mercredi 13 août 2008

Ailleurs: Červená Lhota, ne vous y précipitez pas

Et paf, tiens, encore un truc que les guides touristiques se pâment dessus à grand renfort de superlatifs laudatifs, genre que vous ne pouvez pas le manquer sous aucun prétexte, et que si vous ne l'avez pas vu, genre, que vous ne savez pas ce que c'est. Ah ouais? Alors comme on était dans la région en quête d'insolite avec ma chérie d'amour, l'on s'est dit que bon, ben puisqu'on était là, que ben tant qu'à faire on irait le voir, histoire d'avoir la conscience tranquille.
En arrivant... et c'est juste pour vous dire au point qu'ils s'en foutent du pigeon tellement il en tombe tout cru à la pelle, que même s'ils en loupaient une poignée qu'ils s'en iraient même pas choper la scarlatine non plus... ben en arrivant, pour vous dire, c'était la pause de midi. Eh oui. Attends les mecs, t'es furieux ou quoi? On était les pieds en plein dedans la saison touristique qui battait son plein du mois de mai ensoleillé, et ces bougres d'ânes-là faisaient la pause de midi. Sans dec, mais c'est qu'ils seraient faignants comme un troupeau de grévistes syndiqués ces oiseaux-là! On attendit donc que sonne les 13h de fin d'pause pour faire la visite, le temps que cette colonie de cornichons stérilisés par la flemme manifeste veuillent bien se remettre à la pénible corvée qu'ils sont payés pour. Sans dec, on rêve debout.

Aujourd'hui donc, "Červená Lhota", le dernier des 3 châteaux aquatiques (entourés d'eau) que les instances touristiques qualifient comme tel (château d'eau) alors qu'il en existe beaucoup d'autres et que surtout, ce dernier n'a jamais été conçu pour, c'est-à-dire entouré d'eau dans un but défensif, contrairement à "Blatná" et à "Švihov". D'ailleurs il n'a tellement pas été conçu pour, qu'on ne sait même pas à quelle époque il a commencé à être entouré d'eau, enfin posé au milieu de l'étang, parce qu'il ne s'agit pas de douves bien profondes, mais d'un étang tout bête.
Selon mes sources, ce serait vers le milieu du XVI ème siècle, lorsqu'on transforma le bergfried en château renaissance (sans certitude). Ah oui et sinon des bleds "Červená Lhota" il en existe au moins 4, dont le plus populeux dans la région de "Třebíč", mais ce n'est pas de celui-là dont on se cause, le notre de bled "Červená Lhota" est celui de la région de "Jindřichův Hradec". D'ailleurs au tout départ, il devait se nommer "Jenczenslag", notre bled, selon le nom du bergfried occupé alors (en 1414) par un certain "Andreas de Jenczenslag" (1388 - 1418), cf. les "Fontes Rerum Austriacarum" p 649, où l'on mentionne "Jenczenslag, s. Wlčetín" et qui n'est autre que "Ondrej (Ondráček) z Vlčetína" dit aussi "ze Zásmuk", burgrave à "Krumlov" entre 1407 et 1413 et dont les diverses branches de la famille prirent les divers noms des divers bleds qu'ils possédaient diversement: "Zásmučští, Vlčetínští, Lhotští, Přebožští et Hroubovští". Puis le begrfried, puis le château, puis le bled prirent les noms de "Lhota", "Kábova Lhota" (appellation populaire dès 1531 lorsque le domaine passa aux mains de "Jan Kába z Rybňan"), "Nová Lhota" (lorsqu'on transforma le bergfried en château renaissance mi-XVI ème siècle, c.f "Ottova encyklopedie: Jan stavěl mnoho na Lhotě, které od té doby Nová Lhota říkali [...]") et finalement "Červená Lhota" au début du XVII ème siècle, que je vous expliquerai plus loin pourquoi.

Alors un peu d'histoire au départ, mais z'allez voir, c'est d'un fade, d'un quelconque... Je me suis quand même documenté, mais malgré mes investigations, je ne me souviens pas (ne pas) avoir trouvé si peu d'information intéressante sur un monument historique. Par "information intéressante", j'entends la présence de personnages importants, de guerres bouchères, des légendes truculentes, d'architecture sculpture peinture prodigieuses, enfin des trucs bien. Rien. Z'allez voir, c'est plat. Pire, c'est concave, genre même pas zéro, c'est dans le moins... pour vous dire. Donc le bled de "Lhota" ("Jenczenslag") serait né vers la mi-XIII ème siècle, alors que la région appartenait aux sieurs "z Hradce" (de "Hradec", de "Jindřichův Hradec", à 15 km de là). En 1382, l'on attribut la propriété du bergfried au sieur "Mikuláš Podlavička z Vícemile" parce que "Vícemil" était sa résidence, et que "Červená Lhota" à seulement 2 km de là ne pouvait vraisemblablement pas appartenir à quelqu'un d'autre puisque les seigneurs, c'est comme les bêtes sauvages, ça doit posséder son territoire étendu rien qu'à soit, et pisser régulièrement sur les frontières afin d'en affirmer la propriété auprès des mâles envieux comme des femelles lascives.
Puis ensuite vint notre "Andreas de Jenczenslag" ("Ondráček z Vlčetína"), puis son fils "Ctibor z Vlčetína" (ou "ze Zásmuk", burgrave à "Krumlov" comme son père, en 1434) et enfin arriva une trace écrite factuelle en 1465, la première d'ailleurs, lorsque les fils de "Ctibor", "Václav" et "Petr" se partagèrent les restes du défunt (c'est d'ailleurs ce dernier, Pierre, qui récupéra le domaine et transforma le nom familiale "ze Zásmuk" [ou "z Vlčetína"] en "Lhotský ze Zásmuk, Petr Lhotský ze Zásmuk" ). Bon, et donc comme vous pouvez lire par vous même, en dehors des changements de propriétaires, rien, c'est vraiment fade jusque là. Mieux, jusqu'en 1530, on n'a même plus les changements de propriétaires, pour vous dire. Donc en 1530, on mentionne un certain "Diviš z Újezda", en 1531 le fameux "Jan Kába z Rybňan", et en 1541, enfin un truc truculent mais qui n'est pas même pas lié directement à "Červená Lhota", c'est le terrible incendie de "Malá Strana" qui s'étendit au château de Prague, qui s'étendit aux archives cadastrales ("desky zemské"), qui fit que les 2 bougres "Diviš" et "Jan Kába" durent reprendre rendez-vous chez le notaire pour re-signer l'acte de vente, re-chauffer la cire pour re-sceller les documents et re-payer les frais qui vont bien au grand bonheur de l'autre rapace notarié.
Et donc à partir de 1542 et jusqu'en 1555, "Jan Kába z Rybňan" fit convertir le bergfried en un château renaissance. Les travaux de la reconstruction furent alors confiés à l'architecte "Hons Vlach" (parfois "Hans") qui n'était autre que le farfelu architecte du château de "Zvíkov" où, selon la légende, il aurait rencontré en personne un esprit malin. Il aurait rédigé les détails de la rigolade dans un rapport circonstancié, et sur la base de ce document "Ladislav Stroupežnický" aurait écrit sa pièce "Zvíkovský rarášek". Mais je vous en parlerai dans une autre publie (à viendre) à propos de "Zvíkov". "Hons" se mit donc au boulot, mais l'on ne peut pas dire qu'il brilla d'un génie débordant, car si vous regardez en détail la forme bêtement carrée de notre édifice (vu de haut), on est en droit de se demander s'il n'a pas simplement raboté le bergfried, rajouté du zizi-panpan au miel d'entourloupe et embobiné son monde avec du flan aux saveurs d'apparence, le fielleux escroc. D'autant plus que même après les travaux, l'on continua de parler de bergfried ("Tvrz"), et non de château. Quoi qu'il en soit, c'est d'à cette époque (vers 1555) que serait né l'étang tout autour, ainsi que plus tard le nom de "Nová Lhota" (nouvelle "Lhota"). Alors afin de sortir un peu du fade, d'échapper au plat (comme dirait la dinde aux marrons :-) bref autre chose que les changements de propriétaires sans réelle importance, je vous livre une anecdote mord-bide.
En 1557, la région fut frappée par une terrible épidémie de peste et "Jan Kába z Rybňan" y laissa 5 mouflets. A cette occasion, il fit alors construire la petite chapelle de la Ste trinité, sur le monticule à gauche en allant au château. Dedans, vous pourrez y voir (comme au château d'ailleurs aussi) un tableau représentant la famille au complet et à genoux priant le Christ et la Ste vierge. Allez, rassurez-vous, ils n'y sont pas tous restés non plus puisque Jean eut encore 4 fils qui lui survécurent (et à la peste aussi).

En 1597, c'est le fumier de voisin de la famille "z Rybňan", "Vilém Růt z Dírné", qui acheta le domaine, mais ce n'est qu'en 1602 (raisons fiscales, bien sûr) que les bougres passèrent devant le notaire et signèrent l'acte de vente faisant mention d'un "bergfried à nouvelle et rouge Lhota". Le nom final venait de naître, "Červená Lhota". Puis arriva la bataille de la montagne blanche. Alors on ne sait pas très bien si la famille "Růt z Dírné" (utraquiste) prit part à quoi que ce soit contre l'empereur, mais en 1621 "Bohuslav Růt z Dírné" dut quitter le pays avant l'arrivée des troupes de Balthazar Marradas (à la solde des catholiques. Fumier!) Notre castel fut alors occupé par un officier de cette bande de vermines, un certain "Antonio Bruccio", qui se distingua en faisant remplacer le pont en bois par un pont en pierre après avoir fiche son pied au travers d'une planche vermoulue.
En 1639 il mourut. Mais avant, il réussit à faire prospérer la région en la pacifiant à la catholique, et en la protégeant manu militari contre les innombrables mercenaires sans foi ni loi sortis de la guerre de 30 ans qui pillaient alors pour leur propre profit la Bohême bouleversée. "Antonio Bruccio" mourut donc en 1639 sans héritier, et le domaine passa aux mains de l'administration royale. En 1641, "Vilém Slavata z Chlumu a Košumberka" acquit le domaine (pour une bouchée de pain) et pour bien marquer le coup, le défenestré (en 1618) fit graver cette date dans le portail de la tour à l'entrée du château. La famille du plus haut chancelier d'à la cour du roi fit transformer la demeure en baroque (dès 1658), et l'agencement intérieur actuel en est le visible résultat: les voûtes, les stucatures, la grande salle des chouilles d'enfer, par la suite divisée en 2 parce que justement trop grande, ben tout ça date des "Slavata" et fut décoré par "Inocenc Cometta" (1651-1681) et "Giovanni Tencalla" (1600-?). Parenthèse. Avec ces bougres d'Italiens qui se transmettent le même prénom de père en fils comme les Portugaises se transmettent la même moustache de mère en fille, c'est un foin incommensurable, et ce n'est vraiment pas l'inter-pas-net qui va vous permettre d'y voir clair. Aussi ouvrez un livre savant comme moi j'en ai un, et vous verrez que "Inocenc Cometta" (1651-1681) était stucateur comme "Giovanni Bartolomeo Cometta" (1620-1687) tandis que "Domenico Benedetto Cometta (z Eckturmu)" (?-1620) était bâtisseur.
Mon livre savant ne parle pas de leur éventuel lien de parenté, mais concernant "Červená Lhota", on se parle bien du stucateur "Inocenc Cometta" (1651-1681) qui stucatura là, à "Červená Lhota" entre 1675 et 1678. Les 3 "Cometta" furent certes talentueux, cependant leur souffle artistique ne déborda pas en-dehors de la région. Maintenant pour faire encore plus simple, dans la famille "Tencalla", il y eut le peintre "Carpofore Tencalla" (1623-1685), le stucateur, sculpteur et un peu architecte "Giovanni Tencalla" (1600-?), le bâtisseurarchitecte "Giovanni Giacomo Tencalla" (1600-?) et l'architecte tout court "Giovanni Pietro Tencalla" (1629-1702). Tandis que les 2 premiers comme les "Cometta" ne débordèrent pas de la région, les 2 seconds "Tencalla" furent notoirement appréciés dans l'empire, "Giovanni Giacomo" en Bohême et "Giovanni Pietro" plus à Vienne. Signalons cependant que "Giovanni Tencalla" et "Giovanni Giacomo Tencalla" étaient frères (selon une source moyennement fiable), et qu'ils travaillèrent parfois même ensemble (source fiable) comme sur par exemple l'église "Nanebevzetí P. Marie ve Valticích" où le premier décora l'oeuvre architecturée par le second. Z'avez des questions? Bon, ben fin de parenthèse alors, et retour à notre édifice. Ah oui, la reconstruction baroque eut lieu entre 1658 et 1678 et concernait principalement le premier étage. Aujourd'hui il reste des fragments de peinture-stucature dans certaines chambres, éléments que ne manqueront pas de vous signaler les guides pour peu qu'ils en sachent quelque chose.

En 1693 ça devient un foin sans nom, parce que les "Slavata" décèdent avec le dernier d'entres-eux, "František Leopold Vilém Slavata"... enfin le dernier héritier. Tiens, attends-voir, parenthèse. Lorsque le bougre "Ferdinand Vilém Slavata" (alors représentant de la famille) mourut en 1673 après avoir enfanté 4 filles, il ne restait plus que ses 3 frères cadets pour sauver la situation mal barrée en terme de filiation mâle. Et c'était encore plus mal barré lorsqu'on sait que parmi les 3 frères, les 2 plus jeunes étaient dans les ordres. Alors on invita prestement le seul laïc à mettre ses roustons au travail, et on l'encouragea même à la tâche avec des "vas-y mon gars", "hardi-petit", "poussez, poussez...", jusqu'aux aïeuls aïeux qui chantaient "♪ mets de l'huiiile ♫" dans la chambre à coucher lors des saillies. Dans la même année (en 1673) "Jan Jiří Jáchym Slavata" mit au monde (enfin sa femme mit au monde)... une fille, sa seconde fille. Eh ouais, pas de bol. "Bon, ben, t'y retourne mon gars, hein, tu n'vas pas nous laisser tomber comme ça sans dec...". "Jan Jiří Jáchym" remit le couvert, et un an plus tard (en 1674), il mit au monde (enfin sa femme mit au monde)... une autre fille, sa troisième fille. Les boules dantesques et maudites! Alors la famille se mit à prier fidèlement, à brûler des cierges gargantuesques à St Antoine, cuire de la compote de gingembre à la mandragore et oindre les roupettes du géniteur à la pommade cèleri-fenouil, parce que comme dit le dicton: "si la femme savait ce que le cèleri fait à l’homme, elle irait en chercher de Paris jusqu’à Rome. Et si en plus elle le cuit au fenouil, en pastèques furieuses elle lui transforme les c..." Ben ouais mais non. Rien n'y fit et le pauv' gars n'en pouvait plus.
Pire, il avait perdu le goût au coït, et devint faignant de la biroute comme une couleuvre au mois d'août. Etait-ce l'effet indésirable et secondaire des pommades-compotes? "Jan Jiří Jáchym Slavata" décéda en 1689 à l'âge de 51 ans, et là, la famille se trouva dans la m... des pieds au mur jusqu'à la tête sur le billot. Aussi devant l'imminente catastrophe, on alla implorer le pauv' "František Leopold Vilém Slavata", alors chanoine à Passau, afin qu'il renonce au sacerdoce et qu'il prenne femme, au sens figuré d'abord puis littéral ensuite. Il fallut convaincre le pape afin qu'il donne sa bénédiction. Il fallut trouver une épouse afin qu'elle donne naissance. Et après toute cette prompt agitation désespérée, ben rien. Ben tiens, forcément, les glaouis du chanoine avaient fini par s'entartrer après toutes ces années passées dans la soutane, et "František Leopold Vilém" avait beau les frotter au Calgon matin et soir comme une tartine à l'ail, keud-nada et peau d'zobi. "♫ Les machines durent plus longtemps avec Calgon ♪". Encore plus pire, le tambour finit par lâcher en 1691, alors la famille concentra tous ses efforts à convaincre le dernier des derniers, "Jan Karel Jáchym Slavata", dit "Karel Felix" dont je vous avais soufflé mot dans une précédente publie. "Obi-Wan Karel Felix, vous êtes notre dernier espoir!" lui délivra R2D2 par l'intermédiaire d'un petit faisceau laser bleu projeté sur un mur sombre.
Sauf que le généralissime des carmes déchaussés, celui que l'on eut même un temps considéré comme le potentiel archevêque de Prague, le romain ne parlant point Tchèque, ben celui-ci s'intéressait plus à sa foi qu'à ses couilles et renvoya toute la famille dans ses 22 au motif que "quand bien même disparaîtrait la dynastie des Slavata, le monde n'en disparaîtrait pas pour autant" (véridique). En fait la légende raconte qu'étant jeune, il tomba dans une profonde tanière de loup lors d'une partie de chasse, qu'il ne put point s'en extraire (l'andouille), et qu'il promit d'entrer dans les ordres s'il venait à être sauvé. Ben il fut sauvé, il entra dans les ordres, et l'emplacement où se serait passée l'anecdote est encore aujourd'hui matérialisé par la chapelle St Charles Borromée à 2,5 km au Nord-Ouest de "Telč". Ah ben sûr, vu comme ça, on aurait du mal à se séparer du renoncement pour hériter d'une fortune colossale, aller forniquer à couilles rabattues une bonne pondeuse prévue à cet effet et sauver la famille d'une imminente totale disparition. Sans dec, on rêve debout. Bref, il renonça à tout ça et mourut carmélite à Rome en 1712.

Mais revenons en 1693, lorsque 2 ans auparavant décéda "František Leopold Vilém Slavata" et que son frère "Jan Karel Jáchym" fit clairement savoir à sa famille qu'il ne fallait pas compter sur lui... enfin sur ses roupettes. "Ah ben nous v'là bien, tiens, et on fait quoi maintenant?" se dit alors la famille.
Et comme il ne restait rien d'autre qu'à se partager les biens entre les membres féminins de la famille, ben la famille "Slavata" partagea les biens entre les membres féminins de la famille. Ainsi et selon les sources que vous pouvez lire, c'est la soeur, ou la fille, ou la belle-mère, ou la cousine, ou la nièce... qui hérita du château de "Červená Lhota". Vous pouvez ainsi lire selon les sources le prénom de "Marie Terezie" (fille de "Ferdinand Vilém") ou de "Kateřina Terezie" (soeur de "Ferdinand Vilém"). Outre le prénom Thérèse présent dans les 2 prénoms composés, la confusion pourrait aussi provenir du mari. En effet, un de mes livres savants traitant de la généalogie des nobles de Bohême apporte une lumière singulière sur un certain "Johann Ernst von Fünfkirchen". Toutes mes références s'accordent sur les épousailles de ce dernier bougre avec "Kateřinou Terezií" en 1665, mais un seul spécifie qu'à la mort d'icelle en 1673, "Johann Ernst von Fünfkirchen" aurait épousé "Marii Terezii" vers 1674. C'est énorme, "Johann Ernst" aurait épousé la nièce de sa veuve! Enfin quoi qu'il en soit, en 1695 "Marie Terezie" épousa "Ernst Friedrich (Arnošt Bedřich) z Windischgrätzu" parce que "Johann Ernst" avait trépassé, et qu'ensuite elle voulait se débarrasser de ce nom ridicule qui faisait marrer ses copines (fünf kirchen en Allemand = cinq églises, mort de rire). Ainsi début du XVIII ème siècle, ce sont les "Windischgrätz" qui possèdent "Červenou Lhotu".
Bon, et comme j'ai fait long sur les "Slavata", je ne vais pas m'attarder sur les "Windischgrätz", ni sur les "z Gudenusu", et passons directement en 1774. En 1774 il eut un feu, un gros, qui brûla toute la brasserie, toutes les dépendances et toutes les récoltes là entreposées. Le château resta intacte, puisqu'entouré d'eau. En 1776, 1794 voir 1796 (les sources sont vraiment peu fiables, mais c'est pas vraiment important dans ce cas-là), le domaine passa aux mains du baron "Ignác Stillfried". Lui est plutôt insignifiant, par contre il fit venir sur son domaine l'archi-célèbre compositeur "Karl Ditters von Dittersdorf" duquel il épousa à l'âge de 56 ans sa fille de 17 (ans). Ensuite il y eut d'autres propriétaires, pas vraiment importants non plus, jusqu'en 1835, où le domaine fut acheté par "Heinrich Eduard (Jindřich Eduard) Schönburg-Hartenstein". Entre 1841 et 1863 le château fut romantico-néo-gothifié, entre 1902 et 1910 il fut néo-renaissancé (par l'architecte "Humbert Walcher von Moltheim", cf. le château de "Křivoklát", lequel lui donna l'apparence d'aujourd'hui), et en 1945 il fut néo-confisqué aux "Schönburg-Hartenstein" sur la base des "décrets Beneš". Signalons encore que l'illustre membre de la famille "Johann (Jan) Schönburg-Hartenstein" (1864-1937), chevalier de la toison d'or, de la grand croix de Léopold, de la couronne de fer 1ère classe, de la croix de l'ordre souverain de Malte, de l'ordre militaire du Christ, de l'etc... et de l'etc... ambassadeur auprès du St siège au Vatican d'à Rome, ben ce bougre là prit la nationalité autrichienne en 1935, ce pourquoi et donc les "décrets Beneš" 10 ans plus tard.
En 1947, "Červená Lhota" fut classée comme patrimoine culturel national, et depuis 1949, l'édifice est ouvert au public romantique.

D'extérieur, vous entrez dans l'enceinte du château sous une tour en plein dans le prolongement du pont. Les voûtes sous cette tour sont les restes du bergfried gothique originel, mais les peintures sont quant à elles bas-baroque (de "Giovanni Tencalla"). Le carré que vous voyez aujourd'hui et qui forme notre castel fut construit sur la base de 3 bâtiments gothiques se trouvant dans l'enceinte du domaine seigneurial vers la fin du XIV ème siècle. Les restes de ces fondations sont parfaitement visibles dans les soubassements (caves) selon le guide, mais c'est bien entendu inaccessible pour la plèbe. Et pour l'anecdote, en cette période gothique, l'entrée dans l'enceinte du château se trouvait à l'opposée d'aujourd'hui car en cette époque, il n'y avait pas encore d'étang tout autour du bâtiment, ni de pont du mauvais côté. Bien, et comme il est strictement interdit de prendre des photos à l'intérieur malgré que le parking extérieur vous en coutera 50 CzK ("♪ mets de l'huiiile ♫"), je m'en vais au moins vous dire ce que vous pourrez y voir, si jamais vous faites le détour malgré que vraiment... enfin bon, c'est vous qui voyez, hein?
Dedans, vous verrez des poêles en faïence de styles classique, baroque, et rococo, de la vaisselle en étain (mais l'autre en n'est pas), de la verrerie de Bohême comme de Venise (et d'ailleurs), de la porcelaine de Vienne, de Mayence, de Berlin (et d'ailleurs aussi sauf de Limoges), des assiettes en majolique (cf. une ancienne publie pour la définition de "majolique"), des statues et des peintures (surtout portraits) parfois intéressantes, des instruments de musique, des lustres illustres, des tapis, des tapisseries, des chinoiseries et d'autres fourbis inimaginables, tout ça dans une grande salle d'apparat, dans un salon de musique, dans la chambre à moucher bleue, dans la chambre à toucher jaune, dans la salle à langer, dans le cabinet de travail de Monsieur, dans le boudoir à faire la vaisselle... à thé de Madame, et dans la chambre orientale. Signalons que les meubles, certes de valeur, ne sont pratiquement jamais d'origine, mais importés d'autres endroits historiques après la seconde guerre mondiale, comme par exemple les meubles renaissance ayant appartenu à la grande Ema Destinová qui n'a cependant jamais habité à "Červená Lhota". Dans les trucs intéressants, il y a une statue haut-baroque du fantastique Georg Raphael Donner dont vous n'avez pas pu louper la fontaine de la Providence au "Neuer Markt" si jamais vous êtes allés à Vienne.
Par contre je ne sais plus ce qu'elle représente, la statue, parce qu'à force de tout noter dans mon calepin sans pouvoir prendre de photo... j'ai dû louper un truc... chuis plus tout jeune non plus, hein, bon...

Les amoureux de la nature trouveront leur bonheur tout autour du château. On peut s'y promener dans le parc, c'est plein de verdure bucolique et l'on peut même faire de la pirogue tout autour en comptant fleurette à sa mie (ou contant fleurette à sa mie, au choix). D'aucuns y emmènent leurs conquêtes qui se sentent comme princesses au pays des merveilles, d'autres y emmènent leurs enfants ou leurs invités, bon, faut juste être connaisseuramateur du romantisme cucul à la sauce extra-niaise à l'instar du conte "Zlatovláska" tourné céans en 1973, et dont la stupidité des chansons comme du scénario classe cet ultra-navet parmi les pires réalisations cinématographiques du pays.
Exemple: "Vez mě loďko ke břehu, ná ná nana ná ná, jedu jedu pro něhu, ná ná nana ná ná, jedu jedu pro krásu, ná ná nana ná ná, pro dívku s vlasy do pasu, ná..." (Conduis-moi barque vers la rive, na na nana na na, je vais je vais pour [rechercher] la tendresse, na na nana na na, je vais je vais pour [rechercher] la beauté, na na nana na na, pour [chercher] une jouvencelle avec des cheveux jusqu'à la taille...) A vomir... Sinon tiens, si, une légende. J'ai quand même réussi à vous trouver une légende, et elle concerne justement cette couleur rouge inhabituelle pour un château. Ceci-dit, et avant la légende, sachez que cette couleur criarde récemment repeinte correspond exactement à celle qui fut trouvée sur les murs lors de fouilles archéologiques, et remonterait aux tout-débuts du XVII ème siècle, juste après la mort de "Vilém Růt z Dírné".
Malheureusement, aucun document historique ne parle de la raison de cette couleur insolite, aussi l'imagination populaire mit en route sa formidable créativité habituelle, et voilà donc les raisons du pourquoi selon les fabulations locales.

Il était une fois, il y a longtemps, très très longtemps, la fille d'un des propriétaires du château. Et celle-ci s'éloignait assurément de la foi en le seigneur pour adhérer en des croyances déviationnistes. Un jour, l'apostate refusa de se rendre à l'office prétextant la diffusion télévisée d'un reality-show débile, et lorsque les parents insistèrent lourdement dans la persuasion de les accompagner à l'écoute des saintes paroles, sous le coup d'une effroyable colère la juvénile pubère saisit ce qui se trouvait sous la main, et le jeta par la fenêtre. Mais loin d'être un vase Ming comme il est de coutume, ce fut un crucifix. Dans la seconde, le ciel s'assombrit, le château vibra de toute sa masse et la pièce où se trouvaient les protagonistes s'emplit d'une noire fumée âcre faisant tousser qui amena immédiatement le père à déclarer "c'est pas moi!".
Soudain le diable des enfers en personne apparut. Salut! Il saisit alors la petite par la main, et dans un bon prodigieux à la Godzilla, par la fenêtre au dehors il sauta. Et tandis que les parents affolés se précipitèrent devant le trou béant duquel Satan venait de s'échapper en tenant sa proie, ils le virent alors planter la longue griffe de son index droit dans le bras de l'enfant impie, et de ce sang encore chaud dessiner sur le mur blanc du château le pentagramme inversé, signature et preuve de son passage en ce lieu. Les parents ne revirent jamais leur pauvre chérie, mais 'achement plus grave, ils n'arrivaient pas à faire disparaitre du mur cette foutue trace honteuse, malgré le lessivage au Vanish, au Cif, au Mr Propre, au Cillit Bang, etc... Ils finirent par faire repeindre le château en rouge, et donc ben voilà pourquoi c'est comme ça. Sur la base de cette version populaire, "Bedřich Kamarý" alors curé de "Deštná" officiant en la chapelle de "Červená Lhota" qu'il avait remise en activité en 1907, peintre et écrivain durant son temps perdu selon la fabuleuse encyclopédie de "Jan Otto", donc "Bedřich Kamarý" écrivit dans son ouvrage "Kábové z Rybňan" une version encore plus... catholique que la précédente.
Et pour bien amplifier sa bonne cause religieuse, le curé démagogue mit en scène la même pièce jouée par 2 acteurs historiques et avérés: "Guntram Kába z Rybňan" le bon catholique, et sa femme "Johanka Růt z Dírné" la mauvaise utraquiste. Le bon catholique passait son temps devant sa croix familiale, à prier le seigneur pour les bontés dont il nous affuble quotidiennement et dont la presse mondiale se fait l'écho au travers des rubriques attentat, famine, maladie, guerre, inflation... quant à la mauvaise utraquiste, elle passait son temps à lui reprocher ses prières et à se plaindre qu'il la négligeait au motif d'absence de diamant, cinoche, restau, bagnole, yorkshire... Un jour de colère où la goute déborda du nez, la mégère voulut jeter la croix familiale par la fenêtre, mais au moment où elle se pencha l'objet de discorde à la main, arriva un orage soudain, et elle tomba sur les rochers au bas du castel se fracassant en mille morceaux comme une outre trop pleine. Son sang éclaboussa les murs immaculés... et vous connaissez la suite.
Et pour l'anecdote, la fameuse croix familiale du bondieusard "Guntram" serait toujours vivante, et se trouverait en l'église St Otton (parfois Othon, évêque de Bamberg et St patron de Poméranie) à "Deštná" dont les 3 autels secondaires comme l'autel principal furent décorés à la peinture par le fécond curé "Bedřich Kamarý".

Rapidement quelques mots sur la petite église qui se trouve sur le monticule d'à gauche en arrivant aux abords du château, parce que comme cet édifice eut une trajectoire totalement différente de notre castel, et comme je vous en ai pris des photos, et comme je vous en ai un peu parlé aussi auparavant, et donc rapidement... Elle naquit fort probablement au milieu du XVI ème siècle, et fut utilisée dès 1557 pour l'inhumation des 5 mouflets pestiférés de "Jan Kába z Rybňan". Lors de la guerre de 30 ans, elle prit un sérieux coup de vieux (abandon, pillage...) et c'est "Antonio Bruccio" qui la remit sur pied physiquement comme mentalement en la faisant re-sacraliser en 1635. L'église fut sécularisée fin du XVIII ème siècle lors des reformes de Joseph II, et n'y furent plus célébrées que des messes annuelles lors de la fête de la Ste trinité (le dimanche qui suit la Pentecôte) à laquelle l'église est d'ailleurs consacrée (trinité).
En 1907, "Johann (Jan) Schönburg-Hartenstein" poussé par son insistant curé "Bedřich Kamarý" lui redonna le statut officiel d'église, et se fit même enterrer auprès de son murs, mais après son décès seulement, en 1937. La traversée du désert revint après 1945, et ce jusqu'à récemment, car depuis quelques années on y célèbre non seulement des messes régulières mais on y bénit mariages également. Dedans se trouvent des fresques en trompe l'oeil sur toute la surface, des rideaux en bas, des piliers à voûtes en haut, et bien qu'on n'en connaisse ni l'origine ni la datation, compte-tenu de l'historique de notre édifice, elles sont d'entre 1635 et chais pas quand. Sinon le tableau de l'autel est daté de la fin du XIX ème siècle, et il s'agirait avec grande probabilité d'encore une croûte du pesant curé "Bedřich" qui n'avait rien d'aut' à fout' qu'à peindre des niaiseries et écrire des c...

Pour terminer, il est fort probable que vous aurez à supporter des hordes de petits merdeux braillards, parce que leurs stupides parents ne se seraient jamais doutés qu'un chiard d'entre 2 et 6 ans n'a strictement, mais alors hypra-archi-méga strictement rien à fout' des visites culturelles.
Et comme ces pauv' chiards vont s'emmerder ferme, ils vont vous courir dans les jambes, s'asseoir sur les chaises centenaires, faire beeper les alarmes en passant sous les cordes et surtout brailler, brailler comme cochon qu'on égorge, au point que vous n'entendrez sans doute rien des explications du guide (remarquez vous vous en foutez, c'est en Tchèque que vous ne comprenez généralement pas). Du bonheur ma brave dame... Concernant le canotage, ne vous faites pas trop d'illusions non plus, parce qu'une fois sortis de l'enfer de la visite, les chiards voudront tous aller sur l'étang (et moi aussi, pour les noyer de mes propres mains, tous, sales merdaillons) aussi vous devrez patienter de longues minutes avant de pouvoir vous installer sur une barque. Et si vous échappez aux chiards turbulents, alors vous aurez sans doute la chance de tomber sur un troupeau de p'tits vieux qui sont certes moins bruyants, mais généralement plus nombreux, beaucoup plus nombreux, beaucoup plus lents, et surtout en majorité sourds comme des sonneurs d'enclumes les poussant à s'agglutiner en grappes hémorroïdales compactes autour du guide afin (d'essayer) d'entendre ce qu'il raconte.
Vous, vous n'aurez pas cette chance, d'entendre quoi que ce soit, parce que trop loin. Et si vous n'avez vraiment pas de bol du tout (genre comme moi), alors y en aura au moins un, de p'tit vieux, qui sentira fortement la pisse qui se néglige et qui se trouvera systématiquement devant vous afin que vous profitiez pleinement des effluves rances lors du moindre déplacement d'air. Bonheur, quand tu nous tiens...

Que rajouter de plus, ben rien. Ou si, attention, je ne dis pas que ce n'est pas beau, "Červená Lhota". Si, c'est beau, mais à l'instar de "Hluboká", en dehors d'être beau, c'est vide. C'est totalement creux d'un point de vue historique, artistique comme architectural. Et si vous rajoutez les kilomètres de stands à couillonneries pour touristes-pigeons, les 50 CzK de parking qui depuis des années me restent en travers de la gorge comme un poil entre les dents, la populace innombrable qui se rue au castel insipide alors que la région déborde de trésors, ben tout ça fait que malgré qu'il soit beau, ce château ne m'est pas du tout sympathique. Et juste pour terminer quand même, je me fous des 50 CzK de parking d'un point de vue budgétaire, c'est 1,5 bières, alors vous pensez bien que je dépense nettement plus que ça dans une petite journée bien moyenne. Non, ce qui me dégoute, c'est que 50 CzK, c'est généralement 50% à 75% du prix d'entrée à l'intérieur du monument visité, et quand vous comparez l'apport culturel d'une visite par rapport à 2h de stationnement sur un stupide emplacement, faut quand même remettre les choses à leur place non? Tiens, rapide calcul.
Ce foutu château a accueilli en 2007 l'incroyable nombre de 90.000 visiteurs. Si seulement la moitié est venue en voiture (45.000 visiteurs), que je compte 3 personnes par voiture (15.000 voitures), on arrive à la somme de 15.000 x 50 = 750.000 CzK (30.000€, sans compter les bus qui payent 150 CzK), et comme c'est ouvert seulement pendant la saison, soit 6 mois, c'est 125.000 CzK (5.000€) par mois pratiquement net (j'aimerais savoir combien de voitures ils déclarent au fisc, quant aux charges d'exploitations, elles sont nulles). Pour info, un salaire moyen en CZ est de 21.000 CzK (840€) par mois, ce qui nous fait une différence de pratiquement 6 fois. Eh ouais, 6 fois un salaire moyen pour tenir un parking à la con. Sans dec, chuis scié. Eh, attends, pour comparer avec d'autres splendeurs comparables en nombre de visiteurs sur l'année 2007: le château de "Švihov" autrement plus historique: 40.000 visites seulement. La splendide abbaye de "Kladruby", sublime joyau baroque: 22.000 visites seulement. Le pratiquement inconnu "monastère de Sázava" pourtant capital dans l'évolution linguistique slave en Europe: 12.000 visites. Et maintenant tenez-vous bien, la splendide grande blonde surmaquillée à gros nichons synthétiques totalement vacante dans sa cafetière d'andouille facile, "Hluboká": 285.000 visiteurs, eh oui braves gens, ça fout les boules moi j'dis. Allez, on ne va se pendre la tête non plus parce qu'en ce monde, le superficiel l'emporte toujours sur le profond, c'est inévitable, aussi faut s'y faire. "Chérie, apporte-moi une Kro et France Dimanche..." Kro-ordonnées: 49°14'47.369"N, 14°53'6.782"E.

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