mercredi 26 octobre 2005

Coup de gueule: Des millions pour de la merde

Ceux qui me connaissent un peu, vous diront qu'il est des sujets qui me laissent totalement indifférent et des qui m'enthousiasment à l'aliénation. Mais fort heureusement, sur cette échelle à 2 extrêmes glisse un curseur mû par mon phénoménal sens du discernement grâce auquel je n'ai encore jamais atteint l'une de ces limites (quoi que, concernant la totale indifférence...),
mais surtout qui me maintient d'ordinaire dans cette modération prisée par mes interlocuteurs et qui favorise ainsi un échange constructif d'opinions diverses entre toutes les parties sans prise de position hystérico-subjective. Bref, chuis un mec bien :-) Sauf que là, le sujet d'aujourd'hui, ce foutu fumier de salopard de sujet d'aujourd'hui trempe dedans la catégorie considérablement restreinte des "qui me foutent hors de moi et me poussent à la démence fanatique".
Et donc présentement, ceux qui me connaissent un peu auront deviné, je vous parlerai des répugnantes merdes de clabauds qui polluent la ville telle la connerie le monde.

Ah oui, et pourquoi je lance ce sujet aujourd'hui? Ben tout simplement parce qu'en arrivant à Prague il y a quelques années, je passais mon temps les yeux en l'air admirant la splendide beauté architecturale de la ville. Malheureusement la ville s'occidentalise, et à présent c'est les mirettes collées au sol que je marche dans la cité.
Et ça me fait HURLER de colère, chaque merde sur le trottoir est une honte abominable jetée à la face de la civilisation dont je suis un atome, une odieuse infamie éclaboussant les règles élémentaires d'hygiène, une grossière insulte que j'accuse personnellement comme un glaviot verdâtre de tuberculeux craché dans ma bonne soupe de tripes cuisinée avec amour. Pour sûr, j'entends déjà les ignobles responsables des ces copropollutions crier au dément, à l'aliénation psychique de ma personne, me chargeant de délire mental entre psychose aigue et paranoïa avérée. Mais soyons sérieux, prenons un peu de recul et analysons la situation avec flegme, objectivité et justesse. Tiens, imaginons... J'aime bien les chiens, sympa, mais ça ne se mange pas (enfin pas moi), et donc personnellement je préfère les cochons.
Pis c'est mignon un petit porcelet, tout rose, tout grassouillet, et qui fait gruik gruik. Et donc un beau matin je m'en vais aller m'acheter un joli petit goret (tout rose, tout grassouillet, et qui fait gruik gruik) que je vais joyeusement installer dans un enclos prévu à cet effet dans mon petit jardin en plein centre ville. Pis mon polisson rondouillard va grandir, grandir, jusqu'à devenir un bon gros cochon bien graisseux, bien sale et bien crotté, parce qu'un cochon c'est comme ça et parce que je l'entretiendrai dans son élément naturel, c'est-à-dire dans la boue bien grasse et dans la merdasse puante à souhait. Pis je le sortirai en laisse comme l'exige la loi et le ferai plaisamment déféquer dans la rue, le soir, de préférence devant les pas-de-porte pour que les riverains puissent amplement profiter de la facétie lors du départ au bureau tôt le matin.
J'irai pareillement crottemener mon bougre de lascar dans les rues bien sombres, les trottoirs mal éclairés mais fréquentés afin que les gens puissent ramener un épais et odorant souvenir à la maison. Pis je n'oublierai pas les bacs à sable où jouent les gnafrons, les parcs engazonnés où se couchent les badauds pour lire et bronzer. Chaque petit espace vert (ou non) sera systématiquement et méthodiquement maculé par la chiure nidoreuse de mon bon gros luron. Bien, et selon vous, combien de temps va-t-il se passer avant que les riverains agacés par l'odeur du bestiau et les embuscades merdeuses souillant la voix publique ne soumettent mon cas aux autorités compétentes, s'ils ne décident pas tout simplement de m'écorcher vif de leurs propres mains?
"Ouiiiii, alors là Strogoff, t'es bon pour le débilarium, t'exagères enfin quoi, flûte, un cochon c'est pas comme un chien quand même!?". Ah ouais?! Et pourquoi pas?! Mais c'est vrai, les chiens c'est encore pire, d'abord parce qu'il y en a beaucoup plus. Pis le chien c'est pas plus propre qu'un pourceau, tiens, beaucoup de chiens sont coprophages, et pas quelquefois, non, à chaque occasion. J'en connais des clebs qui bouffent toutes les immondes merdasses qui passent à leur portée, et plus elles fouettent violemment et les mouches polychromes sont denses, et plus ils se délectent goulûment en se léchant les babines. Puis non content d'une telle qualité (coprophage), ils se roulent aussi facétieusement dedans. Coprophage et coprophile qu'il est le meilleur ami de l'homme, pire que le pourceau car lui, il a une peau faite pour ça, lisse, alors que le clabaud poilu non.
Une fois suavement roulé dans les excréments, les cadavres de bêtes en putréfaction, les poissons crevés sur le bord de la rivière, la pisse des autres chiens et tout autre élément qui exhale abondamment une odeur stercoraire, il rentre dans l'habitat humain le chien, emboucanant comme une cohorte de babouins dysentériques sous la pluie, un vrai bonheur messieurs dames. Et la p'tite vieille va le prendre dans les bras, sur les genoux, lui faire des baisers sur le groin... euh... sur la truffe, "mais qu'il est beau le kiki à sa mémère", ils vont peut être même dormir ensemble dans le même lit, voire bouffer dans la même gamelle... assiette? "Ben alors mémé, que se passe-t-il, t'es encore malade?". Mais revenons à du concret, du factuel.

Tiens, la définition. Ben ouais, la merde, qu'est ce que c'est? Sans rentrer dans des détails scabreux, il s'agit des déchets issus de la digestion, transitant de l'estomac par les intestins vers l'anus. Là je ne vous apprends rien. Cette matière de consistance malléable est éliminée du corps par excrétion accompagnée souvent de gaz (fécal et fétide), parfois de crispations (voire convulsions) et toujours d'un sentiment de plénitude et d'assouvissement (encore que chez les clebs?).
Bien que très dépendantes du régime alimentaire, les selles se composent de 70% à 85% d'eau, 15% à 20% de fibres de cellulose (fruits & légumes) et de fibres musculaires (viande), mais aussi de bon nombre d'organismes plus ou moins microscopiques et souvent actifs. Parmi ceux-ci, des enzymes (chymotrypsines), des germes saprophytes constituant la flore intestinale, des germes pathogènes (bactéries), des parasites (amibes, vers, larves, etc), et des résidus biliaires. Selon la taille et la marque des chiens, leurs déjections peuvent encore contenir du poil de chat, de l'encre de journal, de la fibre de pantalon modèle PTT, du caoutchouc de charentaise, de la vaseline hypoallergénique anti-frottement, et de la fibre humaine non digestible généralement de couleur (noire, brune, marron ou jaune, autres couleurs plus rarement).
En dehors de sa consistance poisseuse adhérant opiniâtrement aux semelles des chaussures (à croire que c'est fait délibérément pour ça), en dehors des miasmes nauséabonds qui en émanent, la chierie canine est un fabuleux vecteur de maladies pathogènes parfois fatales. Tiens, quelques exemples, mais vraiment juste quelques uns, même pas le sommet du monumental iceberg, juste un cristal de glace: le choléra, la tuberculose, l'échinococcose (kyste hydatique)... Et là, ce ne sont que les excréments que vous n'êtes pas obligés d'importer à la maison si vous ne marchez pas dedans, mais parlons un peu des puces ou des tiques... tiens voilà un truc à faire pétocher incroyablement, le tique, qui transmet la maladie de Lyme responsable de l'acrodermatite chronique atrophiante, l'érythème migrant, l'ehrlichiose granulocytaire humaine, le lymphocytome cutané, la babésiose (piroplasmose) déclenchée par un protozoaire de la même famille que les plasmodiums responsables du paludisme...
Pour les collectionneurs, je vous ai même trouvé une liste copieusement touffue de maladies clébardiques, certaines potentiellement transmissibles à l'homme. A déguster voluptueusement!

Pis quelques chiffres. Alors sur tout Prague, il y a officiellement 75.000 clébards recensés (ceux qui ont une carte d'identité ou une carte de résident permanent) mais l'on dit officieusement dans les milieux autorisés de la mairie qu'il y en aurait environ 150.000. Alors faites un rapide calcul, pour 1.170.000 habitants, ça représente un bestiau pour chaque 7,8 ème personne, y compris les grabataires de longue durée (qui ne devraient pas en avoir), les nourrissons (qui ne peuvent pas en avoir), les déments (qui ne savent pas ce que c'est), les cynophobes (qui n'en ont pas par définition), les félinophiles (qui ne devraient pas en avoir par déduction), et les martiens (qui sont allergiques aux poils).
C'est énorme! Bon OK, et les restaurants chinois me direz-vous, parce qu'il y en a velu sous le coude du restochinoa à Prague avec du kiki derrière le menu, et de toute catégorie les restos, du Michelin en costard-cravate jusqu'au Père-Lachaise en boîte de sapin, demandez les dernières analyses du service d'inspection de l'hygiène, véridique. Mais ce n'est pas le sujet, alors revenons aux statistiques. A ce propos et juste comme ça pour info, v'là quelques chiffres récupérés sur le site de la mairie de Prague (en 2003). Les taxes pour détention de chien à Prague 7 ont rapporté 900.000 CzK (30.000€). L'installation de poubelles et les achats de sacs à merdes ont coûté 200.000 CzK (6.700€), leur maintenance annuelle est de 400.000 CzK (13.300€), le nettoyage des trottoirs à cause des chiens, et rien d'autre, pas les carcasses en décomposition des clodos morts de la gangrène du foie, ni les feuilles mortes qui se ramassent à la pelle (encore que celles-là s'auto nettoient puisque le vent du nord les emporte dans la nuit froide de l'oubli), non juste les ignobles crottes des chiens du 7 ème arrondissement de Prague, 6.700.000 CzK (223.000€) par an.
Tiens, pour comparaison, les taxes pour détention de chiens à Prague 2 ont rapporté 1.250.000 CzK (41.700€) alors que le nettoyage annuel des trottoirs (clodos et feuilles compris) ne coûte que 2.500.000 CzK (83.300€). Ah ouais? Bon OK, les chiffres en République Tchèque sont à prendre avec toutes les précautions qui s'imposent à la manipulation d'objets financiers publics, donc extrêmement dangereux. D'ailleurs je serais maire de Prague, j'irai demander un audit sur la taille moyenne de la crotte du chien moyen dans le 7 ème arrondissement. Enfin bon, c'est pas mon problème, cependant qu'on se parle de 2, de 7 ou de 50 millions, c'est quand même DES millions pour de la merde de chien, faut quand même pas l'oublier. Et c'est pas une fatalité imprévisible comme un cyclone en Louisiane, un tremblement de terre au Cachemire, ou une opération de la mycose des pieds qui puent. C'est simplement une colossalement dantesque connerie de certains imbéciles possesseurs de clebs.
Et ça, ça se corrige à grand coup de grosses prunes bien violettes et bien salées. Et si ça ne suffit pas, alors dans sa sale gueule de méprisable crétin, les prunes, s'il le faut.

Alors maintenant, ça a tellement fini par emmerder (littéralement) les autorités qu'un certain nombre de bonnes décisions ont été prises. D'abord la taxe pour détention d'une forge à merde sur pattes est passée de 1000 CzK (33€) à 1500 CzK (50€) par an. C'est pas la Sainte Vierge au Bataclan, mais c'est un début, faut commencer doucement avec les conflits de longue durée. Deuxièmement, l'enregistrement d'un bouffe-merdasse auprès des autorités municipales est exigé. Et troisièmement, le tatouage ou la puce électronique seront obligatoires à partir du 1er janvier 2006. Ainsi tout cabot vagabond et non identifiable sera euthanasié séance tenante (ou vendu dans un restochinoa). Bon, et maintenant faut quand même que je vous parle de cette fantastique évolution dans la traque du citoyen incivique que représente la puce électronique.
Ca mérite le Nobel ça, z'allez voir, simple comme un chiotte turc mais fichtrement efficace. En fait c'est basé sur le principe des rayures sur le dentifrice, vous savez, quand vous pressez le tube, la merde... euh... la matière qui en sort, elle est blanche rayée de rouge ou de bleu (ou des 2 pour ceux qui achètent des dentifrices coûteux). Et ben pareil, en implantant une puce électronique sous la peau de l'animal et à proximité du fignard, celle-ci (la puce) laissera une empreinte magnétique unique (le rouge, ou le bleu) sur ses étrons (le blanc) telle une signature de ses méfaits. Et cette impression magnétique d'une rémanence d'environ 1 an pourra être lue par les appareils portables adéquats dont seront équipées les forces de l'ordre. Ainsi non seulement toute dégradation de la voie publique pourra faire l'objet d'une sanction, mais surtout le malheureux individu qui aura fortuitement marché dedans pourra se présenter à la maréchaussée muni de sa chaussure souillée et déposer une plainte à l'encontre du propriétaire de l'animal incriminé.
Et attention, non seulement la portée de détection est de 200m, ce qui garantit la découverte de toutes les forfaitures même profondément dissimulées dans les fourrés touffus la nuit y compris, mais l'appareil est de surcroît multi reconnaissant, c'est à dire qu'il détecte toutes les empreintes dans le cas où un clebs aurait gueuletonné de la merde d'un autre clebs qui aurait gueuletonné de la merde d'un autre clebs qui aurait... et ainsi de suite jusqu'à 1 an de vieille merde. Aux dernières nouvelles, et à la demande des autorités, les fabricants de bouffe pour chiens seraient à l'étude d'une enzyme qui, intégrée dans la nourriture, permettrait de colorer en fluo les colombins des cabots de façon à ce que ceux-ci soient bien visibles sur la chaussée par les marcheurs, y compris la nuit. Continuons à rêver...

Et donc pour en terminer avec ce sujet répugnant avant de passer à table, je souhaiterais encore dire à mes détracteurs (ainsi qu'à mon bout de fiston qui possède un chien et qui va me regarder d'un sale oeil s'il lit cette publi) que j'adore les animaux.
Tous, sans exception, de compagnie, sauvages, les gentils, les méchants (ça existe?), les beaux, les moches, les poilus, les glabres, les qui piquent (j'aime un peu moins, mais quand même) comme ceux qui ne piquent pas. Pis pour vous le prouver, je vous ai mis quelques photos de mes potes à 4 pattes, ou disons plutôt des bêtes que je connais et que j'aime bien. D'ailleurs ça faisait un bout de temps que je voulais vous en parler, mais j'arrivais pas à caser ce sujet dans une publi sur Prague, et là hop, ben voilà, en plein dedans. Alors il y a "Artus" (Arthur), le golden retriever de mon frangin. Je le connais depuis tout petit (le chien, quoi que mon frangin aussi), depuis qu'il était une petite boule de poils blancs. Il est adorable, gentil comme tout, espiègle, mais coprophage, gravement coprophage et nécrophage à l'occasion.
L'avantage c'est qu'il nettoie en partie les pollutions stercorales, l'inconvénient c'est qu'il ne digère pas tout. Enfin ça ne m'empêche pas de le caresser à l'occasion (avec un doigt) parce qu'il est vraiment mignon avec sa bonne bouille de bon chien, mais après c'est lavage des mains au savon antiseptique, obligatoire, et plutôt deux fois qu'une et jusqu'aux coudes.
Pis il y a le ratier de Prague "Betyna". Celui-là je ne le connais pas trop, mais on a de suite fait ami ami, surtout quand j'ai commencé à le photographier alors qu'il s'astiquait l'entre-cuisse contre son meilleur ami, le coin du coussin en soie sur le canapé familial. Et c'est une femelle, curieux, mais une femelle ayant les mêmes réflexes onanistes que les mâles, comme quoi, hein... Elle a de suite pris la pause impudique devant l'appareil, et hop, démonstration, schlouky schlouky sur le coussin, hop, on change de coin, et on y retourne allègrement, schlouky schlouky scratch scratch, hardi petit kiki, puis encore l'autre coin, ben tiens, schlouky schlouky scratch scratch schtroutle froutle... et comme ça pendant toute la soirée, avec des intervalles, histoire de vérifier si quelqu'un l'admire. Bizarre comme bête je dois dire, singulière mais rigolote, pis elle fait pas gros sur le trottoir, d'ailleurs elle fait dans une litière pour chat le plus souvent.
Ensuite il y a Baggy ("Bagyra") le lévrier irlandais, impressionnant de par la taille, mais câlin comme tout. C'est confondant ce croisement entre un jeune veau et une vieille serpillière, surtout quand c'est Vicky qui le promène. Du haut de ses 1,60m (Vicky) elle pèse moins que le bestiau. Le truc pénible, c'est qu'il bave énormément et qu'il pue épouvantablement. Ben ouais, je sais, les poils longs, pas sa faute, ok, mais il pue quand même la gangrène du pied d'SDF. Enfin chuis content de ne pas l'avoir à la maison, parce que ça bouffe une bête pareille, et puis si ça chie autant que ça bouffe, c'est pas un sac à caca qu'il faut emmener en promenade mais une pelle à neige dans une brouette. D'ailleurs tous les possesseurs des animaux que j'évoque ici m'affirment ramasser les "surprises" laissées par leurs amours. Bon ok, je ne peux que les croire, mais tiens, et c'est marrant ça, les merdes sur le trottoir c'est comme le vote F.N., personne ne l'avoue mais il y en a de plus en plus. Et le dernier, c'est pas un clebs, mais un chat, "Čičák" (enfin "Uhlík" officiellement, mais comme au début il ne savait pas dire son nom, on l'a baptisé "Čičák", prononcer "Tchitchâk").
Un bon gros matou de gouttière, tout noir avec des yeux jaunes magnifiques, indépendant et fier comme un prince, mais tendre et affectueux. Quand on s'est rencontré pour la première fois dans le jardin (il habite au-dessus de chez nous), il tenait dans la paume de ma main, une petite pelote de poils toute minuscule, toute mignonne, sans griffes encore, justes 4 dents pointues comme des aiguilles. Pis on a fait connaissance, et maintenant il nous rend régulièrement visite à la maison quand la porte ou les fenêtres sont ouvertes. D'un bond il saute sur le rebord de la fenêtre, d'un autre bond il saute dans l'appartement, et il visite, vérifie si tout est en place, si la poussière a été faite, se glisse entre les jambes faisant le dos rond pis ronronne s'il est satisfait et repart dans le jardin par la même fenêtre. Quand on rentre à la maison et qu'il est dehors, il nous accueille dans la cour avec des miaulements, vient à notre rencontre et réclame des caresses.
Ensuite il nous précède jusque devant la porte de l'appartement, attend le museau collée contre la porte qu'on ouvre et hop, se précipite en premier pour contrôler que rien n'a changé puis repart béat après quelques minutes. C'est mon préféré celui-la, un véritable amour de tendresse.

Alors et c'est pas une preuve ça, qu'on peut aimer les animaux et détester les fumiers qui les laissent chier dans la rue? Et quand bien même je ne les aimerais pas (les animaux, parce que les fumiers c'est sûr, je ne les aime pas), je les respecte (les animaux, parce que les fumiers c'est sûr, je ne les respecte pas) parce qu'ils appartiennent à notre environnement, à notre monde. Mais c'est justement pour ces raisons, d'amour et de respect, que je n'en veux pas à la maison.
Je ne me sens pas le droit de les priver de leur environnement originel (la nature) pour les faire vivre en ville. Je ne me sens pas le droit de leur imposer une nourriture qu'ils n'auront pas choisie et en quantité "appropriée"(?!). Je ne me sens pas le droit de leur imposer de faire là où c'est permis et surtout quand moi j'aurai décidé qu'ils peuvent sortir pour faire. Je ne me sens pas le droit de les dorloter selon mon bon plaisir et les ignorer lorsque je n'ai pas le temps (ou l'envie). Je ne me sens pas le droit de les empêcher de renifler la croupe de leur congénères (ou même des humains) lorsque la période est propice. Je ne me sens pas le droit de leur défendre de se reproduire quand et comme bon leur semble. Je ne me sens pas le droit de leur interdire de manger des crottes, se rouler dans les charognes et courir dans les flaques d'eau boueuse. Bref je ne me sens pas le droit de leur imposer mon style de vie à moi, que j'ai personnellement choisi sans leur consentement, pour ma satisfaction égoïste d'avoir une compagnie animale quand j'en ressens le besoin. Mais bon, c'est mon opinion, et il peut y en avoir d'autres, bien sûr, à la différence que ma position n'engage que moi sans emmerder les autres, contrairement à la merde sur le trottoir, genre, si vous voyez ce que je veux dire.

samedi 15 octobre 2005

Visiter: La mairie de la vieille ville

"Oui, alors tu comprends, l'ancienne mairie sur la place de la vieille ville, avec tous ces innombrables touristes...". Et donc ça a commencé comme ça, genre, "oui, alors tu comprends, l'ancienne mairie sur la place de la vieille ville, avec tous ces innombrables touristes...".
Et pour être tout à fait franc, au tout début, quand ça a commencé comme ça, je n'voulais vraiment pas y aller. Pis après tout, je me suis dit aussi que quand même, c'était un patrimoine praguois culturel important, et malgré les innombrables touristes, fallait au moins que j'y jette un oeil par curiosité, et donc on y est allé.
Ben j'ai pas regretté, du tout du tout, parce que l'ancienne mairie, sur la place de la vieille ville, ça vaut vraiment la peine. Non seulement le bâtiment est bougrement intéressant du dedans, mais ce que j'ai le plus aimé, c'est le sous-sol, les caves, enfin ce qu'il y a dessous l'édifice. Et ensuite je dois aussi vous dire que l'avenante dame qui nous guidait, et qui ne devait visiblement pas en être à sa première ronde compte tenu de son aisance verbale, était absolument charmante, affable, souriante et fort instruite en la matière.
C'est ainsi grâce à elle que vous pouvez apprécier certaines des anecdotes ci-dessous publiées, et que j'ai bien pris soin de noter sur un carnet d'une main tandis que je photographiais de l'autre. Alors encore merci madame, pour votre gentillesse et vos instructions.

Mais démarrons par le début du commencement. Et donc le quartier de la vieille ville est devenu officiellement municipalité dans les années 30 du XIII ème siècle.
Avant ce n'était rien, enfin pas grand-chose face aux châteaux de "Vyšehrad" et de "Hradčany", un amas de masures insalubres (même pas toutes en pierres) habitées par des gueux traîne-misère et coupe-jarret. Pis en 1338, le bon roi Jean de Luxembourg (père de Charles IV) autorise l'établissement d'une mairie, afin de suppléer à l'augmentation rapide de la population urbaine et aux exigences administratives que cela implique. Enfin ne nous leurrons pas non plus, hein,
vous savez comment ça marche, loin de l'apparente philanthropie et de l'amour du prochain se dissimulait un dessein autrement plus opportuniste: percevoir le plus de pognon possible grâce aux taxes locales, droits de constructions, appels d'offres truqués, monopoles de marchés municipaux... enfin bon, regardez chez vous comment ça marche, il n'y a pas eu beaucoup de changement depuis. Bref, on choisit donc une belle demeure
en dur, bien représentative, dont on en expropria le riche occupant, et l'on y aménagea dans l'allégresse la mairie qui va bien. Mais attention, au tout début du commencement le bâtiment n'avait rien à voir avec ce que l'on connaît aujourd'hui. Au départ il n'avait qu'un étage le bâtiment, un étage moche, petit, même pas l'eau courante, mais en pierre. Fallait bien commencer par quelque chose. Pis au milieu du XIV ème siècle, c'est à dire quelques années seulement après son inauguration en tant que mairie (en pierre), un petit futé perspicace eu
l'idée de construire une tour sur le flanc est. "Ben tiens..." qu'il se disait, "non seulement c'est dans l'esprit de la mode d'aujourd'hui, mais en plus dans quelques siècles des nuées d'innombrables touristes du monde entier viendront l'admirer comme des corniauds". Aval de la municipalité, et ainsi fut fait. Pis le nombre de petits futés croissant avec la population, les idées bonnardes de la même veine que la tour virent régulièrement le jour, malheureusement certaines moins heureuses que d'autres (les idées). Ainsi en 1381, on y consacra une chapelle dedans la mairie, idée foncièrement stupide dans un bâtiment d'état, mais à l'époque on ne le savait pas encore. Alors tant qu'à faire, on en fit une belle de chapelle.
Pis en 1402 on y monta une horloge sur la tour, pour les pauvres qui n'avaient pas de montre mais qui voulait connaître l'heure qu'il était, pis en 1409 on y accrocha une cloche (pas le maire, une vraie cloche) dedans la tour, pour donner l'heure même aux aveugles qui n'avaient pas de montre mais qui voulait connaître l'heure qu'il était quand même, pis... pis quand un certain "Tomáš Edison" vint trouver le conseil municipal avec l'idée d'y installer une antenne relais pour la transmission des ondes électromagnétiques, l'on décida que ça commençait à bien suffire avec les bonnes idées, et qu'on allait utiliser l'argent de la ville à des fins autrement plus judicieuses.
Et c'est ainsi que selon le principe de l'investissement dans la pierre, l'on rajouta durant des siècles des demeures attenantes à l'enceinte originelle de la mairie, particulièrement à la fin du XVIII ème siècle, lorsqu'en 1784 les 4 villes indépendantes de Prague (la vieille ville, la nouvelle ville, "Hradčany" et "Malá Strana") ont été réunies sous une seule ville et administration, pour finalement aboutir au confortable édifice que l'on peut admirer aujourd'hui. Enfin pas tout à fait non plus, parce qu'il en manque un bon bout de l'édifice.
En effet le 7 mai 1945, lors du soulèvement de Prague, la mairie qui était alors le siège du Conseil National Tchèque fut abondamment bombardées par la Race Supérieure, et prit feu. Aujourd'hui il n'en reste plus qu'un bout peint en rose, du bâtiment nord totalement effondré, pour bien rappeler à la face du monde
que la connerie élevée au rang de politique d'état peut léguer des séquelles irréversibles, et pas que sur les édifices. Je vous en ai retrouvé une esquisse, de ce à quoi ressemblait la mairie dans toute sa splendeur, histoire de vous faire une idée. Signalons aussi que grâce à ce stupide incendie, l'on perdit définitivement les statuettes articulées en bois (celles que vous voyez aujourd'hui datent de 1948),
les plans du mécanisme de l'horloge sur CD-ROM R/W, la cloche originelle de la tour (de 1313, la vraie cloche, pas le maire), et la canne anglaise en bois de chêne et poignée antidérapante de l'horloger "Ludvík Hainz" qui s'était en 1868 méchamment croûté sur la hauteur des 4 étages du colimaçon après que "bába Štěpánka" l'employée de mairie eut malencontreusement éteint la lumière croyant la tour vide et qu'elle (l'employée) lui avait offerte (la canne) pour se faire pardonner.

Une des salles des plus remarquables est la salle du conseil municipal de la seconde moitié du XV ème siècle. Les poutres peintes du plafond sont du XVI ème siècle (Renaissance) et chaque motif entre les poutres est unique.
C'est monstrueux de beauté, à voir absolument et de préférence couché sur le sol pour en apprécier toute la splendeur sans se bousiller les cervicales. Ensuite il y a la salle dite "Brožíkova" du nom du peintre "Václav Brožík" (1851 – 1901) à qui l'on doit les 2 immenses peintures (8 x 5 mètres). "Brožík" est un peintre absolument fantastique (enfin moi j'adore) que l'on classe dans la catégorie "art académique" (ou art pompier), mais que je classerai plutôt dans les "qui me font marrer". Je vous explique ça de suite, mais avant j'aimerais ouvrir une parenthèse qui s'impose prouvant une fois de plus qu'Internet recèle parfois des âneries graves. Il est dit dans un site que "Václav Brožík" fut élu parmi les 40 immortels de l'Académie Française.
C'est une idiotie absolue, car il était certes "associé étranger de l'Académie des Beaux-Arts", mais en aucun "membre titulaire de l'Académie" ce qui en fait, est une solide différence. Fin de parenthèse. Et donc les "qui me font marrer" et pourquoi? D'abord parce que les thèmes sont vraiment trop forts, du tonnerre de nom de d'là qu'je vous dis.
Tiens, regardez-voir les croûtes extraordinaires de la salle d'avec son nom, l'une représente maître Jan Hus expliquant devant le concile de Constance sont refus ostensible à porter une djellaba fluo en matière synthétique en provenance des pays d'Asie du sud-est, tandis que l'autre représente l'élection triomphale du roi "Jiří z Poděbrad" grâce à son programme démagogique pour la suppression complète de la TVA sur les produits pétroliers. C'est pas énorme ça comme intitulés de tableau?
Bon c'est vrai que les photos que j'ai faites des grands tableaux ne sont pas des plus réussies et je m'en excuse auprès des amateurs de peinture, mais je ne pouvais malheureusement pas accéder au centre de la salle et donc être bien en face des croûtes car le parquet venait juste d'être ciré et la femme de ménage surveillait
soigneusement les malappris qui auraient eu la déplorable idée d'outrepasser son injonction matérialisée par un carton scotché sur le manche du balais planté dans le seau au milieu de la pièce, portant mention en plusieurs langues "Faite gaffe tas d'corniauds, j'viens d'cirer alors viendez pas m'foutre vos pompes salles sur mes planches propres ou j'vous botte l'dargeot". Du coup ça calme... Bref, et l'autre truc trop top rigolo, c'est que "Václav Brožík" avait l'habitude de prendre pour modèle des personnes vivant en son temps, et c'est ainsi que dans le tableau de Jan Hus, le maître est représenté par la trombine du toubib et député "Emanuel Engel", alors que dans l'autre, le "Jiří z Poděbrad",
on retrouve entres autres figures le nationaliste "František Ladislav Riegre", ou le critique et historien d'art "Myroslav Tyrš" (l'inventeur de l'organisation des faux cols). Bon ça ne vous dit peut être rien ces noms là, alors dans un autre tableau, plus petit mais tout aussi rigolo, intitulé "Charles IV fonde l'Université Charles IV et l'autoroute D1 dans la foulée", ben on y voit la binette à bacchantes d'"Antonín Dvořák" (d'ailleurs tiens, je vous ai même trouvé une vraie photo pour que vous puissiez comparer), vous le connaissez celui-là non?
Alors encore l'autre petit tableau en face du précédent, intitulé "Jan Amos Komenský explique sa recette des knedlík au conseil municipal d'Amsterdam", ben c'est Rika Zaraï qui a servi de modèle pour les "knedlík", et Rika Zaraï, ne me dites pas que vous ne la connaissez pas?

Bon, et sinon l'ancienne mairie de la vieille ville, pour avoir traversé les siècles, est de tout style d'architecture mais globalement les experts la classifient dans le gothique (allez savoir pourquoi?!).
En fait, elle repose (comme la plupart des édifices anciens autour de la place de la vieille ville) sur des fondations romanes, car toute cette partie de Prague a été rehaussée de plusieurs mètres au XIII ème siècle afin de prévenir les crues de la rivières "Vltava", et les maisons romanes existent toujours mais sous terre avec fonction de caves (ou restaurant-pub-disco-moove-strip maintenant). Tiens et d'ailleurs si jamais vous visitez l'ancienne mairie, insistez pour descendre dans les sous-sols, parce qu'il semblerait que ce ne soit pas spontané lors de chaque visite, alors faites gaffe car ça vaut vraiment la peine.
Vous y verrez un truc unique, enfin personnellement je ne me souviens pas de l'avoir vu ailleurs. Vous savez que les constructions romanes et gothiques son caractérisées par les voûtes (généralement) appareillées (en pierre et pas en coulées de "béton") et que dans la grande majorité des cas, ces voûtes comportent 4 quartiers (voûte quadripartite) ou 6 quartiers (voûte sexpartite). Eh bien ici, à Prague, vous verrez une voûte à 5 quartiers, c'est exceptionnel, d'ailleurs chais même pas comment ça s'appelle (quintapartite?) ni s'il y en a d'autres ailleurs.
Et puisqu'on parle de voûte, en visitant les sous-sols, vous remarquerez que certaines (voûtes) sont encore incrustées du bois d'étayage. En fait certaines parties relativement anciennes du sous-sol ont été construites sur le principe de la voûte concrète, c'est à dire un mélange "bétonneux" de chaux et de sable déversé sur un gabarit en bois (procédé déjà utilisé par les Romains). Et bien en regardant bien le plafond, vous y verrez très nettement non seulement les restes du bois des gabarits, mais vous distinguerez également les amas de sable ainsi que les jointures entre les planches (et les poils des maçons portugais si vous avez de bons yeux),
et tout ça datant des environs du XIII ème siècle, dingue! Tiens, et en parlant de béton, en regardant cette fois vers le bas, le sol du sous-sol, vous verrez des jolis galets polis pendant des milliers d'années par la "Vltava" incrustés dans le béton. Cette technique ancienne de pavage était couramment utilisée dans de nombreux édifices (visible aussi à l'entrée de la chapelle Bethlehem ou l'école "u sv. Jindřicha"), cependant bien que top pratique avec des sabots de paysan, elle (technique) était redoutablement casse-gueule avec des talons aiguilles.
C'est ainsi qu'on remplaça quelques centaines d'années plus tard les galets ronds dans le béton par des pavés carrés ensablés ce qui ne résolvait pas tout à fait le problème des talons aiguilles mais favorisait fichtrement l'impulsion révolutionnaire. Mais de révolution en révolution, on en arriva à l'industrielle qui vit l'avènement du goudron, bitume et macadam, voilà madame, et vos soucis de talons trouvent solution. Qu'est ce qu'on ne ferait pas pour vous? Bon, revenons en surface...

Fin du XIX ème siècle, on rattacha encore à la mairie la maison renaissance dite "à la minute" ("U Minuty"). C'est cette superbe maisonnette, à gauche en regardant la tour, toute pleine de figures rigolotes avec des arcades en dessous (de la maisonnette). Et pourquoi "à la minute" qu'elle s'appelle me direz-vous?
Alors attention, légende (ou vérité?), que je tiens de la charmante guide, et donc le terme "à la minute" serait un dérivé de "minuciózní", lui-même dérivé du Français "minutieux", c'est à dire petite chose, détail, soin, minutie... et qui rappellerait qu'en des temps anciens, on vendait dans cette bâtisse du tabac au détail, d'où pesées minutieuses, soin et attention. Enfin c'est de l'anecdote, comme le fait que Franz Kafka y a habité dedans avec ses parents entre 1889 et 1896, ou que la baraque a failli être démolie afin d'aligner le bloc de maisons entre la petite place et la place de la vieille ville.
Par contre ce qui est moins de l'anecdote, c'est que les superbes fresques de la fin du XVI ème et début du XVII ème siècle ont été découvertes par hasard après la première guerre mondiale sous une couche de crépis baroque lors de sa restauration. Merci à la faignantise des Portugais du bâtiment d'à l'époque qui ont plâtré du neuf sans enlever le vieux. Les profils représentent des monarques de l'époque, Maximilien II du Saint Empire, Rudolf II son fils, Philippe II d'Espagne, mais aussi l'alcoolique Selim II l'Ottoman (dit "l'ivrogne"),
Stade II de France (II), etc... Pis il y a aussi des scènes folâtres de Bacchus (II?) avec des satyres dansants, du Adam et Eve (les inventeurs de la renommée brosse Adam, Evedemment), puis il ne manque ni Hercule (vas-y et recule), pis plein d'autres allégories bien rigolotes qui doivent être spécifiées en détail dans votre guide s'il est bien fait.

Pis on ne peut pas parler de la mairie de la vieille ville sans parler de la fameuse horloge gastronomique (3 étoiles), inaugurée en 1410 mais définitivement terminée à la fin du XV ème siècle. Ben oui, on est bien obligé d'en parler puisque c'est l'un des monuments les plus visités de la ville,
et qu'à lui seul il est responsable de la chute de 25% du tourisme asiatique, les japonais ayant annulé leur voyage pendant les 3 mois que va durer la restauration nécessaire et indispensable de ce chef-d'oeuvre. Pis eh, les nippons, vous plaignez pas, en 1824 tout le bastringue s'est soudainement arrêté à cause d'un malencontreux changement des drivers Microsoft v.1820 (forcément incompatibles avec la version Windows 1800), et il fallu attendre 1866, soit 42 ans pour qu'on remette le mécanisme en branle en passant définitivement sous l'OS Linux. Alors, hein, 3 mois... genre, faut pas déconner non plus. Bon pour les détails, je vous renvoie vers les nombreux guides qui en parlent, de l'horloge.
Quant à moi, je vais vous révéler une légende liée à cette horloge, et que vous ne trouverez pas dans vos guides (légende que je tiens encore une fois de la bouche même de la formidable accompagnatrice). Bon, vous savez grâce à votre guide que cette horloge unique affiche plusieurs types de "temps" (tout le temps, enfin qu'en elle marche, genre quand on ne change pas la version des drivers). Alors sans rentrer dans les détails, l'horloge montre le temps dit "de l'ancienne Tchéquie"
où le nouveau jour commençait à la tombée de la nuit et le nombre d'heures de durées fixes variait selon les saisons (16 heures de nuit et 8 heures de jour en décembre, l'inverse en Juin). Elle indique également le temps dit "Babylonien" qui divisait le jour en 12 heures de jour (du lever au coucher du soleil) et 12 heures de nuit, ce qui faisait
forcément que les heures n'avait pas la même durée en été comme en hiver (quel foin, il fallut attendre qu'on oublie le jour et le nuit pour que tout rentre dans l'ordre). Bien, et pourquoi donc que je vous dis tout ça, puisque globalement tout le monde s'en fout aujourd'hui et s'en foutait sûrement aussi hier? Ben parce que loin de ce que croient aujourd'hui les historiens, ces différents temps d'antan n'avaient que pour seul but de calculer de façon très précise les cycles monstruels de la reine. Ben ouais, c'était crucial à l'époque, tiens.
D'abord lorsque Madame était dans de bonnes dispositions, alors hop, vite, saillie énergique, et à cheval sur mon bidet, quand il trotte il fait des pets... pour octroie de par Dieu d'une descendance robuste et virile. Pis quand elle n'était pas dans de bonnes dispositions, alors virées nocturnes dans les tavernes praguoises avec potes joyeux et libertines impudiques,
puis rentrée tôt le matin pour éviter d'entendre les "non, pas ce soir Charles, j'ai la migraine". Sans parler de la ceinture de chasteté de la reine qui nécessitait périodiquement un entretien de routine (graissage des charnières, vérification de la serrure, aération du fourbi poilu et nauséabond...) lequel (entretien) pouvaient ainsi être prudemment opéré à la "morte saison"
(non fertile) afin d'éviter tout risque d'embâtardisement du royaume de Bohême. Et toutes ces différentes périodes, accompagnées des signes du zodiac, des positions de la lune et du soleil rajoutant une pointe d'astrologie ésotérique à ce rationalisme complexe, étaient matérialisées par la symbolique des statuettes mobiles encore visibles aujourd'hui.
Ainsi par exemple, le Turc évoquait la période où qu'il fallait impérativement couvrir la reine pour être sûr qu'elle ponde (d’où la fameuse expression "$%£!^* comme un turc"), le squelette à l'inverse représentait la morte saison (style "t'agace pas Charles, t'en tirera rien, la cigogne est en RTT", le coq beuglait comme un hystérique pour informer le roi de verrouiller à double tour le cadenas qui va bien après la révision des 10.000, etc... et aujourd'hui, on va nous raconter que la "machina inferna" a été conçue pour donner l'heure, sans dec, le délire.