mardi 31 mai 2005

Ville: Le joli parc de Letná

Alors pour une fois, z'aurez pas de difficulté à le prononcer, ça se dit pareillement en français. Et donc dans la série les espaces verts de cette superbe ville de Prague, je voudrais les "Tná". Le nom officiel est "Letenské sady", mais tout le monde dit "Letná", c'est comme Panam (pour Paris), ou Schilik (pour Schiltigheim, ah vouis, sûr, si vous êtes pas Alsacien alors savez pas, bon, pas grave...).
Et donc "Letná" fait partie des collines originelles qui ont formé Prague la magnifique. Historiquement, c'est tristement creux, mais géographiquement c'est bougrement plat, plat certes, mais offrant encore aujourd'hui une des plus belle vue sur Prague, je conseille vivement de vous y promener. Creux, plat? Je m'explique. Comme c'est bien plat, géographiquement, et juste au dessus de la ville de Prague, la surplombant superbement, "Letná" a régulièrement servi au cours de l'histoire de quartier, de camp de campement, enfin de cantonnement, aux armées d'invasion ennemies qui venaient s'en prendre à la ville (sauf pour les armées du pacte de Varsovie, qui elles, les immondes salopes, ont envahi la ville en une seule et unique nuit).
Mais c'était pas le seul endroit de prédilection, ben non, il y avait aussi la plaine de "Pankrác", mais elle c'était plutôt pour les armées venant du Sud et de l'Est (Hongrois, Autrichiens...), qui devaient d'abord prendre "Vyšehrad", tandis que "Letná" était plutôt réservé aux armées d'invasion ennemies du Nord et de l'Ouest (sauf pour les armées du pacte de Varsovie, qui elles, les immondes salopes, sont venues de partout en même temps). Ainsi "Letná" a reçu la visite des Prussiens, des Bavarois, des Suédois, des Français, et de nombreux autres qui ont oublié de signer le livre d'or en partant (sauf pour les armées du pacte de Varsovie, qui elles, les immondes salopes, sont restées plus longtemps que prévu et ont largement laissé des traces de leur passage).
Et ceci explique donc pourquoi historiquement c'est désolément creux. Vous iriez, vous, construire une cahute de bon paysan ou une demeure de riche bourgeois sur le passage obligé des armées d'invasion ennemies? Et c'est pour ça qu'il n'y a rien de bien intéressant, historiquement parlant.

Avant, à l'époque des con-munistes, il y avait la plus belle statue de Staline qui ait jamais été sculptée, quelques 14000 tonnes, 15 mètres de hauteur pour 20 mètres de long (une des rares à être plus longue que large, de statue),
le tout surplombant la ville pendant 7 ans (1955 – 1962), 2 ans après sa mort (à Joseph Staline, Iosif Vissarionovich Dzhugashvili). Ben on n'avait pas vraiment calculé, eh ben tiens, comment qu'on pouvait savoir? Les premières Pierres ont été posées en 1949, les travaux allaient bon train, il avait gagné la guerre et libéré (officiellement) la Tchécoslovaquie, alors ben quoi, on pouvait pas savoir non plus pour tout le reste, les purges, le despotisme, ben z'êtes marrants aussi, y avait pas CNN à l'époque. Pis c'était 'achement joli, le culte de la personnalité, Staline en tête, suivi d'ouvrières, paysannes, soldats et autres prolétaires en marche pour un monde meilleur...
"File d'attente à la boucherie" ("fronta na maso") que ça s'appelait le monument, enfin pas officiellement bien sûr, mais par le bon peuple Tchèque qui ne perd jamais une occasion pour faire de l'esprit. Elle avait été sculptée (enfin sculptée, plutôt construite, maçonnée, designée qu'on dirait aujourd'hui) par "Otakar Švec" qui se suicida la veille de son inauguration (de la statue). Bref, elle y restât 7 ans, au bout desquels Nikita (Khrouchtchev) frappa du soulier sur la table et ordonna résolument aux lèche-culs tchécoslovaques de l'époque de faire disparaître illico la monumentale idole du "petit père des peuples" s'ils ne voulaient pas terminer leur vie en Sibérie à sculpter la statue de Nikita dans la glace à l'aide d'un cure dent.
Ensuite on y construisit un métronome géant, qui fonctionne de temps en temps, mais surtout, que tout le monde se demande à quoi qu'il sert et qu'est ce qu'il représente? Pis en 1996 il y avait pendant quelques jours une statue de 10m représentant Michael Jackson (véridique), en 1998 s'y trouvait une affiche géante promouvant la candidature de Vaclav Klaus aux législatives.

Bref, tout ceci c'est de l'anecdote, ce qui est important aujourd'hui, c'est que c'est un parc superbe, où qu'il fait hyper bon en été quand la chaleur devient insupportable dans le centre de Prague, que c'est un lieu de rendez-vous pour les "qui s'aiment" (bis et homos), pour les "qui bronzent", les "qui font du vélo", les "qui font du skate", les "qui font du roller", les "qui promènent gnafron",
les "qui promènent kiki", les "qui se reposent sur l'herbe", les "qui courent qu'on se demande pourquoi?", les "qui bronzent couchés sur le dos", les "en visite qui suivent le parapluie", les "qui savent pas quoi faire d'autre". Disons que c'est plein de monde hétéroclite (et homoclite comme monoclite :-), plein de jolies filles en shorts qui font du sport ou en maillots de bains qui bronzent (les filles, pas les maillots), la vue sur Prague est unique et le "biergarten" somptueux, à consommer sans modération. A ce propos (de "biergarten"), signalons que le meilleur (à mon avis, perso, n'engage que moi), c'est la cahute-buvette qui se trouve de suite à gauche de l'entrée du "biergarten", vous faites la queue auprès des charmantes serveuses, vous récupérez votre bière ("Gambrinus", 10 deg.) dans un gobelet en plastique dans une main, le hot-dog dans l'autre, et hop, z'allez choisir une jolie place sous les marronniers avec vue imprenable sur les cent tours de Prague.
Ensuite vous avez le resto "Výletná". Oui, sympa aussi, pas cher, plaisant, mais y a pas la vue sur Prague et ils servent de la "Krušovice" (11 deg.). Celui-là, de resto, je vous le recommande quand il faut aller à l'intérieur, c'est à dire soit à partir de fin août, en début de soirée, quand il commence à faire frisquet et qu'une petite laine s'impose, ou en journée en toute saison, quand vous en êtes à votre 5ème piqûre de guêpe. Pis il y a encore le "Letenský Zámeček", alors celui-là je ne peux rien vous dire, car j'y suis encore jamais allé.

Ca fait nouveau bourge vaniteux, Môsieur et Mâdame le Vicômte vont dîner, suffit de regarder leurs pages Internet alors c'est pas trop pour moi, les virées en roller-costume-cravate... Mais bon, comme dis, hein, que ça ne vous empêche pas d'y aller, vous, si ça vous branche.

Dernier truc, juste à côté du "biergarten" dont je viens de vous en causer, à 100 m de là, se trouve le somptueux Musée Technique qu'il est indispensable d'aller voir, alors en cas de froid, de piqûres de guêpes, laissez tomber le troquet "Výletná" et filez au somptueux Musée Technique, ça vaut vraiment la peine.

lundi 23 mai 2005

Légende: Prague, "Praha", et pourquoi?

Chers lecteurs, peut-être ne vous êtes vous jamais demandés pourquoi Prague s'appelle "Prague"? Peut-être que ça ne vous intéresse d'ailleurs même pas, mais alors peut-être même pas du tout du tout du monde? Ben oui mais tiens, mais c'est vrai, pourquoi Prague s'appelle "Prague", et pas "Ris", pas "Rexemple"? Pas "Razard"? Ben oui mais non, tiens, ben j'vais vous le dire, parce que c'est quand même important depuis le temps que j'en parle (de Prague). Alors oui, bien sûr, j'entends déjà des fâcheux, pisse-vinaigre à l'oeil saumâtre, objecter "oui, alors euh... le Strogoff, il va encore nous parler d'une esbroufe comme ça, genre, parce qu'il n'a même pas de photos qui vont bien avec le sujet, et c'est uniquement pour enfumer le poisson, parce qu'il n'a rien d'autre sous le coude, même pas un sujet qu'on veut nable".
Ben justement c'est pas vrai, aujourd'hui les photos sont en plein avec le thème dont je vais vous parler, à savoir pourquoi que Prague s'appelle "Prague". Et donc je vous ai trouvé quoi? Hum... de magnifiques photos de Prague! Et toc, paf, pan sur le bec, na! "Fais montrer tes oreilles vilain bougre que je m'en aille te les tirer en pointe".

Comme toute antique histoire qui remonte à la nuit des temps immémoriaux, celle-ci est tant peinte de mythes qu'elle est emprunte de légende. Alors lecteur perspicace, lis entre les lignes, abreuve toi du conte de fées, des gnomes, des lutins et de la bonaventure chevaleresque, mais fais la part des choses, prends du recul et considère avec sagesse le vrai du faux. La force est en toi!

A l'instar de la légende du "Golem", permettez-moi avant l'histoire de vous en présenter les protagonistes:

  • "Cech": notre premier souverain, alors qu'il vadrouillait dans les plaines les plus désolées, en haut des montagnes des plus hostiles, à travers les contrées les plus sauvages, habitées par les tribus les plus féroces, à la recherche d'une patrie des plus accueillantes, "Cech" et son peuple s'arrêtèrent quelques minutes pour casser une croûte bien méritée en haut de la colline la plus "Ríp".
    Et tandis qu'il scrutait l'horizon (du haut de la colline) pour savoir s'il devait sortir son K-way de sa besace, il mit sa main droite à plat contre son front pour protéger ses yeux du soleil (comme Sitting Bull quand il était debout) et découvrit stupéfait, au loin, un paysage d'une beauté insoupçonnée, une nature enchanteresse, une contrée splendide, la vallée de la "Vltava". "C'est là que vous planterez ma tente, et c'est là que sera notre patrie" déclarât-il, et ainsi fut fait. Puis mariage, batifolage, descendance, et décès...


  • "Krok": le fils, successeur de "Cech", à la tête du peuple tchèque (ben voilà, maintenant vous savez aussi d'où ça vient "Tchèque") en eut assez après quelques années de dormir sous la tente en peau de Ouille qu'il avait hérité de son papa (situation des plus compréhensibles pour ceux qui ont vécu cette expérience unique en tant qu'adultes et en plein hiver).
    Alors qu'il vadrouillait dans les plaines les plus désolées, en haut des montagnes des plus hostiles, à travers les contrées les plus sauvages, habitées par les tribus les plus féroces, à la recherche de champignons des plus comestibles (activité par ailleurs encore très prisée par les Tchèques, c'est dans les gènes), "Krok" et son cochon truffier "Kvetomil" s'arrêtèrent quelques minutes pour casser une croûte bien méritée en haut de la colline la plus "Vyšehrad". Et tandis qu'il scrutait l'horizon (du haut de la colline) pour savoir s'il devait sortir son K-way de sa besace, il mit sa main droite à plat contre son front pour protéger ses yeux du soleil (comme Sitting Bull quand il était debout) et découvrit stupéfait à ses pieds un rocher d'une beauté insoupçonnée, d'une hauteur satisfaisante, une vue splendide, la vallée de la "Vltava" (oui, mais pas au même endroit). "C'est là que vous construirez mon château et c'est là que sera notre dynastie" déclarât-il, et ainsi fut fait. Puis mariage, batifolage, descendance, et décès...


  • La princesse "Libuše": la fille de "Krok" et petite-fille de "Cech" était une princesse d'une beauté inimaginable, elle était non seulement magnifiquement belle, mais bougrement intelligente de surcroît, velue de bon sens, de sagesse, d'empathie, d'amour et de savoir vivre. C'est bien simple, elle aurait pu être Ambassadrice Avon: "Il vous manque du savon?
    Appelez l'Ambassadrice Avon. Chez Avon nous l'avons le savon qui sent bon"
    . Ah ouais? Non, pas ah ouais, ah bon! Avon, a bon (Banania). Bref, et tout le monde l'adorait notre "Liba" (diminutif de "Libuše"), la vénérait même, sauf une poignée d'andouilles qui... eh mais attends, chuis parti pour vous raconter l'histoire, là, alors stop. L'histoire c'est pour après, quand j'aurais présenté tout le monde...


  • Le laboureur "Přemysl": jeune paysan du village de "Stadice" (Latitude 50° 37' 0N, Longitude 13° 58' 0E, près de "Teplice"), sacré gaillard beau gosse fichtrement bien balancé, et qui, grâce à la princesse "Libuše", deviendra non seulement son mari et époux, mais également le premier roi de la dynastie des "Přemysl" (Premyslides en francais) qui régnât (la dynastie, pas le 1er "Přemysl" des "Přemysl") sur l'empire de Bohême du milieu du IX ème siècle jusqu'au tout début du XIV ème (1306 pour être exact, jusqu'à l'assasinat de "Václav III" qui mourut sans descendance masculine, laissant le trône vacant aux Habsbourg, puis aux Luxembourg, puis aux Habsbourg de nouveau en passant de temps à autres aux Jagellon, aux Wittelsbach... bref une foire sans nom après les "Přemysl" où tout était clair, avant).


  • Le cochon truffier "Kvetomil": bon, d'aucuns diront "ouais, un cochon truffier, c'est pour chercher des truffes, et pas d'autres champignons, parce que selon les spécialistes, il émane de la truffe des effluves identiques aux phéromones sexuelles, et donc ben ça attire naturellement le cochon obscène (truffier uniquement, les autres cochons non truffiers, ils s'en foutent des phéromones, les autres c'est le gland et la châtaigne), et les autres champignons ben ils n'exhalent pas des phéromones".
    Faux! Et c'est là que les d'aucuns se trompent. C'est vrai qu'aujourd'hui, les cochons truffiers ne cherchent, comme leur nom l'indique, que des truffes, mais avant, en leur apprenant bien aux cochons, en truffant la fiâsse de la truie par exemple de cèpes ou de bolets et en la faisant renifler (la fiâsse truffée) régulièrement au goret, ben en grandissant il apprenait à renifler les cèpes ou les bolets, eh ouais. Ce fait a été récemment confirmé par les expériences du professeur Apffelschmitt du département des hautes études porcines appliquées de l'université du Maryland, qui s'est employé avec succès à élever des porcs renifleurs de Channel n°5, de pâté de foie de sanglier (avec morceaux), et de cocaïne péruvienne en provenance de Colombie. A signaler également que cela fonctionne pareillement avec des billets de 500 euros, mais comme les gens en perdent beaucoup moins qu'il ne pousse de champignons, ça n'offre strictement aucun intérêt.


  • Bien, et maintenant la légende, pourquoi Prague s'appelle "Prague"? C'était un de ces magnifiques matins de septembre où le soleil brillait de plein feu, chauffant l'atmosphère de ses rayons ardents, matinée comme l'on peut en vivre à la pelle dans cette merveilleuse contrée de Bohême. Et notre bon roi "Krok" se dit: "quel temps, mais nom d'une pipe en bois quel temps magnifique, mes aïeux, qu'est ce que je vais bien fiche aujourd'hui? Pas de bataille historique à livrer, pas de construction de mon château à surveiller... ben tiens, j'vais m'en aller chercher des champignons avec mon brave et fidèle 'Kvetomil'". Et ce qui fut dit fut fait.
    A son retour, "Krok" déposa son abondante cueillette à la cuisine, demandant aux cuistanciers de bien vouloir préparer pour le dîner familial une bonne poêlée avec de l'ail, du persil, le tout reviendu sur du beurre au sel de Guérande (fin gourmet ce "Krok", c'est comme ça que je les préfère moi aussi, les champignons).

    Le dîner familial en fait commença de manière bien insolite selon les historiens et témoins de l'époque (voir les mémoires du maître queux personnel de "Krok", "Moi qui ai servi le roi de Bohême"). En effet, "Krok" fatigué par sa promenade matinale s'en était allé se coucher sans dîner, "Přemysl" qui n'était pas encore roi à l'époque mais simple paysan et prétendant de la princesse terminait de labourer un lopin de terre au bas du château de "Vyšehrad", bref, la princesse "Libuše" s'était retrouvée à table qu'en compagnie du fidèle "Kvetomil" qui grognait d'impatience de déguster la délicieuse poêlée de champignons.

    Bien que frugal, le dîner n'en fut pas moins savoureux, et ce n'est qu'en fin de repas, qu'à nouveau les historiens et témoins de l'époque rapportent un comportement des plus singuliers de la Princesse comme du pourceau. Attention, à partir de là, "conditionnel" car incertitude et doute persistent sur les faits. "Libuše" se serait mise progressivement à rire sans raison, de plus en plus fort, jusqu'à l'hystérie, se serait assise auprès de "Kvetomil" tout en le saisissant par le cou, et les deux acolytes auraient alors entamé une discussion enflammée mais incompréhensible pour les témoins sur un soi-disant "projet de traité établissant une constitution pour l'Europe".
    A ce stade, les évènements certes curieux ne semblaient à personne invraisemblables, cependant après trois heures d'échange soutenu d'opinions diverses avec le bestiau, les faits prirent une tournure encore plus inattendue. "Kvetomil" serait descendu de sa chaise, et se serait essuyé le groin avec sa serviette après avoir roté plusieurs fois. La princesse, à son tour descendue de sa chaise, aurait alors relevé sa longue jupe jusqu'au niveau des genoux, se serait assise à califourchon sur son râble (au cochon) tel sur un destrier, et les deux diables auraient quitté la salle à manger au triple galop en direction de la cour, aux cris de "vas-y 'Kvetomil', vas-y mon cochon, montre-leur ton nombril, moi j'leur montre mon c...". De là ils auraient fait plusieurs fois le tour des remparts intérieurs du château, la Princesse braillant comme un hussard prussien à la bataille de Waterloo, "Kvetomil" couinant et grognant comme aux cochonnailles de la St Martin, pour finalement s'arrêter tous deux devant le rempart nord, juste sur le rocher d'à partir duquel "Krok" décida de construire "Vyšehrad". Les habitants de la forteresse, réveillés par tant de ramdam baroufesque, seraient sortis dans la cour, les paysans croyant le château en proie aux Suédois auraient accouru, et c'est ainsi qu'ils eussent tous pu contempler la scène qui se serait déroulée sous leurs regards hébétés et qui fut maintes fois représentée par de nombreux artistes tchèques.
    Sous le clair d'une pleine lune absolument parfaite, "Kvetomil" le cochon à bout de souffle haletait et pétait comme un vieux roussin, tandis que la princesse "Libuše", la jambe gauche appuyée en équerre sur les pierres du rempart, les pupilles dilatées comme des boules de cristal, sa main droite à plat contre son front scrutant l'horizon (comme Sitting Bull quand il était debout), et sa main gauche écartant les branches du tilleul sous lequel elle se trouvait, aurait prononcé les paroles suivantes: "Je vois, à 3465m d'ici, à droite, derrière les eaux de la 'Vltava', un immense château dont la gloire infinie monte jusqu'aux confins des étoiles de l'espace galactique interstellaire". Stupéfaction de l'auditoire. Pis d'ajouter sous les regards de plus en plus abasourdis de l’assistance "Et au bas de ce château colossal, je vois une ville splendide, une ville de cent tours bâtie d'or, vous la nommerez 'Praha' et elle sera la capitale de l'empire, la mère des villes, et la couronne du monde". Pour certains historiens et témoins de l'époque, le discours de "Libuše" en serait resté là, mais pour d'autres, elle aurait continué ses divagations prophétiques. "Et dans ma chambre il y aura un chauffage individuel au gaz, une salle de bain privée avec bidet à la française, et une ligne téléphonique directe à haut débit".
    Après quoi, "Krok" serait personnellement intervenu pour coucher sa fille et son cochon, tous deux survoltés comme une belette qui attend qu'une poule ponde. Il aurait également mis un terme définitif à la cueillette des champignons ayant découvert quelques jours plus tard, que "Kvetomil" souffrait d'une importante hyposmie (diminution dramatique de l'odorat), conséquence directe de sa péricoronarite aiguë congestive (infection douloureuse des dents de sagesse). Le malheureux aurait ainsi fortuitement flairé des champignons toxiques responsables du remarquable et historique chambard précédemment évoqué.

    Bref, allez savoir ce qui est la vérité et ce qui est la légende. Quoi qu'il en soit, une chose est sûr, la ville de Prague existe bel et bien, et sa splendeur, sa beauté et sa majesté ont de tout temps subjugué tous ses visiteurs. "Ben vouais" me direz-vous, mais ça n'explique pas pourquoi elle s'appelle "Praha"? Ben si, justement, parmi les nombreuses hypothèses, je vous en ai justement présenté une, les champignons.
    La princesse "Libuše" a dit "Praha" sous l'emprise des champignons alcooliques, elle aurait pu dire "Prahaha", ou "Tralala", enfin n'importe quoi, mais elle a dit "Praha", ben voilà. Bon, il y en a encore une autre de supposition, qui dit que "Prah", qui veut dire "seuil" en francais, aurait été à l'origine du nom de la ville. Toujours en plein délire, la sueur coulant et collant sous ses bras, dans la même position qu'auparavant portraiturée, notre "Libuše" se serait encore exclamée "Parce que tout homme baisse la tête pour franchir le seuil d'une demeure, les souverains de ce monde la baisseront devant 'Praha' et devant mon splendide château". Bon, en français c'est pas aussi exaltant, passionné, mais en tchèque ça le fait bien, vraiment.

    Mais outre la légende, il y a l'histoire, et là les théories ont un peu plus de fondement.
    Avant de s'appeler Prague, la ville s'appelait originellement "Mezigrady", signifiant en tchèque "entre les châteaux" puisque bâtie entre "Vyšehrad" et "Pražský hrad" (château de Prague). Pis en 965, première description de la ville par le marchand arabe "Ibrahim Ibn Jakub" qui parle d'une ville bâtie de pierre et de chaux "Faraga", devenu au fil du temps "Paraga", "Praga" (toujours en italien) puis "Praha".

    Pis y a encore des théories plus linguistiques cette fois. L'une d'elle prétend que "pra" signifiant "ancien, d'avant, originel", comme dans "prababička" (arrière grand-mère), ou "prazdroj" (vieille source, "Urquell" en allemand, dans "Pilsner Urquell") comporterait une notion de "à l'origine de, initial, ancestral, matriarcal", et ceci pourrait expliquer les épithètes latin qu'on donna très vite à la ville "Praga mater urbium" (Prague, mère des villes), "Praga tocius Bohemiae domina" (Prague, la dame de toute la Bohême), qualificatifs dans lesquels les notions "originelles, matriarcales" sont extrêmement présentes. Par contre si on arrive à expliquer tant bien que mal "pra", on n'a pas la moindre idée sur "ha" qui aujourd'hui en tchèque ne signifie rien.
    Autre chose, "Praha" viendrait du mot "pražení" (calcination, rôtissage), ou "pražit" (griller, rôtir) en rapport avec la déforestation par le feu destinée à établir les premiers campements lors de la construction de la ville.

    Bon, ben eh, je vous laisse choisir. Moi personnellement je préfère la version "princesse Libuše", parce qu'à défaut d'être véridiquement garantie authentique, au moins elle me fait sacrément marrer. Ah vouis, et pour terminer, sachez également que le bon roi "Krok", malgré le schproum inouï dont le gruik "Kvetomil" s'était en partie rendu coupable, ne lui en pas voulu le moins du monde. Ils terminèrent leur vie ensemble, main dans la main en fumant la pipe en bon vieux potes fidèles au château de "Vyšehrad", tandis que la princesse et son paysan de mari "Přemysl" s'installèrent au château de Prague pour y régner et engendrer une bonne descendance bien tchèque et bien vigoureuse qui ira, plus de 1200 ans plus tard, botter copieusement le cul des Canadiens aux championnats du monde de Hockey sur glace à Vienne (Autriche).

    mardi 17 mai 2005

    Insolite: Le bon français bien de chez nous

    Alors aujourd'hui, les photos, les plus sagaces d'entres-vous me diront qu'elles n'ont à nouveau rien à voir avec le sujet. "Sans dec Strogoff, ça commence à bien suffire c'te histoire là, quand c'est il donc, nom di diou, que tu vas enfin nous publier un sujet qui tient la route debout"?.
    Ben chais pas trop, parce qu'en ce moment là, c'est un peu la urge. Entre les vacances où chuis parti, les congés que je ne suis pas là, le travail au boulot, le championnat du monde de hoquet :-) (hockey sur glace, à la téloche, fini maintenant, champions du monde les Tchèques, hourra bravo les gars)... alors je le confesse, c'est vrai, mea culpa, mea maxima culpa, mais j'ai pas trop le temps. Je gratte donc les fonds de tiroirs de mon disque dur et de mon encéphale pour vous trouver des photos de Prague et des commentaires non encore publiés et publiables (des pas trop moches, des pas trop classés X, des pas trop incompréhensibles), et comme dit précédemment au dessus, c'est pas facile avec la recrudescence de la diminution de mon temps libre.

    Bref, donc présentement, je vais vous parler des quelques perles en français qu'on trouve sur les sites Internet tchèques.
    Vouis, je sais, d'aucuns diront c'est facile de se moquer et c'est pas bien du tout, c'est même mal, vouis vouis, je sais bien mais j'ai pas pu résister. En fait c'est pas que je me moque, enfin si, quand même un peu (sois honnête quand même!), mais bon y a des trucs genre parfois, que je ne peux pas résister de m'en bidonner les boyaux, et les traductions bancales de la langue en font partie, partie des trucs tordus qui me font vraiment pouffer de rire, des fois. Pis obligé quand même de se gausser, enfin chais pas, flûte, mais c'est du français quand même, c'est pas de l'hébreux byzantin traduit par un chinois arabophone dyslexique, alors chais pas,
    z'ont qu'à louer un étudiant francais qui étudie ici, à Prague, l'étudiant (y en a velu) et qui coûte pas cher pour faire la vérificorrectation de leur charabia branlant, c'est quand même destiné à être publié, vu et lu par plein de monde, alors j'te dis pas l'image caca boudin de la boîte que ça donne au lecteur qui tombe dessus. Enfin donc voilà, une sélection de couillonneries stupéfiantes mais absolument véridiques trouvées sur le net. Tout est authentique, tel quel, avec et sans accents, fotes d'ortografes qu'on prise. Mort de rire! Ah si quand même, les noms propres (sociétés et personnes) ont été volontairement transformationnés.

  • Comme une service pour vous XXX-AGENCE envoyerez ce demande vers notre partner locale en Prague / Tchèque République directement. Nous allons vous contactez en email, téléphone ou fax pour confirmer votre demande de prix ou information.
    XXX-AGENCE respectez votre "privacy", l'information que vous nous donnerons ne fait pas donnnez ou achêtez par tertiares.

    C'est là qu'on se rend compte que les traducteurs informatiques en ligne ne sont pas encore tout à fait au point.


  • [...] le communisme et la revolution et nous allons vous piloter a travers quelques-uns d eux. Nous allons vous montrer aussi ce qui a ete fait apres la "Revolution veloutee" en 1989. Notre guide erudit va vous raconter tous les evenements qu il a vus de ses propres yeux.
    Alors là, ils ont trouvé la perle rare, le gonze introuvable ailleurs, qui a tout vu de ses propres yeux, tout entendu de ses propres oreilles, qui était partout quand il fallait y être au bon moment, et depuis le communisme jusqu'à aujourd'hui. Chuis scié, et il a quel âge leur Mathusalem?


  • 1989 - la soi-disante révolution veloutée, Vaclav Havel élu Président de la République.
    Décidemment, ils y tiennent à leur "velouté",
    y en a dans la soupe, dans la révolution... C'est sûrement un seul pitre au départ qui a écrit cette andouillerie, et ils ont tous fait des copié-collé sans se poser de question.


  • Prague, la capitale de la République Tcheque, est notre réservation urbaine de monuments historiques la plus importante.
    Ben vouais, on savait pas trop d'où c'est qu'on allait mettre tout ça, alors on s'est dit "tiens, ben y a qu'à créer une réservation urbaine vu qu'il y a des réservations naturelles, eh!"


  • A leur transport sert un système du métro, de tramways et d'autobus.
    Pis s'y en a des qui veulent faire du vélo,
    ben aussi, à leur transport sert aussi un système de louage de vélo.


  • La validité des billets peut être vérifiée [...] par les contrôleurs de la Régie auto-nome des transports.
    Ah ouais, ils ont aussi un système du transport en auto (nome)?


  • Le contrôleur est autorisé à demander au passager la présentation d'un billet valable, à retirer des billets non valables et à percevoir, en cas d'un trajet sans billet valable, une amende; en cas du prix non payé du transport d'objets, il perçoit une amende dans le montant d'un quintuple du tarif fixé.
    Vouais, ben alors là, c'est pas un morceau de tarte à la quetsche! Ca donne vraiment pas envie de resquiller des conditions pareilles.


  • Le contrôleur exhibe un insigne jaune et rouge.
    Et s'il exhibe autre chose, alors c'est pas un contrôleur.
    Faites gaffe aux contrefaçons.


  • Il délivre une quittance de remboursement de la somme fixée.
    La quittance de remboursement, c'est pour se faire rembourser de la somme fixée de l'amende que tu reçois.


  • Si une personne handicapée dans un fauteuil à roulettes utilise les transports urbains en commun de surface [...]
    Dis donc mémé, t'aurais pas vu mes patins roulants par hasard?


  • La République tchèque est située directement dans le cœur de l’Europe.
    Elle offre, à ses visiteurs, ses monuments historiques, châteaux-forts, châteaux et sa belle nature variée à visiter.

    Et elle offre aussi sa cuisine, sa bière, et ses jolies filles à manger, à boire, et à regarder.


  • Brasseries et bars, dépôts de vin.
    ... et aussi des pots de vin, ou entrepôts à bière.


  • Pizzeries
    ... et fastfoodéria...


  • [...] garer votre voiture dans des parkings de type P+R (Park and Ride), soit gare ta voiture et prends les moyens des transports en commun de Prague [...]
    ... et fais pas ch..., merde!


  • Ma formation:
    -Licence et agrégation de Guide de la République Tchèque -Licence et agrégation de Guide de Prague -Licence et agrégation de Guide de Musée juif de Prague -Licence et agrégation de Guide de Château de Prague.

    Et la licence et agrégation de la marche à pieds sur les trottoirs, licence et agrégation de la tenue verticale du parapluie, licence et agrégation du parlage devant les touristes sous la pluie, tu les as aussi?


  • Les prix d'hébergement augmentent dans la direction du centre historique de la ville.
    A raison de X couronnes tchèques par Y mètres selon une échelle logarithmique E dans un espace limité L.


  • Le transport de tram pragois a celebra il n'y a pas longtemps cent ans de son existence.
    Si vous ne vous depechez pas, c'est un moyen de transport ideal, parce que vous pouvez observer les monuments historiques.

    Et si vous n'êtes pas plus pressés, z'allez finir par le louper, le tram.


  • La synagogue sert encore aujourd'hui aux raisons de la réligion.
    Ah ouais, parce que la religion a des raisons?


  • [...] et il était un endroit préféré du roi pour les meditation de l'empereur.
    Drôle de cumul de mandats dis donc!


  • Apres une excursion détaillée vous serez ramenés à Prague.
    Chez nous, c'est compris dans le prix, chez la concurrence faut se démerder par soi-même.


  • Avec ce circuit vous allez visiter un de plus connus chateaux, qui était construit sous la regne de Charles IV [...].
    Ce chateau enorme gotique se trouve 38 km au sud-ouest de Prague.

    Sérieux maître Yoda, y aller il faut, à voir splendide c'est.


  • Pendant ce circuit vous allez prendre la connaissance avec l'histoire de la ville [...]. Vous allez voir les plus impressionists object de l'architecture [...]
    Sériously, c'est vraiment beautiful.


  • Pendant ce circuit vous allez recevoir les renseignements du développement culturel et historique de Prague.
    Et faites y gaffe à pas les perdre, on ne vous les donne pas pour rien.


  • Vos impressions serons élévées par une promenade [...]
    Mais un peu abaissées s'il pleut.


  • Vous allez aussi detaillement voir aussi l'environnement du Chateau de Prague [...]
    ... aussi nettaillement que ca aussi?


  • Sauf un programme culturel irrepetable de la musique et de la lumiere on vous attend meme les vues sur Prague dans la nuit.
    Ca s'annonce 'achement bien comme programme ça,

    culture, musique, lumières, et même des vues de Prague, le tout dans la nuit, ben flûte alors!


  • Vous allez écouter un group de la musique folklorique avec duquel avous pouvez danser et chanter.
    Pour les paroles des chansons, avous pas inquiéter, avous aller reçu la prononciation: youpi youpi hopla tralala, pouet pouet tirili...


  • Le chateau de chasse Konopište se trouve dans un parc de château [...]
    Non non, là il y a une erreur, il se trouve dans "un parc de château de chasse".


  • La ville balneaire tres connue à l'ouest de Boheme, qui est devenue connue par découvrir des sources chaudes mineralles [...]
    Pis aussi la "Becherovka", devenue connue aussi par découvrir.


  • On a profité de l'eau pour guérir les infirmités de tous les rois.
    Ouah l'autre, attends, eh, d'abord tous les rois n'étaient pas éclopés, et ensuite j'ai ouï dire que ça ne marchait pas pour la calvitie des dessous de bras.


  • Le ristourne 24 heures avant l'arrivée: -100% du prix total.
    C'est même mieux que les soldes, gratos, totalement! Mais tu peux pas te faire rembourser, ben non.


  • L'hotel offre 90 chambres avec une propre ou commune salle de bains et toilettes [...]
    Alors je vais prendre la propre, si elle n'est pas encore occupée parmi les 89 restantes...


  • Dans le batiment il se trouvent un restaurant secessioniste avec une cuisine internationale [...]
    Mais ce restaurant n'a rien à voir avec le reste de l'hôtel totalement fédéré et uni.


  • Pour quelques hotels est le paiment demandé en avance
    (soit par la carte de crédit soit par le virement banquier) a cause de pouvoir recevoir le meilleur prix.

    Et par les tchèques pousse-tôt, on peut aussi répondre en avance?


  • Il offre 53 chambres, chacune est équipée par une douche, toilettes, une télevision colorée avec satelit et telephone d'une ligne directe.
    Alors moi j'en aimerais bien une équipée par une baignoire, pis la télévision à tons pastels si possible.


  • Le petit déjeuner est servi en forme de choix.
    Et le dîner, il est servi à table?


  • Le parking est assuré aux garages pres de l'hotel.
    Et pour les voitures, on fait comment?


  • Notre systeme du paiement est techniquement assuré est protege votre carte de credit avant l'abus.
    J'espère que ce n'est pas le traducteur de ce texte qui a programmé le système de protection.


  • Quelques programmes sont au moment de votre séjour déja complets, c'est pourquoi il y a tres agreable de reserver un billet en avant.
    Il y a très agréable aussi de réserver un billet en arrière :-)))
  • lundi 9 mai 2005

    Ville: L'architecture et le mélange des styles

    Ben vouis, j'étais en vacances, alors forcement, ben j'ai pas mis mon blog à jour, ben vouis, ben désole, mais voilà, j'y remédie de suite. Alors aujourd'hui je vais vous parler de Prague (ben tiens, flûte alors, ça change). En fait, j'ai de nouveau trouvé de belles photos (que c'est moi qui les ai faites encore aussi) mais qui n'ont pas le moindre rapport avec un sujet que je pourrais vous développer, sinon Prague, globalement, en général, genre des infos que ça peut servir aussi, on sait jamais, des fois.
    Et puis, hein, si je vous parle de la plus belle ville du monde... ben vouis du monde, y en a des qui prétendent... ou alors d'Europe? bon OK, donc si je vous parle de la cité aux cent clochers et aux mille tours au moins vous ne serez pas surpris quand vous viendrez la visiter, vous saurez des trucs pour épater le conjoint (qui lui ne saura pas, j'ai failli le mettre en deux mots, le conjoint :-)

    Et pourquoi Prague est une ville splendide me demanderez-vous? Ah vouis, alors attention, je vous parle de Prague centre, nouvelle et vieille ville, pas de la périphérie car là il n'y a rien à voir, c'est une horreur Thérèse, les con-munistes ont dû palier au manque considérable de logement en édifiant au plus vite des citées-cellules rectangulaires tout en hauteur pour entasser la population grandissante, c'est une sordide abomination, mais nécessité (et marxisme) faisait loi en cette époque. Bref, parenthèse fermante, et retour au sujet.
    Alors pourquoi Prague est une ville splendide me demandiez-vous? Ah ben parce que pour plusieurs raisons. La première c'est que les bâtiments ont échappé je ne sais comment aux destructions des nombreuses guerres (et plus particulièrement aux bombardements de la dernière), aux incendies gigantesques (voir Londres), aux constructions modernes d'immeubles verre-boîte (voir outre-Atlantique), et plus globalement à l'influence néfaste de certains architectes nuisibles qui considéraient le béton armé comme l'aboutissement absolu de l'édification (voir certaines stations de ski dans nos Alpes). Ensuite il y a le style, l'architecture, un mélange sublime et unique en Europe d'élégance architectonique s'étirant sur plusieurs siècles. Et enfin l'urbanisation, l'art d'organiser, de structurer une ville (voir "le culte de l'axe" du baron Georges Eugène Haussman qui aurait, selon les estimations, modifié Paris à 60%).
    Un millénaire complet d'urbanisation "anarchique" au gré des besoins, des changements, a produit une ville patchworkée, hétéroclite dans laquelle chaque siècle, chaque style, chaque souverain, roi, empereur, a laissé son estampille. Les bâtisseurs assemblèrent habillement les édifices en fonction du relief par endroit accidenté (voir la rue "Nerudova") et développèrent ainsi des quartiers colorés, contrastés, typiques à la géographie de Prague, édifiée telle Rome, sur 7 collines.
    Ainsi dans Prague, cette sublime merveille, vous trouverez tous les styles d'architecture (enfin pratiquement tous), certains uniques au monde (genre maisons cubistes), et généralement tous empreints d'une marque, d'un signe distinctif, d'un fumet unique prago-slave (voir les édifices art nouveau). Bon, je sais, j'aurai pu vous mettre les photos qui vont bien des bâtisses dont je vais vous parler, certes, ben vouis mais chuis pas un professionnel des photos, en plus j'aurais dû pèleriner abondamment dans tout Prague, pis si vous farfouinnez bien sur le net, vous devriez en trouver sans problème des photos de quoi que c'est que vous cherchez.

    Bien, allez, parlons des divers styles architecturaux qui ont marqué l'Europe en général et Prague en particulier.
    Ah oui, et encore avant de commencer, le disclaimer (avant-propos, avertissement?!) qui va bien: "les commentaires qui suivent expriment diverses opinions personnelles qui n'engagent que moi personnellement, c'est-à-dire qui sont personnellement propres à ma personne personnelle toute seule et que j'exprime personnellement dans le cadre stricte des principes fondamentaux de la liberté d'expression garantis par la Constitution Française et la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme. Aussi je ne serais aucunement être tenu pour responsable si malencontreusement ces appréciations heurtaient la sensibilité culturelle, ethnique, politique, religieuse, dogmatique, morale, sexuelle, pédagogique, déontologique, philosophique, idéologique... de quelque personne que ce soit. Attention: ces mêmes opinions ne doivent pas être mises dans un four à micro-ondes ni être conduites en état d'ivresse. Leur composition répond exactement aux règles alimentaires internationales en vigueur et ne contiennent pas d'OGM, ni d'extrait de cacahouètes, ni d'amiante, ni de poudre de plomb. Elles ne mettent en aucune manière en danger la vie d'espèces animales ou végétales protégées. Elle sont librement accessibles à tout public sans limite d'âge, ne présentent aucune contre-indication ni effet d'accoutumance, elles peuvent être consommées sans modération par les cardiaques, les diabétiques et les femmes enceintes. Vérifiez systématiquement le voltage avant de les brancher dans une prise électrique. Lavez à la main avec un éponge humide et de l'eau clair à 30° maximum, n'utilisez pas de détergents ni de substances abrasives, et repassez à l'envers. Mes opinions personnelles ne doivent être utilisées que dans le cadre de ce pour quoi elles ont été conçues (?!). Pour les lecteurs d'Amérique du nord et du Sud, ces opinions personnelles ont été testées pour être en conformité avec la réglementation FCC concernant leur utilisation à la maison ou au bureau. Elles ne sont pas nucléairement radioactives et n'émettent aucune onde radioélectrique susceptible de perturber les communications. La lecture intensive en continue de mes opinions personnelles peut, chez certaines personnes et dans des cas exceptionnellement rarissimes, provoquer des troubles visuels, voire déclencher une crise d'épilepsie. Si vous présentez un des symptômes suivants: vertige, trouble de la vision, contraction des yeux ou des muscles, perte de conscience, trouble de l'orientation, mouvements involontaires, convulsions, bouche seiche, langue pâteuse et haleine fétide, dilatation de l'anus, flatuosité inhabituellement nauséabonde, perte des cheveux et de la mémoire, démangeaisons sur le scrotum, épanchement vaginal, veuillez immédiatement cesser de lire mes opinions personnelles et consultez un médecin dés que possible. Les résidents de pays soumis à l'embargo intellectuel sont immédiatement invités à cliquer sur le bouton X en haut à droite de leur navigateur".

    Bon, ouf, chuis couvert. Aujourd'hui on ne sait jamais de nos jours, avec l'augmentation croissante des procès en tout genre, vaut mieux se couvrir. Bon, allez, les styles:

    Roman (du X ème au milieu du XIII ème siècle): à Prague l'art roman est un mélange hétérogène de nombreuses influences européennes, principalement concentré (le mélange d'art roman) autour de la "place de la Vieille-Ville".
    Enfin je vous dis ça, mais inutile de chercher, vous ne trouverez rien de visible car tout est sous terre. Ben vouis, les rez-de-chaussée ont été remblayés au XIII ème siècle pour rehausser la Vieille Ville devant les crues déjà dévastatrices de la "Vltava" (descendez dans les caves des bars, restos et cafés, ce sont aujourd'hui les plain-pied d'alors).
    Quelques exemples (visibles ceux-là ):
  • La basilique Saint-Georges ("Kostel Svatého Jiří"), datant d'avant 920 et commencée sous "Vratislav I", au Château de Prague.

  • La rotonde de Saint-Martin ("Rotunda Svatého Martina"), au château de "Vyšehrad", dernier tiers du XI ème siècle, de l'époque de "Vratislav II".

  • La rotonde Saint-Longin ("Rotunda Svatého Longina"), datant du premier tiers du XII ème siècle, dans l'église du même nom, rue "Na Rybníčku".


  • Gothique (du XIII ème au XVI ème siècle): dans les édifices imposants, genre monastère, église, palais, le gothique se caractérise par des hautes voûtes à nervures en réseau ou en étoile.
    A Prague ce style fut particulièrement développé par l'architecte "Benedikt Ried" au château de Prague (voir la salle "Vladislas" et l'escalier des Cavaliers du vieux palais royal).
    Quelques exemples:
  • Le monastère Sainte-Agnès-de-Bohême ("Anežský klášter", rue "Anežská"), construit entre 1233 et 1234 sous l'égide de "Václav Ier" pour sa frangine Agnès.

  • La synagogue Vieille-Neuve ("Staronová synagoga", rue "Červená"), fin du XIII ème siècle, quartier juif de "Josefov".

  • Le fameux pont Charles ("Karlův most").

  • La cathédrale Saint-Guy (et aussi Venceslas-et-Adalbert, "Chrám Svatého Víta, Václava a Vojtěcha"), au château de Prague.

  • L'église notre Dame du Tyn ("Chrám Matky boží před Týnem"), en plein sur la place de la Vieille Ville.


  • Renaissance (XVI ème siècle): comme pour le style roman, Prague possède un style renaissance particulier à elle toute seule.
    Il mélange étrangement la sophistication italienne néo-antique (des architectes "Giulio Romano" et "Andrea Palladio" par exemple) avec les frontons travaillés, galbés, typiques des maisons paysannes slaves (allez voir en campagne, ce qu'on appelle le "selský baroko" ou le baroque ruralo-champêtre :-), frontons que l'on retrouve également dans certains pays nordiques. Autre élément typique et remarquable de la renaissance praguoise, les façades peintes en trompe-l'oeil géométrique (appelé pointe de diamant) comme le palais Schwarzenberg ("Schwarzenberský palác", en face de la grille d'entrée du château de Prague, musée militaire actuellement) ou encore le mur du "Tyršův dům" (appelé "Michnův palác"?!) dans la rue "Všehrdova".
    Quelques exemples:
  • Le belvédère de la Reine Anne ("Královský letohrádek královny Anny"), construit sous l'égide de Ferdinand Ier et considéré comme le plus pur style renaissance transalpin.

  • Le palais du Jeu de Paume dans le jardin royal ("Míčovna, královská zahrada").


  • Baroque (du XVII ème au XIX ème siècle): ah ben oui, 30 ans de guerre ça aide pas. Les suédois en particulier avaient gaillardement foutu un bordel monstre non seulement dans Prague,
    mais dans toute l'Europe, pillant, brûlant et détruisant tout sur leur passage afin de "marquer le coup" comme ils disaient ("Eh, hein, on n'est pas là tous les jours, alors bon, zut enfin quoi!" disait en suédois Gustave II Adolphe). Après un tel foin (de 30 ans, 1618-1648) il a bien fallut reconstruire, pis tant qu'on y était, ben pourquoi pas en style baroque. La reconstruction allait même tellement bon train, que dès le XVIII ème siècle, Prague était une des plus éblouissantes capitales du baroque en Europe grâce aux architectes de génie qui y oeuvrèrent (notamment "Christoph" et "Kilian Ignaz Dientzenhofer", père et fils).
    L'explication par l'exemple:
  • La somptueuse église Saint-Nicolas, place de "Mala-Strana" ("kostel Svatého Mikuláše, Malostranské náměstí") à laquelle ont également contribué des génies tchèques, "Jan Hennevogel", "Jan Lukáš Kraker", "Ignác Platzer", et "Karel Škréta".
    Pour la petite histoire, les orgues qui s'y trouvent, dans l'église, datant du milieu du XVIII ème (les orgues), ben "Wolfgang Amadeus Mozart" y pianotait dessus quand il avait le temps (parfois).

  • Le palais Valdstejn ("Valdštejnský palác", rue "Valdštejnská", ben tiens, où ailleurs?!).

  • Le château de Troja (suivez le lien pour tout savoir).

  • Notre-Dame de Lorette ("Loreta", place "Loretánské nám."), édifice auquel la famille "Dientzenhofer" a également contribué.


  • Rococo (style baroque de la fin du XVIII ème siècle): le style rococo est amplement influencé par l’art "classique" français.
    Et comme à Prague où allemand et autrichien sont omniprésents, francais ça fait bien, original, exotique, dans le vent, nombre de bourgeois se feront alors construire des palais "à la francaise".
    Quelques exemples:
  • Le palais Sylva-Taroucca ("Sylva-Tarouccovský palác", rue "Na příkopě"), juste en dessous de la place Venceslas, à droite en descendant, pouvez pas le louper, il y a un casino à fric, le musée du con-munisme et un Mac Donald dedans (sans dec, j'le crois pas, à quoi on le paye le ministre de la conservation et de la protection du patrimoine historique et culturel?). Et qui c'est qui l'a construit celui-là? "Kilian Ignaz Dientzenhofer", eh oui, une de ses dernières oeuvres.

  • Le palais Kinsky ("Palác Goltz-Kinských")
    , en plein sur la place de la Vieille Ville, à gauche de l'église Tyn quand on la regarde en face droit dans les yeux, construit par qui, hum... ben non, pas par "Kilian Ignaz Dientzenhofer", il était déjà mort en 1755 le pauvre bougre, mais la bicoque est bâtie selon ses plans (eh oui, quand même).

  • "Kaunický palác", rue "Mostecká", que l'on doit à l'architecte "Antonín Schmidt".


  • Classicisme et néo-classicisme (du XVIII ème au XIX ème siècle): dans le style classicisme,
    y en pas velu sous le coude à Prague. Je vous ai tout de même dégoté quelques bicoques dans les environs:
  • "Stavovské divadlo", rue "Železná", derriere la place de la Vieille ville. Edifice de type néo-classique que l'on doit à l'architecte "Antonín Haffenecker". A signaler que dans ce théâtre, Wolfgang (le vrai, le seul et l'unique) dirigeât en octobre 1787 la première de "Don Giovanni".

  • L'église Sainte-Croix ("kostel Svatého Kříže"), rue "Na příkopě", pur style classicisme.

  • Le palais "U Hybernu", place de la République ("nám. Republiky").
    Il est dans un état lamentable aujourd'hui, inutilisé car insalubre et dévasté à l'intérieur. Sa façade imposante sert souvent de support aux publicités géantes, une honte abominable quand on se représente la taille de l'édifice, l'espace intérieur, le lieu stratégique, et la valeur architecturo-historique. C'est dément! (A quoi on le paye le ministre de la conservation et de la protection du patrimoine historique et culturel?)


  • Empire (XIX ème siècle): quant au style empire, c'est encore pire (d'où son nom, abréviation de ENcore PIRE), je n'ai qu'un seul édifice à vous proposer, et encore assez bâtard, mais bien évidemment si vous m'en trouvez d'autres, écrivez-moi, chuis preneur.

    Le seul exemple:
  • Le palais Liechtenstein ("Lichtenštejnský palác", rue "U Sovových mlýnů", à "Kampa"). Au départ il s'agit d'un "palazzetto" de style baroque, puis modifié en style empire et augmenté d'un étage (pour la bonne). Son portail baroque a toutefois été conservé.


  • Néo-Renaissance (XIX ème siècle): ben là, je peux vous en présenter quelques uns des édifices néo-renaissance. Ce style a été principalement utilisé à Prague sur des édifices civils d'importance (genre théâtre, édifices publics, banques, musées...) fusionnant éléments historiques et identité nationale en pleine effervescence à partir du milieu de ce XIX ème siècle.
    Quelques exemples:
  • Le théâtre national ("Národní divadlo", rue "Národní"), archétype du style néo-renaissance tchèque.

  • Le musée mational ("Národní muzeum", tout en haut de la place Venceslas "Václavské nám."), derrière le cul du canasson de "Václav IV", point de rencontre individuelle (galant, amis) mais également haut lieu de rendez-vous de masse (défilés, révolutions) pour les Tchèques.
    "Sous le cheval" ("Pod koněm") comme on dit ici, parce que même la plus triple buse analphabète, sourde, aveugle et muette en fauteuil roulant débarquée de Mars est capable de trouver ce point de RDV.

  • Le Rudolfinum ("Rudolfinum", alors pour une fois que ça s'écrit pareil, je vous le signale quand même, place "Jana Palacha"), appelé ainsi en hommage au prince héritier de l'empire d'Autriche-Hongrie, l'archiduc "Rudolf", unique fils de "François-Joseph 1er" (empereur d'Autriche) et "d'Elisabeth" (si si, l'impératrice "Sissi"), décédé ("Rudolf") un soir de 30 Janvier 1889 en compagnie de sa maîtresse et baronne "Marie Vetsera" (17 ans) dans son (à "Rudolf") palais de chasse de "Mayerling" ("Wienerwald" en basse Autriche) d'un double suicide dans la tête, version officielle à laquelle l'impératrice (d'Autriche) "Zita" (de "Bourbon-Parma"), reine de Hongrie (aussi), ne croira jamais et prétendra jusqu'à sa mort (à elle, en 1989) que "Rudolf" (archiduc d'Autriche) et "Marie" (baronne) auraient été assassinés par des agents secrets franco-autrichiens.
    Eh, sérieux, ça sert vraiment à rien d'acheter Gala, ouvrez un bouquin d'histoire.

  • Bon, et dans le litigieux registre du "chais pas trop quoi n'en penser" il me reste deux édifices controversés. Selon certains, ils seraient de type néo-renaissance, selon des moins certains, ils seraient d'un autre style architectural. Ben vouais mais moi, l'architectonique c'est pas ma chope de bière (tasse de thé) alors je vous laisse vous faire votre propre opinion si jamais vous allez les voir (puis dites-moi après quand même que je sache si jamais vous trouvez de quel style que c'est). Il s'agit de l'église Sainte-Ludmila ("Kostel svaté Ludmily", place de la paix, "nám. Míru") qui serait de style néo-gothique, et de l'église Saint-Pierre-et-Paul ("Kostel svatého Petra a Pavla", rue "K rotundě"), qui bien qu'originaire du XI ème siècle (sous "Vratislav II"), fut reconstruite en 1369, puis en 1575 dans un style pure renaissance, et in fine en 1887 en style pseudo-gothique. Enfin comme par hasard, ce sont encore des religieuseries qui sont à l'origine des polémiques, ça s'invente pas!

    Art nouveau et Sécession (fin XIX ème et début du XX ème siècle): alors tout d'abord, rappelons que ces termes désignent exactement la même chose, à savoir un mouvement artistique qui s'est développé dans toute l'Europe et les Etats-Unis en réaction à l'académisme et à l'historicisme de la fin du XIXe siècle.
    En France on évoquait le "style Guimard", en Allemagne le "Jugendstil" (de la revue "Jugend" qui n'en parlait), en Italie le "Stile Liberty", "Modernism" en Espagne, "Nieuwe Kunst" aux Pays Bas, "Sezessionstil" en Autriche et donc "Secese" (prononcer C Ê T S Ê C Ê) en République Tchèque. Je ne peux pas vous parler en détail de ce style monumentalement somptueux, qui pour moi est un summum (comme la bière) capable de me tirer les larmes des yeux, car il faudrait une encyclopédie entière, des années d'écriture et des milliards de photos (d'autant plus que Prague regorge au kilomètre de magnifiques édifices art nouveau, c'est énorme, c'est immense, c'est fabuleux). Alors permettez-moi de vous orienter simplement sur un site prodigieusement complet, en anglais et en français, qui vous présentera l'art nouveau dans le monde et plus particulièrement à Prague sous toutes ses coutures.
    Mr Frank Derville (Webmaster) chapeau bas et admiration! Quelques précisions toutefois. L'hôtel Central n'est plus en ruine mais entièrement restauré dans le style (art nouveau) et en fonction depuis quelques 6 mois (heureusement qu'on le paye le ministre de la conservation et de la protection du patrimoine historique et culturel). Concernant le "Kaiser Franz Joseph Erste Hauptbahnhof" (aujourd'hui le "Wilsonovo - hlavní nádraží" ou gare central de Wilson?!), la situation est nettement moins optimiste. En effet nos ineptes imbéciles (politiques incompétents, affairistes corrompus, intermédiaires imposés, financiers véreux, entremetteurs occultes...) ont décidé de confier le projet "Gare Centrale" à une firme italienne qui compte en faire une "gare du futur" pour 2008. Le projet n'est pas totalement bouclé (ni présenté, ni quoi que ce soit), mais si l'on en juge par l'article (en anglais) suivant, c'en est fini de la gare telle qu'on la connaît.
    Certes l'édifice est dans un état déplorable, certes les insignifiantes rénovations et les multiples (et plus que regrettables) modernisations con-munistes n'ont rien arrangé à l'affaire, certes la gare est aujourd'hui le lieux privilégié des clopinards abandonnés, des shootoxicomanes contagieux, des pédophilomosexuels délétères, bref la cour du roi Pétaud à Prague, mais crotte quoi (tu vois maman, parfois il faut vraiment mettre les mots qui vont bien, ça sonne pas du tout comme ça, mais alors vraiment pas...) MAIS MERDE QUOI, c'est un somptueux bâtiment, qui avec un peu de plâtre, de clous, et de peinture, pourrait ressembler à quelque chose. Regardez voir la maison Municipale ("Obecní dům, nám. Republiky"), sous la dictature des con-llectivistes, les chiens même ne levaient pas la patte sur les murs du taudis, alors qu'aujourd'hui, après rénovation (1996-1997), les touristes subjugués du monde entier s'arthrosent l'articulation de l'index sur leurs clic-clac. Alors quoi? Est-ce qu'on est vraiment obligé de totalement bousiller cette gare? Affaire à suivre...

    Cubisme (début du XX ème siècle): alors qu'à Paris les oeuvres cubistes prenaient naissance dans les ateliers d'artistes tels que Picasso, Braque et s'adressaient à une élite de connaisseurs, à Prague ce style a été développé dans les écoles, par l'intermédiaire d'expositions, et s'infiltrait dans toutes les catégories de la population, toutes les sphères, toutes les productions artistiques, érigeant les artistes tchèques en réels précurseurs d'un art spécifique au point qu'aujourd'hui,
    Prague est la seule ville où l'on peut contempler des oeuvres architecturales cubistes. Je ne peux pas dire que j'aime pas, non, enfin c'est curieux, inhabituel pour le profane béotien que je suis. Quoi qu'il en soit, ça mérite vraiment le coup d'oeil.
    Quelques exemples:
  • La maison à la vierge noire ("Dům U černé Matky Boží", rue "Celetná", juste en dessous de la tour poudrière), que l'on doit à l'un des architectes cubistes des plus connus "Josef Gočár" (vous trouverez dans la ville de "Hradec Králové" tout un quartier construit par cet architecte sur le principe cubiste). L'édifice (de la vierge) abrite aujourd'hui un musée (d'art cubiste) et le café (cubiste) originel du premier étage devrait ouvrir sous peu.

  • La maison de l'architecte "Josef Chochol" ("dům v Neklanově ulici", rue "Neklanova" à l'angle de "Přemyslova").

  • La colonne-lampe place Jungmann ("Jungmannovo nám.") que l'on doit à "Emil Králíček".

  • Et plein d'autres encore, le palais Adria (rue "Jungmannova"), la maison double (rue "Tychonova"), un immeuble complet (au 10/14 rue "Elišky Krásnohorské"), la villa "Kovarovic" (rue "Libušina")... Bref, écrivez-moi si vous n'en voulez n'encore.

    Constructivisme et fonctionnalisme (début du XX ème siècle et au-delà): bon, désolé, mais de nouveau le foin nébuleux s'installe parce que la barrière bien nette entre les deux styles n'est pas vraiment bien nette en ce qui me concerne.
    Le constructivisme c'est assez limpide, d'abord ça vient de chez les ruskofs, de vers environ début de la première guerre mondiale à peu près, et prône l'art pur dépourvu de fonction sociale ainsi que l'usage prédominant de matériaux industriels (dis donc, vous ne sentez pas derrière tout ça comme une odeur fétide de révolution bolchevique?). Le fonctionnalisme, est apparu globalement à la même époque mais plus tard (?!), et prône la dictature de l'agencement intérieur sans souci de l'esthétique extérieure classique telle que la symétrie des axes, le respect des proportions... Bon comprendra qui veut où est la réelle différence et surtout quel édifice appartient à quel style. Ce qui est clair, c'est que tous les deux exhalent des pieds une pestilence industrialo-prolétaire et qu'ils étaient particulièrement bien adaptés à la période insipide où l'originalité, la créativité, et l'intelligence individuelle étaient l'ennemie du peuple.
    Ca explique sans doute qu'il y ait toute une armada d'édifices constructivismo-fonctionnalistes dans Prague.
    Quelques exemples:
  • Le musée national technique ("Národní technické muzeum", rue "Kostelní"). Pure style monumentalement constructiviste qui mérite une visite non pour le bâtiment en lui-même mais pour son contenu (technique, superbement génial).

  • L'église "Nejsvětější srdce Páně" (ne me demandez pas la traduction exacte, place "Jiřího z Poděbrad"), c'est pitoyable de mocheté.

  • L'église St Venceslas ("Kostel svatého Václava", place "Svatopluka Čecha", Prague 10, vous plantez pas, il y en a plusieurs des églises St Venceslas dans Prague), faut le voir pour le croire, indescriptible. Quand on pense que c'est le même architecte ("Josef Gočár") qui a créé certains des plus beaux monuments cubistes au monde (enfin à Prague, parce qu'il n'y en a pas ailleurs), on se demande bien ce que sa femme lui donnait à manger pour en arriver là.

  • Le centre commercial du Signe Blanc ("Obchodní dům Bílá Labuť", rue "Na poříčí"), aujourd'hui le plus ringard des magasins post con-munistes non reformés, à moitié vide aux étages.

  • Le palais des Foires ("Veletržní palác", rue "Dukelských hrdinů", style fonctionnaliste), a brûlé en 1974, reconstruit pendant longtemps (ben vouais, la dictature prolétaire n'avait pas de flouze), puis ré-ouvert en 1995. Il abrite aujourd'hui la Galerie Nationale.

  • Bon, pis comme le cubisme, y en a encore tout plein, genre les palais "Alfa", "Blaník", des maisons individuelles, mais bon, hein, ça va le faire comme ça parce que c'est pas ce qu'il y a de plus beau, genre, comme genre. Et si jamais il se trouve parmi vous des furieux de ce style, à nouveau écrivez-moi, et je vous donnerai des détails.