jeudi 16 septembre 2010

Ailleurs: Les ruines de Hazmburk

Ben comme Ste Ludmila, de partout qu'on le voit, aussi celui-là. Aujourd'hui, mon sujet est la ruine du château fort "Hazmburk", à 50 km au Nord-Ouest de Prague et 20 km au Nord-Ouest du mont "Říp", perché sur son monticule à 420 m de hauteur, dominant la plaine de Bohême et visible d'icelle depuis une distance de plusieurs dizaines de kilomètres. Aujourd'hui (mais demain aussi), vous n'en verrez plus grand chose debout, et vous pourriez même être étonnés que je vous en parle seulement, compte tenu de ce qu'il en reste.
Mais z'allez voir, malgré sont état délabré, cette ruine possède une histoire, un parfum, que bon nombre d'édifices mieux préservés pourraient lui envier.

Commençons par le nom presque ridicule du château fort "Hazmburk" (i.e. "Házmburk"). Tout bon germanophile aura reconnu la racine germanique du nom tchéquisé. En Germain, "Hasenburg" vient de "hase" (lièvre) et de "burg" (château fort), soit le château fort du lièvre. Alors comment un nom aussi ridicule eut pu naître, allez-vous me demander? Ben tout simplement du nom d'un de ses propriétaires, "Zbyněk Zajíc" ("Zajíc" = Lièvre) qui alla jusqu'à mettre l'animal sur les armoiries de la famille aux côtés du sanglier (cf. plus loin). "Zbyněk Zajíc" donna un nom germanique au château fort parce que cela faisait bien en l'époque, genre civilisé, noble (il ne l'était pas au début), et il poussa la germanisation jusqu'à son propre nom (cf. "Zbynek Hase von Hasenburg") histoire de faire encore plus cucul m'as-tu vu. Mais comme le bon peuple tchèque ne parlait pas le Germain, et que "hase" ça sonnait comme Hans (Jean), "Hasenburg" est devenu "Hanžburk", voire "Hanžburek", le p'tit château fort du Jean. Plus tard, il fut anobli, et de "Zbyněk Zajíc", il devint "Zbyněk Zajíc z Hazmburku", "Zbynek Hase von Hasenburg" en Germain, ou Zbynek Lièvre de Châteaulièvre en Français. Mort de rire.

Et donc à propos du sanglier et du lapin, l'histoire des armoiries... En fait, lorsque "Zbyněk Zajíc z Valdeka" fonda la lignée des "z Hazmburku", il mit un lapin (2 en fait) dans l'armoirie familiale déjà occupée par le sanglier (2 sangliers en fait aussi).
L'histoire raconte que l'ancêtre "Dětříšek z Buziců" (les "z Hazmburku" descendent des "z Valdeka" qui descendent des "z Buziců") aurait trucidé de ses mains nues une laie (truie sauvage, femme du sanglier, nettement plus dangereuse que son mari, comme tout le monde sait), et en aurait décoré son bouclier lors des guerres avec les Polacs afin de leur fiche la trouille. Il ignorait sans doute que les Polacs sont catholiques et pas musulmans, mais bref... Et donc ben voilà pourquoi. Au départ y avait donc la laie, puis l'on rajouta le lièvre, mais la famille s'éteignit avant qu'un descendant n'ait la bonne idée de rajouter un bestiau de plus dans la terrine du chasseur.

Sinon on parle également du château fort, comme du monticule sur lequel il sied, et comme du village en son contrebat... donc tout ça, on en parle comme de "Klapý" (on en parlait avant surtout, moins maintenant). En fait, le château fort portait ce nom bien avant "Hazmburk", en une époque qu'on ne savait même pas encore s'il existait ou pas. La première mention écrite du bled date de 1197, lorsqu'un certain noblaillon "Hroznata"... Attends, noblaillon... Rapidement, l'histoire. Avant de partir en croisade avec ses potes chevaliers casseurs d'hérétiques, "Hroznata" écrivit un testament, pour le cas qu'il n'en reviendrait pas, de la croisade, et ce document, conservé jusqu'à aujourd'hui est unique, parce que c'est le plus ancien document portant le sceau d'un noblaillon tchèque et émit en son nom. Bref, ça raconte que s'il ne revenait pas de croisade... construction de monastère... pardon éternel... fortune... tableaux... bijoux... Et paf, il partit en croisade donc ("1197. Comes Groznata Terram Sanctam visitare cupiens, villam quae dicitur Cleppi, ecclesiae Teplensi perpetuo deputavit"). Sauf qu'arrivé sur les bords de la méditerranée, lorsqu'il vit les rafiots qu'on leur avait mis à disposition pour la Palestine, et surtout lorsqu'il lut les nouvelles de l'attaque israélienne sur la "flottille de la liberté" près des côtes de Gaza, notre boug' reçu la peur verte, et fit demi-tour, genre qu'il passerait ses vacances en pays sien bien pénard.
Eh oui, mais le pape, organisateur de la virée en terre sainte, était furieux qu'il eut déserté, et se le fit appeler à Rome dans l'année pour que notre bougre lui explique son comportement anti team-building. Afin qu'il obtienne le pardon, "Hroznata" dut alors construire le monastère de "Teplá" (et de "Chotěšov" plus tard) auquel il dut concéder les domaines, villages, esclaves... comme mentionné dans son testament (cf. "Hroznata" dans le rôle de Liliane Bettencourt et le pape dans celui du photographe). Et justement, parmi ces bourgs, il y avait "Klapý" sous l'appellation latine de "Cleppi" (cf. "Codex diplomaticus et epistolaris regni Bohemiae, V I, p326, 358: Henricus, dux, et episcopus Bohemia, monasterio Teplensi possessiones ab Hroznata comite, fundatore eius... prescriptas villas cum hiis aliis: [...] et villam, que dicitur Cleppi [...]"). Je ne vous en dis pas plus sur ce sujet (c'est plus compliqué que ce que je vous ai résumé ici), mais vous pouvez lire toute l'histoire du bienheureux "Hroznata" (béatifié en 1897, après que l'on ait retrouvé les photos de ses miracles au fond des cales du Titanic) dans "Georgio Bartholdo Pontano: Vita Hroznatae, fundatoris monasterii Teplensis in Bohaemia, hexametro carmine descripta. Pragae 1586" (en vente dans toutes les bonnes librairies). Ensuite vous retrouverez encore mention de "Cleppi" dans divers documents plus récents sous des orthographes diverses et variées (cf. "1237. Smil nobilis partem villae nom. Clepy, justo titulo ad eum spectantem, abbati Teplensi pro 200 marcis argenti vendidit. 1237. Wenceslaus I. mon. Tepl. confert hereditates quae vulgo claszke vocantur, quas in villa de Cleppin habuisse dinoscimur, cum attinentiis suis."), mais ensuite on parlera plutôt de "Hazmburk".

Alors pourquoi "Klapý" me demanderez-vous? "Dalimil" y alla joyeusement de son explication cocasse.
Il était une fois, lors des guerres lucanes, un certain... Ah oui, attends, les Lucanes. D'ailleurs chais même pas si on dit comme ça en Français, en tout cas on ne dit pas Lucanien, pour sûr. En Tchèque c'est "Lučané", et selon Cosmas Pragensis, les bougres se livraient batailles comme furieux avec les Tchèques ("Chronica Bohemorum, [...] consertum est inter Boemos et Luczanos [...]"). Avant, on pensait qu'il s'agissait d'une autre ethnie slave, genre des Slaves méchants (croisés avec des Germains :-), mais aujourd'hui, on penche plutôt pour une autre tribu tchèque, qui aurait été en concurrence à l'époque avec les Prémyslides. Et donc en cette époque, un certain "Léva" Lucanes s'escarmouchait avec "Hostivít" Tchèque, le père supposé (selon Cosmas) du premier prince tchèque vraiment authentifié (selon les experts) "Bořivoj", mari de Ste Ludmila, et grand père de notre St Patron St Venceslas ("Za toho casu sta se prihoda, ze vsta Leva jeden z Vlatislavova roda"). Ben le "Léva" (Lucane) se serait construit un château fort à partir duquel il se serait livré à ses exactions en terres de Bohême ("I je se lidi k sobe sbierati, chte lucskeho knezstva dobyvati. Ustavi hrad na vysokej hore, dopusti Prazany velikeho hore"). Un jour, "Hostivít" (Tchèque) en eut assez. Il rassembla une troupe de braves guerriers, et marcha sur le château du Lucane auquel il mit le siège, afin d'en finir pour de bon ("Knez Hostivit polozi lidi pred hradem, aby je vylezali hladem").
Les Lucanes tentèrent alors une sortie ("Leva proti jim vynide a s Prazany u boj se snide"), mais parce qu'ils étaient mous des roupettes et flasques de la biroute, ils se replièrent rapidement au château ("A kdyz Lucene svu horsi uzrechu, pred Prazany na hrad jdiechu"). Alors lorsque leurs gonzesses virent ça, elles se mirent à se fiche de leurs pétochards, qu'ils pouvaient se planquer sous leurs jupes ("Kdyz jich mudre panie uzrechu, sve muze takto prijechu: po lonu se klepachu a svym muzom velmi vzlachu rkuc: Semo, semo pojdete, tuto se Prazan skryte!"). Du coup, les gars se ressaisirent, et afin de ne pas faire honte à leurs femelles, les mâles repartirent au combat, et torchèrent les Praguois ("Pro tu hanbu se vratichu a Prazany pobichu"). Et c'est ainsi que l'on appela le château "Klapý" ("Pro taky klep nelepy tomu hradu vzdechu Klepy"), parce qu'en Tchèque, "klep" signifie "calomnie", "cancan". "Klepy" c'est au pluriel, et "Klapý" c'est la déformation. Q.E.D.

Et je ne peux pas vous passer sous silence la version loufoque de l'hurluberlu "Václav Hájek z Libočan", qui remonte sottement notre fort-castel en l'année 754 sous l'appellation de "Klopaj" ("Klapý") devenu "Hazmburgk" ("Hazmburk") sous l'influence germanique (cf. "Kronika česká: Léta 754. Kalboj a Veslav, dva bratří velmi silní a jako nad jiné mužní [a zvláště při nedvědích svú statečnost ukazovali a byli z rodu Košálova], ti oblíbivše sobě jeden vysoký a příkrý vrch, na něm duom pevný jako hrad postavili a dali jemu jméno Klopaj, jako by řekl Příkráj, a tak sú jej Čechové za dlúhý čas jmenovali, až potom Němci jemu Hazmburgk, to jest Zaječí vřelí, Hazmburgk hrad prevzdeh. Kterýž na tento ras také Čechove Němcův Hozmburgk a jiní Hanžbůrgk jmenují"). Je signale au lecteur novice de mes publies, que les écrits de "Václav Hájek z Libočan" sont largement romancinventés, bien que leurs origines soient historiquement fondées.

Finalement, le brave professeur "Chaloupecký" trouva la réponse sur l'origine du nom, par ailleurs tout à fait évidente: "klepy" vient du mot celte "klép", et signifie tout simplement "source".
Alors chais pas si c'est la vérité vraie, mais c'est l'hypothèse aujourd'hui acceptée. Ceci-dit pas la peine de s'en parler des semaines non plus, parce comme dit plus haut, aujourd'hui il s'appelle surtout "Hazmburk", le castel. Mais attention, en cette époque (entre le X ème et le XII ème siècle), il n'est fait mention du château fort dans aucun document, aussi les experts présument qu'il aurait été construit dans la seconde moitié du XIII ème siècle, à l'instar des "Bezděz", "Osek" et autres "Rožmberk" qui datent de cette époque, et possèdent les même caractéristiques architecturales (y a pas de lumière dans la cave). A signaler cependant, que certains historiens considèrent que les différentes parties du château auraient été construites en des périodes différentes, et ce jusqu'au XIV ème siècle. Ils présument même qu'en ces temps, l'édifice se composait d'un bergfried fortifié à fins purement militaires, sans aucun appartement destiné à l'habitation du seigneur. Et justement, le seigneurinitiateur de la construction originelle aurait fort probablement été "Heiman z Lichtemburka" (i.e. "z Lichtenburka", branche de la famille "z Ronova"), alors propriétaire des environs, qui en 1292 attribua certains privilèges au patelin avoisinant "Libochovice" afin d'en faire un village prospère (youpla boum). Notre château aurait alors été mis en chantier cette année, ou peu avant, afin de protéger le bled. Et c'est remarquable, parce que c'est un des rares châteaux qui aurait été construit par un commun non aristocrate, enfin pas un grand aristocrate, genre pas un prince, duc, baron, mais un simple noblaillon de bas étage. Il n'est cependant pas totalement exclu que l'initiateur de la construction aurait été le roi "Václav II", ou même n'importe qui d'autre, puisqu'on en est aux hypothèses. Une autre théorie raconte qu'il devait exister bien avant notre château fort un autre château fort en cet emplacement, parce que ni Cosmas (1045-1125) ni Dalimil (début du XIII ème siècle) n'auraient pu inventer leurs histoires de toutes pièces.
Et le fait qu'on n'en parle aucunement dans les actes écrits entre le X ème et XII ème siècle signifierait qu'il était alors en ruine. Hum... allez savoir. Vers 1300, le domaine passa aux mains de "Václav z Lichtemburka", puis en celles de "Hynek z Lichtemburka". En 1314, "Hynek" se rendit compte que finalement, son domaine était plutôt loin de la ville, et l'échangea contre 3 jambons en croûte à Jean de Luxembourg. Il ne fallut pas longtemps à ce dernier pour se rendre compte à quel point il était vraiment loin de la ville, le château, ce qui somme toute n'était pas un problème, mais comme Jean dépensait son pognon par les fenêtres à faire la guerre le jour et l'andouille la nuit, il finit par le vendre aussi (avec d'autres propriétés dans les environs) en 1335 à "Zbyněk Zajíc" (alors "Zbyněk Zajíc z Valdeka a na Žebráce") afin de renflouer sa tirelire plutôt vide. Cet acte de vente de 1335 est la première mention écrite du château ("castrum klepy, cum villis Lubichowicz"). Alors attention à ne pas confondre ce "Zbyněk Zajíc z Valdeka a na Žebráce" (? - 1368), devenu en 1337 "Zbyněk Zajíc z Hazmburku", alors échanson royal (super loufiat), avec son homonyme, l'archevêque de Prague "Zbyněk Zajíc z Hazmburku" (vers 1376 - 1411), ce sont 2 bougres différents. Son père (à notre "Zbyněk"), "Vilém Zajíc z Valdeka" (vers 1289 - 1319) joua un rôle assez zarbi dans la politique du pays, après l'extinction de la lignée mâle des Prémyslides. Tantôt pour l'un, tantôt pour l'autre des candidats, il côtoya de près les prétendants au trône de Bohême, en particulier Jean de Luxembourg dont il était une fois l'allié, une fois l'ennemi, puis finalement l'ami. Il ouvrit ainsi un avenir radieux à son fiston "Zbyněk" (comme aux autres, on lui reconnaît au moins 6 fils), qui put faire fructifier la fortune et les terres de la famille. Et donc à partir du bergfried carré purement militaire, notre gars mit en chantier une demeure médiévale fortifiée destinée également à l'implantation de sa petite famille.
Signalons donc la construction de la tour noire (en plus de la tour blanche), des murs d'enceinte, de diverses portes (portails) d'entrée, le tout finissant par donner à l'édifice l'apparence globale qu'il a aujourd'hui (les ruines en moins). Il existe encore des restes de fondation d'une troisième tour carrée dont les archéologues ignorent la fonction. Il pourrait s'agir des restes de notre bergfried d'origine, mais pas forcément non plus. Notez que l'accès aux tours se faisait par une accourse (sorte de balcon extérieur) depuis le bâtiment central, et pouvait en cas de danger être détruite rendant impossible l'entrée de l'ennemi (comme la sortie des assiégés). A la mort de "Zbyněk" (1368), son fils "Vilém" hérita du château, et selon certaines sources, sombra du côté obscure de la force en devenant un chevalier brigand (sale gosse). Pis il eut des fils... héritage... anecdotes... et hop, arrivèrent les guerres hussites.

En cette époque (vers 1420), "Hazmburk" était un des châteaux forts les mieux forts... fortifiés. Long de 170 m et large de 30 m, sa position au sommet d'un pic rocheux le rendait imprenable au point que personne ne le prit. La famille "z Hazmburku" était catholique, et leur castel représentait une réelle verrue pour les armées de "Jan Žižka", puisqu'en plein sur la route dite "serbe" qui montait de Prague vers la Saxe (du reste cette route passait pratiquement par les mêmes bleds que l'actuelle autoroute D8 Prague - Dresde). Ah oui, et malgré que l'actuelle Serbie se trouve dans les Balkans, et donc au Sud de Prague, au moyen-âge... tiens lisez, les Sorabes, la Lusace, etc... Bref, les "z Hazmburku" catholiques tenaient le château fort et les bleds de "Libochovice" comme de "Budyně nad Ohří", et ça fichait le foin dans la région alors hussite.
Aussi en avril 1424 (parfois septembre), "Jan Žižka" en personne prit d'assaut "Libochovice", mais se cassa les dents sur le château fort "Hazmburk". Et comme il avait fort à faire par ailleurs, il passa rapidement à autre chose (mais pas pour longtemps, il décéda en octobre de la même année). En 1429, les hussites remirent le couvert sur "Hazmburk" avec le même succès, c'est-à-dire un échec. "Vilém z Hazmburku" décéda en 1431, et lorsque son fils "Zbyněk" reprit la défense de la maison familiale, les hussites remirent encore le couvert, se disant qu'avec un nouveau capitaine... Mais pas de bol, pareil comme avant. Devant tant d'insuccès, les hussites finirent par abandonner. L'on raconte qu'en ces temps troublés, et malgré qu'ils furent catholiques, les "z Hazmburku" profitèrent du foin ambiant à l'instar des seigneurs hussites, et s'approprièrent iniquement des possessions de l'église (l'occasion fait le larron). Sinon c'est également en cette période que la tour blanche fut augmentée d'un étage, afin de voir venir l'ennemi d'encore plus loin (l'on ne connaissait pas les jumelles au moyen-âge). Et grâce à toute cette imprenabilité, notre édifice fut choisi en 1440 par les moines, afin d'y planquer les frusques sacerdotales de la cathédrale. Sauf que ça faisait loin, pour aller chercher chaque dimanche matin les fringues jusqu'au château fort, assis sur un âne, puis rapatrier tout le fourbi après la messe, aussi en 1448 l'on re-déménagea les nippes du curé en la cathédrale St Guy au grand soulagement de la lingère et de la repasseuse de "Hazmburk". Pour l'anecdote, ce château fort ne fut jamais conquis de toute son histoire.

Après les guerres hussites, les "z Hazmburku" se distinguèrent par leur opposition au roi "Jiří z Poděbrad", et par leur lèche-cultage du hongrois Matthias Corvin (alors prétendant au trône de Bohême).
Ce dernier remercia la famille en nommant Jean ("z Hazmburku") son chancelier en royaume de Bohême (alors qu'il n'était même pas encore roi, ce couillon de Matthias). Lorsque le roi W prit les commandes du pays, les "z Hazmburku" rétablirent des liens d'amitié avec les autorités légales de Bohême, s'établirent définitivement à "Budyně", et "Hazmburk" perdit en importance. En 1558, "Kryštof z Hazmburku" vendit le domaine alors à l'abandon à "Jan z Lobkovic" (senior), et s'en fut fini des "z Hazmburku" à "Hazmburk", comme pratiquement de notre castel qui ne fit alors que de se détériorer à partir de ce moment. En 1586, le cadastre indique pour la première fois le château comme inhabité. Le domaine est ensuite confisqué par le roi en 1594, puis revendu en 1602 à un neveu du roi PLonais "Bátory", puis cédé en 1613 aux "Šternberk", puis concédé en 1674 aux "Dietrichstein", puis prêté en 1858 à des potes des "Herberstein", puis confisqué en 1945, et finalement étatisé en 1954. Après 1558, cet édifice ne fut plus jamais habité, ni même entretenu, et ce qu'il en reste donc aujourd'hui, c'est le fruit de pratiquement 1/2 millénaire de regrettable négligence.

Bon, et il en reste quoi alors me demanderez-vous? Alors il en reste un chemin pentu du tonnerre de d'là, que c'est un véritable cauchemar que d'y grimper depuis le parking d'en bas. Le long du chemin, vous apercevrez les restes des 2 portes d'entrée. Ensuite vous serrez accueillis par une buvette en bois, et par la tour ronde dite "noire" parce que construite en basalte (sombre). Haute de 25 m et large de 9 m, ses murs sont épais de 2 m. Elle constituait le premier élément de défense et n'était accessible que par un pont (accourse) en hauteur depuis le bâtiment central (dont il ne reste rien). Il semblerait que la tour servait également de chiourme et d'oubliette, accessoirement de latrines selon l'humeur du maton.
En grimpant un peu, vous accéderez au coeur du château, dont la dominante est cette fois-ci la tour carrée dite "blanche", parce que construite en grès (clair, ceci-dit la base est en basalte itou, ce n'est qu'à partir du milieu qu'elle est en grès). Haute de 26 m, elle fut construite en 3 étapes et en 3 périodes différentes, comme en témoignent les 3 différents types de roche utilisés à sa construction. L'on présume que cette tour était destinée à l'habitation, mais sans grand luxe. Dans l'enceinte se trouvaient ensuite 3 édifices principaux de type palais, et comme pour les 2 tours, ils n'étaient accessibles que par des balcons et des accoures en hauteur. Sinon l'intérieur du château (intra-enceinte) était urbanisé de façon dense, compacte et fournie, au point qu'il ne restait plus au sol le moindre espace pour y planter un réverbère. Cette anarchie urbanistique mystifie encore aujourd'hui les archéologues qui ne savent toujours pas quelles furent les différentes étapes de la construction, si "Hazmburk" fut planifié dés le début comme un tout, ou si les divers bâtiments fleurirent au fur et à mesure des besoins au cours du temps. Selon une autre source, la partie centrale du château (incluant la tour blanche) aurait été construite bien avant les parties autour, lesquelles seraient des extensions ultérieures lorsque la belle-mère et sa famille s'incrustèrent dans le domicile du seigneur. Les anciens du village racontent qu'en milieu du XIX ème siècle, ils se tenaient encore debout divers bâtiments, en particulier la salle des chevaliers, certes sans toit, mais debout de par les murs. Mais personne ne sait comment tout cela a disparu. A disparu également un petit village, au pied de la colline sous la tour noire (au Sud), construit vers on ne sait pas quand, mais mentionné dans un acte de 1452. Il servait de centre économique aux divers artisans, commerçants, qui faisaient négoce avec les gens du château. Selon une source, ce village serait né après que les hussites eussent dévasté la ville de "Libochovice" (en 1424), et que certains de ses habitants se soient refugiés au château. Appelé "Podhradí" (parfois "Podhradín", soit "sous le château"), il fut abandonné en même temps que "Hazmburk" (totalement abandonné en 1550 sur le cadastre de l'administration), et n'en reste plus que les contours sous la forme des ruines du mur d'enceinte. A signaler pour l'anecdote que notre castel ne disposait point de chapelle, et que les offices se déroulaient fort probablement dans l'église St Nicolas de notre village fantôme, dont les archéologues remontent l'origine (de l'église) avant celle du village.
Pareil, les anciens racontent qu'en milieu du XIX ème siècle, l'on pouvait encore apercevoir les murs de l'église. Aujourd'hui il n'en reste que keud, et même moins. Et puisqu'on parle des anciens... Les plus vieux se souviennent de quand que leur grand' mémé leur racontait qu'en 1882, des roches se détachèrent de la montagne, et roulèrent jusqu'au village de "Klapý" sans faire de dommage cependant. Par contre en 1898, la caillasse se détacha à nouveau et bousilla une trentaine d'édifices dont l'école, au grand bonheur des garnements locaux. Pis il y eut encore 1900, lorsque cette fois c'est une cinquantaine de maisons qui fut bousillée par la roche. Sans dec, j'aurais été ancien à l'époque, j'aurais déjà démangé. Pis ils racontent encore (les anciens) comment les Allemands installèrent au sommet de "Hazmburk" un centre d'observation ainsi qu'une batterie anti-aérienne pendant la seconde guerre mondiale. En 1975, l'on dut fermer l'accès du château au public, pour cause de chutes de pierres sur les visiteurs. En 1981, un groupe de bons boug' essaya de sauver ce qui pouvait encore l'être, ou tout au moins conserver la ruine en l'état. Pis en 1994, l'on restaura les ruines vraiment propre, on y posa même l'électricité (en 1996), et hop, depuis cette période, le touriste peut à nouveau venir admirer l'édifice comme la fabuleuse plaine de Bohême et les "Böhmisches Mittelgebirge" qui s'étendent à perte de vue au pied du monticule. N'est-ce point romantique? Et tiens, puisqu'on parle de romantisme, comme les autres ruines, celles-ci attirèrent pareillement pléthore d'artistes romantiques du XIX ème siècle: l'inévitable et cucul "Karel Hynek Mácha", mais aussi "Svatopluk Čech" ou encore le peintre et sculpteur cubiste "Emil Filla".

Et voilà pour la période moderne, parce que n'oublions pas que la région était déjà occupée depuis l'âge du mammouth. L'on a retrouvé au bas de la colline des bouts de civilisation à céramique pointillée (véridique, il existait des civilisations à céramique rubanée, cordée, peinturlurée...) datant de 4,5 millénaires avant Jean-Claude.
Ceci-dit, il y aurait peu de chance qu'ils eussent vécu au château. Ensuite l'on a retrouvé des traces d'un fortin en bois de l'époque du fer. Pareil, rien de vraiment exceptionnel. Ce n'est qu'à partir du V ème siècle que les Slaves commencèrent à occuper la région, et vous pourrez voir au musée de "Litoměřice", chef-lieu du coin, quelques restes des fouilles archéologiques effectuées dans la région. Bon, mais rien de terrible non plus jusqu'en fin du XII ème siècle, lorsque "Hroznata"... cf. plus haut. Ah, et sinon, je vous signale le musée de peinture dit "diocésain" de "Litoměřice". Il est petit, il est bon marché (2,30 € par personne), et il contient quelques oeuvres splendides de "Lucas Cranach (l’Ancien)", de "Jan Petr Brandl", de "Václav Vavřinec Reiner" et bien d'autres encore. Et sinon la seule "fabuleuse peinture votive" du monogrammiste IW, mérite la visite, c'est énorme. Bien entendu, défense absolue de photographier, tu penses bien, faut pas déconner non plus (et après ils vont s'étonner qu'ils n'ont pas de visiteurs. Véridique, les gars s'étonnent).

Alors tu penses bien à nouveau aussi, qu'un tel édifice est velu de contes, légendes et storiettes en tout genre. Laissez-moi vous en conter quelques-unes, extirpées des mémoires des anciens du village par le médecin légiste à coup de scalpel après leur décès.

Les roses pourpres. Il était une fois la belle Lucie (plutôt réussie), fille du seigneur de "Hazmburk" Nicolas (pire papa y a pas) qui voulait la marier parce qu'à 7 ans et demi, elle commençait à se faire bougrement vieille, et qu'après, avec de la moustache, ça serait 'achement plus compliqué à la refourguer.
Il organisa alors un grand tournoi de joutes en selle (à cheval), et invita tous les chevaliers des environs, de Bavière, de Saxe comme de Ouarzazate à y prendre part, et qu'ensuite même que le vainqueur des festivités pourrait prendre sa fille comme épouse parce qu'un bon jouteur, c'est forcément un bon mari (que le Nicolas il dit). Le jour du grand cirque arriva, et hop, les joutes commencèrent au son des trompettes et des clairons, pon-pon pon-pon. De suite, un pauv' chevalier assis sur une vieille carne, chichement harnaché par Bonduelle, prit l'ascendant sur ses rivaux Günther, Kurt et Abdelmalek, habillés par Krupp AG Schwerindustrie. Il y allait de sa pique plutôt adroitement (selon Madame la femme de Nicolas), et désarçonnait ses antagonistes les uns après les autres. Mais qui pouvait bien être ce preux paladin sans blason sur son bouclier en alu poli? Lorsqu'il n'en resta plus, des rivaux, l'inconnu s'avança devant la tribune VIP, et Nicolas comme Lucie discernèrent un poireau imprimé sur le teeshirt maladroitement enfilé par dessus la cotte de maille (qui m'aille) du cavalier. C'était "Věslav", le fils du pauvre légumier du village d'en bas, qui avait cassé sa tirelire afin d'inscrire son fieu au tournoi. Alors Lucie ne se démonta pas, et alla au devant du gaillard fort beau (soit-dit en passant). Il descendit de cheval et s'agenouilla. Elle lui offrit sa main et fit révérence. "Père" dit-elle, "c'est lui que je veux. Ok, il n'est pas noble, mais à quoi bon, l'important c'est qu'on s'aime, et qu'on ait des légumes bio toute l'année non?" (ça serait ma maman à la place du père Nicolas, le gaillard serait marié dans la minute). Sauf que ça ne faisait pas vraiment l'affaire de notre seigneur, qui voyait plutôt son gendre en l'électeur de Bavière, en le duc de Saxe ou en l'émir de Ouarzazate. Aussi il réfléchit rapidement à comment pourrir les plans de sa grosse gourde de fille, et soudain il eut l'idée de génie. "Ok" dit Nicolas, "je consens au mariage, mais avant, et afin qu'il prouve sa bravoure, son ingéniosité, et sa ferveur envers toi, je veux que le pedzouille... le chevalier Věslav te rapporte un dragon vivant enchainé, qu'il ait une hauteur minimale de 15 m, qu'il sache faire la cuisine, la vaisselle, le repassage, changer le sac dans l'aspirateur, et qu'il parle Swahili sans accent". "Věslav" quitta le château sous les applaudissements de la foule et les larmes de Lucie.
Et tandis que son promis parcourait le monde en quête de l'impossible, la pauv' petite finit par périr de chagrin, de solitude et d'attente, refusant toutes les avances de tous les noblaillons venus la réconforter. Papa Nicolas fut pris de remord, aussi il lui fit construire un beau cercueil en verre qu'il déposa dans la tour blanche de "Hazmburk" et s'en alla vivre à "Budyně " où c'était nettement moins froid et humide. 27 ans plus tard, croyez le ou non, "Věslav" était de retour, avec le dragon qui va bien dans ses baguages (et ne me demandez pas où c'est qu'il l'a trouvé). Eh ouais, sauf que lorsque le concierge lui expliqua tout ce qui s'était passé pendant son absence, le pauv' boug' en reçu la dépression, et mourut de mélancolie. Le concierge le mit alors en bière, et le fit reposer auprès de sa promise dans la tour. A cet instant, des perles de sang ruisselèrent sur le torse de Lucie. Quant au dragon, il resta là pour veiller sur les dépouilles jusqu'à ce qu'il meure de faim et d'ennui à son tour (ou comment gâcher des talents). Les anciens du village racontent qu'au XIX ème siècle, poussaient chaque année dans la cour du château en ruine, de petites roses pourpres pareilles aux gouttes de sang sur la poitrine de Lucie (aujourd'hui, il ne pousse plus rien à cause des pesticides). Sinon certains anciens attribuent cette histoire à "Jan Zajíc z Hazemburka" (alias Nicolas), le fils du légumier "Věslav" se prénommerait "Bořivoj", mais Lucie serait toujours Lucie. Peut-être que oui, maintenant vous savez comment ça marche la mémoire des anciens...

La cave à cratepi. Il était une fois un Michel de "Libochovice", qui se rendit un jour dans les ruines de "Hazmburk", comme ça, pour voir si rien n'avait changé, curieux qu'il était. Et tout en se promenant, il vit soudainement un trou, comme dans une cave, qui n'y était pas avant. Curieux, il entra dedans pour y jeter un oeil (curieux), et que ne vit-il pas dans le fond? Des tonneaux. Eh ouais, alors curieux toujours qu'il était, il ne put s'empêcher d'en tourner le robinet, et oh miracle, du bon vieux vin bien goûteux en sortit. "Ouah di diou" se dit-il comme ça, "trop cool, que c'est".
Il s'en remplit 2 cruches qu'il avait achetées auparavant, par anticipation, que des fois s'il y avait soudainement une cave à vin dans les ruines, et hop, il s'en retourna vers le dehors. A ce moment, il aperçut 3 p'tits vieux au fond, à droite devant la sortie, en train de boire du vin et jouer aux cartes. Les boules! Là il reçut la peur. "N'ai crainte" qu'ils z'y dirent les vieux, "tu peux pochetrogner tranquille notre cratepi, mais à la condition que tu n'en parles à personne, et surtout pas à la femme de ménage d'à Strogoff". "D'la bombe" qu'il se dit le Michel, et pendant un certain temps, tout se passait bien comme il faut. Il picolait à l'oeil du grand cru, tous les jours, peinard qu'il était le boug' satisfait. Sauf qu'au bout d'un moment, les gens, ses potes, et surtout l'administration fiscale commencèrent à lui poser des questions sur l'origine de ce bon vin, que personne dans le village n'en avait du comme ça, même pas le curé du bled qui pourtant s'approvisionnait aux hospices de Beaune par l'intermédiaire de l'archevêque de Prague qui, lors de son séjour en Bourgogne, avait rencontré soeur Emmanuelle, frangine de l'évêque de Dijon lequel... enfin bref, personne n'en avait du comme ça, du bon rouge, et tous voulaient savoir d'où c'est que c'est du pourquoi donc comment tiens. Et à force d'insister, ce couillon de Michel finit par tout leur déballer, l'andouille grasse. Paf! Les boules, parce qu'il ne fallait pas qu'il le dise (vous vous souvenez, l'interdiction des 3 vieux qui jouaient aux cartes?). A court de vinasse, Michel s'en retourna le soir même au château afin de remplir ses 2 cruches. Mais les 3 vieux accueillirent le rural la face vinaigre et le verbe saumâtre. "Eh ouais mon cochon, t'avais qu'à pas rien dire qu'on t'avait dit. Mais non, Monsieur est allé tout vomir à tout le monde. Fous-nous l'camp pignouf, et qu'on t'revoit plus." Ils fouturent le Michel à la porte de la cave, laquelle se referma comme elle s'était ouverte (mais dans l'autre sens). Le pauv' boug' hébété resta là, devant le trou disparu, roulant des yeux hagards comme une merluche devant un piano à piston, se disant qu'il allait falloir qu'il se mette à la bière maintenant. La nuit était tombée de haut depuis longtemps, et tandis qu'il reluquait toujours l'emplacement de son trou, un convoi funéraire apparu dans l'enceinte du château.
Le curé marchait devant, agitant l'encensoir afin d'éloigner les mouches du cercueil porté par 6 gaillards, et derrière, sa femme et ses enfants, au Michel. Lorsque la troupe arriva au niveau de notre gars, un rayon de lune perça l'obscurité, et il s'aperçut lui-même dans la boîte en sapin. Foudroyé d'effroi, il s'évanouit dans le coma. Lorsqu'il se réveilla, il couru chez lui à toutes jambes, sans même prendre le soin de récupérer ses cruches. Transpirant de sueur, de trouille et de fièvre, il s'évanouit à nouveau quelques minutes après avoir raconté toute cette histoire à sa femme. Il ne se réveilla plus, et 3 jours plus tard seulement, un convoi funéraire prenait la direction du cimetière. Alors z'allez me dire que c'est une blague, que l'histoire fut inventée. Ben non. Parce que les anciens du village racontent qu'encore mi-XIX ème siècle, l'on pouvait admirer en la mairie de "Libochovice" les cruches à cratepi de Michel, retrouvées par un berger de moutons, là où qu'il (Michel) les avait laissées (les cruches), dans les ruines du château fort de "Hazmburk", devant le trou de la cave refermé.

Le pâtre. Il était une fois le berger de moutons d'au-dessus (celui qui retrouva les cruches de Michel), qui s'en revenait en fin de journée de pâture avec son troupeau, le long des murs de la forteresse de "Hazmburk". Fatigué de faire paître son troupeau (tu m'étonnes), il s'assoupit dans l'herbe grasse appuyé contre un boulot bien confortable. Lorsqu'il se réveilla, il faisait déjà nuit, et seul un rayon de lune éclairait les ruines du château fort. Soudainement, le berger entraperçut sur les remparts de la tour blanche une silhouette blafarde tout de blanc vêtue. "Ouah di diou" se dit-il comme ça, "Michael Jackson. Trop cool, que c'est". Surmontant sa trouille bleue, il entra dans le château pour aller voir le spectre de plus près. Mais lorsque la chose se mit à flotter dans les airs en direction du pâtre, sa peur prit le dessus, et il se planqua dans un bosquet. L'apparition descendait de la tour blanche vers la tour noire, et lorsqu'elle arriva à hauteur du pastoureau, il put alors bien voir les taches pourpres sur le torse de l'ectoplasme (tout de blanc vêtu).
Et chaque goutte de sang qui tombait au sol se transformait instantanément en petite rose pourpre. Le bergerot était pétrifié dans son bosquet. La sueur froide lui perlait du dos à la raie des fesses lorsque la chose fit un quart de tour afin de se mouvoir dans sa direction. Soudainement, 24 coups de cloches transpercèrent le silence de la nuit, et l'apparition disparue. "Lucie?" Se dit notre pastoureau. "C'est pas Michael Jackson, c'est Lucie" (oh si!) marmonnait-il tout en dévalant la pente jusqu'à sa maison. Les anciens du village racontent qu'il ne revint jamais au château, qu'il succomba à l'aliénation et qu'une fois adulte, il prit une brebis pour épouse avec laquelle il eut de nombreux zenfants.

Le trésor de la retraite de Russie. Il était une fois Napoléon, qui, après sa raclée en Russie, reprit sa route vers la France, en 1812. Les anciens du village racontent qu'un bataillon des armées françaises en déroute aurait enterré un fabuleux trésor au château de "Hazmburk". Selon une version d'un ancien du village, le trésor se trouverait là, d'où qu'on voit en même temps le toit de la maison forestière et le sommet de la tour blanche du château. Selon une autre version d'un autre ancien du village, le trésor se trouverait là, où qu'à 18h l'ombre de la tour noire se superposerait à l'ombre de la cime du poirier depuis longtemps disparu. Et selon moi, vous aurez beau creuser dans toute la Bohême, sans la moindre chance de trouver ce trésor (si toutefois il existe), parce que la retraite de Russie s'est faite bien plus au nord de l'Europe, par la Lituanie, la Prusse, la Pomeranie, puis la Saxe, aucunement par la Bohême.

Les trésors dedans les galeries. Il était une fois les anciens du village, qui affirment que sous le château fort de "Hazmburk", se trouvent des galeries proprement cimentées menant aux châteaux de "Košťálov" et de "Budyně nad Ohří". Ils affirment de surcroît que ces galeries seraient truffées de trésors, que les chevaliers brigands, les moines (brigands aussi), les templiers, les croisés, les alchimistes, les diverses armées qui traversèrent la région, et les tous ceux qui possédaient des trésors, les auraient planqués là, devant les tous ceux qui cherchaient (et cherchent toujours) à les piller.
Hum... pour info, "Hazmburk" - "Košťálov" c'est 6,7 Km au Nord à vol de piaf, tandis que "Hazmburk" - "Budyně" c'est 13,8 Km au Sud Est. Tu crois vraiment que les faignants du moyen-âge auraient creusé de telles galeries à la pelle-pioche-lampe-à-huile-de-coude? Et tu crois vraiment que tous les possesseurs de trésors les auraient tous planqués là, plutôt qu'en Suisse?

L'alchimie. Il était une fois les anciens du village, qui affirment encore que sous "Zbyněk Zajíc", vers 1335, serait né à "Hazmburk" un laboratoire d'alchimie. Hum... je me demande s'ils ne confondent pas avec "Budyně nad Ohří" (les "Zajíce z Hazmburka" y déménagèrent lorsqu'ils quittèrent le château fort), fin XVI ème siècle, en l'époque de cette loufoque bourrique de Rudolf II, où non seulement y vécu un temps le fameux "Tycho Brahe", mais où surtout y écrivit "Bavor Rodovský z Hustiřan" (junior) un des plus anciens livres de cuisine en Tchèque: "Kuchařství, to jest knížka o rozličných krmích, kterak se užitečně s chutí strojiti mají".

Vous savez tout sur château fort "Hazmburk" maintenant. Et c'est cool, parce que sur place vous ne trouverez pas de guide pour vous raconter tout ça. Au mieux, vous trouverez des anciens dans le village, si toute fois vous y descendez au (village), mais si vous ne parlez pas Tchèque... Sinon inutile de vous y ruer non plus. Certes, c'est une belle ruine, qui mérite le coup d'oeil si vous combinez d'autres visites dans la région, genre "Litoměřice" (superbe petite ville) et ses musées, mais à lui seul, "Hazmburk" ne mérite pas le voyage depuis Prague. C'est là: 50°26'2.716"N, 14°0'53.786"E.

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