dimanche 13 mai 2007

Visiter: Letohrádek Hvězda, l'étoile

Aujourd'hui, je m'en vais vous parler du "Letohrádek Hvězda" (pavillon d'été l'étoile, rue "Liboc 25", "Lusthäuschen" disent les Allemands) qui se trouve à Prague 6, et dont j'avais promis de vous parler dans ma publie sur "Písecko - Strakonicko et Blatná" à propos du château de "Březnice". Alors le nom d'étoile ne date pas de l'époque con-muniste (5 branches), mais découle de l'architecture particulière du bâtiment, une étoile à 6 branches. Les Tchèques appellent cela une architecture philosophique, parce qu'à l'époque de sa construction, l'on commençait à découvrir l'univers, la physique, la chimie, les mathématiques, la complexité des femmes, l'on commençait à bâtir des hypothèses sur l'ordre des choses, l'harmonie de la nature, la composition de la matière, les humeurs féminines, et l'on appliquait certaines de ces découvertes aux édifices dits philosophiques (ésotériques?).
Mais n'étant pas un expert de l'architecture, je me demande s'il n'existe pas un autre nom en Français pour ce type de bâtisse psychédélique. Bref... alors parlons de cette construction que l'on appelle également la perle de la renaissance du nord ("perla severské renesance"). Ah oui, et parmi les sources d'informations desquelles j'ai tiré les diverses informations, il en est une des plus remarquables et qui se présenta fortuitement sous la configuration rondelette d'un petit bonhomme élégant, vêtu d'un seyant complet veston en lin, noeud-pap assorti. Sa tâche première consistait à vérifier puis déchirer le ticket d'entrée du visiteur, mais c'est sous sa seconde activité (loisir?) qu'il se manifesta le plus brillamment, en nous instruisant d'un tas d'anecdotes insolites et relatives au pavillon.

Les origines

Le pavillon en étoile a été construit en une seule année, en 1556. Paf, et c'est tout. Bon, mais je vais vous en dire un peu plus quand même, parce que les sources d'information sont confuses, voire discordantes, et ceux qui ont déjà fait construire savent pertinemment que les dates de début et de fin des travaux sont bougrement différentes selon que vous preniez le point de vue du constructeur, de l'agent immobilier ou du (futur) propriétaire. Donc selon une autre source, la première pierre aurait été posée le 27 juin 1555 par l'initiateur en personne, Ferdinand du Tyrol, et la construction aurait duré jusqu'en 1558 (et depuis 1555). Les architectes italiens d'origine (à l'origine de la construction je veux dire, mais italiens d'origine aussi ils étaient) sont "Giovanni Maria Aostalli" (del Pambio) (parfois "Avostalis", on lui doit également le pavillon d'été de la reine Anne appelé aussi "Královský letohrádek"), et "Giovanni Lucchese"
(on ne lui connait pas d'autre oeuvre à Prague, enfin pas moi). Mais selon certaines sources, ils n'étaient que des seconds couteaux car ils auraient travaillé sous les directives de l'Allemand "Hans Tirol" (et pas du Tyrol) qui était l'architecte impérial en chef jusqu'en 1556 ou 1559 (c'est pas très clair sur sa feuille de paye). Ce qui est sûr, c'est qu'en 1570, Hans était de retour à Augsbourg pour travailler sur la cuisine équipée de Maximilien II, et ce serait "Bonifác Wohlmut" qui aurait repris la suite. Ah bon? Mais laquelle de suite, vu que le pavillon était sensé être terminé en 1558 au plus tard? Ceci dit c'est plausible, parce que "Bonifác Wohlmut" a travaillé sur tout ce qui est remarquable à Prague, "Černínský palác", "Klementinum", "Chrám sv. Víta", "Královský letohrádek" pour ne citer que les principaux, sans oublier la mise-à-jour renaissance du château de Prague entre 1555 et 1567. Y a juste les dates qui ne collent pas.
Mais retour au pavillon d'été. Alors après, entre 1556 et 1560 on y mit les stucatures, les rideaux, et les cache-prises... mais déjà en 1557 le Ferdinand du Tyrol emmena sa nouvelle mariée (de la même année) "Filipina Welser" (Philippine Welser en Français) dans le bel édifice pour la première fois, tout en précisant que ce n'était pas encore complètement fini, que les bidets "à la française" étaient commandés mais n'arriveraient que l'année suivante.

Ferdinand du Tyrol

Faut en parler un peu aussi de ce bougre là, puisqu'il est à l'origine de la construction, et peut être même des plans (fort certainement). Ferdinand du Tyrol (16/06/1529 - 24/01/1595), aussi connu sous le nom de Ferdinand II d'Autriche, mais attention à ne pas le confondre avec cette vile fripouille de Ferdinand II de Habsbourg (9/071578 - 15/02/1637) fils de Charles II d'Autriche-Styrie (plus jeune frère de Ferdinand du Tyrol) et qui restera dans les mémoires de la Bohême comme le vainqueur de la bataille de la montagne blanche (8/11/1620), l'assassin des 27 Sieurs exécutés en répression (21/06/1621), le metteur en esclavage de la Bohême au profit de l'empire colonialiste autrichien, le promoteur de la recatholisation forcée de la population par des meutes d'évangélistes déchaînés (les vangélistes) venues (les meutes) des 4 coins de l'Europe, le spoliateur des biens du peuple de Bohême qu'il fût vilain, bourgeois comme noble,
le responsable des 300 années noires de mise entre parenthèse des intérêts propres du pays, le coupable de l'incontinence analonocturne infantile de milliers de petits enfants tchèques ayant entendu son nom de la bouche des grands parents, et vu qu'on en parle, je me demande bien si ce n'est pas justement Ferdinand II qui m'aurait volé ma tortue Géraldine, lorsque j'étais petit, pour en faire de la soupe (de tortue), ce scélérat. Bref, et donc pour toutes ces raisons il vaut mieux parler de Ferdinand du Tyrol que de Ferdinand II... Ferdinand du Tyrol était le fils de Ferdinand 1er (frère cadet de l'empereur Charles Quint, et géniteur de la branche des Habsbourg d'Autriche) et de Anne Jagellon (mais aussi Anne de Hongrie). D'ailleurs pour être précis, il était leur second fils (après son frère Maximilien II), mais le quatrième enfant d'une lignée totale de 15 rejetons habsbourgeois (mais 1 décéda encore bébé).
En 1547 (à 18 ans), son papa le met à la tête de l'administration de la bohême (en récompense de son diplôme du baccalauréat) où il restera jusqu'en 1566. Personne éminemment cultivée, tchècophone de surcroît, il sera apprécié de la population comme de la noblesse. Il montrera un penchant avéré pour la culture en général, l'art, l'architecture, l'histoire (et les gonzesses callipyges selon le monsieur déchire-ticket). Il collectionnera des antiquités, des armures, des pièces de monnaie, des livres, des étiquettes de calandos normand... D'ailleurs la collection d'à Ferdinand d'objets déments est époustouflante, et peut toujours être admirée au château d'Ambras ("Kunst und Wunderkammer", ou chambre d'art et de merveilles/curiosités, près d'Innsbruck, Autriche), tandis que les tableaux se trouvent au "Kunsthistorisches Museum" (Maria-Theresien-Platz, Vienna).
Il organisera des bals, des tournois, des soirées dansantes avec champagne et Ferrero Roche d'Or à volonté. Il organisera des chasses au renard sur le domaine de "Brandýs nad Labem", au cerf sur le domaine de "Křivoklát" et au blaireau sodomite dans le paradis de Bohême . Il promouvra l'artisanat, les métiers d'art, la construction et le chachlik d'autruche à la moutarde de coing. Sous sa gérance, Prague deviendra une capitale européenne de la renaissance, de la culture, du savoir vivre et de la bonne humeur, annonciation avant-coureuse des temps de son bon vivant de neveu Rudolf II. Mais évidemment, de tels divertissements étaient particulièrement onéreux, et amenèrent notre bon bougre à de nombreuses dettes. Est-ce pour cette raison qu'il épousa en 1557 "Filipina Welser" (1527 - 1580), fille d'un richissime banquier d'Augsbourg?
Assurément selon notre rondouillard individu contrôle-ticket. Et de rajouter que pas seulement pour son propre intérêt qu'il l'épousa, mais pour celui de toute la famille habsbourgeoise (d'Autriche) qui s'était fortement endettée, et qui (toujours selon notre bonhomme) était à la limite de la faillite.

Il existe plusieurs versions sur les coïncidences de leur curieuse rencontre, et bizarrement, elles se situent en des lieux et même en des temps totalement différents. La première version se situerait à Augsbourg vers 1550, alors que Philippine avait une petite vingtaine d'année. Tandis que Ferdinand participait à une assemblée des Etats, le tendron faisait fondre l'AmEx paternelle par des emplettes coûteuses de toilettes italiennes.
Selon les témoins de l'époque, elle aurait traversé la rue sans prendre garde, juste devant la limousine de Ferdinand tirée par 4 chevaux à 16 sous-papes qu'il eut tout juste le temps de freiner avant qu'ils ne renversent la distraite. Il serait alors sorti de son véhicule, et proposé à la demoiselle de la raccompagner à son domicile. Ils échangèrent leurs numéros de téléphones, et peu de temps après, Philippine prenait l'avion pour la Bohême afin de visiter sa tantine "Kateřina z Lokšan" avec dans son panier, une galette et un petit pot de beurre. On imagine aisément la suite. En chemin elle rencontra le loup sous les traits de Ferdinand, de longues oreilles, de longues dents... bref... passons à la seconde version.

Alors qu'elle approchait de la trentaine (et donc avant 1557, date de son mariage secret), cette bougresse de Philippine n'était toujours pas mariée (l'histoire n'explique pas pourquoi, donc prenez cette information comme un fait établi). Du coup sa tantine "Kateřina z Lokšan" (c'est rassurant, c'est toujours la même) décida de prendre les choses en main afin de na pas souffrir une vieille fille dans la famille. Catherine ("Kateřina") et Philippine se connaissaient bien, cette dernière avait souvent passé ses vacances à la mer avec la famille "z Lokšan", et la tante Catherine avait ainsi en partie participé à l'élevage de la petite. Le fameux chroniqueur de la famille "Rožmberk", "Václav Březan", fait mention (certes vague, mais incontestable) de Catherine et de Philippine, dans ses écrits "Rožmberská kronika", dans le cadre d'un carnaval de mardi-gras organisé par le Ferdinand à "Plzeň" en 1555.
Ils se seraient ainsi rencontrés pour la première fois, mais de façon purement protocolaire, entre 2 portes pour ainsi dire, à l'annonce de leur nom par l'aboyeur: "Mesdames Catherine de Lokšan, et sa nièce Philippine Welser". S'en seraient suivis avec Ferdinand des "mes hommages", des "mon prince", des "quel honneur", des "merde mes clopes..." et c'est tout. Rien de plus selon la fameuse chronique de notre "Václav Březan". Mais l'année suivante, le fils de la tantine (et donc le cousin de Philippine) organisait une battue à l'écureuil des Alpes (c.f. mes photos) qui commençait à se reproduire méchamment sur le domaine depuis le réchauffement climatique, et bien évidemment, il se devait d'inviter l'administrateur en chef des terres de Bohême. Celui-ci accepta, et finit même par rencontrer Philippine dans le couloir alors qu'il cherchait les aisances.
Philippine: "Ah ben tiens, c'est vous Monseigneur?"
Ferdinand: "Ah ben tiens, c'est vous "les clopes"?"
Philippine: "Ah bon vous vous souvenez? L'année dernière..."
Ferdinand: "Ah vouis parfaitement, je me souviens parfaitement, mais veuillez m'excuser maintenant parce que je suis venu ici dans un but bien précis et pour ainsi dire pressant..."
Bon, le reste du dialogue que nous a fidèlement laissé "Václav Březan" n'est pas spécialement intéressant. Ce qui l'est en revanche, c'est que Philippine attendit que son altesse s'essore, se lave les mains et se mouche pour reprendre la discussion avec lui. Et de discussion en discussion, de rencontre en rencontre, Ferdinand prit peu à peu conscience de la beauté, du charme, de l'intelligence et de toute la splendeur de Philippine, et...
Et on imagine aisément la suite.

Elle était ravissante. Et elle devait l'être fichtrement pour que notre Ferdinand abandonne pour elle tout prétention politique, et tout héritage pour sa descendance par un mariage morganatique (célébré secrètement, au château de la tante, à "Březnice"). Mais le mariage ne resta pas longtemps secret. Le père, l'empereur Ferdinand 1er l'apprit (en 1559), et ce fut un barouf épouvantable dont je vous passe les détails. Une fois refroidi, il finit bien par se résoudre devant le fait accompli, mais à la stricte condition que cette infamie reste dans la famille, et surtout, mais alors surtout, qu'il ne fallait surtout pas que Paris-Match l'apprenne.
Pour l'anecdote, l'empereur ne reconnut jamais officiellement ce mariage (il attendait la décision du pape), mais il existerait au castel d'Ambras un tableau montrant Philippine à genoux devant Ferdinand 1er, l'implorant de reconnaître l'union pour le bien de ses petits enfants. "Allez quoi pépé, tu ne vas pas nous faire la gueule toute ta vie?". Ben si, parce qu'en fait c'est un faux le tableau, ou plutôt non, c'est de la science fiction, parce que Ferdinand 1er a toute sa vie refusé audience à Philippine et ne l'a ainsi jamais rencontré. Parfois, vous trouverez une version fantaisiste de contes de fées pour mignards simplets de laquelle s'est sans doute inspiré l'auteur du fameux tableau. Selon cette bonne fable, alors que Philippine vivait en cachette au château de "Křivoklát" (ça c'est vrai, à partir de 1560),
l'empereur serait venu faire une partie de tennis entre copains. Il aurait alors croisé Philippine, elle lui aurait tout avoué, il lui aurait pardonné, et ils auraient vécu tous heureux jusqu'à la fin de leur vie. Ben non, ça ne s'est jamais passé ainsi.

Ferdinand 1er mourut en 1564, et les époux secrets déménagèrent au château d'Ambras en Autriche. Leur union était toujours secrète, le pape ne voulant toujours rien entendre à cause du scandale que cela provoquerait si Paris-Match publiait les photos. Le jeune frère de Ferdinand, Max II, alors empereur décéda en 1576, et ce n'est qu'après et qu'enfin, que le pape se résolut à déclarer le mariage Ferdinand-Philippine comme conforme et légitime. Philippine décéda 4 ans plus tard (et seulement 10 jours après sa tantine "Kateřina z Lokšan"), et Ferdinand épousa 2 ans après Anne-Catherine de Gonzague-Mantoue.
Ensuite il y eu l'épisode tyrolien, l'épisode polonais, puis il décéda à son tour le 24 janvier 1595, laissant derrière lui une image franchement positive dans l'esprit du peuple de Bohême (contrairement à son fumier de neuve) et un compte en banque enfin stabilisé à sa famille.

D'aucuns vous raconteront que Ferdinand aurait fait construire l'édifice spécialement exprès par amour pour sa secrète Philippine. Hum... alors selon d'autres, comme le gaillard rondouillard et moi-même, c'est peu probable. D'abord, parce que le pavillon d'été est un pavillon d'été et pas une résidence de résidence. Il fut construit sur un domaine de chasse éloigné de Prague, où la cour avait l'habitude de prendre du bon temps (chasse à cour, orgie et culbutage), et aucunement pour que la Philippine y vivent en bonne mère de famille.
Deuxièmement, Ferdinand et Philippine se rencontrèrent vers 1538 (ben oui, c'est encore une autre date, venue d'une autre source), et l'on sait qu'ils commencèrent à se fréquenter très vite. Aurait-il (lui) attendu plus de 15 ans pour lui prouver son amour? Troisièmement, bien que splendide, magnifique, époustouflant, etc... l'intérieur du pavillon est sombre et l'agencement de l'espace totalement inapproprié à une habitation durablement confortable. Et pour terminer, Ferdinand n'avait d'amour pour Philippine qu'en apparence, car compte tenu de son rang, il chevauchait à roupettes rabattues toutes les soubrettes des environs, bien des villageois vous le diront (gare aux morilles...). En fait, la raison toute simple et toute bête pour laquelle Ferdinand fit construire cet édifice est purement pragmatique: en mettre pompeusement plein la vue à ceux qu'il invitait là. Le dessein était banalement représentatif.
Puis après, vu qu'il fallait planquer l'avariée... la mariée, vu que le pavillon était loin de la ville, vu que l'on s'y rendait rarement, ben ça tombait rudement bien et hop, il y remisa sa bobonne.

Esotérisme et symbolique

Alors chais pas si je vous ai mis l'eau à la douche lorsque je vous ai parlé de l'architecture philosophique, mais il est plein de légendes, de mystères, de trucs occultes qui entourent cet édifice. Et comme je suis curieux par nature (mais aussi par habitude), je suis allé glaner quelques éléments croustillants que je vous livre bien chauds.
Comme je vous le disais auparavant, Ferdinand du Tyrol n'était pas une andouille tirée à la ficelle. Il était cultivé, avait reçu de l'élevage, appris son éducation, et touchait sa bille dans des matières très en vogue de l'époque comme l'art, les mathématiques (numérologie?), la chimie (l'alchimie?) et appréciait l'énigmatique, l'hermétique, et l'occulte comme la bonne fesse. Il avait mangé du géocentrisme d'Aristote, la Terre au centre du mouvement des planètes. Il avait goûté à l'héliocentrisme de Nicolas Copernic, le Soleil au centre du mouvement des planètes. Il avait avalé le modèle hybride de Tycho Brahé, la Terre au centre de l'univers, la Lune et le Soleil tournant autour de la Terre, et les autres planètes tournant autour du Soleil (et le voisin autour de sa femme), et tous ces fourbis lui avaient mis des idées plein sa tête. C'est ainsi qu'il fit bâtir le pavillon de l'étoile sur le principe de l'héliocentrisme (répondant alors au modèle de l'univers).
L'étoile à six branches est en fait un hexagramme, c'est à dire un polygone régulier à six branches, formé par la superposition de deux triangles équilatéraux ayant six points d'intersection et des côtés parallèles deux à deux (étoile de David). Or pour ceux qui auraient fait alchimie au culte et zotérie étant petits, vous vous souviendrez sans aucun doute que le premier triangle (pointe vers le haut) représente le feu, le même triangle inversé (pointe vers le bas) l'eau, 2 éléments qui s'opposent par excellence, mais que leur superposition, selon la théorie de Fulcanelli ("Le Mystère des Cathédrales", interprétation ésotérique des symboles hermétiques du Grand-Oeuvre), engendre "l'astre à six pointes, le sceau de Salomon, hiéroglyphe de l'oeuvre par excellence et de la pierre philosophale réalisée."
Vous sentez toute l'harmonie, l'équilibre, la magie qu'il y a derrière notre hexagramme? Et je ne vous parle pas de l'étoile Soleil, de l'étoile des rois mages... Et tiens, vu qu'on parle religion, prenez l'année de pose de la première pierre, 1555 et divisez là par un lustre (5 ans) et vous obtenez 311 tout rond. La construction eut donc lieu 311 lustres après la naissance du Christ (étoile = annonciation). Mais 311, c'est aussi l'année de l'édit de tolérance de l'empereur Galère (Imperator Caesar Caius Valerius Galerius Maximianus Augustus). Après avoir massacré la chrétienté comme personne dans le cadre de la grande persécution de Dioclétien, Galère retourne soudainement sa veste quelques semaines avant sa mort brutale d'une gangrène généralisée. Dans ses édits, il abolit les persécutions, donne droit de culte aux chrétiens, et demande aux Romains de prier pour les martyrs. La chrétienté vit le jour, d'aucun la main de Dieu punissant l'hérétique.
Suite de coïncidences? Mais revenons à l'architectonique ésotérique. Le toit originel de l'édifice était plus pointu, celui que vous voyez aujourd'hui date en fait de la fin du XVIII ème siècle. La hauteur du toit originel correspondait exactement à la longueur d'un côté des 2 triangles formant la base de l'édifice (hexagramme), et en faisant abstraction des branches de l'étoile, l'on obtenait un triangle équilatéral. Or lorsqu'on sait que 4 triangles équilatéraux forment un tétraèdre régulier (3 dimensions), que cette figure fait partie des cinq polyèdres réguliers convexes appelés solides de Platon, que ces figures sont uniques dans le fait que les bords, les arêtes et les angles sont tous congrus (identiques), que selon la théorie des éléments de Platon (puis d'Aristote), les éléments classiques ont été construits à partir des solides réguliers dont la structure est continue et divisible à l’infini,
et qu'enfin cette théorie encore considérée au début du XVII ème siècle comme une certitude incontestable affirmait toute matière amorphe constituée par quatre éléments (terre, eau, air, feu) et définie (la matière amorphe) par quatre qualités intrinsèques (chaud, froid, sec, humide) pouvant (la matière amorphe) prendre toute forme possible, alors quand on sait tout ça, alors le doute n'est plus permis, il n'y a plus de coïncidence. Le pavillon en étoile est en soi un incontestable condensé de numérologie, d'alchimie, d'occultisme et de croyance divine totalement adéquat d'avec cette fantastique fin de XVI ème siècle où l'on croyait en la transmutation vers l'or et aux 4 humeurs du corps humain. Toujours pas convaincus? Bon, alors prenez les 4 éléments fondamentaux de Platon (terre, eau, air, feu), et considérez le toit en triangle de l'édifice comme le feu (triangle à pointe vers le haut est son symbole).
Au plus bas se trouve la terre (la cave), sur la terre se trouve l'eau (rez-de-chaussée), et entre l'eau et le feu il y a l'air (1er étage). Et pourquoi ce pavillon aurait-il exactement cette structure, et pas 2 étages, ou 3, ou même pas d'étage du tout? En fait les combles sous le toit représentent un second étage, mais vous avez réellement 4 structures, et pas 3 ni 5 (cave, RDC, 1er étage, 2nd étage/toit). La largeur comme la longueur et la hauteur (sol-toit) de l'édifice sont de 40m (4 x 10m), et pas 39 ni 41.

Bon, et puisqu'on est dans l'occulte, tiens, une autre histoire que je tiens du bonhomme rondelet. L'emplacement sur lequel a été construit le pavillon en étoile ne serait pas le fruit du hasard, mais l'aboutissement d'une sélection minutieuse d'un lieu surnaturel.
Il y a longtemps, en des temps reculés où les sorciers, les devins et les enchanteurs faisaient partie du quotidien habituel de tous les jours, il y a avait là un chêne archi-séculaire. Et sous ce chêne, sous son tronc et entre ses racines brulait un feu sacré (vous sentez l'inspiration celte, chêne, druide, feu...). Et dans ce feu sacré, l'on jetait des plantes médicinales, aromatiques (et psychotropes?) afin de lire l'avenir, la volonté des dieux païens, et le résultat des élections présidentielles françaises (ça sent le Celte à plein nez). Et une fois l'an, le jour de la grande fête du feu sacré, l'on y jetait aussi dedans des côtes de boeufs marinées, des pommes-de-terre dans de l'alu et des vierges récalcitrantes (bien fait, elles n'avaient qu'à vouloir). Le feu sacré se serait éteint au premier son d'une cloche chrétienne (et donc ben c'est pas si vieux que ça), et le soir même du 14 janvier 993, juste après la pose de la première pierre du couvent de "Břevnov" par l'évêque de Prague "Vojtěch"
(devenue ensuite St Adalbert), la foudre aurait frappé l'arbre, le jetant à terre comme un sac. Selon la légende, son bois aurait servi de charpente à la construction du couvent (de "Břevnov"). Bon, mais à nouveau, c'est certainement une légende, le plus sûrement inventée de toutes pièces par la race des curés, dans le cadre de la recatholisation des terres de Bohême.

La décoration intérieure

En un mot, c'est splendide. Le hic, c'est que d'une certaine façon, c'est interdit de photographier, mais d'une autre, j'ai photographié un peu quand même, pour vous montrer.
Disons qu'il y a à l'entrée un petit autocollant avec un appareil photo barré de rouge, mais bon, il est vraiment petit et c'est en Tchèque, alors tout le monde n'est pas sensé comprendre non plus. Pis surtout, on ne m'a pas dit explicitement que c'était interdit, alors hop, j'ai photographié discrètement, pis voilà, hein, flûte aussi. C'est pas toujours très net, c'est pas toujours très lumineux, mais c'est fait en cachette, discrètement, pour vous donner une idée et surtout l'envie à la bouche. Donc les stucatures... je ne sais toujours pas si on dit stucatures en bon Français. Dans le dico ça n'existe pas directement, mais on trouve tout de même: Stucature, subst. fém., rare. Ornement de stuc. En fait je devrais peut-être dire bas-relief: ouvrage de sculpture où les objets représentés ont peu de saillie et sont en partie engagés dans le bloc. Mais la stucature n'est pas sculptée, elle est travaillée dans le stuc.
Donc je préfère stucature même si ce n'est pas du plus correct Français (pis j'en suis plus à ça près non plus :-) Donc les décorations plafonnales du rez-de-chaussée seraient de "Giovanni Maria Aostalli del Pambio" et de "Giovanni Lucchese", les architectes du bâtiment. Personnellement ça me semble curieux, parce qu'ils étaient architectes, et pas stucateurs. Selon une autre source, les auteurs seraient "Giovanni de Spatio" et "Pietro Ferrabosko". Pis encore une troisième source nous dit qu'on ignore le(s) auteur(s) mais que selon toute vraisemblance, il s'agirait d'une oeuvre de "Antonio Brocco". Allez savoir. Quoi qu'il en soit, le travail aurait été inspiré par des artistes de style Raphaël, couleur Vatican, tandis que les motifs sont d'inspiration Rome antique (Tite Live, Virgile, Valère...) et renaissance italienne (y a aussi un peu de Grec, z'allez-voir).
Le plafond de cette (ces) salle(s) se compose de quelques 330 parcelles nettement délimitées par une moulure. Dans la salle centrale se trouve Enée ("Aeneas" en latin) fuyant la ville de Troie en feu, son père sur son dos, et qui (Enée) selon L'Enéide de Virgile, fonda Rome pour détruire Carthage suite à la guerre de Troie. Les 6 parcelles autour dépeignent des anecdotes mythologiques et historiques concernant Rome. Vous y verrez une représentation de Horatius Coclès défendant Rome contre les Etrusques sur le pont Sublicius (enjambant le Tibre). Seul et borgne de surcroît, il repoussa l'ennemie. Eh oui. Une autre parcelle montre Caius Mucius Scaevola, sa main droite dans le brasier, après avoir tenté d'assassiner le roi étrusque Porsenna. Pourquoi? Rapidement. Les Etrusques menaçaient Rome, alors Caius Mucius (romain) s'introduisit en cachette dans le camp ennemie (étrusque) afin d'assassiner le général en chef (Porsenna).
Mais manque de bol, il se trompa de gaillard et fut aussitôt ceinturé par les soldats. Alors plein de courage et pour montrer sa détermination, il mit la main droite dans le brasier et dit une phrase célèbre sur l'insignifiance de sa viande brulée par rapport à la gloire... enfin lisez Tite-Live (ou les Confessions de JiJi Rousseau, où qu'il voulut faire son Caius Mucius :-) N'oublions pas Marcus Atilius Regulus mis en tonneau comme un hareng par les Carthaginois, Marcus Curtius sautant à cheval dans le trou béant d'au beau milieu du forum, le toubib Erasistrate diagnostiquant l'affection d'Antiochos (ou Antiochus) malade d'amour envers sa belle belle-mère Stratonice
(sujet peint par David et Ingres) ou encore
Pero et Cimon de Valère (Valerius Maximus, De Factis Dictisque Memorabilibus, Libri IX): "Quand Pero dégrafait son corsage, pour donner la gougoutte à papa, tous les gars, tous les gars du village, étaient là, la la la la la la..." (inspiré du grand Georges B.)

Les voûtes reliant les branches des étoiles sont stucaturées de représentations divines, Fortuna (chance et hasard), Diane (chasseresse), Neptune (mers, océans et robinets qui fuient), Vénus (beauté et un certain mont), Némésis (vengeance et bouffe froide... tiens, mais elle est grecque celle-là, pas romaine?), Cléopâtre (là, il doit y avoir une erreur dans la série) et au milieu de tout ce beau monde, l'on remplit les trous avec des créatures fantastiques, des tritons, des dauphins, des coquillages, des faunes, des satyres, des mascarons, des plantes, des motifs géométriques et des chewing-gum. Les plafonds des branches de l'étoile sont consacrés aux dieux antiques représentant les planètes, mais également les métaux (encore une référence à l'alchimie): Mars (le fer), Vénus (le cuivre), Mercure (devinez?), Saturne (le plomb), la lune (l'argent) et le soleil (l'or) alors considérés (lune et soleil) comme des planètes. Remarquez également les différents dieux (ou demi-dieux) associés, Jupiter sur son aigle, à côté de Dionysos et Bacchus
(sacré mélange gréco-romain quand on sait que ces deux là sont le même), Achille assis sur et instruit par le centaure chie rond... Chiron, etc, etc... Enfin tout ça pour vous dire qu'en cette époque, peintre, sculpteur et stucateur n'était pas seulement un métier d'art, mais qu'un bagage historique, linguistique (latin) et culture générale sacrément étoffés étaient indispensables pour bien faire.

Sur les murs, vous pourrez apercevoir des inscriptions diverses en matière pourpre. Cette couleur s'obtenait souvent en mélangeant du sang de bête à du vin, de la chaux, et de la crotte de chat (comme liant). Ces graffitis seraient d'origines diverses, principalement de la soldatesque ayant occupé le lieu durant les divers siècles. Il est cependant un dessin plus mystérieux.
Il se trouve dans la branche d'entrée (de l'étoile), sur la droite, juste avant d'arriver dans la salle centrale. Sans certitude (et selon le bon monsieur grassouillet), elle représenterait la déesse Hébé, celle qui servait d'échanson (loufiat) aux dieux de l'Olympe avant de faire tomber une coupe (dans sa main gauche sur la fresque) et de disparaitre à jamais pour toujours, rouge de honte. On attribuerait ce dessin à l'un des stucateurs (sans certitude non plus, vu qu'on ne sait même pas de quel auteur on se parle), mais c'est d'autant plus probable que la déesse Hébé est représentée dans l'un des plafonds. Esquisse s'agirait-il d'une est-ce qui ce avant l'oeuvre finale?

Ensuite l'on est descendu au sous-sol, qui servait à l'époque de cuisine, cave à vin et range-domestique. Alors là, y a pas de quoi frémir d'enthousiasme parce qu'il n'y a rien. Enfin quand nous on y était, il n'y avait rien, parce que d'habitude il y a quelque chose. Des expositions, des machins, mais là rien. Si, une représentation en soldats de plomb de la bataille de la montagne blanche qui eut lieu juste en dessous de notre édifice en étoile, le 8 novembre 1620, et qui ne me semble pas (la représentation) des plus fidèles puisque les forces de Bohême et du Palatinat étaient fortes de quelques 15.000 hommes contre 25.000 (67% de plus) du côté de la ligue catholique (fumiers). Or sur la maquette, il semblerait qu'il y ait plus de bohémiens que de catholiques!? Bon, peu importe. Tiens, je vous ai trouvé une représentation d'époque peinte à la crotte de chat
(liant), et si vous regardez attentivement le 3 ème dessin (en bas à gauche), en haut de l'illustration, 2/3 à gauche et 1/3 à droite, alors vous apercevrez notre pavillon.

Pis il y a encore 2 étages à visiter, normalement, mais pas là, pas quand nous on y était parce que soi-disant il fallait que ça sèche de l'humidité de l'hiver, que le carrelage d'époque devait se reposer, qu'il fallait mettre des patins, enfin plein de trucs juste pour qu'on n'y aille pas. Du coup, ben on n'y est pas allé, et du coup, ben je ne vous dirai rien de ce qui s'y trouve vu que je ne l'ai pas vu (frustration). D'après le préposé au déchirage du ticket d'entrée, il faut attendre fin mai, début juin pour y aller, et l'on y trouverait surtout des carrelages au sol d'époque.

Et après?

Alors comme je vous le disais plus haut, les guerres et la soldatesque délabrèrent sérieusement notre édifice. D'abord pendant la bataille de la montagne blanche, donc, et lorsque Ferdinand II (fumier) fit réparer les dégâts (oh pas par mécénat désintéressé, mais par amour de la chasse), c'est la guerre de 30 ans qui y mit le souk à sac. Vous vous souvenez que je vous disais que le toit n'était pas d'origine, ben tiens, forcément, il a été déposé par les Suédois qui volèrent le cuivre, comme tout le reste qui se trouvait à leur portée. Pire que les sauterelles cette engeance de pillards dévastateurs. Entre le XVII et le XVIII ème siècle, l'on fit moult réparations, arrangeations, en particulier l'aménagement des divers sentiers que vous pouvez emprunter aujourd'hui. Mais le sentier principal, celui qui vous mène du mur d'enceinte jusqu'à la porte du pavillon est plus ancien. En fait il date de Rudolf II (il s'appelle d'ailleurs le sentier Rudolf) qui le fit aménager après que de nombreux visiteurs se fussent perdus dans la profonde forêt,
et qu'un certain nombre d'entres-eux eut même rencontré le blaireau sodomite les conduisant à déposer une insistante doléance auprès de l'empereur pour la prompt construction d'un sentier distinctement balisé (et éclairé la nuit).

En 1741, ce sont les troupes franco-bavaroises du maréchal de France Charles-Louis-Auguste Fouquet de Belle-Isle qui camperont dans la forêt (le maréchalissime dans le pavillon), alors qu'elles s'en partaient en guerre contre Prague dans le cadre de la guerre de succession au trône d'Autriche (dont par ailleurs Prague se foutait totalement) que se livraient Charles VII (grand électeur de Bavière) et Marie-Thérèse (l'imper à 'trice). Les conséquences furent terribles, car outre que les écologistes ne trouvèrent plus un seul escargot vivant sur une surface de 15 km à la ronde, l'on dut également replanter 5 hectares de cuisses de grenouilles totalement ravagés (les hectares) après la retraite des troupes de Charles-Louis-Auguste, coup-de-pied-au-cultées jusqu'à derrière le Rhin.
Ceci dit, le pire était à venir. En 1757, dans le cadre de la guerre de 7 ans, le prussien Fréderic II s'établit aux abords du pavillon avec sa troupe de sauvages et rasa pratiquement la forêt en utilisant le bois pour cuire de la bière dans l'abbaye de "Břevnov" toute proche. Je ne vous dis pas le gâchis du carnage, car ceux qui auraient gouté de la "Jever" prussienne vous diront que couper du bois pour cuire ça, c'est comme mettre de la truffe de Valensole sur un cheeseburger. Bref... une fois bien saoule, son armée d'imbéciles incultes bombardait Prague à coup de canons dont les boulets sont encore aujourd'hui visibles dans les murs de l'église "Panny Marie Andělské", tout près de la Lorette. Mais à l'instar des Franco-Bavarois, les Prussiens finirent par prendre une dérouillée par les troupes autrichiennes (du feld-maréchal Léopold Daun), et évacuèrent la Bohême en juin 1757. Ils laissèrent derrière eux, juste dans la forêt qu'ils avaient saccagée, quelques 1200 cadavres dans des tombes communes qui seront découvertes en 1938 lors du replantage des 5 hectares de cuisses de grenouilles.
Puis dans la série des "je me fous des monuments", je voudrais le Joseph II. En 1785, il utilisa le pavillon en étoile comme entrepôt de poudre à canon, et cette fonction perdurera jusque dans les années 70 du XIX ème siècle. Les plus importants travaux de rénovation extérieure seront menés à partir de 1923 par l'arborigène... l'arboriculteur "Jaroslav Němeček", qui modèlera les chemins, sentiers, arbres, forêts, pelouses, champignons et cureuils dans la forme qui existe encore aujourd'hui. Signalons pour l'anecdote qu'il fut en cela aidé (soutenu et conseillé) par l'un des plus grands génies architecturaux au monde du XX ème siècle, le slovène "Jože Plečnik" qui laissa bon nombre de traces remarquables dans la capitale tchèque, comme la discutable église "Nejsvětějšího srdce Páně" place "Jiřího z Poděbrad", mais aussi les cours 1 et 3 du château de Prague, et surtout les jardins sud (côté petit côté, "Malá Strana").
J'en profite aussi pour vous dire que cette année se déroulent de nombreuses expositions consacrées à "Plečnik" dans le cadre de la commémoration des 50 ans de son décès, et que c'est une formidable occasion d'inviter la sympathique capitale de la Slovénie, Ljubljana (prononcez lioubliana). Et retour donc au pavillon. En 1952 on y installa (dedans) le musée de "Alois Jirásek" (écrivain romantique), et par la suite on y rajouta celui de "Mikoláš Aleš" (ce génie). Aujourd'hui il n'en reste que des restes, et j'ai même réussi à vous prendre (en cachette) quelques photos des oeuvres de "Mikoláš", dont une esquisse dans son carnet de notes. C'est énorme, mal photographié, mais énorme. Ensuite plus rien. Le bâtiment, comme le domaine aux alentours (et toute la Tchécoslovaquie d'ailleurs) tombèrent en délabrement parce que les camarades con-munistes n'avaient plus de pognon pour rien. Et surtout parce que leur obscurantisme culturel à la hauteur de leur fanatisme politique les empêchait de voir les splendides richesses architecturales qui se délabraient à cause de leur coupable négligence. A partir de 1996 et jusqu'en 2000, le bâtiment ainsi que le domaine furent restaurés afin d'offrir aux praguois une aire de repos, de promenades, de jogging, de "j'laisse chier mon clébard" et de ski de fond en hiver.

Donc allez-y. Ca vaut incontestablement le coup (forcément, je ne vous en parlerais pas sinon), surtout lorsqu'il fait beau. N'oubliez pas d'emmener vos frisby, boules de pétanques, vélos, pique-niques, cerf-volant, bas longs... ballons, avions/voitures télécommandé(e)s, gniards et clébards. L'entrée est symbolique, 30 CzK (1,07 €), et vous trouverez sur place même un petit restaurant offrant plats du jour et bière fraîche ("Staropramen") à des prix très raisonnables. Cerise sur le gâteau, et pour peu qu'il n'y ait pas un arrivage de touristes à ce moment, l'affable monsieur (smart et rondouillet) qui vous accueillera à l'entrée, se fera un plaisir de partager ses connaissances et son enthousiasme. Il est fort sympathique, converse d'un verbe amical (pour les langues je ne sais pas, mais le Tchèque, il le parle couramment), et officie en ce lieu depuis une paire d'années, aussi il connait énormément de choses fascinantes sur ce pavillon qu'il a apparemment inspecté sous toutes les coutures. Comme il dit humblement, ce fascinant édifice déborde de mystères, de secrets, d'énigmes et de magie. Certains ont été découverts, quelques uns sont supposés, mais beaucoup sont encore inconnus (ou oubliés). Aussi il ne tient qu'à vous de vous laisser envahir par cette émanation ésotérique qui imprègne toute la construction, et partir à la (re)découverte des arcanes hermétiques à l'origine de cette grande-oeuvre. Mais selon les propres paroles de ce sage distingué, "vous serez confrontés à beaucoup plus de questions que vous ne découvrirez de réponses". Bonne chance, et rappelez-vous de l'illustre aphorisme des 2 grands philosophes de la fin du siècle dernier, Fox Mulder et Dana Scully: "the truth is out there".

2 Comments:

Anonymous Anonyme said...

Mysko, ale neni to naky osobni? Ta veverka vi, zes ji pouzil takhle verejne na blog??? A co zakon §101?
Jinak krasny, krasny, krasny!!!

13 mai, 2007 19:37  
Blogger Strogoff said...

V lese skacou veverky, maji rude prdelky... a to se dobre foti :-) Jakej zakon 101? Vdit ty potvory jsou vsechny stejne, a tahle se ani nepozna jestli se uvidi...

14 mai, 2007 08:00  

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