samedi 14 juillet 2012

Ville: L'église bien cachée St Bartholomé

L'église St Bartholomé, c'est vraiment pour les experts au coeur solide. C'est un concentré de beauté dans un coin ignoré du touriste que même les Praguois dans 8,6487 cas sur 10 en ignorent l'existence. Et pour cause, faut vraiment marcher dedans pour savoir qu'il y a une église là, derrière ce mur insignifiant. Je l'avais sur ma liste des "à voir absolument" depuis lurette, d'abord pour l'architecte: "Kilián Ignác Dientzenhofer", ensuite pour les fresques: "Václav Vavřinec Reiner".
Ces 2 génies baroques d'envergure mondiale créèrent en l'église St Barth une quintessence de taille modeste mais d'une indécente beauté, qu'il faut vraiment déguster à petite dose afin de prévenir l'apoplexie des sens.

Le vendredi 1 juin 2012, c'était le jour de la nuit des églises. Une fois par an, la cléricafarderie ouvre (enfin) les portes de ses églises à la plèbe, et c'est l'unique occasion de visiter des édifices généralement fermés à double tour, sauf lors des offices. Seulement lors des offices, c'est généralement mal venu de boulevarder ses savates et faire clac clac clac avec son infernale machine non homologuée par la cul-béniterie. Ainsi la nuit des églises, c'est vraiment le moment privilégié, malgré l'invasion de quidams qui ont autant de sympathie envers l'art que le mufti de Sidi Yahya El Bahrzaoui envers les rillettes pur porc. Ceci-dit le plus grand problème avec cette nuit des églises, c'est l'organisation. Certaines églises sont ouvertes de... jusqu'à... Certaines ont des programmes cultureux séduisants à heure fixe (concerts, visites guidées...). Certaines sont à X kilomètres des autres. Et surtout c'est ce soir là ou dans 1 an. Du coup l'aphorisme "choisir c'est renoncer" est d'autant plus d'actualité que sélectionner quelques lieux parmi des centaines... Aussi plusieurs jours auparavant, je me suis donc équipé de la liste imprimée des églises participant à l'opération, de ma liste des églises "à voir absolument", de mon GPS, de mon tableur Excel et d'une bonne dose de patience en poudre afin d'organiser le trajet optimal aux p'tits oignons à la sauce Bocuse. Autour de quelques verres de bières, je fis ma sélection en tenant compte de tous les paramètres: intérêt des sites, distances, durées de trajet, durées de visites, options... In fine et au bout de plusieurs heures d'intense réflexion, je mis 11 églises sur mon inventaire d'entre 18h et 2h du matin dont 2 optionnelles, genre si le temps l'eut permis. Singulièrement, St Bartholomé était en tout premier, non pas pour son importance, mais parce que mon itinéraire était défini ainsi de façon optimale.
Ah oui, et je rappelle que le nom Bartholomé c'est comme Barthélemy, Varfolomei, Bartosz, Bartel ou Barth, c'est Dupont et Dupond pareil.

Trois minutes avant 18h, je battais impatiemment le pavé rue Bartholomé le doigt sur la gâchette de mon reflex. A l'heure H la porte s'ouvrit, j'entris, et qu'est-ce que je vis surpris? Une volée de cruches en habit de pingouin en train de bigoter grave. Quoi?! Mais c'est pas possib', c'est l'heure de la visite pour les laïcs, c'est porte ouverte au public. C'est quoi ce foin? Et de demander à l'organisateur là, la pancarte "nuit des églises" épinglée sur la poitrine, de qu'est-ce que quoi du pourquoi maintenant. "Les soeurs sont en prières, c'est l'heure" me répond l'animal perspicace. Ah ben ça ne m'avait pas frappé la caboche. "Mais pourquoi aujourd'hui, maintenant? Elles ont 364 jours pour prier, 24h sur 24. Pourquoi faut-il qu'elles m'encombrent l'église de leurs radotinneries d'évangile l'unique jour des portes ouvertes? Ca chatouille les glandes à la râpe c'histoire là.". Le pauv' boug' n'avait pas de réponse à ça, et la seule information que je pus en tirer c'est que le St cirque allait durer au moins 1/2h. J'étais dégoûté par cet imprévu d'entrée de jeu qui allait forcément me pourrir toute l'organisation que j'avais si brillamment mise au point. Les boules douloureuses! Je quittai l'église St Barth, et pris la direction de mon second objectif me disant que je devrai sacrifier quelque chose afin de revenir céans, plus tard, parce ce que ce que j'avais entraperçu d'un rapide coup d'oeil méritait assurément un "reviens-y" approfondi. J'y revins, vers 21:30, et c'est grâce à ma tenace persévérance que vous pouvez admirer aujourd'hui les splendides photos qui accompagnent ma publie.

Bon, je ne vous présente plus "Kilián Ignác Dientzenhofer", une des incarnations majeures du baroque tchèque et auteur d'oeuvres splendides comme "Vila Amerika" (le musée Dvořák), "l'abbaye de Broumov", l'église "St Jean sur talus", l'église "St Nicolas vieille-ville" et des dizaines d'autres. Et tiens, à nouveau un peu de pub pour la base de données GPS "www.poi.cz" dont la gratuité et la qualité n'ont pas d'équivalent sur la toile: vous trouverez la totalité des oeuvres de "Kilián Ignác Dientzenhofer" comme de son père "Kryštof" ici. N'hésitez pas à la télécharger, la liste, ça vous donnera des idées de visites.

Quant à "Václav Vavřinec Reiner" (1689-1743), je ne devrais pas vous le présenter non plus, tellement j'en parle dans chaque seconde publie sur Prague. Mais bon, je vais quand même vous en souffler quelques mots. Après "Karel Škréta" (1610-1674) et "Petr Brandl" (1668-1739), il est le 3 ème peintre le plus significatif et le plus prolixe du baroque en Bohême. "Václav Vavřinec" est né d'un grand-père bâtisseur, d'un oncle marchand d'art, d'un père sculpteur et d'une mère bonne cuisinière, aussi il fut quotidiennement baigné dans les arts dès sa plus tendre enfance. Son premier enseignement lui fut octroyé par la corporation des peintres praguois (rien à voir avec les rapins actuels sur le pont Charles) ainsi il subit tout naturellement l'influence des grands peintres précédemmentionnés, mais également de "Jan Kryštof Liška", nettement moins connu que les précédents puisque né et décédé en PLogne. Il fut cependant actif aussi à Prague et vous trouverez ses oeuvres dans les églises de St François d'Assise, Ste Ursule, dans le monastère de "Strahov" ou encore dans la galerie de peinture du palais Schwarzenberg... Bon pote d'avec "Petr Brandl" duquel accompagné il fréquentait les tavernes praguoises, "Václav Vavřinec" se concentrait sur des domaines graphiques que négligeait le précédant: fresques murales et plafonnales (c'est fatiguant), peintures de guerres (c'est dangereux), tableaux de paysages (c'est chiant), etc...
Parenthèse pour l'anecdote, "Brandl" était un soiffard de célèbre notoriété. Il mourut en 1735 d'apoplexie à "Kutná Hora" dans l'auberge du Petit Cheval Noir une chope à la main (véridique). C'est pas beau comme mort ça? Y a juste qu'il aurait pu terminer sa bière avant de lâcher la rampe. Les oeuvres de jeunesse de Venceslas-Laurent ("Václav Vavřinec") sont caractérisées par une taille modeste et une pénombre claire-obscure. Au fur et à mesure que notre bougre prenait en expérience, en assurance et que le poil lui poussait sur le menton, son art s'éclaircissait vers le pastel et ses oeuvres se monumentalisaient augurant l'aube du baroque tardif puis du rococo. Rapidement, son talent dépassa nos frontières et l'artiste déploya sa virtuosité par exemple sur la coupole centrale de la chapelle des 7 douleurs de Marie (i.e. chapelle Hochberg) en l'église St Vincent de "Wrocław" (PLogne), sur le retable de l'autel principal de l'église Ste Edwige de "Legnickie Pole" (en PLognaussi), église du reste construite selon les plans de "Kilián Ignác Dientzenhofer", ou dans la bibliothèque du monastère des chartreux de "Gaming" (Autriche). Sinon à Prague, il se fit remarquer principalement en les églises St Gilles (où ses restes reposent avec lui), St Thomas, St Francois d'Assise ou sur le plafond des escaliers du palais "Černín". Quant à ses nombreux épigones, signalons en particulier un de mes préférés: "František Xaver Palko".

Et encore pour l'anecdote... "U Medvídků", vous vous souvenez: un de ces troquets sympas où je retourne régulièrement rincer mes rognons avec la meilleure "Budvar" de la ville (Prague)? Bon, eh bien en 1524, la maison numéro 344/5 juste à côté fut acquise par un certain "Jiřík Kasík z Pernštejna". Tout naturellement, la rue prit son nom. Anciennement "Na Perštejně" elle devint au XIX ème siècle "Na Perštýně" suite à la monophtongaison des diphtongues. Ben cette maison "Na Perštýně 344/5", "Václav Vavřinec" la reçut en dot en épousant sa femme Anne Véronique Herzog de Herzog. Il y vécut, et finit même par y mourir en 1743. Aujourd'hui elle est intégrée à "U Medvídků", puisqu'elle partage même son rez-de-chaussée avec le bar ouvert tard la nuit (pour info, si vous cherchez un coin pour vous terminer tard le soir... tôt le matin).

Bon, mais passons à l'église St Bartholomé, parce que c'est quand même ça mon sujet d'aujourd'hui. Je vous en avais fait humer le parfum dans ma publie sur "Jan Milíč z Kroměříže". Parce qu'au début, avant l'église St Barth, sur ce même emplacement il y avait la nouvelle Jérusalem du précédent loufdingue, puis les cisterciens et leur collège St Bernard, puis des ruines, puis des jésuites, et ce n'est que vers 1725 (parfois 1726) que l'on eut l'idée de construire céans l'église St Bartholomé telle que vous la voyez aujourd'hui.
Par qui la tâche fut confiée, les sources ne sont pas spécialement claires. Le collège et les environs appartenant aux jésuites, il est fort à parier que les bougres furent d'une certaine façon impliqués. Maintenant étaient-ils les initiateurs? Ce qui est cependant acquis, c'est que "Kilián Ignác Dientzenhofer" dut faire face à des contrariétés de taille. Tout d'abord bâtir sur les fondations existantes datant de la mi-XVII ème siècle. Selon mes sources, les jésuites avaient déjà entamé la construction d'une église qui ne fut jamais terminée. "Kilián Ignác" aurait construit par dessus (cf. les caves voûtées encore visibles lorsque vous descendez dans la crypte et qui seraient les restes de l'église non construire). Second souci, tenir compte de la surface réduite et irrégulière du terrain dans laquelle devait s'insérer le nouvel édifice: l'enceinte aurait été bâtie sur les ruines de murs moyenâgeux (ce qui lui donne cet aspect compact, concentré).

D'un point de vue architectural, cette église s'inscrit dans la catégorie "oeuvres de jeunesse" à l'instar de l'église de "Počaply" (publie à venir), commencée un an plus tôt, et qui présente déjà les caractéristiques d'agencement spécifiques à notre architecte. St Barth en est la continuation, basée sur ces mêmes caractéristiques. En fait encore petit, "Kilián Ignác" travailla beaucoup avec son père "Kryštof Dientzenhofer" et avec "Johann Lukas von Hildebrandt" (architecte incontournable si vous visitez l'Autriche, je ne vous en parle pas ici, trop long), lesquels furent tous deux largement influencés par un autre génie du baroque: "Guarino Guarini"
(je ne vous le présente pas non plus, trop long toujours, mais malgré qu'il fut Italien, il influença significativement le baroque tchèque par l'intermédiaire des "Dientzenhofer" comme de "Santini"). Inutile donc de préciser que nos 3 larrons déteignirent largement sur notre "Kilián Ignác", en particulier "Hildebrandt" duquel il reprit les concepts de construction comme de disposition des édifices basés sur un schéma architectural central. Et justement, notre église St Barth (et dans une certaine mesure l'église de "Počaply") sont en plein dans ce schéma caractéristique, au point que d'aucuns émettent l'hypothèse que les plans de St Bartholomé seraient de "Johann Lukas von Hildebrandt" en personne retravaillés à la sauce "Kilián Ignác Dientzenhofer". Ceci-dit d'aucuns émettent encore l'hypothèse que la fabuleuse basilique mineur "Maria Treu" de Vienne construite par "Hildebrandt" aurait été terminée par "Kilián Ignác". Qui du boeuf ou de la moule? Allez savoir...

La construction fut terminée en 1731, et la prillante goupillonnée le 24 juillet de cette même année.
Mais l'usage fut de courte durée. L'église St Bartholomé fut désacralisée par Josef II en 1785, son mobilier vendu aux enchères, et avant même le début de l'année suivante, la maison de dieu (tout puissant) fut transformée en entrepôt pour livres scolaires. Joseph II perpétua ainsi l'oeuvre d'éducation et d'ouverture d'esprit de son peuple, exercice initié par sa mère l'impératrice Marie-Thé, au détriment de l'obscurantisme archaïque et de la foi religieuse aveugle.

En 1856 naquit la congrégation des soeurs grises de l'ordre de St François d'Assise, dont l'apostolat consista en la prise en charge gratuite des malades démunis indépendamment de leur maladie, de leur religion, de leur nationalité, de leur orientation sexuelle, ou de leur cotisation à la Caisse Primaire d'Assurance Maladie. Dans un premier temps, les nonnes s'installèrent (furent installées?) dans les bâtisses agricoles de l'ancien collège des jésuites. En 1860, elles reçurent même jouissances de l'église St Barth qui dut être auparavant soigneusement restaurée. Mais les dons en ces temps étaient nombreux, et rapidement l'édifice repris les couleurs solennelles d'antan.

Les frangines durent à nouveau quitter les lieux en 1949, après l'arrivée au pouvoir de la chienlit con-muniste. Le mobilier, les peintures, l'orgue comme les objets du culte furent vendus, volés, voire détruits et l'entiffe devint à nouveau un entrepôt sous la responsabilité de ministères con-munistes divers et variés. A signaler que pendant cette triste période de dictature prolétaire, la rue et le quartier St Bartholomé étaient tristement des plus redoutés de la population car céans se trouvait le QG de la StB, organe répressif du pouvoir des bolcheviques (fumiers).

Après la révolution de velours et la chute de la dictature, les pampines recouvrirent leur église en 1995, mais comme en 1860, dans un état déplorable: les fresques s'effritaient, les statues s'écroulaient, le toit s'effondrait, et les fenêtres de fiente de pigeon recouvertes étaient. Il fallut plus de 2,5 ans afin de retaper l'église, et 18 avril 1998, son épatance l'archimitré "Miloslav Vlk" put goupillonner l'édifice de sa bénédiction bienveillante. Puis en 2000, l'on installa le nouvel orgue du facteur "Vladimír Šlajch" qui semble porter le même amour aux orgues qu'aux belles anglaises (ce qui, somme toute, n'est pas incompatible, après tout).

Bon, et maintenant un peu de description. Alors l'église St Barth est de style baroque, vous vous en seriez doutés. Mais il est vrai que depuis la rue (Bartolomé), ça ne pète pas vraiment aux mirettes. Faudrait en fait voir l'église depuis la cour afin de s'apercevoir du style, parce que vu de là, l'édifice est baroque pétant. Sauf que dans la cour je n'y étais pas, du coup vous devrez vous contenter des photos du cul à défaut de la face (je vous ai trouvé une photo sur le net, histoire de vous faire une idée). Pourquoi "Dientzenhofer" retourna l'église de 180°C me demanderez-vous? Ben j'en sais fichtre rien, désolé. Sinon comme vous pouvez le deviner sur la photo, la façade côté cour est décorée de statues des 12 apôtres, de la vierge et du Jésus, cuisinés à la sauce "Matěj Václav Jäckel".
Ce dernier sculpteur n'est pas aussi connu qu'un "Braun" ou qu'un "Brokoff", et pourtant, il fut nettement plus prolixe. Au détriment de la qualité cependant (made in China?), selon les experts qui lui attribuent une production artistique variablement inégale. Vous pouvez admirer 3 de ses oeuvres sur le pont Charles (Marie et St Bernard, Marie, St Dominique et St Thomas d'Aquin, Ste Anne toute seule et sans Marie), pont sur lequel se trouvent également "Braun" (St Yves de Tréguier, Ste Ludmila et St Venceslas, Ste Lutgarde...) et "Brokoff" (St François Xavier, St François Borgia, St Vincent Ferrier et St Procope...), aussi je vous laisse faire votre propre idée sur lequel des 3 sculpteurs est vraiment le plus meilleur de tous.

A l'intérieur de l'église, la majorité du mobilier comme du décor ne sont plus d'époque. Les seuls éléments d'avant les con-munistes sont 4 statues de saints assez inhabituels: St François de Sales, St Grégoire de Nazianze (ces 2 là sont dans les niches latérales, cf. mes photos), St Colomba d'Iona, et Ste Colette de Corbie (mais chais pas où qu'ils sont, parce que je ne les ai pas vus ces 2 saints là). La chaire pseudo baroque d'avant con-munistes de 1934 est décorée des 4 évangélistes assis en équilibristes et de Jésus en bon (pseudo) pasteur debout sur l'abat-voix. Pour ceux qui pensaient que le p'tit chapeau au dessus des chaires baroques servait de toiture au curé parce que les toits des églises sont généralement percés, ben non. Le p'tit chapeau au dessus des chaires baroques est un abat-voix permettant de diffuser la bonne parole dans l'enceinte de l'église afin qu'elle n'aille pas s'échapper vers le plafond. Eh non. Sur le mur Nord, en haut, vous trouverez encore 2 fresques genre début XX ème siècle représentant pour l'une Ste Ludmila (la mémé de St Venceslas), et pour l'autre j'hésite entre Ste Agnès de Bohême (la plus probable) et Ste Odile de Hohenbourg (Alsace), toutes 2 ayant fondé une abbaye dont elles devinrent les abbesses (cf. leurs attributs: la crosse abbatiale dans une main, la maquette de leur abbaye sous le coude et un suppositoire à l'eucalyptus entre le pouce et l'index de l'autre main).

Pis y a les magnifiques peintures plafonnales de "Václav Vavřinec" qui faillirent disparaitre à jamais. Au dessus du choeur, vous pouvez admirer le "sous l'abri de ta miséricorde", prière pour l'intercession de la vierge ("Domina nostra, mediatrix nostra, advocata nostra...") auprès de la supra sainte trinité. L'homme nait mauvais par nature (sauf moi), grandit mauvais, vit mauvais (en particulier mon fumier de voisin) puis meurt mauvais. C'est comme ça depuis la nuit des temps, et vous ne pouvez rien y changer. Mais si vous souhaitez être meilleur (même un peu seulement), alors faut sacrément travailler sur soi (sur vous). Mais voilà, tout seul, z'arriverez à rien. Keud. Alors avec l'aide de Marie qui va en souffler un mot à p'tit Jésus, qui va en parler à St Fluide, qui va en rendre compte au barbu redoutable, alors là, z'avez nettement plus de chances ("Reine très digne du monde, Marie toujours vierge, intercède pour que nous trouvions le Salut et la paix"). Sans dec, faut vraiment avoir des trous dans l'mou... Bref, sur les fresques donc vous pouvez lire "tuo filio nos repraesenta" au centre de la fresque, puis "tuo filio nos reconcilia" et "tuo filio nos recommenda" sur 2 pancartes tenues par des putti(s) joufflus sur les côtés. Notez que cette dernière phrase est dans 99% des cas "tuo filio nos commenda" (à ton fils confie nous) et seulement dans 1% des cas "tuo filio nos recommenda" (à ton fils recommande nous). "Reiner" voulut sans doute colorer linguistiquement sa fresque en conservant les "tuo filio nos re...".

Au dessus de la nef est peint le martyre de St Barth. Le spectateur découvre comment les méchants Arméniens écorchèrent le pauv' boug' vivant. Bartholomé vint en Grand' Arménie afin d'y convertir les indigènes plutôt que de leur fout' la paix. Pis lorsqu'il eut converti le roi et la reine (qui ne voulaient pas), ben le frère du roi tout fâché le fit condamner au martyre. D'abord il aurait été crucifié la tête en bas, ensuite le bourreau l'aurait dépouillé de sa peau comme un lapin, et parce qu'il ne voulait toujours pas mourir, l'on aurait fini par lui décapiter sa tête dans la rivière.
Bon, mais il est plusieurs sources concernant ce martyre, et chacune présente une version différente de l'histoire. Notez donc que les faits sont pour le moins discutables, mais que l'iconographie religieuse a cependant retenu (comme d'hab) l'option la plus tabloïdique, à savoir l'écorchage. Eh, faut servir au peuple ce qu'il réclame, du sang, des jeux et des journaux idiots.

Ensuite y a encore une peinture au dessus de l'orgue. Mais parce que cette locomotive là prend autant de place qu'un buffet de cuisine, ben on ne voit pas trop qu'est-ce que la peinture représente. Selon mes sources ce serait St Barth et St Jean Népomucène au championnat mondial du cri de cochon. Mais on voit vraiment mal, donc pas sûr.

Et pour terminer, nous visitâmes encore la crypte qui tient d'ailleurs plus de la cave. Cependant en dehors des bonbons et des gâteaux que les braves dames en gris avaient gentiment mis à la disposition des gnafrons mais que les adultes (ma chérie d'amour tout particulièrement) croquaient sans honte, il n'y eut strictement rien à voir dedans (la cave).

Du coup, ben z'avez plus qu'à visiter là: 50°4'58.208"N, 14°25'1.675"E