vendredi 12 août 2005

Ville: Promenade insolite dans Prague

Et donc c'est en voyant ça, que je me suis dit qu'il fallait absolument que je vous en parle. De quoi qu'il s'agit donc? Ben l'autre jour je me promenais dans les rues de cette belle ville de Prague, comme ça, et devant, comme derrière, d'ailleurs un peu partout, une colonie de joyeux bougres suivaient Madame promène-couillons dans les rues de la ville.

Evidemment me direz-vous, c'est la saison de la transhumance touristique, et la vadrouille des gobe-mouches bat son plein, il y en a partout, rien d'étonnant. Alors attention, c'est pas que je dénigre ce genre d'activité, non, c'est bien pour certains qui aiment ça, je ne dis pas, mais c'est (pour moi, perso) de la sous culture, instruction médiocre à 100 balles pour faignants de l'intellect, car il y a souvent beaucoup plus intéressant, plus "exotique", plus instructif, et moins cher, bref mieux. En fait j'ai suivi quelques pas de l'agrégat de pèlerins d'une de ces excursions pour voir un peu à quoi ça ressemble. Tableau: Madame promène-couillons tiens dans une main l'inévitable tige télescopique avec en son faîte un petit drapeau de la langue qu'elle parle (des fois qu'un Allemand se retrouve dans un groupe d'Italiens sans s'en rendre compte), de l'autre main elle tient son sac sous l'épaule (gaffe aux pickpockets, elle connaît, les troupeaux d'étrangers ça les attire comme la gangrène les mouches), et autour du cou, un micro pour bien se faire entendre de tous, et particulièrement de pépé Anselme, dans le fond, qui a exceptionnellement, et pour l'occasion, orné ses grandes oreilles des prothèses auditives qui généralement traînent sur sa table de chevet. Ah oui, c'est top moderne aujourd'hui, avant il fallait brailler pour se faire entendre de la plèbe, maintenant hop, micro portable, et même ceux qui ne veulent pas écouter n'ont plus le choix. Et hop, on arrive devant une curiosité. Madame promène-couillons en tête de cortège fait un demi-tour-droite militaire, agite 3 fois son guid'andouille face à l'auditoire pour l'informer qu'elle va parler, allume la petite boîte sur sa hanche reliée au micro d'autour de son cou, et hop, c'est parti pour exactement 1 minute 23 secondes d'explications hautement enrichissantes qu'une Madame promène-couillons, il y a 3 minutes avant, avait débitées dans une autre langue.
Et hop, 1 minute 24 secondes après, elle éteint la petite boîte sur sa hanche reliée au micro d'autour de son cou, et hop, demi-tour-droite, et elle reprend le pas pour guider son cheptel beuglant en direction de la prochaine touffe d'herbe fraîche à brouter, et hop. Aujourd'hui c'est comme ça. Avant, la Madame promène-couillons, elle narrait ce qu'elle savait, ce qu'elle avait appris, elle expliquait, chaque discours était différent, animé et parfois passionné, elle ne récitait pas un texte par coeur appris, elle amenait même des anecdotes rigolotes, voire grivoises, qui faisait bidonner mémé Germaine. Pis pépé Anselme, il posait des questions vu que grâce à son appareil auditif il avait tout entendu et voulait en savoir plus, le curieux.


Maintenant c'est fini, 1 minute 23, c'est ce pour quoi vous avez payé, et hop, on passe au suivant, pas le temps pour les anecdotes, pas le temps pour les questions, pas le temps pour les curieux, il faut encore en faire 5 des groupes dans la journée avant que le soleil ne se couche. Pis on est sûr de rien, alors les fables, les historiettes, on s'en fout, c'est vraiment du détail sans importance. Savoir que Mozart à donné la première de "Don Giovanni" au "Stavovské divadlo" c'est bien, super, on est content, et c'est ça qu'on va officiellement vous raconter vu que c'est l'essentiel.

Mais si l'on vous dit que l'ouverture du "Don Giovanni", une des plus belles de toutes les ouvertures d'opéras, fut terminée par le maître Wolfgang la veille de la première, tandis que Constance (sa femme) le tenait éveillé en lui racontant des histoires salaces et en l'abreuvant de punch (dont ma femme de ménage a la recette originale), que le copiste travailla la journée entière pour terminer les partitions de l'ensemble de l'orchestre le jour même (de la première), que ces mêmes partitions arrivèrent sur les pupitres des musiciens de l'orchestre encore humides voire barbouillées de l'encre pas encore sèche un quart d'heure avant le levé de rideau, que l'un des interprètes tomba malade et qu'il fallut le remplacer au pieds levé dans l'après-midi, qu'il n'y eu aucune répétition générale, et que malgré tous ces désagréments, l’oeuvre reçue une acclamation sans pareil pendant 20 minutes, l'aristocratie étant debout dans la salle pour applaudir le maître,
que la baronne Von Rosenberg au premier rang chavira et que Wolfgang, sautant de la scène rattrapa la malheureuse avant que son corps ne chute à terre, que le duc de Clary-Aldringen lui proposa (à Wolfgang) d'être son compositeur attitré (au duc) pour la somme 2500 florins, mais que Mozart refusa préférant le poste de compositeur officiel à la cour de l'empereur Joseph II pour le tiers de la somme précédente, que malgré ses succès modestes à Vienne et à Salzbourg, Prague lui vouait un culte nettement plus considérable, que s'il avait accepté les offres pragoises il ne serait sans doute pas décédé dans la misère à 35 ans et que son oeuvre eut alors été moult fois plus prolixe. Ben oui, mais c'est de l'anecdote... C'est pas important tout ça, c'est peut être même pas vrai, et ne rigolez pas, mais c'est véridique, maintenant ça marche comme ça, pas sûr, pas vrai, pas dit. D'ailleurs les promène-couillons sont maintenant officiellement diplômés en licence et agrégation de la visite des curiosités diverses de la ville de Prague pour touristes étrangers, c'est plus de l'amateurisme comme avant, non non non.
Alors attention, je ne dis pas qu'ils sont tous identiques, les tours, mais ceux (les guides) que j'ai vus (et entendus) l'autre jours (en Français et en Anglais) et qui me font réagir aujourd'hui c'était vraiment ça, la marche forcée, les monuments archi-connus, le commentaire fade et inexpressif. Ah oui, parenthèse, les guides dont j'ai mis les liens ci-dessus ne sont que l'illustration des diplômes de guides officiels diplômés en licence et agrégation de la visite des curiosités diverses de la ville de Prague pour touristes étrangers. Ni leurs compétences ni leurs façons de travailler ne sont aucunement dépeintes ici, d'ailleurs je ne les connais même pas.


Pis y a un concept assez intéressant que j'ai découvert par hasard dans les rues de Prague, mais qui pourrait s'avérer fichtrement bien pratique pour peu qu'il soit bien utilisé (attention, je ne le connais pas, je ne fais que le dépeindre, aucunement critiquer ni en bien ni en mal), c'est le Silver-Line. En fait vous vous procurez auparavant un petit guide imprimé qui va bien, puis il ne vous reste plus qu'à suivre les flèches collées sur le trottoir dans tout Prague.

Pouvez pas vous perdre, le tracé de la visite est balisé et les lieux commentés dans le guide sont balisés aussi (et les buvettes?). Les avantages que j'y vois? Ben vous le faites à votre rythme, pépé Anselme peut s'en jeter une ou deux (bières) à n'importe quel moment pendant que mémé Germaine repose ses varices, il existe plusieurs parcours si pépé Ambroise ne marche pas autant que pépé Anselme, les lieux "vivants" (bars, buvettes, restaurants, hôtels...) pourraient être commentés par les touristes via Internet, l'imprimé serait ainsi mis à jour régulièrement, en plusieurs langues... Les inconvénients, chais pas, rien en tête, là comme ça... sinon que quand il y a de la neige, que kiki a fait son caca sur une balise? Ah pis si, une question... Pourquoi les flèches sur le trottoir alors qu'il suffirait de suivre les noms des rues et les numéros d'immeubles? Enfin bon, pourquoi pas après tout, ça fait "valeur ajoutée" :-)))


Le truc aussi que je hais farouchement dans les "visites guidées" en masse, c'est la culture du standard, de l'hyper connu, le montrage du "faut l'voir". Alors à Prague, il y a (entre autres) le château (de Prague), la place de la vieille ville (de Prague, aussi), la place Venceslas (de Prague, toujours), et si vous n'êtes pas passés par là, alors vous êtes des pedzouilles incultes à bouffer du caviar sur des craquottes avec de la mayo. "Quoi ma chère, vous n'avez pas visité les catacombes de la cathédrale St Guy au château de Prague?"

qu'on va vous dire dans les dîners mondains où Madame la baronne se remet une pétée du cuissot de daguet que son hobereau de mari avait exécuté au fusil à lunette le lendemain de son introduction (du daguet) dans la forêt domainiale. "Mais ce n'est point possible ma chère, êtes-vous seulement allée dans cette ville magique aux cents tours où Mozart a composé..." et de vous déblatérer allègrement la liste des "tour Eiffel" et des "Buckingham palace" que n'importe quel blaireau claquemuré dans sa pétaudière peut apprécier de chez lui grâce à Internet. Alors je ne dis pas qu'il faut les éviter ces trucs là, non, ils méritent le coup d'oeil, mais je dis juste qu'à côté de ceux là, ben il y en a plein d'autres, sans doute moins connus, sans doute moins "à voir absolument", mais peut-être plus authentiques aussi, à mon avis.


Et pis tiens, après tout, why not, eh, tu sais quoi, je me lance, tiens, je vais te me vous en échafauder un de parcours, de derrière les fagots de bois pour poêle à mazout que vous m'en direz des nouvelles. Pis c'est pas piqué des hannetons comme tracé, z'allez voir, on va passer à quelques mètres seulement des rues archi-connues mais en privilégiant les toutes petites (rues).

Z'aurez de quoi lui raconter à Madame la baronne. Bon, je ne prétends pas que c'est de l'exceptionnel, que vous serez les premiers au monde à le faire ce circuit (premiers après moi), peut-être même que vous connaissez déjà, mais chuis pas certain que les guides vous feraient passer par là, parce que ça sort un peu des sentiers battus. Alors on va commencer par le début, c'est ce qu'il y a de mieux, et n'oubliez pas votre guide à portée de la main histoire de lire ce qu'il y a de marqué dedans, ça sera sans doute plus complet que mes explications... Ah oui, et je dois aussi vous préciser que mes commentaires seront succincts, mais orientés sur les anecdotes, car si je devais vous détailler chaque élément cité, ma publie serait longue comme la semaine d'avant la paye.


  • Le point de départ, c'est le théâtre national, "Národní divadlo", pouvez pas vous planter, tout le monde sait où c'est. Vous pouvez admirer le fameux Café Slavia en face, et éventuellement vous jeter une collation pour dire "j'y étais" (à Madame la baronne).

  • Ensuite on monte sur le pont "Most legií".
    Oui, je sais, il y a des voitures qui passent, mais c'est de là que vous ferez les plus belles photos du château de Prague (au couché du soleil, ou carrément le soir, trépied indispensable). Conseil, ne prenez pas de l'angle de la rue au tout début, mais avancez un peu sur le pont, derrière la "mini tour", vous éviterez ainsi le câble sur la photo qui n'est pas visible à l'oeil (le soir) mais vous coupera inévitablement l'image au second tiers de sa hauteur.

  • Pis on traverse le pont. Si vous avez le temps, vous pouvez descendre au milieu et faire le tour du "Střelecký ostrov", sympa, mais attention aux crottes de chiens. Une fois remonté sur le pont, nettoyez vos chaussures, puis on continue, toujours tout droit.

    • Alors normalement au bout du pont on tourne à droite, mais si vous avez le temps, mais c'est pas obligé, alors continuez tout droit en face jusqu'au bout de la rue "Vítězná". Le bout de mur que vous voyez en face de vous s'appelle "Hladová zed'" (le mur de la faim). En fait il s'agit des restes des fortifications que le bon roi Charles IV a fait bâtir entre 1360 et 1362 pour protéger Prague des invasions venant de l'ouest et du sud. Quant aux statues sur les escaliers, c'est le très controversé "Památník obětem komunismu" (Monument à la mémoire des victimes du con-munisme). Et alors une fois que vous avez tout vu, que pépé Anselme a enlevé ses lunettes pour remettre ses prothèses auditives, on retourne vers le pont, au tout début, et on tourne à gauche.

  • Au bout du pont on tourne à droite, sur "Malostranské nábřeží", et au bout, vous pouvez contempler du haut des escaliers le parc de "Kampa". C'est de ces escaliers, lors des inondations de 2002, que les télévisions du monde entier retransmettaient leurs "directs".

  • Descendez les escaliers, et promenez-vous dans le parc, à droite, le long de la "Čertovka", bras de la rivière "Vltava" qui transforme "Kampa" en île. Remarquez le magnifique moulin (maison bleu clair) à l'entrée du ruisseau. Le moulin "Huť", l'un des 4 moulins originels de l'île de "Kampa", date du XIII ème siècle, mais vous trouverez sûrement cela dans votre guide. Une fois que vous aurez fait votre petit tour, revenez vers les escaliers, et en sortant du parc prenez à droite.

  • Au niveau de l'église "Svatého Jana Křtitele" (St Jean Baptise, gothique naissant, 1235), prenez à droite dans la rue "Všehrdova", mais avant remarquez la statue baroque de "Michal Jan Josef Brokoff" (entre autre auteur et co-auteur de plusieurs statues du Pont Charles),
    pis dans la rue, juste après l'église, sur le mur, notez l'indication du niveau de l'eau lors des inondations de 2002.

  • Continuez dans cette petite rue magnifique où le temps semble s'être arrêté, et remarquez les superbes petites maisons sur la gauche. Derrière l'hôtel Kampa, sur votre droite entrez dans la grande cour du "Michnův palác" (également appelé "Tyršův dům", "Miroslav Tyrš" étant le fondateur de l'organisation sportive "Sokol"). Attention, la cour ferme à 22h, sinon vous pouvez rejoindre par là le parc de "Kampa". Mais revenons à la rue "Všehrdova", signalons les 2 pubs pour lesquels j'ai une grande sympathie.

    • Le premier, le Bar-Bar est plus "smart", la carte des plats est modeste mais ils sont tous d'excellente qualité et savoureux, quant aux spiritueux, on ne peut que les recommander. Autre point, vous y trouverez plus souvent de la place qu'à l'autre. L'inconvénient, ils brassent de la Krušovice.

    • Le second, Tlustá Myš (l'opulente souris) est plus fourni en plats, moins "délicats" mais très bons quand même. Malheureusement vous n'aurez que peu de chance de trouver de la place. Par contre ils y brassent de la Gambrinus et de la Prazdroj, ce qui est un énorme plus. L'inconvénient, c'est l'accueil, froid, voire glacé, mais uniquement en surface. Une fois assis ça va mieux :-) Et signalons que les deux tavernes exposent des oeuvres généralement photographiques (mais parfois peinturluresques, sculpturatique, voire marionnettantes) qui parfois valent le détour. En tout cas le concept (expos dans les tavernes) est tout à fait génial, je trouve, moi, personnellement.

  • On revient donc dans la rue "Všehrdova", et on continue jusqu'en haut de la rue. Notez au passage sur le mur de droite le trompe l'oeil dit "pointes de diamant" (style Renaissance). En haut de la rue, dans la cours, se trouve la statue de "Miroslav Tyrš", rien d'exceptionnel sinon qu'on la doit à "Ladislav Šaloun" (sculpteur de l'imposante statue de maître Jan Hus sur la place de la vielle ville).

  • Pis on prends à droite, le long des rails du tram dans la rue "Újezd". Au premier feu, à droite dans la rue "Hellichova", jusqu'en bas, tout en bas, puis à gauche dans la rue "Nosticova". Passez devant la résidence Nosticova (un must si jamais vous voulez emballer grave plein la vue une potentielle conquête, c'est top cossu, les prix salés, et chuis sûr que Madame la baronne y a résidé, quelle honte sinon). Bon alors toujours tout droit, et si vous ne vous êtes pas planté (un comble dans une rue toute droite), vous êtes nez à nez avec les ambassades du Danemark et du Japon (regardez les drapeaux sur les frontons). On va donc continuer tout droit, légèrement à gauche, dans la rue "Prokopská".

    • Mais avant, vous pouvez prendre à droite, sur "Maltézské náměstí" (la place de Malte).
      En face se trouve l'église baroque "Panny Marie pod řetězem" (Vierge Marie sous la chaîne?! HiFi?! Vierge peut-être, mais elle écoutait déjà de la techno?!)... donc l'église des chevaliers de l'ordre de Malte, construite (comme le couvent) vers la moitié du XII ème siècle (mais maintes fois remaniée). Ce bâtiment faisait en ce temps partie intégrante des fortifications de la ville ce qui explique cet aspect austère. D'ailleurs l'église s'appelait avant "l'église du bout du pont". Dans la série anecdote, signalons que le corps du bon Charles IV y fut déposé à sa mort (1378) pour le dernier hommage, et qu'en 1393 St Jean de Népomucène y fut assassiné et seulement ensuite, une fois mort, jeté du pont dans la Vltava. Ah ben ils ont l'air bien les touristes qui caressent la statue de St Jean sur le pont Charles croyant au martyr du pauvre bougre. Enfin selon les derniers éléments de l'enquête qui datent de 1972, le pauvre St Jean aurait bien été torturé (et non simplement assassiné, cause lésions des os du crâne, hémorragies du dedans de la tête...) mais par noyade.
      Quant à la chaîne, de la Vierge Marie sous la chaîne, ce serait (suppositions, encore) lié soit à la chaîne qui barrait le passage du fleuve afin d'empêcher les bateaux de passer sans payer la taxe (peu probable compte tenu du poids et de la longueur de la dite chaîne), soit à une autre chaîne qui fermait les portes de la ville.

    • Ensuite prenez à droite et vous arrivez sur "Velkopřevorské náměstí", avec sur votre gauche le mur de la paix, sur votre droite "Buquoyský palác" (Palais Buquoy) qui n'est autre que le siége de l'ambassade de France (maintenant vous savez où elle se trouve, ça peut toujours servir quand vous vous ferez faucher vos documents :-). Construit à partir de 1719 en Style baroque, il fut vendu en 1748 à François Léopold Longueval, comte de Buquoy (1703-1768), descendant du fameux Charles-Bonaventure de Longueval de la fameuse bataille de la Montagne Blanche, vous savez, la fameuse guerre de trente ans... Alors pour pépé Anselme, anecdote, on dit que Mozart y aurait joué du trombone à couilles lisses tandis qu'il composait son "Don Giovanni" (mais non pépé, du piano, pas du trombone, tout le monde sait que Mozart a arrêté le trombone après son ablation des amygdales). Bon, allez, on remonte dans la rue "Prokopská".

  • De la rue "Prokopská", on tombe sur le prolongement de la rue "Újezd", la rue "Karmelitská", on traverse, allégrement, hopla hopla, on n'a pas honte, allez pépé, allez mémé, et l'on se retrouve devant "U Malého Glena" (le petit Glen). C'est un hôtel, pub, boîte de jazz plutôt américananglophone, l'endroit est très sympathique dans le dedans, mais les prix sont excessifs (comme dans tous les pubs américananglophones) alors patientez, 200 mètres plus loin vous trouverez quelque chose de raisonnable. Ah oui, et la boîte de jazz passe souvent de bons groupes, mais c'est dans une cave enfumée de la taille du tiroir dans la commode d'un débarras, invivable, dommage.

  • Bon, faites 5 mètres vers la droite lorsque vous regardez le Glen, et entrez dans le couloir à gauche du "Vrtbovský palác", dont on doit la reconstruction en style baroque à "Kryštof Dientzenhofer" (1655 - 1722), un des plus grands, des plus somptueux, des plus admirables architectes (avec son fils, "Kilián Ignác Dientzenhofer", 1689 - 1751). Vous pouvez alors visiter la magnifique Vrtbovská zahrada (Jardin de Vrtbov). Ce splendide jardin à l'italienne est jonché de statues issues de la mythologie grecque que l'on doit à "Matyáš Bernard Braun" (1684 - 1738, le plus grand génie représentatif de la sculpture baroque tchèque, statues de "Královská zahrada", "Klementinum", "Chrám sv. Víta", "Karluv most"...). De tout en haut, vous avez une vue splendide sur les toits de "Malá Strana", et en hiver, par grand soleil et recouverts de neige fraîche, c'est indescriptible.

  • En sortant "Vrtbovský palác", prenez vers la gauche. Sur la placette, vous verrez le restaurant "Malostranská restaurace", c'est pas mal, oui, je ne dirais pas qu'il faille y aller, mais si vous êtes dans le coin, hein, vous pouvez vous y arrêter, les plats sont relativement bons. Par contre j'ai totalement oublié ce qu'ils ont comme bière, et sur le menu c'est pas marqué ce qui m'ennuie fichtrement car ça laisse à penser qu'elle n'est pas bonne (la bière).

  • Tournez à gauche dans la rue "Tržiště", puis montez par la droite. Remarquez au 1er tiers de la rue le joli petit passage qui mène sur "Malostranské náměstí" (en fait il y en 2, le premier est au niveau d'une pâtisserie, le second est 20 m au dessus), continuez à monter, vous allez passer devant "Schönbornský palác". Vouis, c'est joli, un beau palais, certes, mais rien de sidéralement transcendant, c'est d'ailleurs pour ça qu'on l'a transformé en ambassade pour les Ricains, sachant qu'ils vont nécessairement nous l'esquinter. Puis grimpez toujours tout en collant sur la droite, dans le petit passage, là, allez-y. Un peu plus haut, vous allez tomber sur Baráčnická rychta. Alors là, vous pouvez faire une halte, pour reposer les varices de mémé Germaine, et vous jeter une ou deux "Prazdroj", voire carrément manger. En sortant de la taverne, continuer en face de vous, et quelques mètres plus loin vous vous retrouvez dans la rue "Nerudova". En face de vous le palais "Thun-Hohenštejnský palác" (aujourd'hui ambassade d'Italie), les décorations du porche, y compris le Jupiter et la Junon, sont l'oeuvre de "Matyáš Bernard Braun" (et oui, encore).

  • Prenez à droite, en descendant, puis Première à gauche, "Zámecká", et on monte, eh oui pépé, ça va devenir un peu ardu sur ce coup. Remarquez en montant, sur votre gauche, les lourds volets en fer de la taverne "U Kocoura", z'ont pas l'air d'hier. En haut de la rue vous prenez à gauche.

  • Vous montez la rue "Thunovská", et sur votre gauche vous avez une somptueusement magnifique petite taverne bien typique, "U krále Brabantského", (Au roi de Brabant). Alors cette petite taverne est pleine, que dis-je pleine, elle regorge, enfin regorge, elle surabonde de légendes, mais alors de milliers de tonnes. Et curieusement, celle qui devrait être aussi connue que le château de Prague n'a pas de page Internet, ben non, dingue, sans dec chuis scié mais c'est ainsi. Alors pas de photos, pas de lien, désolé. Il ne vous reste plus qu'à y aller vous-même pour voir comment c'est somptueusement magnifique cette petite taverne bien typique. Ah ben oui, et les légendes alors...

    • Donc l'une dit, que cette taverne là, serait la plus ancienne taverne de Prague, mais attention, non seulement la plus ancienne, mais de surcroît fréquentée par des têtes couronnées de légende, comme notre bon roi Charles IV (1316 - 1378) qui venait régulièrement s'y reposer des courtisans et des imbéciles qui pullulaient au château, accompagné (le roi) de ses 2 ratiers de Prague ("Balthazar" et "Attila").

    • Alors j'ouvre ici une parenthèse qui s'impose, le ratier de Prague est une bestiole extraordinaire et tous ceux qui ont eu la chance d'en voir un vous le confirmeront. Imaginez un doberman, la couleur, la forme, la tête, tout, que vous passez en machine à 90˚, plusieurs fois, jusqu'à obtenir une bête plus petite qu'un chat. Véridique, le ratier de Prague fait en moyenne 20 cm de hauteur au garrot et s'il pèse 1kg, c'est qu'il n'a pas encore fait. Ses petits yeux en forme de billes noires lui sortent de la tête comme s'ils étaient trop gros pour se loger dans les orbites, et ses grandes oreilles dressées rappelant celles d'une chauve-souris le maintiennent constamment en alerte.
      Je n'aime pas le "p'tit chien à sa mémère", mais celui là, faut le voir, c'est vraiment incroyable. Et je referme la parenthèse.

    • Pis "U krále Brabantského" était aussi fréquenté par Rudolf II (1552 - 1612) l'excentrique amateur d'occulte et d'alchimie, ou Friedrich V (1596 - 1632), le "roi d'un hiver" qui s'y lichetrognait moult chopines dans la nuit du 8 novembre 1620 sans savoir que ses armées furent décimées dans l'après-midi par la ligue catholique du St Empire Romain Germanique lors de la fameuse bataille de la fameuse montagne blanche (vous savez, le fameux Charles-Bonaventure de Longueval). Aujourd'hui encore, nombreux hommes politiques s'y rendraient de par la proximité géographique d'avec l'Assemblée Nationale, ce qui fait dire au bon peuple Tchèque qu'il se prend plus de décisions importantes "U krále Brabantského" que dans tout autre bâtiment gouvernemental.

  • En sortant d'"U krále Brabantského", prenez à gauche, et montez en direction du château (de Prague, des fois que vous auriez un doute :-), prenez les escaliers, grimpez, remarquez la plaque commémorative sur le bâtiment à droite (l'arrière du "Thun-Hohenštejnský palác") rappelant qu'"Alfons Mucha" séjourna et oeuvra dans cet endroit.
    Montez, montez, puis à droite, vous arrivez devant les grilles du château.

  • Bon, alors sur la place du château, "Hradčanské náměstí", c'est sûr qu'on ne sait plus où donner de la tête... Mais tous les palaces qui sont là, vous devriez les trouver dans votre guide pour peu qu'il soit bien fait alors je ne vais pas vous en parler. N'hésitez donc pas à visiter "Schwarzenberský palác", "kostel Svatého Benedikta", "Toskánský palác" et "Martinický palác".

  • Ensuite nous allons prendre dans la rue "Kanovnická", à droite et en haut de la place si vous avez le château (de Prague) dans le dos. Au bout de la rue, le "kostel Svatého Jana Nepomuckého", premier (construction d'à partir de 1720) édifice religieux construit par le génial "Kilián Ignác Dientzenhofer", décidemment ce nom est indissociable des chefs-d'oeuvre baroques de Prague.

  • Continuez ensuite jusqu'à la rue "Nový Svět", à gauche, et là vous entrez littéralement dans un "nouveau monde", ou plutôt un monde ancien.
    Derrière les précédents palaces, derrière le majestueux château de Prague, se trouve "la cour des miracles", le lieu de "survivance" des petits, des anonymes, des crèves-la-faim qui fournissaient une main d'oeuvre bon marché (voire gratuite) aux riches et aux nobles. L'architecture "bordélique", mais unique des maisons ne répond à aucun concept urbanistique, aucun style architectural, seul le besoin de loger entre 4 murs et sous un toit explique ce somptueux agencement capharnaümique (surtout les baraques au croisement d'avec la rue "Černínská"), cette sensation d'un autre temps, de celui qui s'est arrêté à l'époque de Rudolf II, à l'époque de la recherche des secrets de l'alchimie, du ciel et de la terre, de l'espace, du savoir, du monde... Et justement, l'alchimiste, astronome, astrologue, asthmatique, Tycho Brahé aurait habité dans cette rue (au numéro 1, il y a une plaque commémorative sur la maison), mais alors pas vraiment longtemps car il arriva à Prague en 1599, vécu d'abord au château de Benátky nad Jizerou, et mourut 2 ans plus tard. Il eu quand même le temps entre-temps de faire la connaissance de Johannes Kepler (arrivé à Prague en 1600 sur l'invitation de Rudolf II) qui deviendra son disciple (Johannes, disciple de Tycho), mais bien plus encore, puisque contrairement à son maître (Tycho, qui ne croyait pas en l'héliocentrisme de Copernic, que les planètes tournent autour du soleil et pas l'inverse) Johannes démontrera en plus que les trajectoires ne sont pas circulaires mais elliptiques, et tic... euh... toc!
    Et toute cette sensationnelle prodigalité d'esprit, de révolution intellectuelle sur la conception du monde aurait, selon la légende, habité ici, dans la rue du nouveau monde. Vrai, faux, en partie, qui sait? C'est comme la légende de sa mort (à Tycho Brahé):

    • Version 1: on dit que lors d'une grande bouffe en présence de grands bouffeurs (princes, ducs, barons et roi...) il but déraisonnablement (ah? c'est possible?), et comme la bienséance proscrivait aux petits de se lever avant les grands, Tycho se serait retenu au point de...

      • version 1.a: mourir d'explosion de la vessie,

      • Version 1.b: de complications urinaires dues à sa retenue.

    • Pis version 2 de sa mort: ayant perdu le bout de son nez étant jeune (véridique) dans un duel à l'épée dont l'origine (du duel) est également fertile de légendes, mais ne souhaitant pas développer ici mon blog jusqu'à demain, bref... ayant perdu le bout de son nez, il aurait alors porté une prothèse en métal, alors là pareil, plusieurs options, cuivre, or, argent, plomb... et tous les mélanges imaginables, et cette prothèse aurait fini par empoisonner son sang.

    • Version 3: il se serait empoisonné au mercure en consommant un de ses remèdes (il était aussi un peu alchimiste sur les bords).

    • Version 4: il aurait été "suicidé", mais cette hypothèse est la moins probable car il n'habitait pas au ministère des affaires étrangères et février 1948 n'avait pas encore eu lieu (c.f. plus loin).

  • Ah oui, et alors par contre, dans la série j'emballe, mais alors qu'est ce que j'emballe, je vous propose l'hôtel "U Raka" (de la chaîne des Romantik Hotels). Moi j'ai connu l'Hotel Gasthof Sternen de Kriegstetten, en Suisse, à l'époque où j'étais riche et qu'on allait skier dans les Alpes françaises (mais oui Madame la baronne, j'ai été riche un jour!), ben je peux vous dire que c'est bien, vraiment, un accueil formidable, des Suisses hyper sympas, une bouffe top moumoune, bref je conseille vivement cet hôtel comme cette chaîne (d'hôtels).

  • Bon, arrivés au bout de la rue, hop, à gauche dans "Černínská", on monte... Sur votre droite, remarquez les petites maisons qui épousent parfaitement la pente de la rue.
    Puis si vous avez de la chance, sur la gauche (c'est en travaux en ce moment), vous avez une vue superbe sur les jardins du couvent des capucins. La légende raconte que les moines y cultivaient entre autres fruits, celui défendu. Invitant les jouvencelles des alentours à venir cueillir les fruits du verger, ils tentaient de les soumettre à leurs ardeurs effrénées, ce qui somme toute n'a rien d'étonnant pour l'époque. "Ah oui, et en hiver, ils faisaient comment?". C'est une légende grand-père, la technique n'est pas décrite en détail, d'ailleurs personne ne sait si elle est véridique. Bref, alors en haut de la rue...

  • Vous allez donc d'abord arriver à la hauteur de l'église "Panny Marie Andělské" (Vierge Marie angélique?!), bon, sympa, style renaissance, tout début du XVII ème siècle, fait partie du couvent des capucins qui, et il s'en fallut de peu, faillirent être mis à la porte par le roi Rudolf II à grand coups de pieds dans le derche et de pitbulls affamés, exaspéré (Rudolf) par les nombreuses doléances émanant de Tycho Brahé à l'encontre des moines qui sonnaient les cloches sempiternellement pour couvrir les cris espiègles des jouvencelles (voir ci-dessus) et perturbaient ainsi sottement la concentration du "Mathématicien de son Altesse Royale".
    Les frère seront de toutes façons mis à la porte manu militari par les con-munistes en 1948, mais récupèreront leur bien en 1990. Anecdote, notez dans le fronton de l'église visible de la rue, principalement en haut et à droite de la fresque, les boulets de cannons des prussiens qui bombardaient la ville en 1757 lors de la guerre de sept ans, quand Marie-Thérèse essayait de récupérer la Silésie que Frédéric II (le grand) lui avait filoutée quelques années auparavant (1742). Décidemment, ils se comportaient comme des moutards au bac à sable en ces temps...

  • Vous aurez également remarqué sur votre droite, les magnifiques jardins du "Černínský palác", puis tiens, puisqu'on en parle, eh bien allons y... C'est sans doute le palais le plus imposant de Prague, de style baroque, sa construction commença en 1669 d'après les plans de l'architecte italien "Francesco Caratti"...
    Eh mais remarque, tout ça vous l'avez dans votre guide, chais pas pourquoi je vous le raconte d'un coup... Bon, mais alors aussi ce qu'il faut savoir, c'est que le bâtiment abrite le ministère des affaires étrangères depuis avant la seconde guerre mondiale. Dis donc mon Cyril, c'est propre comme bouge champêtre, pis t'es pas gêné aux encolures avec un espace pareil, hein mon cochon, avoue que tu as un 18 trous à l'intérieur!

    • Et dans les anecdotes, genre, en 1948, le ministre des affaires étrangères, Jan Masaryk, qui n'était autre que le fils de son père (eh ouais), Tomáš Garrigue Masaryk, premier président de la Tchécoslovaquie, donc le fils, Jan, fut retrouvé mort sous les fenêtres de son appartement de fonction, là, sur le pavé devant le "Černínský palác", désarticulé comme une pieuvre sur un banc de sable.
      Alors la police d'à l'époque conclut au suicide, le peuple parla de meurtre, les circonstances étaient bizardes, mais vous savez ce que c'est en 1948, la prise du pouvoir par les con-munistes le 25 février, le 10 mars suicide d'un démocrate convaincu, résistant de guerre, et fils de l'emblématique président de la Première République... Enfin normal, rien de plus normal, rentrer du bureau, se déshabiller, prendre une douche, se raser propre, se parfumer, puis sauter par la fenêtre en peignoir-pantoufles de façon à ce que tout le monde puisse admirer vos roubignoles aplaties sur le pavé dans les journaux du matin. Tout à fait normal... Aujourd'hui on sait qu'il s'agit d'un meurtre sans doute perpétré par des agents secrets soviétiques.

    • Pis aussi dedans ce palais, le 1er Juillet 1991, on abrogea le pacte de Varsovie.
      Notre ministre (des affaires étrangères) de l'époque, "Jirí Dienstbier", en déchira les pages une à une, puis s'essuya grassement le joufflu avec chacune d'elle avant d'expédier le tout à Moscou dans un petit paquet dont l'en-tête portait mention "Mes amitiés de Prague au camarade Leonid, en souvenir du printemps".

  • Et puis alors ben voilà, on y arrive, sur votre gauche, en face du "Černínský palác", la "Loreta", que certains appellent aussi "Notre-Dame-de-Lorette", ou "la Lorette" (par le petit bout de la ... :-) ou encore "L'église de la Loreta". Ce chef d'oeuvre des Dientzenhofer (père et fils) renferme bon nombre de légendes extravagantes et d'histoires tordues. Bon rapidement, mais pareil, vous le trouverez dans votre guide... Le nom "Lorette" vient du nom de la ville d'Italie où se trouverait la maison (Santa Casa) de la Vierge Marie, du Joseph (qu'on oublie toujours) et du petit Jésus qui naquit dedans entre l'âne, le boeuf, le veaux, vache, cochon et couvée. Elle (la maison) aurait été transportée par l'archange Gabriel lui-même au XIII ème siècle de Nazareth jusqu'au centre de l'Italie (Loreto) devant la progression des musulmans en terre Sainte.
    La version pragoise fait partie de ces tentatives de re-catholisation du pays par la noblesse après que le bon peuple pragmatique ait trouvé plus pertinente l'approche religieuse des hussites, puis des protestants. Pis il y a le "trésor", des objets de culte principalement des XVII et XVIII ème siècle en or et pierres précieuses (pour les amateurs). Et les légendes extravagantes et les histoires tordues me direz-vous? On y arrive... Donc dans cette église, enfin même dessous, il existe une crypte bien cachée et fermée à double tour par une énorme porte. La clé est précautionneusement gardée par les capucins du couvent d'à côté car cette crypte renferme un secret que personne encore n'a pu découvrir, et pour une simple raison: la plupart des téméraires qui entrèrent dans cette crypte n'en sont jamais ressortis, et les quelques malheureux qui ne s'étaient pas aventurés assez loin et avaient rebroussé chemin perdirent la raison.
    Une seule personne aurait été suffisamment loin pour percer le secret du caveau, un jeune capucin novice et curieux, au XVII ème siècle, mais seul son fantôme en revint et sans tête. Aujourd'hui encore, selon les gardiens de la Lorette, on peut croiser le fantôme du moine déambulant dans les couloirs sombres de l'édifice, mugissant et gesticulant inintelligiblement comme s'il voulait partager avec les vivants le secret qu'il avait découvert dans le fond de la crypte.

  • Nom di Diou, ça donne soif toutes ces histoires effrayantes, alors montez sur la rue "Loretánská" (la Lorette derrière vous), et en face, vous trouverez une magnifique demeure avec des fenêtres en trompe-l'oeil, l'auberge "U černého vola" (Au boeuf noir). Allez-y les yeux fermés (gaffe à la marche), c'est un magnifique exemple de bonne taverne bien tchèque. Ils servent la meilleure "Kozel" de tout Prague, un délice, un rêve, et pour ceux qui y verraient comme un soupçon d'arrière goût de "Prazdroj", alors oui, forcement, c'est la même brasserie, eh oui.
    La carte des plats est relativement sobre, pour ne pas dire dépouillée, mais si vous avez vraiment faim vous y trouverez inéluctablement votre bonheur, et compte tenu des prix modestes qu'ils pratiquent, il serait proprement regrettable de résister à un pousse-mousse. Anecdote, les propriétaires, ou plutôt les gérants seraient un groupe d'amateurs ("štamgast") de bonne bière et de bonne rigolade dans un bon endroit bien bon, et pratiqueraient ces prix inattendus pour la localisation compte tenu de leur statut de gérants mais surtout de consommateurs. Messieurs, si c'est vrai alors chapeau bas!

  • Ben voilà, alors je vais vous laisser dans la taverne, et la suite au prochain numéro parce qu'il se fait tard. Je vous en ai mis une bonne couche, pis z'avez de quoi tenir dans la taverne, et donc la prochaine fois (ou une autre fois) je vous ferai redescendre vers là d'où que vous êtes partis.