou alors elle est noyée par les autres). Sorti de la voiture, vous avez le choix entre:
- le restaurant de spécialités de gibier (c'est peut être ce qu'il y a de mieux à 10 km à la ronde si vous faites abstraction du service "k'esse ça s'ra" apathique et de la nonchalance qui lui est inhérente),
- ou le petit train pour demeuré binoclard en short à pinces couleur crème "La Redoute", sandales "jésuite en Afrique" et chaussettes de tennis blanches à bord tricolore,
- ou encore l'enfilades de stands "margoulin carambouilleur de brimborions" semblables à tous ceux de la République (en particulier à l'approche des frontières) où l'absence flagrante de goût l'y dispute à l'indécence des prix pratiqués.

Une fois trouvé le chemin qui mène au château (suivez la plèbe), il ne vous reste plus qu'à vous y rendre. Petite marche de 10 minutes dans une pente montante (à l'aller) somme toute abordable. En arrivant sur place, vous remarquerez sûrement au premier coup d'oeil le crépis trop propre, les fausses poutres apparentes sur les tours, et tous ces petits détails qui manquent d'authenticité et sentent le factice bon marché. Appréciez les deux pauvres ours qui tournent sans cesse en rond dans leur trou, aliénés par la captivité, et sans lesquels ce château (comme d'ailleurs et malheureusement beaucoup de châteaux en CZ) n'aurait pas ses lettres de noblesse. Lors de l'achat de votre ticket, vous aurez le choix entre trois circuits différents, à des horaires TRES différents sans que l'on vous indique sur le site officiel Internet les horaires de visite. Ainsi vous ne pourrez pas choisir votre circuit à votre arrivée à moins d'y passer une demi-journée à attendre. Pour l'anecdote, en week-end vous aurez un dérisoire supplément de prix à payer. Celui-ci est justifié par l'accueil musical dans une des pièces du château, interprété par deux jeunes gens sur des flûtes en plastique "initiation des petits à la musique", puis raccompagnement musical de la même pièce interprété par les mêmes deux jeunes gens sur des clarinettes cette fois-ci (je ne vous dis pas ce qu'il faudrait me payer pour faire ainsi le couillon deux fois trois minutes chaque demi-heure pendant tout le week-end).

A l'extérieur dedans le château, je veux dire dans la cour intérieure du château, il n'y a rien, mais alors rien de rien sinon deux buvettes où je ne suis même pas sûr qu'ils aient de la bière. C'est à mourir d'ennui et d'onychophagie si vous devez attendre votre circuit plus de 10 minutes. A l'extérieur il y a les jardins. Bon, chuis pas amateur ni connaisseur, aussi pour moi ce sont des jardins, bien entretenus, l'herbe coupée, mais ça ne me fait pas la semaine comme on dit. Une fois dedans (le château) défense absolue de prendre des photos, même sans flash, nulle part, interdit, j'adore! Il paraîtrait que le mécanisme de l'appareil serait susceptible de déclencher les alarmes incendie (mais pas le téléphone mobile!?). Douche, sirène, police, et amende si outrepassage. Ben j'ai obéi, eh oui, et je n'ai donc aucune photo d'intérieur à vous montrer, désolé.

De toute façon c'est sans intérêt. Vous allez visiter un long couloir orné de milliers de trophées de chasse de son altesse l'Archiduc, défenses de sangliers, cornes de cerfs, peaux de tigres, têtes de cervidés et de bisons d'Europe, plumages de volatiles divers, blaireaux et renards empaillés... L'on prétend que son altesse l'Archiduc aurait ainsi abattu quelques 300.000 pièces durant ses 51 années d'existence, ce qui représente à la louche 16 morceaux de bestiole par jour, incluant les années où monseigneur se faisait dessus en tétant les mamelles de sa nourrice. Je pense qu'un gars pareil, ça mérite le respect. Puis vous passerez de chambres en chambres richement décorées de mobiliers d'origine, de porcelaines et de lustres divers, de tableaux des membres de la famille Habsbourg. Il y en avait des moches, des membres de la famille Habsbourg, des vraiment tellement moches qu'il est difficilement concevable qu'on les ait peints. Quand on sait que les peintres arrangent généralement les choses, embellissent, alors on se demande bien à quoi ils pouvaient ressembler en réalité, les pauvres, et surtout comment a-t-on pu les accrocher au mur (au clou, à la cave, j'aurais encore compris)? Ah la consanguinité durant plusieurs siècles, ça n'aide vraiment pas. Pis quand on pense aux dégâts physiques, on ne peut s'empêcher de penser au mental, dire qu'ils ont régné...
La charmante guide vous racontera des tonnes d'anecdotes certes intéressantes sur le moment, mais que vous aurez oubliées dans la demi-heure tellement elles sont triviales dans un contexte historique. Pis ce sera fini, rien de plus, une petite heure de visite, dont 90% sur la vie de François-Ferdinand, qui, à part d'avoir massacré à lui tout seul l'équivalent de la faune de toutes les forêts de l'empire d'Autriche-Hongrie de l'époque, à part d'avoir été l'élément déclencheur de la première guerre mondiale, donc à part ces deux faits, ne représente strictement aucun intérêt pour l'histoire, ni lui, ni sa bicoque. Alors retour à la voiture, retour à la maison, et départ rapide à la taverne pour oublier oh combien "Konopiště" ne valait pas la peine de se déplacer. Mais comme je dis toujours, allez-y et faites-vous votre propre opinion, et si d'ailleurs elle est différente de la mienne, je serais heureux que vous m'en fassiez part.

mercredi 8 juin 2005

Ville: Le pont Charles en large et en long

Ah ben ça, je ne pouvais pas y échapper, ou alors pas bien longtemps, j'étais bien obligé de vous en parler quand même un jour ou l'autre. On ne peut pas parler de Prague sans parler du pont Charles, c'est pas possible, c'est comme oublier de parler de la tour Eiffel à Paris, du Big Ben à Londres, ou de Dieu à la messe. Alors je vais vous en causer un brin, mais pas longtemps, promis, et surtout je vais essayer de vous présenter les éléments importants, indispensables. Puis si vous en voulez plus, ben il y a toujours l'Internet ou les ballades promène-couillons derrière le pébroc.

Alors au tout début il n'y avait rien, il n'y avait d'ailleurs tellement rien qu'il n'y avait même pas besoin de pont pour relier les 2 rives, vu que Prague n'était pas, et seules les 2 "villes" (la vieille et la nouvelle) à l'origine de Prague existaient de chaque côté de la rive de la "Vltava" (pis aussi "Hradčany" et "Vyšehrad" mais c'étaient pas des villes, mais des châteaux forts, à part). Puis on (le peuple surtout) a commencé à se dire que quand même, un pont, c'est bien pratique pour les corvées de tous les jours, le marché aux bêtes, le théâtre des têtes coupées, brefs pour les commissions quotidiennes. Alors on (le peuple surtout) construisit un tout premier pont au X ème siècle, en bois, en clous et en aval par rapport au pont Charles d'aujourd'hui, pour voir si vraiment ça valait le coup. Pis quand ça a commencé à vraiment valoir le coup, on (le peuple surtout) s'est dit qu'en bois, ça faisait pas cool, d'abord ça craquait de partout, c'était glissant lorsque mouillé, pas rassurant car branlant, et on (le peuple surtout) s'en plaignait... Et surtout, le roi "Vladislav I" s'était dit "eh, hein, flûte, ils en ont un en Pierre dans ce trou du c... du monde de Ratisbonne ("Regensburg" pour ceux qui connaissent, superbe ville), alors y a pas de raison qu'à Prague, hein, non plus...". Puis se tournant vers sa charmante femme, s'exclamât "Judith ma chérie, comment qu'on va l'appeler ce nouveau pont en pierre qui sera la fierté de mon royaume, t'aurais pas une idée, hein?". La construction du pont "Judith" dura 13 ans (1158 – 1171), et ce fut, après celui de Ratisbonne (dans ce trou du c... du monde de Ratisbonne), l'un des premiers pont en pierre de toute l'Europe centrale (après celui de ce trou... qui date de 1135).

Alors Parenthèse ouvrante parce qu'ils sont quand même gonflés les Bavarois, regardez voir ce qu'ils écrivent à propos de leur pont (dans ce trou du c... du monde de Ratisbonne), "1135 – 1146 Erection of the Stone Bridge. This miracle of medieval engineering served as a model for many bridge building projects, for example the Charles Bridge in Prague". Alors devant tant de vanité, je souhaite tout de même apporter quelques précisions historiques, qui selon moi s'imposent. Oui, le pont de pierre de Ratisbonne a peut être servi de modèle au pont Judith (qui n'est plus, difficile de juger), certes il est également plus ancien que Judith ou Charles, cependant lorsqu'on regarde cet amas de pierres ordinaire (l'amas), esthétiquement rudimentaire, et qu'on le compare au splendide pont Charles, alors on se rend vite compte qu'en aucun cas ce dernier n'a put être inspiré par le précédent, sinon de part le fait qu'il traverse de la flotte, auquel cas Ratisbonne a également influencé Tancarville et San Francisco. Parenthèse fermante.

Cent ans après, en 1272, la "fierté du royaume" en pris un sacré coup dans les piliers à cause des inondations terribles qui survinrent dans le pays. On le rafistolât tant bien que mal avec ce qu'on trouva sur place, des planches en bois, des vieux clous, de la paille et de la crotte de biques... (c'est d'ailleurs de là que vient l'origine du célèbre conte des 3 petits cochons), mais ce n'était que rapiéçage, et le 3 février 1342 (à 14:56 selon les archives audiovisuelles de l'époque), la glace hivernale charriée par les flots en furie eut raison de ce qui restait du pauvre pont Judith, effondré au deux tiers. On construisit donc temporairement un pont en bois entre les deux rives, au grand damne des riverains qui s'étaient habitués au confort de la pierre, en attendant une décision définitive de la "congrégation es nobles consoyeurs de sa majesté le Roy, connoisseurs érudits es la matière des ponts en pierre", décision qui finalement intervint 15 ans plus tard (signalons que cette "tradition" consistant à repousser perpétuellement sine die toute décision afin surtout d'éviter d'en prendre une seule, même mauvaise, est depuis lors fortement ancrée dans une bonne partie de la population Tchèque). Selon la légende, Charles IV posa la première pierre de ce qui allait être plus tard le pont Charles, le 9 juillet 1357 à 5:31 exactement. "Ah ouais?" me direz-vous, encore les archives audiovisuelles de l'époque? "Ben vouais!" vous répondrais-je, car la date fut soigneusement déterminée par les méticuleux astrologues de l'époque. Elle correspondait à un moment particulier de la position optimum du soleil et de sa turne spécifiquement propice (la position) à la construction des ponts en pierre (c'est comme la pleine lune et le repiquage des oignons). Pis en tirant bien fort par les cheveux, cela nous donne aussi une suite palindromique 1 3 5 7 9 7 5 3 1 (1357, 9 Juillet, 5:31) de nombres impairs, et c'est 'achement symbolique tout ça, 'ttention. Finalement avec une telle explication astrologique bien concrète on comprend de suite pourquoi l'on attendit 15 ans avant de s'y mettre. Bref la construction dura 45 ans (1357 – 1402), et le pauvre Charles IV ne vit jamais son oeuvre achevée (il décédât en 1378).

Appelé "pont de Prague", "Pont de Pierre", il ne prit son nom officiel de "pont Charles" qu'en 1870, grande période de renaissance identitaire Tchèque. Long de quelques 520 mètres, large de quelques 10 mètres, il repose sur quelques 16 pilliers. Il ne fut orné de ses 30 célèbres statues qu'à partir de la fin du XVII ème siècle, inspiration du fameux "Ponte Sant'Angelo" de Rome. Il fut plusieurs fois endommagé par les inondations, d'abord en 1432, puis en 1496 lorsque la troisième arche céda sous l'infiltration des eaux. Pendant la grande inondation de 1784, 5 piliers furent gravement endommagés, et bien que les arches aient tenu, le trafic sur le pont fut grandement limité pour une bonne paire de semaines. En 1890 cependant, 2 piliers rompirent et précipitèrent 3 arcades dans le fleuve "Vltava". Le pont Charles ne deviendra totalement piéton qu'après sa restauration de 1974. Bien que la catastrophe de 2002 ne l'ai pas endommagé, le pont subit depuis 2005 une restauration planifiée pour 2 ans et dont le principal objectif est d'étanchéifier les piliers. L'histoire de Prague est liée à son pont comme l'andouille de Vire à sa ficelle. De par dessus s'enfuit de Prague "Fridrich V" (vous en trouverez une sculpture sur bois, de sa fuite, en la cathédrale St Guy, au château de Prague) après que ses armées aient prises une cinglante déculottée à la bataille de la montagne blanche (8 novembre 1620). Il s'en suivit la fin de la liberté de religion, la fin de l'indépendance de la Bohême et 300 ans de domination des Habsbourg. Puis en 1648, sur ce même pont, les valeureux étudiants Praguois empêchèrent les féroces armées suédoises d'envahir la vieille ville (vous en trouverez un superbe diorama de cette bataille en sortant du labyrinthe de "Petřín"). En 1848 les balles autrichiennes partirent du pont en direction de la barricade dessous la tour du côté vieille-ville pour réprimer le "printemps des peuples"...

Pis l'y a les légendes associées au pont, belles, saugrenurluburlesques, qui font bidonner les Pragois ivres quand ils les racontent dans les tavernes enfumées. Il y a par exemple cette légende concernant la construction du pont. L'architecte "Petr Parléř", véritable génie à qui l'on doit nombreux édifices datant de l'époque de Charles IV, avait trouvé la recette d'un mortier particulièrement robuste, composé de chaux, de vin et de jaunes d'oeufs (adaptation personnelle de la fameuse recette des "knedlíky"). Comme Prague ne pouvait à elle seule subvenir à la quantité d'oeufs nécessaire (la quantité), l'on en fit venir de toutes les villes de Bohême. Pis certains habitants envoyèrent des oeufs durs afin que point ils ne se cassent, pis d'autres envoyèrent même leurs propres spécialités (frometons qui puent, sauciflards qui sentent bon)... Ce qui fait dire aux Pragois que le pont Charles est parfait car il contient des bouts de n'importe quoi provenant de tout le pays (la légende ne dit pas si Petr a réellement mélangé les autres ingrédients dans son mortier, ou s'il se les ait goinfré à lui tout seul, mais attention, légende = prise de recul).

Et puis on a l'ondin (une ondine, ondin au masculin, nymphe ou naïade, est un génie des eaux dans la mythologie germanique ou alsacienne -et Tchèque?!- A l'inverse des sirènes les ondines ne fréquentent pas la mer, mais les eaux courantes, rivières, fontaines, et n'ont pas de queue de poisson. Source: fr.wikipedia.org/wiki/Ondin) ...l'ondin qui vivait sous la 4 ème arche du pont, déjà bien avant que celui-ci ne soit construit. Il passait son temps à collectionner les âmes de ceux qui se noyaient (c'est généralement l'occupation préférée des ondins en Tchéquie, n'ont rien d'autre à foutre ces faignants), et comme pendant une longue période le pont servait à la noyade des adultères, et que comme les filles tchèques sont très belles et que la tentation était grande, et que donc... ben notre ondin était devenu très riche (ne me demandez pas ce que ça vaut une âme au cours du marché d'aujourd'hui, mais bon, il était très riche, attention, légende = prise de recul). Pis les années passant, il devint vieux, pis il s'ennuyait ferme, pis il savait plus trop quoi faire parce qu'on ne noyait plus les adultères, bref, il vendit ses âmes (sans doute au diable), suivit une formation de reconversion professionnelle, et serait devenu loueur de barques et de pédalos sur les berges de la "Vltava".

Pis la plus vraisemblable quand même des légendes, c'est qu'il serait fort probable, que dans le pont Charles, dans les fondations mêmes, celles avec du jaune d'oeuf dedans, soit emmaçonnée l'épée magique de Bruncvik (prononcer B R U N S V I K, sa statue se trouve à côté du pont, berge "Malá Strana" en aval, juste derrière le fleuve, penchez-vous en bas...). Bon, l'histoire de Bruncvik je ne vous la raconte pas maintenant, parce que c'est long, et que ça fera sans doute l'objet d'une publication à part entière... "vouis Helmut, c'est ça, quand j'aurais des photos et rien à dire autour qui va avec, absolument...", mais sinon pour vous donner une idée quand même, si vous connaissez Ulysse... "vouis Helmut, c'est ça, Ulysse, celui qui rigole quand il pisse" ...donc Ulysse, alors imaginez que pareil, lui amoureux, mais parti, fiancée seule, longtemps, lui odyssée, aventures, puis retour... et retour avec l'épée magique qui va bien. Elle est tellement magique, l'épée, qu'il suffit de dire, "épée, coupe les têtes", et hop, les têtes roulent et tous les ennemis sont tous mourus en même temps d'un coup. Et bien cette épée là, elle serait emmaçonnée dans le pont, en attendant que le fantôme du bon roi Venceslas (St Venceslas I er) vienne la chercher lorsque le pays sera en grave danger (il y a aussi un peu d'Arthur et de table ronde la dedans, mais c'est pas moi qui l'invente, c'est la réalité des légendes). Alors si jamais y a quelqu'un qui la trouve, l'épée, faire drôlement gaffe avec, genre essayer plutôt "épée, coupe les oignons" ou "épée, va me chercher une bière dans le frigo".

Et puis il y en a bien d'autres des légendes, sur les Saints et leurs statues, sur le St Joseph, le St Christophe, la Ste Anne, le St Augustin, le St Bernard (le grand St Bernard), le St Antoine de pas d'où, le St Cyrille et sa méthode, pour apprendre l'alphabet si rillique, puis le plus connu, St Jean deux nez pomuk, confesseur de la reine... Une bonne trentaine en tout, avec chacun (les Saints) ou chacune (les Statues) sa légende à soi. Mais bien au delà des légendes, il y a la réalité, et croyez-moi, elle est tout aussi belle sinon plus encore. Le pont Charles est un pont, certes un pont en pierre, un pont infesté d'innombrables touristes, de vendeurs de couillonneries, de joueurs de n'importe quoi, de piètres gribouilleurs caricaturistes, de mendiants crasseux, et c'est sans doute comme ça que vous le connaissez. Mais il y a l'autre pont Charles, le magique, le mystérieux et le fascinant, celui du très tôt le matin odeur de café en tête, et celui du très tard la nuit goût de bière en bouche (et envie de pisser). Celui du printemps-été lorsque le ciel se teinte tard de bleu ardoise, et celui de l'automne-hiver lorsqu'il se teinte tôt de vermeil. Celui de l'éclairé jaune sous la pleine lune et celui du couvert blanc sous la neige. Celui où, dans la brume épaisse, les statues qui semblent animées transforment chaque foulée en un pas dans l'occulte, le secret, le kafkaïen et le golemesque. Celui où le soleil se lève entre les églises St François d'Assise et St Salvator couvrant la tour noire "Mostecká věž" d'un or flamboyant, puis se couche derrière la colline de "Petřín" transportant son or sur les nuages au-dessus du château comme une couronne royale. Celui où vous êtes seul, assis sur le parapet de 6 siècles d'histoire tumultueuse de l'Europe à contempler l'eau qui coule sereinement. Ce pont Charles là se mérite, c'est pas tous les jours, ni toutes les nuits que le pont Charles dévoile ses charmes, oh non, et puis faut se lever tôt ou se coucher tard, mais quand on a la chance un jour de voir ça, alors on touche de ses yeux hagards les griffes acérées de la petite mère. "Prag lässt nicht los ... Dieses Mütterchen hat Krallen“, écrivait Kafka, "Prague ne lâche jamais... Cette petite mère a des griffes", et le pont Charles est une des plus perçantes.