dimanche 27 février 2005

Ville: Mais où qu’il débouche ce trou là?

Chais pas si vous êtes déjà venus à Prague, ou si vous y habitez, ou chais pas quoi, mais pour ceux qui ont déjà vu, z’avez du vous rendre compte qu’il y a un truc frappant (parmi d’autres, bien sur). Ce truc notablement frappant c’est la quantité rarissime de trous, galeries, passages, et autres coursives qui peuvent parfois déboucher sur des trucs totalement ahurissants, genre terrasse magnifique à l’ombre et bonne bière fraîche dans l’verre, ou jardin caché en plein centre ville, enfin des couloirs au bout desquels l’esprit le plus fécond et créatif serait en peine à envisager que ça puisse s’y trouver (au bout du tunnel). J’ai trouvé ça aussi à Bruxelles, par hasard, en venant de l’îlot sacré et en allant sur la bourse, rue du marché aux Herbes (Grasmarkt). Pénétrant dans un couloir sombre, lugubre, j’ai croisé Quasimodo qui sortait les poubelles, puis au bout, j’ai trouvé l’entrée principale et unique d’une bonne vieille taverne bien Belge («Au bon vieux temps», impasse St Nicolas), tenue par deux dames respectables, d’âge en rapport (avec la respectabilité), et dont le verbe amical a immédiatement mis à l’aise l’émerveillé surpris que j’étais.
Entre les larges vitraux colorés, l’âtre imposant, les fauteuils en vieux cuir rouge patiné, et cette sensation de bien être, de sérénité, l’on a l’impression que le temps s’est arrêté au seuil de ce corridor peu engageant. En fait il y en a 2 des corridors (peu engageants) et des estaminets, à 20m l’un de l’autre. Le second c’est «A l’Imaige Nostre-Dame» (si si, ça s’écrit comme ça) impasse des cadeaux, pareil, faut aller dedans pour le croire (mais je préfère le premier, d’estaminet, parce qu’il y a Le Bossu qui me fait pouffer). Mais bon, c’est Bruxelles. Revenons à Prague…
J’en connais quelques uns (de passages), mais évidemment, ceux qui débouchent sur des brasseries j’vais pas vous les divulguer (ben non). Il y en a un joli de passage, sympa, qui va de «Malostranské námestí» (tout en haut de la place, à gauche de l’église «St Nicolas - Svatého Mikuláše») vers la rue «Tržiště» puis, si vous montez cette rue, toujours en restant sur la droite, non seulement vous allez arriver sur une superbe petite brasserie «Baráčnická Rychta» (à flûte, zut, caca boudin, je l’ai dit…) mais en continuant (toujours en haut) vous allez tomber dans la rue «Nerudova» en passant par un superbe petit passage insoupçonné.

Puis si vous continuez toujours tout droit le long de «Nerudova», vers le haut (ben oui, je sais, ça fait que de grimper, mais pour les faignants du genou, z’avez qu’à lire ce blog de bas en haut et vous aurez le tracé en descente, à l’envers), donc vers le haut disais-je, sans monter au Château mais tout droit par la rue «Úvoz», alors vous arrivez sur la rue/place «Pohořelec».
Collez sur votre gauche, encore un peu, montez, et là stop, bâbord toute moussaillons, dans le petite passage, empruntez les escaliers et vous arrivez sur «Strahovský klášter». Outre les divers édifices religieux et culturels dignes d’intérêt et de moult photos, outre les magnifiques parcs et jardins sources d’oxygénation bénéfique pour rejetons citadins, vous serez également à proximité d’une brasserie abbatiale, et croyez-moi, à Prague et même en République Tchèque il s’agit d’un article rare.
Enfin rare, d’un autre côté j’vais pas vous la raconter non plus, c’est pas la Belgique. La brasserie était certes mentionnée dés le 13ème siecle, mais elle a été supprimée au début du 20ème pour être reconstruite en tout début de ce millénaire. Aussi amateurs d’authentique bière abbatiale, explorateurs de trésors enfuis, et chercheurs de Saint Graal, passez votre chemin, le breuvage servi à cette adresse est plus proche du brassage incertain d’une micro-brasserie exploitant la récente vague d’engouement pour les bière «artisanales», que de la noble fermentation haute brassées par les Pères Cisterciens de la Stricte Observance en robe de bure et à l’accent belge rigolo. Enfin soyons intègre tout de même, sans être remarquable, cette bière est bonne (à mon goût).
De surcroît elle est différente et singulière par rapport aux typiques Pils tchèques, le cadre extérieur est magnifique en été (les salles intérieures également), donc je vous conseille de vous y arrêter dans le cadre d’une promenade dominicale, champêtre et familiale. Un bémol toutefois, nos moines brasseurs apocryphes ne se mouchent pas du coude, car au prix où ils marchandent leur roteuse (49 CzK pour 40cl), l’honnête consommateur eut pu espérer qu’icelle ait été pour le moins bénie à défaut de pasteurisée. Bénie? Nenni! Bref, «Klášterní pivovar Strahov» mérite sans conteste une visite, assurément pas une messe.

Ville: Les statues, les nains et les DMS

Chers lect(rices+eurs), sur le sujet suivant je ne vais pas être particulièrement prolixe parce qu‘en dehors du fait de vous dire que c’est des statues, mais ça vous l’aurez reconnu par vous-même, ben chais pas trop quoi vous dire d’autre sinon qu’elles sont jolies, et que je les ai un peu travaillées au niveau des couleurs et des lumières.
Ah si, quand même, pour ceux qui aiment les statues, alors allez sur le pont Charles, parce que là il y en a velu sous le coude de la statue.
C’est sur ce pont que vous trouverez la plus grosse concentration de statues au m² en dehors des stands à touristes qui bordent toutes les routes nationales tchèques et qui promeuvent ostensiblement le nain de jardin en plâtre grossièrement fardé de couleurs criardes afin d'allécher une clientèle germanique dont le mauvais goût en matière artistique a été élevé au rang de fierté nationale
(excuse-moi Sabine, excusez-moi cher(e)s ami(e)s germaniques, j’adore l’Allemagne et les allemands, mais le fait que vous puissiez encourager à ce point une «industrie» aussi affligeante m’irrite particulièrement). Donc les statues, il y en a sur le pont Charles, et sous le pont Charles. Sous, c'est-à-dire sous l’eau, et vouis… (tiens, regardez voir, l’article de http://www.radio.cz/fr/ du 4/02/2004: «Le pont Charles fait beaucoup parler de lui, ces jours-ci.
Lors des travaux de routine vérifiant la stabilité des piliers, les plongeurs ont trouvé, au fond de la rivière Vltava, le torse d'une statue en grès. La trouvaille a fait sensation. Au prime abord, il était clair que le torse devait être très ancien et reposer depuis des siècles au fond de la rivière. Vendredi dernier, il a été repêché et remonté à la surface.
L'expertise a confirmé qu'il s'agissait d'une partie du groupe de statues du patron des Tchèques, Saint-Venceslas, entouré d'anges.» (cliquez ici pour l’article complet).
Sinon vous en trouverez aussi ailleurs des statues, Prague en est remplie sur chaque place, dedans et dehors chaque église, et même chaque «maison de maître» dispose de ses propres statues, faut juste regarder au bon endroit.
Tiens, un conseil, quand vous allez au Château de Prague en montant par la rue Nerudova, vous en verrez pas mal des «maisons de maître» avec des statues qui soutiennent le balcon par exemple… Ou alors encore sur le théâtre National, ben vous en avez une là en exemple, «la belle hellène» sur son char tiré (le char) par de hardis canassons.
Le problème avec les photos du théâtre, c’est que comme les trams ils passent de partout dans tous les sens tout autour, ben il y a toujours des caténaires sur les photos et je défie le photographe amateur d’en faire une (de photo) sans qu’il y ait un bout de foutu câble dessus (la photo), une vraie peste à photographier ce théâtre.
Dommage car en plus les statues (les 10 en pierre de la façade) ont été récemment restaurées, toutes belles, toutes neuves qu'elles sont. Z'étaient dans un état lamentable nos statues, et pas seulement à cause de l’incendie de 1881, ni à cause de la fiente des pigeons qui défèquent sans pudeur sur la tête d'Appolon,
mais pour cause de pollution, chauffage au charbon (eh oui, encore et toujours dans cette partie du monde, de moins en moins, mais toujours), émanations des véhicules et autres pets de veaux, vaches, cochons… Enfin personnellement je ressens la satisfaction d’avoir un tantinet contribué à leur restauration via un truc génial qu’on ne trouve pour l’instant qu’ici:
le DMS ( Dárcovská SMS) ou en francais, le SMS mécène (ou donateur). C’est vraiment bien, j’explique. Disons que tout d’un coup, tu te sens pris d’une soudaine envie de venir financièrement en aide à une cause perdue d’avance, genre chais pas, payer une opération plastique aux baleines à bosses, procurer un billet de retour à E.T., remodeler l’anus de Michael Jackson…
mais tu sais pas comment faire, et en plus t’es faignant d’aller chercher où qu’il faut se renseigner, le compte bancaire, plus le coût du transfert, bref tu sais pas mais tu veux. Et bien en envoyant un simple DMS au 87777 sous forme «DMS TROUDUKAMAILLEKEUL»,
tu contribues de la modique somme d’un euro (coût du SMS) dont 90% sont reversés à la cause que tu as choisie. C’est génial non? Puis si tu vas sur leur site Internet, tu sais exactement combien de DMS ont déjà été envoyés, si tu dois continuer à DMSer ou non (encore faut-il savoir ce que ça coûte de sauver une cause comme ça). Par contre c’est anonyme, c'est-à-dire que l’heureux bénéficiaire ne saura jamais que toi, gentil donateur, tu as généreusement concouru au montant de sa cagnotte. Mais bon, eh, pour 1 euro, on ne peut pas aussi avoir la gloire et les lauriers, c’est déjà bien d’avoir la conscience en paix flattée par sa modeste B.A.

samedi 26 février 2005

Insolite: Bleu turquoise, sangliers & politique

Ils sont pas beaux ces deux bestiaux là? Donc ça, c’est la garde présidentielle, appelée «la garde du Château» (allez savoir ce qu’ils sont censés garder, le Président ou le Château). Vous avez la version «collection printemps/été» et la «collection automne/hiver» parce que ces oiseaux là changent de plumage en fonction des saisons (vouis les enfants, vous pouvez deviner laquelle de collection va bien à quelle saison). Permettez-moi donc de vous présenter plus en détails les merveilleux uniformes de nos fiers soldats.

Commençons par la version «printemps/été»: Boris porte un magnifique ensemble veste pantalon et casquette-pizza rétros «mode 70’». La superbe coupe de l’habit ainsi que la couleur pastel, champêtre (de joie :-) voire folâtre ont été recommandées par notre célèbre couturier brésilien Roberto Lattante. Approuvé avec enthousiasme par Madame la Présidente «de par l’admirable adéquation de sa teinte avec la cahute en bois de derrière l’bonhomme», ce nouvel uniforme fut distribué en toute hâte à l’ensemble de la garnison avant le retour de son Président de mari alors en déplacement officiel en Papouasie-Nouvelle-Guinée «pour lui faire une surprise». «Il (cet uniforme) est un splendide objet d’art conçu pour susciter l’émotion et le bouleversement de la raison tout en se situant du côté des créations matérielles hautement réalistes et pleinement adaptées à la mission quotidienne des valeureux gardes de mon mari» aurait déclaré Madame la Présidente en conférence de presse.

A la vue de cette photo et après quelques chopines de bière partagées entre ministres dans une taverne fréquentée du centre de Prague, le Premier Ministre de l’époque aurait bafouillé «[…] et si tu lui mets sur la tête un chapeau rond à large bord flanqué d’une corbeille de fruits secs sur le côté, et que tu lui remplaces l’artillerie par un sac à main carré, t’as la reine d’Angleterre en grande pompe lors de la cérémonie officielle de son 70ème anniversaire». Et le ministre de la Défense (de l’époque aussi) d’ajouter «[…] on aurait eu Jean-Paul au lieu de Roberto, et les trouffions de Václav étaient en jupe. On en aurait eu un élevage dans tout le Château, des reines d’Angleterre». S’en seraient suivis, selon les témoins, d’énormes éclats de rire tout autours de la tablée au point que le ministre du commerce serait tombé de sa chaise s’occasionnant de multiples contusions ainsi qu’un arrêt de travail d’une durée de 2 semaines.

Poursuivons notre revue de mode par l’uniforme «automne/hivers»: Miroslav exhibe superbement un long manteau bleu marine en laine de zébu angora. Remarquez la superbe chapka en poils de sangliers assortie au col du manteau. Signalons que cette fourrure originale est une spécificité unique à la garde Présidentielle Tchèque. En effet, contrairement à la chapka portée dans toutes les régions froides du monde, et exclusivement fourrée de laine de mouton Mérinos, d'Astrakan, Mergelland ou Voskop (d’où sont nom en tchèque «Beranice» de «beran» signifiant «bélier»), notre garde Présidentielle, elle, porte des chapkas en poils de sangliers, admirable composition que l’on doit à notre célèbre couturier brésilien Roberto Lattante. L’idée même naquit dans son esprit créatif alors qu’il cherchait opiniâtrement son chat «Fifounette» perdu dans les caves profondes du Château Presidentiel. Tout en cogitant sur la race de fourrure qui allait orner ses chapkas, il découvrit soudainement, au détour d’un sombre couloir, de nombreux tonneaux contenant des poils qui s’avéreront, après analyses, être de sangliers. Selon le secrétariat de la Présidence «[…] ils (les tonneaux de poils) auraient été soigneusement dissimulés là par la résistance tchèque après la signature des accords de Munich en 1938, afin de les soustraire à la convoitise des armées d’occupation allemandes qui les auraient assurément dérobés puis expédiés en Allemagne pour en faire des chapeaux bavarois». De nouveau approuvé avec enthousiasme par Madame la Présidente «de par l’économie substantielle qu’apporte au budget de l’état cette extraordinaire découverte», ce nouvelle uniforme fut une fois de plus distribué en toute hâte à l’ensemble de la garnison avant le retour de son Président de mari alors en déplacement officiel dans les îles de l'Arctique septentrional «pour lui faire encore une nouvelle surprise» (décidemment c’est Noël tous les jours au Château). «Il (cet uniforme) participe avantageusement à offrir une vision infiniment plus démocratique de notre pays en cassant le moule artificiel encore en usage en d’autres contrées où l’introduction du naturel, préfigurant par là le portrait bio des générations de gardes à venir, n’a pas encore été envisagée» aurait déclaré Madame la Présidente en conférence de presse.

A la vue de cette photo et après quelques chopines de bière partagées entre ministres toujours dans la même taverne fréquentée du centre de Prague, le Premier Ministre (toujours) de l’époque aurait bafouillé «[…] et le slip, tu crois qu’ils l’ont fourré en poils de sangliers aussi, le slip, parce que ça va faire propre les trouffions de Václav qui se grattent les roubignolles devant l’entrée de son castel». Et le ministre de la Défense (toujours de l’époque aussi) d’ajouter «[…] remarque s’ils se grattent avec leurs baïonnettes, ils ne se gratteront qu’une fois». S’en seraient à nouveau suivis, selon les mêmes témoins, d’énormes éclats de rire tout autours de la même tablée, sans toutefois la présence du ministre du commerce resté cette fois-ci prudemment à la maison sur les conseils avisés de sa femme.

Bon, et pourquoi je vous raconte tout ça moi, me direz-vous? Et bien parce que mine de rien, ces évènements d’apparence anodine ont eu des conséquences désastreuses et insoupçonnées sur notre pays. En effet, quelques temps après avoir prononcé, sous l’emprise de l’alcool, les paroles malheureuses qu’on lui attribue, le Premier Ministre était convoqué au Château afin de «bien vouloir motiver en personne au Président de la République et en tête à tête» les propos qui lui seraient arrivés aux oreilles par l’intermédiaire de «sources autorisées». Le lendemain le cabinet ministériel tombait laissant le pays dans un foutoir sans nom. En terme de politique extérieure, l’affaire ne s’annonçait guère plus brillante car notre Président ne s’absentait plus de son bureau que pour une durée maximale de 24h, et lorsque nécessité faisait loi, c'est-à-dire exceptionnellement, qu’en compagnie de sa charmante épouse afin de s’assurer «qu’elle ne soit plus en mesure de me surprendre en mon absence par des initiatives d’ordre esthétique, certes audacieuses et avant-gardistes, mais dont l'adéquation avec la dignité de ma fonction et la solennité de mon lieu de résidence restent à démontrer».

Quand je pense que le gouvernement actuel est également sur le point de s’effondrer parce qu’un ministre de la coalition, dont le principal créancier n’était autre que son beau-frère assassiné dans des circonstances douteuses de type mafieux, demande la démission de son Premier Ministre qui ment depuis 3 semaines sur des créances encore plus douteuses issues probablement du copinage de sa femme avec la patronne d’un pince-cul notoire de Prague (ça c’est véridique), alors je me dis qu’on vit dans un beau pays tout de même.

vendredi 25 février 2005

Bière: Koiksé kyakom bière à Prague?

J’me demande si je ne suis pas en train de mettre les doigts dans un trucs sans fin, à se faire des ennemis au kilomètre de partout? Croyez-moi, sur un tel sujet casse-gueule il serait sans doute plus simple d’aller traire les canassons d’Augias… mais bon, j’vais le tenter quand même. Par contre je vous le dis tout de suite, ça va pas être exhaustif complet parce que d’abord il me reste de la vaisselle à faire, qu’ensuite faut pas déconner, et que troisièmaman ben c’est pas possible (d’être exhaustif sur ce sujet).
Alors le premier truc à dire pour ceux qui ne le sauraient pas encore… puis non, tiens, une devinette: qui c’est qui sont les plus gros buveurs de bière au monde (gros = en quantité, genre, en litre, parce que sinon c’est facile comme réponse, eh l’autre!)? Alors…
Hum… vous pensez peut être aux Allemands, aux Belges, aux Australiens… Ben non, tout faux, perdu, les plus gros (en quantité) buveurs de bière au monde c’est les Tchèques. Dingue, ça vous la coupe non? Quelques 160 litres de bonne Bière Tchèque par an et par tête d’habitant. Alors je viens de faire un rapide calcul, et je me dis qu’ils ont du y mettre les nourrissons et les graves à terre (grabataires) parce que moi, personnellement je m’en sirote quelques 500 litres.
Ben vouais quoi, je me colle au proverbe, «tu te sens bizarre, tu te sens pas bien? Jette toi une bière de bon matin. T’as le caca mou, le drôle d’pipi? Jette une bière l’apres-midi. Il pleut dehors, il fait tout noir? Jette toi une bière avant ce soir. Télé pourrie, meuf ragnagna? Jette toi une bière encore une fois». Et n’allez pas raconter ça à ma maman sinon elle va encore s’inquiéter. Revenons aux Tchèques qui boivent comme des Polonais. En fait la bière est à la République Tchèque ce que le vinaigre est au cornichon: indissociable.
Ici en Tchéquie, on a quelques pas mal de bières et brasseries. Combien en tout chais pas dire, parce que malheureusement il s’en ferme régulièrement (non seulement on a vendu les meilleures et les plus grosses brasseries aux étrangers, mais maintenant ces trouduks rachètent les petites brasseries locales pour les fermer et éviter ainsi la concurrence). Par contre je peux vous donner quelques noms, comme ça, de mémoire, juste les quelques unes que j’ai goûtées de bières: Pilsner Urquell=Plzeň (Jak na zámek, tak do chlíva, patří plzeň - prazdroj piva!), Budweiser=Budvar (Hořčice, chleba, ovárek, k tomu čerstvý Budvárek!), Gambrinus (Dobrý pivo, žádný hnus, pro fajnšmekry Gambrinus!), Krušovice, Braník, Primus, Pegas, Velvet, Starobrno, Staropramen, Bernard, Radegast, Kozel, Zubr, Jarošov, Samson, Protivín, Platan, Chodovar, Regent, Holba, Černá hora, Ostravar, Šariš, Krakonoš, Ferdinand, Starobrno, Staropramen, Bernard, Radegast, Kozel…
et il y en a encore des, mais que je connais moins. Je vais pas vous dire lesquelles qu’elles sont bonnes, et lesquelles qu’elles sont mauvaises, parce que là, c’est vraiment affaire de goût. Sachez toutefois que les 4 premières citées sont non seulement les plus connues, mais également les plus bues.
Evidemment, pour boire cette bonne Bière Tcheque, ces bons habitants ont construit de bonnes brasseries (pivnice) où qu’il fait bon boire, bon manger, bon discuter et refaire le monde, mais ça, je vous le mets au chaud pour une prochaine fois…

Ville: Ouah, matte voir l’église!

Et voilà, comme si vous y étiez, sur la place de la vieille ville. «Et devant vous, par ce beau soleil, comme vous pouvez le voir (c’est vachement utilisé par les guides touristiques, le ‘comme vous pouvez le voir’), s’élève majestueusement le ‘Chrám Matky Boží před Týnem’». En gros, «l’église Mère de Dieu devant le Týn» en Français. Alors je dis bien en gros, parce que j’ai pas mal de doute sur la traduction.
Bon, on va commencer par le plus simple, le «Týn», c’est le truc que vous pouvez pas le voir vu que l’église est devant, alors on passe.
Le «Chrám», c’est normalement une église, mais aussi une cathédrale, et que vu que je sais pas quelle est la différence, ben on va dire que c’est une église.
En fait et par déduction, si c’est comme les hôtels, les 2 étoiles t’as les aisances dans la salle de bain, à partir de 3 étoiles, c’est séparé et y a du papier toilette de couleur qui sent bon tout le temps. Or comme la dernière fois que j’étais dans le ‘Chrám Matky Boží před Týnem’ le concierge en robe noire n’était pas capable de m’indiquer l’emplacement des commodités, j’en déduis qu’elles sont au mieux à l’extérieur et que notre «Chrám» est tout juste une église 1 étoile.
Et ensuite ça se complique grave, parce que chais pas si on dit «Mère de Dieu» («Merde d’yeux», mort de rire, ouah la farce :-)
qui est dans ce cas précis la traduction exacte de «Matky boží», ou juste «Sainte Mère», qui sonne bien parce que ça existe aussi en France, «Sainte Mère Les Glizes», voire encore «Notre Dame» (de Prague?)…
Bref, oubliez la traduction, mais par contre retenez un truc beaucoup plus important: Walt Disney, cet ignoble plagiaire Yankee, s’est largement inspiré de cet édifice pour construire la silhouette du château de l’autre faignasse là, comment c’est déjà, «La Belle aux doigts d’or ment» à Disneyworld.
Et c’est vachement vrai, allez voir sur le Google Image Search, et tapez dedans «disneyworld», z’allez voir que la ressemblance est sans équivoque.
Par contre pour les oreilles à Mickey, chais pas qui l’a inspiré parce que le Prince Charles, à l’époque, on ne l’avait pas encore inventé.

jeudi 24 février 2005

Ville: Comme c'est beau Na Kampě

Si vous traversez le Pont Charles, en venant de la rive droite (vieille place avec l’horloge) vers Kampa, alors en arrivant au 3/4 du pont, en regardant sur votre gauche, en bas, encore, penchez-vous, si si… vous y verrez une petite place, mignonne comme tout. C’est la place Na Kampě.
Pour ceux qui ont vu Mission Impossible, avec Tom Cruise, le premier (le premier Mission Impossible, pas le premier Tom Cruise), ben c’est là que la voiture elle explose sur la place. Et pour ceux qui n’ont pas vu Mission Impossible, ben c’est là que j’ai perdu mon peigne.

Enfin pas grave, allez-y, c’est superbe, et si jamais vous prenez la première petite rue à droite, au coin de la maison Poulagua, puis que vous prenez de nouveau à doite, après la pizzeria, et que vous continuez sur 50m, ben z’allez tomber sur le mur de la Paix (voir mon Blog sur John Lennon du 22 février 2005). Sinon pour ceux qui s’en cognent du mur de la Paix, et qui sont toujours sur la petite place, alors au bout (de la petite place), sur votre gauche, y a un pub "U Karlova Mostu" (At the Charles Bridge, pour ceux qui comprennent l'en glé). Bon, y a pas de quoi écrire à la maison (nothing to write home about, toujours pour ceux qui comprennent l'en glé), mais en été la terrasse est superbe
(faut rentrer dedans et ressortir de l’autre côté par derrière, comme dirait mémé). Puis la bière est relativement correcte (en toute saison, cependant ça vaut pas l’Hippo, mais rien pour l’instant n’est comparable à l’Hippo). Y a juste les prix du miam-miam qui dérapent un peu,à peine, mais un peu quand même, quant à ceux du glou-glou ils sont décents. Et puis, hein, z’êtes en plein dans la zone touristique, alors z’avez qu’à allonger, zut quoi!
Ah oui, et si vous ne voulez pas allonger à donf, mais alors parfois vraiment un max, alors évitez les autres établissements de la petite place qu'est si mignonne. Allez, j’vous fais péter le site du pub http://www.archibald.cz, on sait jamais des fois que...

mardi 22 février 2005

Insolite: Mon pauvre John

A l’époque où le con-munisme rongeait la cervelle du peuple tchèque, tel la vérole le gland du fornicateur, il y avait un mur dans le quartier de Malá Strana, à côté de la place de Kampa, juste en face de l’ambassade de France. Et sur ce mur, quelqu’un avait tagué le visage de John Lennon (entre autres oeuvres), juste après sa mort, vers 1981. Le mur de la paix qu’il s’appelait le mur. Et curieusement, chais pas pourquoi, c’était devenu célèbre. Tellement célèbre que même ces foireux de con-munistes n’y avaient pas touché (ou avaient peut-être essayé, mais quand j’y passais, il était toujours là le John). Il était même en carte postale pour touriste juste après la révolution, avec les autres monuments de Prague, pour vous dire combien qu’il était célèbre ce mur (pardon Berlin). C’était un symbole, de paix, d’amour (toujours), de chanson, enfin j’vais pas vous expliquer John Lennon… Puis un jour, il n'y était plus. Chais pas quand, mais plus. Il s’est trouvé plus con que ces foireux de bolcheviques pour aller y taguer d’ineptes ébauches sans le moindre esprit artistique. Mon pauvre John, t’as dû te retourner grave dans ta tombe, traverser plusieurs années de con-munisme pour être barbouillé de conneries après sa chute.

lundi 21 février 2005

Ville: Le ciel et surtout l'Hippo

Prague! Evidement quand on le dit comme ça, ça ressemble à n’importe qu’elle autre ville, pas de quoi marcher au plafond. Ben vouais, c’est une ville… Mais en y regardant de plus près, en visitant un peu, genre en se perdant dans les rues et en zyeutant bien comme il faut les détails, alors Prague n’est pas qu’une ville, Prague c’est une sacrée foutue belle ville du tonnerre de d’là. Une vraie magie, une vraie odeur se dégage à plein nez, une odeur de vieille bougie, de vieille pierre, de fin de XIXème siècle.
Puis y’a le ciel, celui-là quand il veut, il te fait péter une couleur que t’as même pas idée qu’il peut le faire… Le seul truc, faut y être au bon moment, c’est con quand tu te tapes une bonne bière à l’Hippopotame. C'est quoi l'Hippopotame? L'Hippo c’est un troquet, petit, qui pue la clope, le vieux tabac froid et le poivrot coutumier, mais c’est là qu’on te sert la meilleure Pilsen Urquell de tout Prague… Alors allez surtout pas croire, touristes que vous êtes, que j’vais vous dire où qu’ça se trouve, parce que comme je disais, c’est petit, et z’êtes foutus d’aller me l’encombrer, alors queud, nada, vous saurez rien d’où qu’il est mon Hippo).