lundi 24 juillet 2006

Visiter: Le joli château de Rožmberk

Alors en République Tchèque il n'y a pas que Prague, et c'est aussi pour cette raison que mon fils et moi-même nous nous sommes offerts quelques jours dans la splendide région de "Šumava" (prononcez C H O U M A V A) dont chou m'a va vous parler maintenant.
Alors la "Šumava" que les Germanophones appellent "Böhmerwald", en gros et pour situer, se trouve au sud-ouest de la République, aux frontières de la Barbarie (Allemagne et Autriche :-))) C'est une région magnifique (et croyez-moi que pour que je vous dise ça, moi, faut vraiment que ça en vaille la peine) d'altitude moyenne (entre 600m et 1360m) qui se caractérise par un climat rude (température annuelle moyenne entre 3°C et 6°C, pouvant descendre en dessous de -30°C parfois) et des pluies abondantes. Cet admirable parc naturel est renommé pour ses forêts, sa flore, sa faune, ses rivières, ses lacs glacières, ses sources d'eau (potable), ses descentes de rivières en canots et kayaks, ses tours-bières, ses monuments, ses musées, ses camping-baignade, ses touristes (surtout allemands et hollandais), ses routes étroites et sinueuses déglinguées par le gel hivernal, sa médiocre bière "Eggenberg" (encore que la 12°, ça passe, mais évitez la 10° à tout prix), son "Český Krumlov",
ses 3 pistes de ski d'une longueur totale de 2534m et de dénivelé moyen de 156m, et... et renommé aussi pour ses splendides châteaux. Et justement, comme l'on passait dans le coin pas loin avec ma progéniture adorée, sur la route D163 qui nous éloignait de "Vyšší Brod", nous fîmes un petit détour (obligé) vers la route D160 menant au splendide petit village de "Rožmberk nad Vltavou" fort de 350 âmes vivant au pied du fameux château "Rožmberk", sujet de ma publie de maintenant.

Le nom de "Rožmberk" vient de la tchèquisétisation du mot allemand "Rosenberg" (colline, mont rose). Première mention de l'édifice fut faite mi XIII ème siècle sous le règne de "Václav I". Mais du château originel, il ne reste plus que la tour "Jakobínka" après l'incendie de 1522 parce que le châtelain cassa sa pipe. Elle (la tour) est la propriété de la poste tchèque mais son état honteusement pitoyable n'en permet malheureusement pas la visite.
Ce que vous pouvez par contre visiter, c'est le château "inférieur" (par rapport à l'originel "supérieur") construit à partir XIV ème siècle par Henri III de Rosenberg ("Jindřich III. z Rožmberka") sur l'importante voie commerciale du pied de porc sur choucroute qui partait du Sud de la Bohême vers le nord danubien et plus particulièrement vers Linz ("Oberösterreich", Haute-Autriche). Le château fut accommodé à la sauce renaissance milieu du XVI ème siècle et apparaîtra alors la célèbre alcôve à musiciens qui tient plus du gnouf à pendard que de la scène musicale. La modification d'envergure suivante aura lieu mi XIX ème siècle sous l'impulsion des Buquoy. "Quoi? Des Buquoy? Ben et les Rosenberg alors?" me demanderez-vous? Ben les Rosenberg y avait plus, disparus. Y avait plus parce que la lignée (ainsi que le nom) avaient disparu au début du XVII ème siècle, tout simplement (avec le dernier "Petr Vok z Rožmberka", † 6. 11. 1611). Mais ce n'est pas ainsi qu'ils ont perdu leur château, par extinction.
En fait, bien qu'il fut souvent hypothéqué par ces Rosenberg afin qu'ils puissent payer leurs dettes (casinos, P.M.U., guerres, mercenaires, poils et gros nichons...), ils finissaient toujours par le récupérer. Pis un jour (de 1612) c'est la famille cousine, les "Švamberk", qui hérita du château, mais c'était toujours dans le giron familial (cousin) bien que le nom soit différent. Malheureusement la lignée eut la mauvaise chance d'être du bon côté (tchèque) lors de la révolte des Etats (1618 - 1620, défenestration de Prague, guerre de trente ans...) et lorsque cette gouape de Ferdinand II (Habsbourg) en terminera une fois pour toute avec la Bohême hérétique en gagnant la bataille de la montagne blanche, il confisquera la totalité des biens švamberkois (et autres) au profit de son troupeau bâté de lèche-culs bondieusards. Ainsi le château de "Rožmberk" reviendra au plus fanatiquement émérite d'entres-eux, Charles Bonaventure de Longueval, comte de Buquoy et il restera buquoyen jusqu'en 1945, lorsqu'ironie de l'histoire, il sera à nouveau confisqué (et tatisé) au dernier des Buquoy de Bohême,
"Karel Jiří" (Charles-Georges, 1885 - 1952) pour sa collaboration (vraisemblable mais non avérée) avec l'occupant (ce qui est sûr, c'est qu'il était membre du SdP, Sudeten deutsche Partei, fumiers). Le château abrite aujourd'hui une vaste collection d'objets divers liés à la dynastie des Buquoy.
Ca c'est pour l'histoire, alors passons à mon histoire, celle de la visite. Ben oui, le château se visite, d'ailleurs pour une somme négligeable (80 CzK ≈ 2,8 €) mais uniquement avec guide et sans photographiage (scélérats). Lorsque nous arrivâmes je pris les billets:
Moi: "Bonjour, un adulte et un pas."
Elle: "130 couronnes!"
Moi: "Et peut-on photographier à l'intérieur?"
Elle: "C'est strictement défendu!"
Moi: "Et peut-on..."
Elle: "C'est strictement défendu!"
Moi: "Oui, j'entends bien, mais parfois..."
Elle: "C'est strictement défendu de photographier! Suivant..."
Moi, prenant les billets dans une main et celle de mon fils dans l'autre: "Viens mon bout, les ragnagnas douloureux de Madame viennent de lui déclencher une crise hémorroïdale aigue, alors filons avant que son collier d'émeraudes n'éclate sous la pression de son humeur acariâtre."

Au bout de 5 minutes une délicieusement charmante jeune guide (mais tristement plate des pare-chocs) vint nous chercher aux bas des escaliers menant à la salle des croisés. Je ne vais pas vous relater tous ses propos car vous perdriez tout intérêt d'une propre visite, mais je vais tout de même vous livrer quelques passages anecdotiques qui ont leur importance, vous verrez un jour. Nous arrivâmes ainsi dans une salle, sympa, à droite le... à gauche la... et au milieu un miroir. Et la petite de commenter: "miroir vénitien de la fin du... qui paraîtrait-il aurait un pouvoir magique. Mais il ne s'appliquerait qu'aux dames et encore en de spécifiques circonstances. Quelle que dame qui se regarderait dedans ce miroir magique subirait un rajeunissement significatif et accéderait à une beauté renversante mais à la stricte condition de ne plus jamais se regarder dans un miroir." Ouah l'autre, c'est trop fort, dingue dis-donc, ça aurait pu être du Guitry...
Alors bien sûr, quelques personnes pouffèrent, et l'on passa dans une autre salle, sympa aussi. A droite la... à gauche le... et au milieu un autre miroir. Et la petite de commenter: "miroir vénitien du début du... qui paraîtrait-il aurait un pouvoir magique. Mais il ne s'appliquerait qu'aux hommes et encore en une spécifique circonstance. Quel qu'homme qui se regarderait dedans ce miroir magique, debout sous le lustre qui est là, verrait immédiatement la vérité." Le lustre était en fait décoré de bois de cerf, et lorsqu'on se regardait dans le miroir sous le lustre, l'on avait l'impression de porter des cornes. Ouah l'autre, c'est trop fort, dingue dis-donc, ça aurait pu être du Garcimore... Alors bien sûr, quelques personnes pouffèrent, et l'on passa dans une autre salle... Tout en marchant, je me demandais s'il n'y avait pas dans ce château un miroir vénitien pour grossir les mamelles inconditionnellement car la petite, bien que délicieusement charmante, était monotonement lisse pour son âge. Et tandis que je rigolais intérieurement, je me remémorai une vieille blague que je partageai aussitôt avec mon pirate de gnafron chéri.
C'est un type, nu devant la glace de sa salle de bain, et qui articule "miroir, miroir, oh mon beau miroir, dis-moi qui a le plus gros noeud dans ce royaume?" Et de la cuisine d'entendre la voix de sa femme "moi! Et il est dans la salle de bain!". Et c'est pliés de rire que nous entrâmes dans la nouvelle sale, sympa. A droite les... au milieu l'... et à gauche un secrétaire. Et la plate petite de commenter: "secrétaire en bois du milieu du... avec incrustations de plaques en marbre bicolore. Certains verraient dans ces plaques les silhouettes des ruines de châteaux tchèques célèbres. Mais chacun peut y voir ce qu'il veut. Nous avons même eu un visiteur qui y aurait vu la centrale nucléaire de Temelin." Ouah l'autre, c'est trop fort, dingue dis-donc, ça aurait pu être du n'importe quoi... Alors bien sûr, quelques personnes pouffèrent, et l'on passa dans une autre salle...
Bon je ne vais pas vous faire tout le château comme ça, rassurez-vous, mais comme dit, ces anecdotes là ont réellement leur importance, vous verrez dans une de mes prochaines publies.

Ah si, encore un truc, il faut que je vous raconte la légende de la Dame Blanche, parce que racontée par la charmante guide platenibardesque c'est pas vraiment ça, genre vous ne sentirez pas tout le croustillant de l'histoire sous la dent, et en plus elle ne raconte pas tout. De plus, selon les châteaux où qu'elle sévit la drôlesse (la Dame Blanche, pas la petite), vous n'aurez pas la même version des faits, alors hop, je vous la raconte l'anecdote en version allégée mais complète. Donc comme tout château (ou toute pâtisserie) qui se respecte, "Rožmberk" possède sa Dame Blanche.
Vous pourrez d'ailleurs même en voir un portrait peint, dans la salle à portraits (peints), derrière les toilettes, dans le couloir à gauche. Il était une fois, au XV ème siècle, une Dame (blanche) qui se prénommait "Perchta" (de Rosenberg), et qui vivait peinarde jusqu'à l'âge de 20 ans. A partir de ce moment, sa vie (alors peinarde) devint un enfer noir terrible de par le mariage d'avec "Jan z Lichtenštejna" (Jean de Liechtenstein, parfois écrit Lichtenstein même en Français). D'abord parce qu'elle ne l'avait pas choisi son Jean, car il s'agissait d'un mariage intéressé (pécules et domaines) magouillé par le bon papa de la Dame (blanche), ensuite parce que le Jean ne lui portait pas beaucoup d'attention non plus, vu qu'à force de vivre au château, elle était devenue toute blafarde, diaphane et hâve (d’où son nom, la Dame Blanche pour ne pas la câbler d'avantage). Mais ce n'est pas sa faute non plus s'ils ne partaient pas bronzer à la mer en été, hein, non plus? Bref la pauvre chérie vivait toute seule au domaine de son mari, et les gens (belle-famille comme domestiques) étaient vilains tous laids avec elle.
Ils se moquaient de sa couleur (blanche), et toute sa vie fut donc un enfer noir terrible. Puis un jour, le Jean, plus vieux que "Perchta", fit venir cette dernière alors qu'il se trouvait sur son lit de mort à La Gonie (en Liechtenstein du Sud). Il fit amende honorable, pleura à chaudes larmes de gros codile, demanda pardon (et par vaux) et promit qu'il ne le ferait jamais plus, tout en crachant par terre la main droite levée, la gauche tenant son pyjama. Mais c'était trop tard. Trop tard parce qu'il avait transformé toute la vie entière de la Dame Blanche en enfer noir terrible et qu'elle ne le lui pardonna point, même après qu'il (Jean) lui ait donné (entre autre héritage) les clés de sa Maserati GranSport Spyder, 8 cylindres en V, bloc moteur et culasses en alliage d'aluminium et silicium bonifié, vilebrequin en acier enrichi, équilibré singulièrement en appui sur cinq supports de banc développant une puissance maximum de 295 kW (400 ch) à 7000 tr/mn. Sans dec chuis scié, vraiment difficile la donzelle gâtée pourrie! "Bon, ben puisque c'est comme ça, je te maudis puis c'est tout. Na!" aurait prononcé Jean,
révolté par tant d'insolente ingratitude. Et depuis, ben la Dame Blanche vient régulièrement traîner ses vieilles frusques dans les divers châteaux qui ont un tableau d'elle accroché au mur, à savoir "Rožmberk" mais également "Český Krumlov", "Třeboň", "Jindříchův Hradec" et "Telč". Toujours selon la légende, elle attend que quelqu'un la délivre du terrible maudissage, mais comme elle semble plutôt de mauvaise composition et que surtout personne ne sait comment marche le démaudissage, ben ça se trouve, elle restera chiante et maudite encore une bonne paire de semaines. Tiens, comme dirait mon bout de fiston, "z'avez essayé de mettre la photo de la Dame à la cave?" Enfin chais pas, mais ça ne coûte rien d'essayer.

Puis l'on voulait encore se faire le musée de la torture, dans les bas-fonds du dedans de l'intérieur des caves du château mais il y avait une queue terrible, et l'on commençait à avoir faim. Aussi nous laissâmes tomber le musée et retournions prestement à la voiture afin de poursuivre notre périple dans la "Šumava", mais aussi avant toute chose, trouver une guinguette accueillante pour se restaurer. En conclusion, le château de "Rožmberk" c'est sympa, pas de quoi venir exprès de Prague rien que pour, quand même pas, mais si jamais vous passez dans le coin (de la "Šumava"), alors allez-y. Le petit village est splendidement superbe,

et si jamais vous adorez les descentes de rivières peinardes, mais alors vraiment peinardes les descentes, alors vous pourrez même y louer un canoë sur la "Vltava" et ramer peinard (généralement d'à partir de "Vyšší Brod"), traverser "Rožmberk nad Vltavou" et continuer sur "Český Krumlov", "České Budějovice", "Hluboká nad Vltavou"... pratiquement jusqu'à Prague. En été c'est extramerveilleux quand il fait beau, les gosses adorent et c'est sans danger (malgré ce qu'en disent les belles-mères) donc idée de vacances, hop, merci Strogoff.

jeudi 20 juillet 2006

Comme ça, sans plus: Pour parler de Prague

Alors c'est vrai qu'en ce moment je ne publie pas velu, et que j'en suis sincèrement désolé. Je ne vais pas vous ressasser à nouveau mes sempiternelles fades excuses comme quoi j'ai du boulot, qu'il n'y a que 24h dans une journée, qu'il faut bien dormir, boire et manger de temps en temps, bref j'avoue humblement que je n'ai pas le temps.
Et croyez-moi cela me navre. Cela me navre d'autant plus que mes lecteurs assidus vont peut être se dérouter de mon blog à la longue, qu'il y a encore plein de choses à dire et à montrer sur Prague, et donc cela me navre de délaisser mes publies (temporairement, rassurez-vous) au moment où elles commencent à rencontrer un franc succès (international) et une réelle reconnaissance dans le monde francophone de cette belle ville de Prague. Mais bon, hein, pas ma faute, pas fait exprès, pas taper sur la tête avec la louche en inox.

Bien, après cette séance de mea culpa confiteoresque passons au sujet du jour. Ou plutôt les sujets, parce qu'aujourd'hui je vais vous parler de plusieurs sujets d'actualité à propos de Prague. C'est d'ailleurs aussi pour ça que je vous y mets des photos de (Prague), et même que certaines, mais pas toutes, seront en plein dedans des sujets, en "adéquation d'avec" comme on dit pour faire bien.
Pis surtout, avec cette chaleur qu'on a ici à Prague, nous, je me suis dit que j'allais vous mettre quelque chose de frais, aussi j'ai trouvé des photos y vernales y nédites histoire de rafraîchir votre lecture.

Le premier propos, et qui me tient plutôt à coeur concerne la fameuse cathédrale St Guy, St Venceslas, St Adalbert, St Glinglin etc... ("Katedrála sv. Víta, Václava a Vojtěcha"). Apres plusieurs années de procès entre l'Eglise catholique et l'Etat tchèque, une ultime décision de justice vient de confirmer que la célèbre cathédrale du château de Prague appartient bien à l'Eglise et non à l'Etat. Et pas seulement la cathédrale, car l'ensoutanée vilaine engeance récupère par la même d'autres bâtiments attenants, jusqu'au seau en fer blanc et son balais brosse en poils de blaireau que la femme de ménage du Président de la République devra restituer à la bonne du curé lors de la passation officielle des titres de propriété.
Chuis scié, sans dec, tiens, lisez-voir.

Bien, mais regardons cette décision sous un angle objectif. OK, les ensoutanés s'occupaient de l'édifice depuis sa construction (sous Charles IV) soit quelques 600 ans. OK, les con-munistes ont transféré sa gestion dans les années 1950 à la conciergerie du château. OK, il n'existe aucun acte de propriété dans le sens jure et facto ni en faveur de l'Etat, ni en faveur de l'Eglise. OK, l'édifice est un monument historique appartenant à tout le peuple et non qu'aux bondieusards. OK, le financement de la construction a été moult et divers, autant laïc que religieux.
Oui, oui et oui. Mais alors et pourquoi une telle décision? Eh bien parce qu'elle replace les faits dans une continuité que les con-munistes avaient altérée. Maintenant qu'est-ce que cela va changer? Est-ce que l'Eglise s'occupera moins de notre cathédrale que l'Etat? Franchement je ne le pense pas. J'en veux pour exemples le sinistre précédent de l'église St Michel où l'Etat a lamentablement failli à son devoir, ou encore le couvent de Brevnov où les culs-bénits ont remarquablement restauré un patrimoine culturel inestimable. Pis après tout, d'un point de vue purement pragmatique, les 17 Eglises officiellement reconnues par l'Etat tombent légalement sous la responsabilité directe du ministère de la culture, donc de l'Etat (personnellement j'aurais mis ça sous celle du ministère de la santé,
département salubrité mentale, service lavage de cerveaux, mais bon, chuis pas au ministère), alors après tout, hein, de quoi se parle-t-on? Ben si, on se parle d'un litige qui aura duré 13 ans et de nouveau coûté quelque argent au contribuable, pour finalement une décision sans réelle conséquence. Encore que, qu'en sait-on des conséquences? Mais l'avenir nous le dira...

Second sujet du jour, tout aussi nuisible et pernicieux que le précèdent: la politique. Au début du mois de juin, donc quelques 7 semaines maintenant, la République appelait les citoyens aux urnes pour élire ses représentants au parlement du pays. Et ces élections dévoilèrent quelques résultats historiques. Premièrement un net recul des con-munistes, qui au lieu des habituels 18 à 22% des votes n'en reçurent que 12,8% (fumiers).
Deuxièmement, l'apparition d'un nouveau parti dans les murs de l'édifice, les verts avec 6,3%. Bon, ok, ça ne représente finalement que 6 élus soit 3% des députés, mais on espère bien qu'un vent nouveau, frais et oxygéné soufflera sur les bancs de la semblée. Maintenant parlons de l'ubuesque situation qui en découle, de ces élections. L'assemblée tchèque se compose de 200 sièges exactement, pas un de plus, pas un de moins. Chais pas qui a eu cette éblouissante idée des 200 sièges, mais faut être fichtrement couillon pour choisir un nombre pair. Genre l'andouille responsable aurait pu choisir par exemple 199, nombre impair mais premier de surcroît (et surtout), ce qui limite au maximum le nombre de divisions en parties égales. Bon, c'est trop tard, bref... maintenant pour pouvoir gouverner, le cabinet du premier ministre doit compter sur un minimum de 101 voix. Mais voilà, la droite totalise 94 sièges (ODS-droite 81 sièges, KDU-ČSL-chrétiens-démocrates 13 sièges),
la gauche 100 sièges (ČSSD-socialistes 74 sièges, KSČM-con-munistes 26 sièges) et donc les 6 sièges qui restent reviennent aux verts où la moitié est à droite, l'autre moitié à gauche (mais après quelques claques, les gauchistes seraient rentrés dans les rangs, à droite). Et c'est justement là où se trouve le paradoxe car bien que l'ODS (droite) ait gagné les élections, elle est incapable de former un gouvernement (forcément de coalition) d'avec 101 sièges. En gros, aucun des partis ne veut aujourd'hui pactiser avec les con-munistes (KSČM) et on les comprends. Mais les socialistes (ČSSD) ne peuvent pas blairer les têtes de l'ODS (droite) après la campagne pré-électoral qu'ils ont menée. Car plutôt que de promouvoir son programme, l'ODS (droite) s'attachait à salir les personnalités du parti socialiste (ČSSD). Remarquez bien que les autres partis menaient exactement la même guerre: fouillage de poubelle, remuage de merde, déclarations assassines, jusqu'à la claque (une vraie, paf derrière la tête) assénée par "Miroslav Macek" (ancien vice-président de l'ODS-droite) à "David Rath" (ministre de la santé, socialiste)
sous les cameras de télévisions à la fin du mois de mai, parce que ce dernier (David) aurait prétendu que "Miroslav" aurait épousé sa femme pour son argent (à elle, la rentière suisse). Signalons que l'agresseur se défendit du moindre aspect politique de son geste, et qu'il avait un caractère purement personnel. Ben tiens, comme la déclaration de David, pourquoi est-elle intervenue à quelques semaines des élections alors que "Miroslav" a épousé sa millionnaire en 2001? Coïncidences, pures coïncidences fruits du hasard sans le moindre rapport politique.

Enfin toutes ces sottises de collégiens pubères ont finalement conduit (ou du moins largement contribué) à la situation politique d'aujourd'hui, à savoir qu'après 7 semaines, le nouveau gouvernement n'est toujours pas formé parce que le potentiel nouveau premier ministre "Mirek Topolánek" (ODS) ne veut rien concéder aux socialistes (ČSSD), mais que sans eux,
il est incapable de former un cabinet avec une majorité parlementaire. En attendant, cela arrange grandement l'actuel et perdant premier ministre "Jiří Paroubek" (ČSSD-socialiste) puisqu'il est toujours au pouvoir, et qu'il le restera sans doute encore longtemps parce qu'aucune issue à ce foin n'est visible à court terme. Et "Mirek Topolánek" de rajouter dans la presse "Topolánek vyzval média, aby upozornily veřejnost na to, že "tady ve Strakovce stále sedí vláda, která nemá žádný mandát, jsou v ní ministři za stranu, která není v parlamentu a bez veřejného tlaku Jiří Paroubek neodejde." (Topolánek a invité les médias à mettre en garde l'opinion publique "qu'ici à "Strakova akademie" -N.D.A. siège du gouvernement- un gouvernement sans mandat est toujours en place, dans lequel -gouvernement- se trouvent des ministres d'un parti qui n'est pas au parlement et sans pression publique, Jiří Paroubek ne démissionnera pas").

Ben oui mais la constitution dit que le cabinet du premier ministre actuel doit poser sa démission une fois terminée la formation de la chambre basse (parlement). Or la condition nécessaire pour former cette chambre basse est l'élection du président et du vice-président de cette chambre. La réunion constituante a déjà échoué 2 fois, se poursuit toujours et encore, à bulletin secret, et peut même durer tout l'été car le parti vainqueur (ODS-droite) ne peut réunir plus de 100 voix parmi les 3 partis de la coalition (ODS-droite, KDU-ČSL-chrétiens-démocrates et verts). "Jiří Paroubek" (ČSSD-socialiste) est prêt à accepter une coalition à 4 et même démissionner s'il obtient cette place de président de la chambre (plus quelques menues compensations dans le programme gouvernemental), ce que refuse catégoriquement la droite. Ben tiens après tout, c'est qui qui a gagné les élections? On en est donc arrivé au marchandetapissage, au "j'te file 3 billes contre un soldat", et ça peut durer, durer... Et je ne vous parle même pas encore du vote de confiance de l'assemblée au gouvernement, une fois celui-ci formé. Il y a quelques jours notre président de la Raie Publique s'est entretiendu avec les têtes de chacun des 5 partis de la future assemblée,
et je me demande ce qu'il a bien pu leur dire, sinon qu'au pire, ils n'ont qu'à tous démissionner et l'on recommence les élections avec un seul et unique parti (con-muniste), comme en 48 :-))) Dis-donc "Václav", toi qui es si prompt à dénigrer la constitution européenne et l'administration de l'union européenne, t'en es content toi, de la constitution tchèque et de l'administration du pays?

Bon, pis encore un petit troisième sujet pour la route, hein, que vous ne disiez pas que je rechigne, et que je me contente du strict minimum. Là, sur une des photos, vous pouvez voir une publicité géante sur la façade d'une maison cachant un certain nombre de fenêtres, que si c'était la mienne de maison, ou même une seule de mes fenêtres, l'étendue saloperie serait déjà brûlée sur la place publique suivie par l'hérétique instigateur de cette ostentatoire propagande mensongère. De quoi s'agit-il? Ni plus ni moins d'une tentative d'introduction outrageante d'un immonde breuvage industriel sur le marché de la savoureuse bière blonde tchèque.
Grossièrement on dirait "une en...lade à sec avec du sable". Je m'explique, les Belges d'Interbrew, enfin d'InBev, parce que lorsqu'Interbrew a fusionné (en 2004) avec AmBev (Companhia de Bebidas das Américas, Amérique du Sud) c'est devenu InBev, le numéro 1 mondial de la bière InBuvable avec des marques comme Brahma (Amérique), Beck's, Leffe, Hoegaarden et Stella Artois... Donc lorsque les Belges ont acheté la brasserie Praguoise Staropramen (en 2000), ils n'ont eu de cesse que d'essayer d'imposer leur Stella marre-toi sur notre marché intérieur. Forcément, avec un tel pognon de numéro 1 mondial en terme de quantité brassée, ils peuvent se permettre de matraquer publicitairement comme des furieux, malgré que leur ignoble produit n'arrive pas au dessus du sous-boc de n'importe quelle bière locale. Et attention, à grand renfort de claims style "Dokonalost má svou cenu" (la perfection a son prix) parce qu'outre le fait qu'elle soit dégueulasse, la Stella gare-toi (eh patate) est chère. Et oui, en moyenne 50% (voire au delà) par rapport à une bière tchèque.
Sans dec les Belges d'InBev, vous ne doutez de rien quand même? Vous essayez d'imposer une bière quelconque dans le paradis de la pils blonde, et vous n'êtes même pas compétitif au niveau du prix si déjà vous péchez par médiocrité. Chuis scié, sans dec!

Et ça marche. Le crétin juvénile (et pas seulement juvénile mais crétin forcément), dont les fouilles débordent d'argent qui n'a jamais vu la sueur et la langue de papilles qui n'ont jamais goûté le houblon, s'empressent de s'abreuver de cet immonde liquide afin de paraître. Paraître idiots pour le moins. Aujourd'hui, boire une Stella Artois à Prague est devenu "in". Aussi "in" que le trousseau de clés et le mobile sur un cordon brandé (griffé? de marque, genre à dix das, no kia, ou fée Rarie) autour du cou ou la super top bagnole décapotable qui monte à 300 km/h alors qu'il fait en dessous de zéro Celsius 6 mois de l'année et qu'à peine 10% des routes (les auto...) autorisent plus de 90 km/h. Pire, tandis que le segment des bières blondes est richement complet, celui des bières d'abbaye, des bières trappistes, ou des lambic (aux fruits) est totalement absent (en pression, car en bouteille parfois et exceptionnellement, mais en pression pas vu, nulle part à Prague).
Or ces bières se distinguent non seulement par une évidente tradition et une qualité certaine, mais de surcroît par un attrait manifeste auprès des bièrophobes (les "j'aime pas la bière") comme ma chérie d'amour. Vous te me l'auriez vue siroter savoureusement une pêche-lambic ou une framboise dans les vieilles tavernes de Bruxelles ("Au bon vieux temps" par exemple)... Et de retour à Prague, rien, sauf l'autre InBuvablerie. Déçue qu'elle est mon exquise tendresse. Alors hop, c'est plus Stella Artois, mais s' t'es là barre-toi qu'il faut prononcer.

Bon, pis on va terminer encore avec de la bière, hein, puisque mon blog y est quand même un peu consacré. Alors cette semaine on s'est dit, ma chérie d'amour et moi-même qu'avec cette qu'a nicule on irait bien s'en jeter une ou deux bien fraîches, des bières pour moi, des limos pour elle. Mais comme dit précédemment, sa délicieuse bouche gourmande apprécie les bières belges aux fruits, aussi elle nous avait trouvé une nouvelle taverne qui brasse ses propres produits.
La maison de la bière (Pivovarský dům) que ça s'appelle en toute humilité. Vous y trouverez de la blonde, de la brune, du mélangé des deux ("řezaný" ou coupé, se fait souvent en "Budvar" ou "Kozel") mais aussi de la au goût banane, de la au goût café, au goût vanille, bref du n'importe quoi. Mais bon, hein, s'il y en a des qui aiment, essayons. Ben on n'a pas été déçu d'être viendu. La classique ok, pas de quoi réveiller Gambrinus de soif dans son sommeil éternel, mais bien fraîche (ce qu'elle était), ça se laisse boire s'il n'y a rien d'autre (ce qui était le cas). Signalons toutefois que pour Prague 2, à 33 CzK (1,16 € eh oui, l'€ a vachement perdu par rapport à la couronne)... donc à 33 CzK le demi-litre, le taulier ne se mouche pas du dos de la cuillère dans un foulard à soi. Je veux bien que leur roteuse soit unique, faite maison, originale, ok pour tout ça, mais je connais dans les 100m à la ronde 2 bistrots qui tirent de la "Prazdroj" pour 28 CzK (0,98 €). Alors attention, c'est pas que la différence de prix soit énorme, non, ce que je veux dire par là c'est qu'à ce prix, pour la qualité que c'est, bon, ben passez votre chemin. Et surtout, je ne vous ai pas encore parlé des bières aromatisées ni du service. Eh oui, aromatisées les bières qu'elles sont, et du coup déçue qu'elle fut ma chérie.
Parce qu'évidemment rien à voir, mais alors strictement rien à voir avec une bonne Kriek Belle-Vue ou une Pêche Lindemans où le fruit macère dedans le moût plusieurs mois (8 à 9 pour la Kriek). Ici, à la maison de la bière, on vous refourgue la cuvée du patron rehaussée d'une chimiquerie adéquate et hop, servi le pigeon qu'il est. Sans dec, si cette bière a jamais vu la couleur d'un fruit, alors moi j'ai vu la culotte de la Vierge, avec les poils autour. Quant au service... enfin bon, inutile de continuer à médire. Moi je n'y retournerai pas car c'est une escroquerie, c'est pas bon, et c'est à fuir en courant au plus vite.

dimanche 2 juillet 2006

Visiter: St Pierre et Paul à Vyšehrad

Et pourtant je vous assure, promis juré craché que l'année dernière, lorsque j'ai écrit cet article l'église St Pierre et Paul (ou St Pierre et St Paul) était réellement fermée et inaccessible. Ben tiens, j'y serais allé sinon, vous pensez bien.
Du coup, je ne sais pas si l'archevêque de Prague, le cardinal "Miloslav Vlk" a entre temps lu mon blog, puis décrété l'ouverture de l'église au public, mais quoi qu'il en soit, l'autre jour, elle était ouverte aussi je me suis donc empressé d'aller dedans. Alors faut que je vous dise de suite que les photos que je vous présente ne sont pas exceptionnelles, elles sont même médiocres (et c'est modéré) car je me trouvais dans une situation où je ne pouvais malheureusement pas faire mieux. Eh non.

En fait, je visitais "Vyšehrad" avec ma belle-soeur qui était venue me rendre une petite visite puisque ma chérie d'amour était toujours en déplacement et qu'elle-même (ma belle-soeur) était seule après avoir rompu avec son bon ami
(depuis 2 semaines). Oui oui, alors bien sûr, j'en entends déjà des, qui vont chuchoter calomnieusement... Enfin quoi, vous rigolez j'espère? D'abord j'aime toujours passionnément ma chérie d'amour, ensuite je suis un homme fidèle, et troisièmement ma belle-soeur ne voulait pas entamer quoi que ce soit avec moi, même sexuellement... enfin pas tout de suite qu'elle avait dit, pas avant la douche :-))) Non je déconne, je vous assure, que tout s'est passé en tout bien tout honneur. D'ailleurs ma chérie d'amour était au courrant de la visite de sa frangine et n'avait manifesté aucune apparente inquiétude en dehors des 45 SMS de mise en garde et d'invective dont la teneur explicite laissait présager de sa totale confiance dans la relation strictement amicale entre sa soeur et moi. Enfin peu importe, il ne s'est rien passé et puis c'est tout. Bon, mais pourquoi je vous raconte tout ça moi?
Ben pour vous expliquer pourquoi j'ai autant merdouillé les photos, ce que je regrette.

En fait ma belle-soeur est charmante, et j'ai beaucoup de sympathie pour elle, vraiment. Physiquement elle est grande, une demi-tête de plus que moi (bon, OK, je ne suis pas très grand de taille mais quand même), une allure élancée, svelte, des yeux coquins, un humour certain, et pour tout dire elle plait beaucoup aux hommes. En fait son seul vrai défaut (en dehors de son insignifiante poitrine), mais il est de taille, c'est qu'elle est blonde. Et vraiment blonde. Blonde au point qu'elle ne s'en cache pas. Bien au contraire, souvent elle met sciemment ce fait en avant pour se tirer des situations grotesques dans lesquelles elle se fourre. Tiens, exemple, depuis plusieurs années elle nous rend visite à Prague (elle habite à quelques 120km de chez nous).
De la gare centrale d'autobus "Florenc" jusqu'à chez nous il y a 4 stations de métro, et 2 arrêts de tram. Eh bien depuis tout ce temps là qu'elle fait ce déplacement (plus d'une vingtaine de voyages), elle ne connaît toujours pas le trajet, au point que la dernière fois je dûs encore la récupérer à la gare routière. Arrivés dans le métro, nous contournâmes les escaliers roulants qui montaient de la plate-forme -1 pour prendre ceux qui y descendaient (10m derrière). Eh bien une fois en bas, et plutôt que de s'engouffrer dans le tunnel à droite, la belle enfant prit les escaliers d'en face, ceux qui montaient pour se retrouver sur la plate-forme dont nous étions justement descendus. Je la suivis, croyant que c'était une blague, qu'elle plaisantait joyeusement dans l'euphorie d'un week-end commençant. Eh ben pas du tout, elle était sérieuse. Je ne m'en suis rendu compte que lorsque absolument pas surprise par le sot trajet,
elle me demanda si l'on prenait le train qui va en avant ou celui qui va en arrière(?!). Alors je lui expliquais la grotesque situation elle éclata de rire et me dit "ouah, chuis vraiment une blonde hein?" Je n'eus pas la malveillance de répondre objectivement à sa question. Et des exemples pareils j'en ai encore d'autres, nombreux, mais je ne vais pas vous ennuyer avec ça, tout le monde connaît des histoires de blondes.

Bref, lorsque je lui proposais de saisir l'unique occasion et venir visiter l'église avec moi, elle fit une moue explicite, aussi je n'insistais pas. Erreur, grave erreur car c'est la raison pour laquelle mes photos sont si misérables. Ayant donc laissé ma belle-soeur sans surveillance à l'extérieur du monument, je pris mon ticket d'entrée pour la modique somme de 30 CzK
(1€, dingue) et demandais sans trop y croire s'il était possible de photographier? Eh bien il l'était, et avec flash, et sans supplément de prix. Visite, photo, flash pour 1 euro. Des fois on rêve debout les yeux ouverts. J'étais pratiquement seul dans l'édifice, et j'en profitais pleinement, tchac tchac faisait mon appareil, ah pour sûr il chauffait grave... Mais au bout de quelques minutes, je réalisais que ma belle-soeur se promenait seule dans "Vyšehrad", pour la première fois de sa vie, et compte tenu de l'expérience que j'en eus (de ma belle-soeur) dans le métro, je préférais écourter ma séance de photographiage car j'imaginais aisément que ma chérie d'amour ne m'eût jamais pardonné d'avoir perdu sa soeur dans le parc le cas échéant. J'aurais pu faire des chef-d'oeuvres avec mon trépied et mon flash, mais j'étais pris de court, pris par le temps et pris par l'angoisse que la blonde dont j'avais la charge pouvait chuter des remparts en jetant des miettes aux pigeons,
ou se noyer dans la "Vltava" pour peu qu'un pont ne se trouve pas sous ses pieds. Aussi je fis le minimum, les clichés indispensables, sans grand égard sur la qualité ce que je regrette aujourd'hui mais bon, les circonstances étaient telles que...

Aussi je sortis de l'église l'esprit agité à peine quelques 10 minutes après avoir quitté la charmante blonde, et tandis que de grosses gouttes de sueur et d'angoisse perlaient le long de ma colonne vers mes brales (vers tes brales si c'était toi :-) je scrutais le parvis à la recherche de ma belle-soeur. Mais j'avais beau scruter, tourner la tête, dévisager les gens, rien à portée de ma vue ne ressemblait à une belle-soeur grande,
d'une demi-tête de plus que moi, d'allure élancée, svelte, avec des yeux coquins, un humour certain, et qui puisse beaucoup plaire aux hommes. "Eh ben, me v'là bien. Nom di Diou d'crénom di Diou" me dis-je, "mais où que c'est-il bien possible que cette graine blonde de grande courge empotée a bien pu aller se fourrer? Di Diou d'nom di Diou." Et de l'imaginer errant dans le parc pendant des années... pour elle, tout a commencé par une nuit sombre, le long d'une route solitaire de campagne, alors qu'elle cherchait la sortie du parc que jamais elle ne trouva... Du coup je commençais réellement à devenir mouillé anxieux tandis que l'appréhension des reproches certains de ma chérie d'amour l'emportait sur mon flegme pragmatique et mon discernement. Pis soudain l'idée de génie: le mobile. Ben ouais, tiens, le téléphone mobile, y a qu'à l'appeler, ben tiens. Bip bip bip... tût... tût... tût...
Elle: "Allô?"
Moi: "Allô moi aussi, ben alors mais t'es où?"
Elle: "Ben chuis allée dans le cimetière en attendant, chuis juste à l'entrée, en bas." Forcément, je ne pouvais tout de même pas imaginer qu'elle allait attendre devant la porte de l'église le temps que je termine mes photos.
Moi: "A l'entrée ok, mais en bas, c'est où?"
Elle: "Ben en bas du cimetière, juste à l'entrée." Ben tiens, forcément, juste à l'entrée en bas, suis-je bête?
Moi: "Bon ben ok, à trou de fuite." me disant qu'après tout, le cimetière n'était pas si grand, et qu'une belle tête blonde (même pas très meublée) sur des jambes sans fin (elle est vraiment grande) devait se voir de loin. Erreur.

Après être passé par le bas cardinal du cimetière (le sud pour moi), le bas topologique (en trouvant une pente), les alentours de l'entrée, ben personne. Enfin si, des gens, mais pas ma belle-soeur. "Di Diou d'nom di Diou!". Re-mobile, quoi d'autres? Si, demander aux extra-terrestres s'ils ne l'ont pas enlevée à des fins expérimentales parce que du comme ça, ils n'en trouveront pas partout dans la galaxie. Somme toute elle ferait un bon étalon pour certaines mesures.
Moi: "Allô, ben alors? T'es toujours dans le cimetière?" (des fois qu'elle eut changé de musée)
Elle: "Ben oui, juste à côté de la tombe de... attends... Machin-Truc"
Moi: "Oui, bien sûr, je vois bien où c'est, je connais exactement l'emplacement de chacun des 728 macchabées. Il a toujours son nom sur la sonnette?"
Elle: "Attends, je vais voir..."
Moi: "Mais non, je déconne." Je le crois pas, sans dec... "Bon, et par rapport à l'entrée, t'es où?"
Elle: "Ben juste à côté, en bas"
Moi: "Alors surtout tu ne bouges pas, je vais te trouver, mais surtout ne bouge pas d'un seul mètre parce que j'ai l'intention de remplir mon samedi soir autrement qu'en jouant à cache-cache dans un cimetière que du reste j'ai déjà visité."
Et heureusement que je l'avais déjà visité, car je me rappelais soudainement que le cimetière comporte trois entrées, ouest, sud et est. Etant rentré par la principale, ouest, et ayant visité celle du bas (cardinal), sud, il ne me restait plus qu'à me diriger vers l'entrée est. Et effectivement, à seulement 2 mètres de l'entrée la moins fréquentée, sur la gauche donc un peu en bas, selon que l'on regarde d'un côté (en bas) ou de l'autre (en haut) se trouvait l'objet de mes recherches désespérées.
Elle fumait sereinement une cigarette, assise sur la pierre tombale de Machin-Truc, tranquille comme un cénobite (de l'expression "les cénobites tranquilles") et je suis prêt à vous parier que si je ne l'avais pas trouvée, elle y serait encore aujourd'hui.

Je fus accueilli par un "ben alors t'étais où? Ca fait une heure que je t'attends." Ce à quoi je répondis par un "viens ma chérie, allons boire une bière. Prends ton cartable, donne moi la main et fais attention sur la route en traversant.". Je me sentais las, mais las...
Bref, alors tout ça pour vous dire que mes photos de l'intérieur de l'église St Pierre et Paul ne sont pas des plus top moumoune, mais vous aurez compris que...

Bien, et maintenant parlons un peu de l'église quand même car elle représente un peu plus d'intérêt que ma délicieuse belle soeur pour laquelle, et je le répète franchement, j'ai une sympathie sincère (je me demande bien pourquoi cependant, tiens!) L'édifice fut bâti à partir de la seconde moitié du XI ème siècle, mais il ne ressemblait pas du tout à ce que vous voyez aujourd'hui. En fait on ne sait pas trop à quoi il ressemblait car en 900 ans l'on a perdu les photos, et du coup ben plus personne ne sait rien. C'est d'ailleurs tellement flou que selon certains site Internet, vous apprendrez que l'église fut construite sur initiative du roi "Vratislav I",
et selon d'autres "Vratislav II". Erreur de frappe? Peut-être, mais il y en plein des comme ça. Alors oubliez le premier et considérez le second car le premier vécu entre la fin IX ème et le début du X ème siècle (888 - 921) et qu'il est à l'origine de l'église St Georges à "Hradčany" et pas St Pierre et Paul à "Vyšehrad". Quant au "Vratislav II" (? - 1092), la légende raconte qu'il aurait lui-même participé à la construction en amenant sur son propre dos royal 12 chargement de caillasse. En ce qui me concerne, je me demande s'il a même jamais tenu une truelle dans la main, maintenant remarquez bien que c'est une légende. A partir de 1130 débutent les réfections du bâtiment. "Soběslav I" (1125 – 1140) commence par l'agrandir conséquemment, aménager l'intérieur avec goût (enfin plutôt sa femme) et mettre des fenêtres à double vitrage conformément à la norme européenne EN 12150-1.
A partir du XIII ème siècle l'église suit les mouvements architecturaux: apparence gothique, retapage renaissance, ensuite baroque, et pour terminer regothique (néogothique) à partir de 1885 par l'architecte "Josef Mocker" (1835 - 1899) à qui l'on doit l'apparence actuelle de la moitié des monuments de Prague.

Et là ça commençait carrément à devenir pas mal du tout, genre à ressembler à une église, mais il manquait toujours quelque chose. Quelque chose que tout le monde voyait (qu'il y manquait) et que tout le monde était d'accord sur ce fait. Mais quoi? Après toutes ces restaurations et tous ces embellissements, que pouvait-on bien y rajouter? C'est finalement l'assistant de Joseph, "František Mikš" qui,
après avoir proposé des âneries comme une piscine olympique, un aéroport international, ou une discothèque homo pour gays, lesbiennes et animaux de compagnie, suggéra simplement des flèches comme sur toutes les églises. "Josef Mocker" aurait alors dit "ben tiens, si t'es si malin, t'as qu'à lte les construire tes flèches..." ce qui finalement fut fait entre 1901 et 1903. Voilà en fait une des raisons pourquoi cette église ne représente pas un intérêt exceptionnel du point de vue de son extérieur, elle est toute nouvelle en imitation ancien, genre Atlas ou Monsieur Meuble, si vous voyez ce que je veux dire.

Par contre dedans c'est splendide. C'est neuf aussi, mais attention, neuf splendide et pas imitation cette fois, rien que de l'original, du pur art nouveau réalisé dans les années 1902, 1903 par les époux "Urban" (Marie & François). C'est somptueux. Comme dit, mes photos sont médiocres, mais elles devraient au moins vous donner un aperçu de la splendeur qui se trouve à l'intérieur de cet édifice. Parmi les objets anciens, les reliques, se trouve le soi-disant sarcophage de St Longin (le centurion romain qui par ordre de Pilate perça le flanc de Jésus sur la croix mais reçu aussitôt la foi et devint un fervent croyant).
Il date du XII ème siècle le sarcophage, ce qui me laisse à penser qu'il devait être dans un sale état le cadavre du St Longin après 12 siècles de décomposition. Vous y verrez également une copie d'un tableau du milieu du XIV ème siècle représentant Ste Marie de la pluie (?!, "obraz Panny Marie Dešťové") et qui, toujours selon une légende, aurait été peindu par St Luc en personne (mais une fois ressuscité). Ce fameux tableau aurait été porté en tête de processions à travers champs et pâturages par temps de sécheresse car il avait le pouvoir de faire tomber la pluie, eh oui, mieux que la danse (de la pluie toi-pas-d'ssus-ça-va-péter).

Tiens, encore pour l'anecdote. Lorsque naquit la toute première église qu'on ne sait plus à quoi elle ressemblait, apparut également (vers 1070) un chapitre (assemblée religieuse) totalement indépendant de l'évêché de Prague et soumis directement à l'autorité papale. Composé d'un prévôt et d'une douzaine de chats moines, le chat pitre de "Vyšehrad" ("Vyšehradská kapitula") faisait office de ministère des affaires étrangères et son prévôt, sorte de chancelier,
dirigeait la politique étrangère du pays jusqu'à la fin du XV ème siècle. Ayant sous son autorité une soixantaine de communes, le chapitre accumula rapidement de prodigieuses richesses faisant naître la légende du fabuleux trésor de "Vyšehrad". L'indépendance de ce chapitre fut confirmée par le Pape Lucius II en 1144 ("Gherardo Caccianemici dal Orso") et perdura jusqu'en 1763 lorsque l'archiduchesse Marie-Thérèse mit bon ordre dans cette insoumission à la couronne autrichienne.

Et pour terminer, signalons que notre église St Pierre et Paul à "Vyšehrad" n'est pas une église quelconque, mais une basilique mineure. Bon, ok, c'est pas ça qui va vous faire venir plus, mais sans dec je vous le redis, l'intérieur et splendide alors allez-y, nombreux.